Mon grand-père AURIAU prisonnier pendant la Première Guerre mondiale

Il détestait quitter son village. Les quelques années adolescentes passées au lycée Descartes à Tours ont été une torture. Alors, avoir l’âge du service militaire en pleine guerre mondiale, ça a dû être un vrai calvaire. Il n’en a jamais parlé. J’ai découvert ce moment de sa vie bien après sa mort.

Robert Jules Marie AURIAU (Sosa 6) est donc mon grand-père maternel. Né en 1897 à Faye-la-Vineuse, boulanger et fils de boulanger.

J’ai eu beaucoup de mal à retrouver sa trace parmi tous les combattants, mais à force d’obstination et de déductions, j’ai fini par trouver son registre matricule. Je savais que Faye-la-Vineuse, en Indre-et-Loire, dépendait de Châtellerault, dans la Vienne. Ça ne facilitait pas les choses, surtout que le registre de Châtellerault mentionnait bien son nom, mais aucun matricule. Je vous épargne les heures passées à faire défiler des centaines de pages sans obtenir aucun résultat. Jusqu’au moment « eurêka » où j’ai un peu mieux compris dans quelle direction chercher. J’ai fini par trouver ce registre matricule sur le site des Archives départementales de l’Indre-et-Loire.

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J’ai donc appris qu’il avait été incorporé « à compter du 9 janvier 1916 » et qu’il était soldat de 2e classe. Ce qui m’intéressait aussi, c’était la confirmation qu’il avait bien été prisonnier. En fait, la rubrique « Détail des services et mutations diverses » précise : « Disparu le 15 juillet 1918 à Moronvilliers (Marne). Prisonnier interné en Allemagne » sans autre précision, si ce n’est qu’il a été rapatrié le 11 janvier 1919, « envoyé en congé illimité de démobilisation à Faye-la-Vineuse le 23 septembre 1919 par le 32e régiment d’infanterie » et qu’un certificat de bonne conduite lui a été accordé.

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Je ne possède pour le moment que ce registre matricule et une photo d’un groupe de prisonniers, certainement en Allemagne. Au dos de cette photo-carte postale, il explique que ses camarades et lui n’auront pas droit à une « permission agricole », mais qu’il pense bien à tout le monde.

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Mon grand-père est au 2e rang, le 2e à partir de la droite, bras croisés et pas franchement le sourire !

Je vais poursuivre mes recherches et elles seront probablement plus efficaces et rapides que jusqu’à maintenant grâce à ce petit guide que je n’ai fait que parcourir, mais qui me semble très bien fait. Il est téléchargeable sur le blog Auprès de nos Racines.

L’enquête continue !

 

Françoise, fille « naturelle », ou comment passer sa vie sans nom de famille !

J’ai rencontré Françoise en remontant la lignée des Lecomte. Ma grand-mère maternelle, Marie Lecomte, était la fille de Ludovic LECOMTE (Sosa 14) et d’Augustine Françoise LAMBERT (Sosa 15). Les parents de Ludovic étaient Louis LECOMTE (Sosa 28) et Françoise Augustine ARTAULT (Sosa 29) et ce sont les parents de cette dernière qui m’intéressent. Il s’agit de Charles Pierre ARTAULT (Sosa 58), né le 23 août 1816 à Orches, dit « cabaretier » ou « cultivateur et aubergiste » à Orches, et décédé, toujours à Orches, le 15 juillet 1869.

Le 14 mai 1847, il a épousé Françoise (Sosa 59). Il avait 31 ans, et Françoise en avait 39. Elle est dite « cuisinière » sur l’acte de mariage, qui ne mentionne que son prénom et pour cause : c’est une « fille naturelle », autrement dit une enfant trouvée.

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Mention en marge de l’acte de « naissance »

J’ai son acte de naissance, daté du 20 février 1808, à Châtellerault, dont voici la transcription :

Aujourd’hui vingt février mille huit cent huit à cinq heures du soir pardevant moi Jean Claude Dubois maire et officier public de l’état civil est comparu Antoine Perlant (?), pauvre habitué à l’hospice civil de cette ville, lequel m’a présenté un enfant de sexe féminin qui m’a paru naissant, vêtu d’une culotte d’indienne violette, un mouchoir de coton violet, une brassière de vieille (…) verte (…) lange pareil. Lequel enfant ledit Perlant nous a déclaré avoir été exposé à la porte extérieure dudit hospice ce jour à une heure après midi. En conséquence moi officier public ai nommé ledit enfant Françoise et l’ai fait remettre de suite à la directrice dudit hospice. De tout quoi a été rédigé le présent procès verbal que j’ai signé pour ledit comparant m’ayant déclaré ne le savoir de ce enquis.

J’avais essayé d’en savoir un peu plus il y a bien longtemps (1982 !) et le Centre hospitalier Camille-Guérin de Châtellerault m’avait gentiment répondu en me disant que sur le registre des enfants trouvés de cette époque, il était mentionné : « Françoise, Augustine, enfant femelle naissant trouvée d’après procès-verbal d’inscription sur le registre d’état civil de cette ville le 24 février 1808 par J.C. Dubois, maire, confiée à Madeleine POUSSAULT femme de Richard TISSERAUT de Châteauneuf. » Je n’avais pas pu chercher plus loin à l’époque, mais cette semaine, j’ai demandé aux Archives départementales de la Vienne si son dossier avait été conservé. J’attends la réponse…

Sur la plupart des actes d’état civil dont je dispose, elle est mentionnée uniquement par son prénom. Il n’y a que sur l’acte de décès de sa fille, Françoise Augustine Artault, le 21 août 1885, qu’il est mentionné qu’elle est la « fille de feu Artault Charles et de feue Laurent Françoise Augustine ». Ce patronyme est également mentionné dans l’acte de décès de son mari, le 15 juillet 1869, où il est indiqué qu’il est « époux de Françoise dite Augustine Laurent »… J’imagine que vivre sans nom de famille n’était pas toujours bien commode, mais il n’a, à mon avis, rien d’officiel, il semble n’être qu’un nom d’usage ou celui de sa dernière famille d’accueil. Je le saurai peut-être un jour, grâce aux Archives départementales de la Vienne. Ou pas.

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Mention en marge de l’acte de décès

Charles et Françoise ont eu, à ma connaissance, deux enfants : un fils, Charles Pierre, né le 24 mai 1848, et mon aïeule Françoise Augustine, née le 8 février 1850. Françoise avait 42 ans à la naissance de sa fille.

Voilà donc une lignée dont je sais qu’elle ne me mènera nulle part…

 

Onze générations pour la branche AURIAU

J’ai eu la bonne idée de faire un plongeon dans la caisse d’archives que j’avais conservée de mes recherches dans les années 1980-90. J’y ai redécouvert un trésor que je n’avais pas encore eu le temps d’exploiter : un document d’une vingtaine de pages consacré à la famille Auriau. Ce document a été réalisé par les époux Bertin qui ont fait des recherches approfondies aux archives et dans plusieurs mairies. Leur travail est très sérieux et ils m’ont offert quatre générations sur un plateau, je leur en suis infiniment reconnaissante. J’ai donc repris leurs trouvailles jusqu’à ce que nos branches se séparent et pour changer un peu, je vais commencer par la plus éloignée pour arriver à mon grand-père.

Tout commence (dans les registres) avec un couple inconnu, dont le mari est un AURIAU. Il sera mon Sosa 3072. Ce couple a eu au moins deux fils : Anthonin et Vincent.

C’est la lignée d’Anthonin qui m’intéresse. Avant 1626, Anthonin AURIAU (Sosa 1536) a épousé Jacquette BOUDET à Chouppes (Vienne). On sait que ce couple a eu au moins 3 enfants entre 1626 et 1630 : Clément, Jeanne et Jean, tous nés à Chouppes.

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L’église Saint-Saturnin, à Chouppes

Leur fils Jean AURIAU (Sosa 768), né le 20 juin 1630, a épousé Louise PRETREAU (PETREAU). Jean est maître boulanger (tiens donc !) à Mirebeau jusqu’en 1657, puis sergent, puis de nouveau maître boulanger.

Jean et Louise ont eu 7 enfants, tous nés à Mirebeau : René, Marie, Bertrand, les jumeaux Martin et Étienne, Gabriel puis Charles. Marie est décédée à l’âge de 18 ans et les jumeaux n’ont vécu qu’une journée…

Charles AURIAU (Sosa 384), le petit dernier, est né le 6 juin 1674 à Mirebeau. En janvier 1705, il épouse Martine PLOU, dans la chapelle du château de Monts-sur-Guesnes. Le document que j’ai retrouvé indique qu’ils sont domiciliés sur la paroisse de Saint-Vincent de l’Oratoire, qui a été intégrée à la commune de Monts-sur-Guesnes à la Révolution. Il est compagnon charron, le seul du village. Il décède le 18 juillet 1728.

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La chapelle du château de Monts-sur-Guesnes, où se sont mariés Charles Auriau et Martine Plou. Elle date du XVIIe siècle

Le couple a eu 5 enfants, tous nés à Monts-sur-Guesnes : Charles (décédé en bas âge), Antoinette (épouse d’un marchand de Berthegon), Mathurine (épouse d’un charron et elle-même sage-femme), Joseph et Charles (cordonnier).

Leur fils Joseph AURIAU (Sosa 192) est né le 24 octobre 1709. Il a épousé Marie-Noël ORILLARD le 2 mai 1739 et l’acte le dit « maître charron et sacristain ». Joseph est décédé le 29 septembre 1763 et Marie-Noël le 7 février 1776.

Ils ont eu 8 enfants : François, Rayne-Marguerite (joli, non ?), Anne (décédée à 12 ans), Marie (décédée à 33 ans), Joseph (décédé à 4 ans), Jean (décédé à 5 ans), Jeanne (décédée à 25 ans, deux mois après son mariage avec un boulanger de Dercé) et Joseph.

Ces générations que je viens de décrire grâce au document des époux Bertin, je ne les connaissais pas. Je n’étais « remontée » que jusqu’à Joseph AURIAU (Sosa 96), né le 12 avril 1754 à Monts-sur-Guesnes, et son épouse Louise BOURGOUIN dont l’acte de décès indique qu’elle est « née en Normandie », sans autre précision… Elle serait donc la première de mes ancêtres connus à ne pas être née dans la Vienne ou en Indre-et-Loire !

Joseph était maréchal à Monts-sur-Guesnes. Je ne connais pas la date ni le lieu de son mariage avec Louise. Joseph est décédé le 30 mai 1827, à l’âge de 63 ans, et Louise est décédée le 29 juillet 1840, à l’âge de 86 ans, chez son gendre Jean Billouin.

Joseph et Louise ont eu 12 enfants : René (décédé à 14 ans), Étienne (qui était aussi maréchal à Monts-sur-Guesnes), Louise Monique, Alexandre François (décédé à 4 ans), Henry (décédé à 4 mois), Charles (décédé à 6 ans), Marie (décédée à 6 mois), Étienne, Joseph, Marie (décédée à 1 an), Pierre Emmanuel et enfin Henry. Résumons : 2 fils prénommés Étienne, 2 autres prénommés Henry et deux filles prénommées Marie…

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Pierre Emmanuel AURIAU (Sosa 48) est né le 28 novembre 1798 (16 frimaire An VII). Il est un de mes rares ancêtres à avoir trouvé sa compagne « loin », c’est-à-dire ailleurs que dans son propre village ou dans le village voisin. Il a épousé Justine AUJARD le 9 avril 1823, et Justine était originaire de Saint-Genest d’Ambière, village situé à environ 20 km de Monts-sur-Guesnes, un exploit ! L’acte de mariage le dit « tysseran », un autre acte dit « journalier ». L’acte de naissance de Justine est introuvable, c’est même mentionné sur l’acte de mariage qui indique qu’elle est née le « premier dimanche de mai 1801 ». La date correspond au 13 floréal An IX et effectivement, il n’y a rien dans les registres de Saint-Genest d’Ambière.

Après épluchage du registre des naissances de Monts-sur-Guesnes, je trouve 8 enfants nés entre 1824 et 1844 : François, Paul, Moïse Alexandre, Sidonny (?), Justine Adélaïde, Emmanuel, Pauline ou Appoline, et enfin Arcenne (une fille). J’ai de gros doutes sur les compétences orthographiques de l’officier d’état civil… ou sur son acuité auditive !

Emmanuel AURIAU (Sosa 24), né le 14 novembre 1838, est à l’origine de la mini-dynastie de boulangers. Il a épousé une couturière de Faye-la-Vineuse, Séraphine BONNEAU, le 6 novembre 1865. Leur fils Jules (Sosa 12) a repris la boulangerie, puis ce fut au tour de mon grand-père Robert (Sosa 6), mais j’en ai déjà parlé ici et ici.

Prochaine mission : retrouver Louise Bourgouin quelque part en Normandie !

Récapitulatif :

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De Drault à Drouault, sur les traces de Louise (2e épisode)

Poursuivons avec cette branche Drault-Drouault, voire Drouo !

Avec cette nouvelle génération, on change de nom et de département. En effet, Louis DRAULT (Sosa 134) est né le 29 janvier 1737 à Barrou, en Indre-et-Loire, selon un acte de naissance qui indique DROUAULT. Il s’est marié le 8 février 1763, à Barrou, avec Renée TRAVOUILLON (Sosa 135), née le 30 avril 1744 à Abilly, aussi en Indre-et-Loire.

Autre coïncidence de décès rapprochés : Louis est décédé le 1er juillet 1801 (ou 12 messidor An IX) et Renée est décédée le 5 novembre 1801 (ou 14 brumaire An X), tous deux à Coussay-les-Bois.

Les parents de Louis sont Jean DRAULT (Sosa 272), né le 21 avril 1708 à Étableau (paroisse qui fait maintenant partie du Grand-Pressigny, en Indre-et-Loire) et Marie COIGNAULT, née le 30 octobre 1705 à Étableau. Ils s’y sont mariés le 12 juillet 1729 et ont eu au moins 5 enfants : Jean, Joseph, Marie, René et Louis. Chose intéressante à leur sujet, mais qui ne sera certainement pas possible à creuser étant donné l’ancienneté, c’est qu’ils ont obtenu une « dispense de consanguinité au quatrième degré » de l’archevêque de Tours. Ils étaient donc cousins. Et ce nom, Coignault (voire Cougneau) se retrouve aussi assez loin dans la branche Guérin, je prévois donc des origines communes à plusieurs branches.

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Il ne reste plus grand-chose d’Étableau…

Les parents de Jean étaient… Jean DRAULT (DROUAULT) (Sosa 544) et Jeanne GIRAULT (Sosa 545). Jean est né à Barrou le 4 avril 1684 et il est décédé le 7 février 1737, à Barrou. Quant à Jeanne Girault, elle est née le 25 juillet 1683 à Étableau et est décédée en novembre 1736.

Le couple s’est marié le 22 février 1705 à Étableau et a eu au moins 5 enfants : Jean, René, Barthélemy, Claude et Marguerite. Leur acte de mariage, pour ce que je peux en déchiffrer, mentionne une « dispense de bans » accordée par l’archevêque de Tours. Renseignements pris, voici ce qu’explique un généalogiste professionnel sur Généanet :

Les conciles de Latran (1215) et de Trente (1563) ont créé l’obligation de la publication des trois bans pendant les 3 semaines précédant la cérémonie. Une dispense des deux derniers bans, moyennant espèces, est possible pour plusieurs raisons :

– Mariage trop proche d’une période de temps défendu comme le Carême et l’Avent,
– Relation de cousinage entre les époux,
– La mariée est enceinte et l’enfant risque de naître illégitime (hors mariage),
– Veuf/veuve se remariant.

Source : http://www.geneanet.org/blog/post/2014/04/qu-est-ce-qu-une-dispense-de-bans-html

J’ai bien cherché dans le registre de 1705, année du mariage, pour voir si une grossesse pouvait être à l’origine de cette dispense, mais il n’y a rien. La raison en est alors peut-être la proximité du Carême (en février, c’est plausible) ou une relation de cousinage, car il n’est pas fait mention d’un veuvage.

Jean était le fils de Pierre DRAULT (Sosa 1088) et de Marie COIGNAULT (Sosa 1089). Alors oui, à deux générations d’écart, un grand-père et son petit-fils ont épousé chacun une Marie Coignault ! J’ai dû vérifier deux fois que je ne m’étais pas trompée et mon logiciel de généalogie a aussi tiqué…

Jean est né à La Guerche (en Indre-et-Loire) à environ 3,5 km de Barrou où il est décédé le 12 octobre 1716. Je n’ai pas pu trouver l’acte de mariage, des pages manquent dans les registres de cette époque, mais si j’en crois d’autres généalogistes, le mariage aurait eu lieu le 21 janvier 1674 à Barrou. Les enfants issus de cette union sont aussi assez nombreux : l’aîné(e) ne semble pas avoir de prénom, puis viennent Toussaint, Marie, Jean, Laurent, Louise et Françoise. Marie Coignault est décédée le 21 juin 1698 à Barrou.

La dernière génération à laquelle j’ai pu avoir accès, c’est le couple Julien DRAULT (Sosa 2176) et Renée BOUTECOUGNER (Sosa 2177), ces noms proviennent des actes de baptême de leurs enfants. Je n’ai pas trouvé leur mariage à La Guerche, il manque beaucoup de pages dans les registres. Ils se sont peut-être mariés ailleurs…

Et dire qu’il y a peu, je n’avais aucune idée des origines de Louise Drault…

De Drault à Drouault, sur les traces de Louise (1er épisode)

Dans un précédent article (ici), j’avais mentionné Louise DRAULT (Sosa 17), l’épouse de Louis DEGENNE, et précisé qu’elle m’avait donné du fil à retordre. Pendant très longtemps, je n’ai rien su d’elle si ce n’est son nom, et c’était très frustrant…

Comme point de départ, je n’avais que l’acte de décès de Louis Degenne. Par chance, j’avais conservé l’acte de mariage de leur fille Cidonie Célestine, qui m’apprenait qu’elle était la « fille majeure et légitime de feu Louis Degenne (…) et de Louise Drault, sans profession, âgée de soixante ans, (…) demeurant à Saint-Pierre-de-Maillé ». L’acte contient une autre précision : « La contractante nous ayant affirmé par serment avec des témoins que c’est par erreur si dans son acte de naissance son nom patronymique a été écrit Dejeune au lieu de Degenne et si dans l’acte de décès de son père, sa mère a été prénommée Philomène au lieu de Louise ».

Et puis en fin d’année dernière, quand j’ai décidé de me remettre à cet arbre et de reprendre mes recherches, je me suis abonnée à Généanet. Et là, en entrant les deux noms du couple, bingo ! Tout y était, un formidable travail réalisé par d’autres généalogistes qui méritent toute ma reconnaissance. Grâce aux recherches faites par d’autres, j’ai pu en quelques clics débloquer cette lignée Drault, dont voici la première partie.

Louise DRAULT est née le 19 mai 1838 à Coussay-les-Bois. Elle a épousé Louis DEGENNE le 24 octobre 1965. Il me manque encore sa date de décès que je peux situer après 1900 (mariage de sa fille) et son lieu de décès : j’ai déjà éliminé Coussay-les-Bois, Châtellerault, Chénevelles (commune d’origine de son gendre) et Saint-Pierre-de-Maillé. Affaire à suivre…

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Elle est la fille de Théophile DRAULT (Sosa 34), « cultivateur laboureur », et de Marie Anne PRIMAULT (Sosa 35), tous deux de Coussay-les-Bois. Théophile y est né le 25 avril 1802. Il a épousé, le 18 octobre 1825, en premières noces, Anne Durand, décédée en 1827. Je n’ai pas connaissance d’enfants issus de cette première union. En deuxièmes noces, Théophile a donc épousé Anne Marie qui a donné naissance à 13 enfants ! Malheureusement, la mortalité infantile a fait des ravages et au moins cinq de ces enfants sont décédés avant l’âge de 5 ans.

Les causes des décès figurent rarement sur les registres paroissiaux ou d’état civil, et une fois de plus, je le regrette. Anne-Marie est décédée le 5 octobre 1875 et Théophile n’a pas attendu plus de dix jours avant de la rejoindre, le 15 octobre de la même année. Inutile de tourner la page du registre pour trouver leurs actes de décès, ils sont sur la même. Quelle frustration de ne pas savoir ce qui s’est passé…

La génération précédente, ce sont Louis DRAULT (Sosa 68), « propriétaire, laboureur, cultivateur », et Marie GUILLOTIN (Sosa 69) dont j’espère qu’elle n’avait pas de lien de parenté avec l’inventeur de la guillotine…

Louis est né le 23 mars 1772 à Coussay-les-Bois. Marie est née le 23 août 1770, également à Coussay. Ils se sont mariés le 5 février 1793, toujours à Coussay, et ont eu au moins 3 enfants : Louis, Théophile et Joseph. Marie Guillotin est décédée le 10 septembre 1807 (deux après la naissance du petit Joseph) et Louis s’est remarié l’année suivante, le 9 février 1808, avec Marie Fontaine. Je ne pense pas qu’ils aient eu des enfants.

Le premier épisode s’arrête ici. La suite sera publiée demain.

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Parcours militaire et légende familiale

Enfant, on m’avait parlé de cet ancêtre, mon arrière-arrière-grand-père, et raconté qu’il était « mort sur les marches de la gare de Châtellerault en revenant de la guerre. » Ne connaissant pas la date de son décès, j’avais avalé ça sans poser de question. Rétablissons les faits !

Auguste GUÉRIN (Sosa 20) est né le 10 août 1835 à Leigné-les-Bois. Ses parents sont Jean Guérin et Radegonde Sinton (ou Sainton). Il a au moins un frère, prénommé Baptiste. Le 4 février 1867, il a épousé Élise Ricault à Leigné-les-Bois, Élise étant également de cette commune. Il avait 32 ans et Élise en avait 20.

Je me suis retrouvée en possession d’un « Certificat de bonne conduite », qui lui a été décerné le 14 mai 1862 à Rome par le capitaine commandant la 16e batterie du régiment d’artillerie. Le certificat donne une description physique d’Auguste : « cheveux et sourcils châtains, yeux châtains, front rond, nez long, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, taille 1,70 m » et précise « en outre, qu’il n’a aucune infirmité apparente ou cachée qui puisse l’empêcher de reprendre du service et qu’il n’est pas marié ».

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Certificat de bonne conduite

Je dispose également de son congé de libération date du 31 décembre 1862. J’y apprends qu’il a été « incorporé au 14régiment d’artillerie à compter du 9 avril 1856 comme appelé inscrit sous le n° 1186 de la liste du contingent du département de la Vienne (classe 1855) ». Il aura servi pendant 6 ans (campagnes d’Italie) comme « jeune soldat au registre matricule du corps sous le n° 673 ». Il est aussi précisé qu’il était « 1er canonnier au 14e d’artillerie ».

Après ces six années, je l’imagine donc faire le long voyage de retour au pays, retrouver son village de Vaux, sa famille, ses amis, puis après quelques temps, épouser Élise, et mener sa vie de cultivateur, devenant propriétaire, racontant ses souvenirs à son fils Auguste.

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L’Avenir de la Vienne du 27 avril 1892

Au tout début de mes recherches, j’avais vu qu’il était mort en 1892. Ayant suivi assidument mes cours d’histoire, je me demandais de quelle guerre il pouvait bien s’agir. Eh bien, il n’est pas mort « en revenant de la guerre », de blessures quelconques. Non, c’est un peu plus prosaïque. Je vous laisse lire le petit article que l’Avenir de la Vienne a consacré à ce décès le 27 avril 1892. L’article est intitulé Mort subite. Le texte n’est pas très lisible sur l’original, en voici la transcription.

« Le sieur Guérin Auguste, âgé de 55 ans, propriétaire à Leigné-les-Bois, entrait le 23 avril à 6 h du soir dans la salle d’attente de la gare de Châtellerault. Tout à coup, il tourna sur lui-même et tomba à terre. On s’empressa à venir à son secours et le chef de gare fit mander un médecin. Mais tous les soins furent inutiles. Guérin avait été foudroyé par une congestion cérébrale. Le cadavre a été transporté à l’hospice et la famille prévenue aussitôt. »

Le vocabulaire médical a évolué et cette « congestion cérébrale » est sans aucun doute un AVC. Quant à ce qu’Auguste allait faire dans la salle d’attente de la gare, le mystère demeure…

 

Les Degenne (épisode 1)

J’ai avancé autant que j’ai pu dans la lignée Degenne. Pour le moment, je n’ai pu réunir que des noms et des dates, je n’ai donc qu’une ossature à vous proposer. Je prévois d’étoffer un peu grâce à d’autres sources. J’ai déjà quelques pistes, mais pas le temps de les explorer pour le moment.

Ici, pour les numéros Sosa, c’est très facile. Mon père Claude est le Sosa 2, mon grand-père Étienne, le Sosa 4, etc. À vos tables de multiplication par 2 !

Reprenons :

Sosa 2 : Claude Pierre DEGENNE, né le 7 décembre 1928 à La Roche-Posay, marié le 12 mars 1957 (bientôt 60 ans !) avec Paulette AURIAU.

Sosa 4 : Barthélemy Étienne DEGENNE, né le 17 mars 1906 à Saint-Pierre-de-Maillé, décédé le 15 février 1974 à Poitiers, marié le 12 janvier 1925 à Leigné-les-Bois avec Renée Claire GUÉRIN.

Sosa 8 : Louis Eugène Adrien DEGENNE, journalier, né le 31 juillet 1867 à Saint-Pierre-de-Maillé, décédé le 9 février 1940 à Leigné-les-Bois, marié le 30 septembre 1895 à Saint-Pierre-de-Maillé avec Célestine Armande PLAUD.

Vous les connaissiez déjà. Voici la suite :

Sosa 16 : Louis DEGENNE, journalier, né le 24 mai 1840 à Saint-Pierre-de-Maillé, décédé le 27 décembre 1882 (40 ans) à Saint-Pierre-de-Maillé, marié le 24 octobre 1865 à Coussay-les-Bois avec Louise DRAULT (dont je reparlerai parce qu’elle m’a donné beaucoup de fil à retordre…)

Je dois encore explorer cette union, mais je pense qu’ils n’ont eu que deux enfants : Louis (notre n° 8) et Cidonie (sic) Célestine, née le 5 mars 1870.

Sosa 32 : Louis DEGENNE, laboureur, né le 14 brumaire An XII (soit le 6 novembre 1803) à Pleumartin, décédé le 8 juin 1842 (39 ans) à Saint-Pierre-de-Maillé, marié le 8 mai 1837 à Vicq-sur-Gartempe avec Anne MOREAU.

Je ferai aussi un article plus détaillé sur ce couple, parce qu’Anne Moreau est la seconde épouse de Louis. Il avait épousé en premières noces Jeanne Mériguet, avec qui il a eu plusieurs enfants.

Louis et Anne ont eu au moins trois enfants : Céleste, née le 7 mai 1838, Louis (notre n° 16) et peut-être un dénommé André. Mais comme il a aussi eu un fils appelé André de sa première union, il va falloir faire la part des choses. D’ailleurs, pour pimenter un peu l’affaire, je soupçonne l’officier d’état civil d’avoir été très distrait, car l’acte de décès d’Anne Moreau la dit « veuve de André Dejenne »…

Sosa 64 : François DEGENNE, laboureur propriétaire et tisserand, né 2 janvier 1759 à Crémille, décédé le 19 octobre 1833 (74 ans) à Saint-Pierre-de-Maillé, marié le 16 avril 1793 à Crémille avec Françoise CARRÉ.

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Baptême de François Degenne – 1759 – Crémille

J’ai trouvé leurs actes de naissance, de décès et de mariage. Pour l’anecdote, Françoise Carré est décédée le 31 juin 1825. Je n’ai pas vérifié sur un ancien calendrier si le mois de juin avait 31 jours à l’époque, mais j’ai des doutes !

Outre Louis (notre n° 32), ils ont eu une fille, Françoise, en 1765, et peut-être un fils, Louis François, en 1798.

À partir de maintenant, tous les actes proviennent de Crémille. Avant la Révolution, Crémille était une paroisse indépendante. C’est à la Révolution qu’elle a été rattachée à celle de Pleumartin. J’ai aussi des documents sur Crémille, notamment sur une « supplique » de ses habitants, mais il faut que je demande l’autorisation de les utiliser.

Sosa 128 : François DEGENNE, tisserand, né le 6 mai 1720, décédé le 22 janvier 1760 (40 ans, et voyez les dates, son fils François avait 1 an !), marié avec Marie MERLE.

Le couple a probablement eu d’autres enfants, je chercherai.

Sosa 256 : Louis DEGENNE, né le 8 septembre 1690, décédé le 26 juin 1731 (41 ans), marié le 13 juin 1719 avec Louise DHUMEAU.

J’ai trouvé mention de la « bénédiction nuptiale » et Louis est dit veuf de Catherine JOSEPH, c’est donc son second mariage.

Sosa 512 : Anthoine DEGENNE, journalier, né le 25 mars 1651, décédé le 1er octobre 1733 (82 ans), marié le 21 juin 1677 avec Toussainte HENNETEAU.

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Inhumation d’Anthoine Degenne – 1733 – Crémille

Sosa 1024 : Pierre DEGENNE, né en 1625, décédé le 2 mars 1657 (32 ans), marié le 26 juin 1645 avec Mélaine POMMEROUX.

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Inhumation de Pierre Degenne – 1657 – Crémille

Autre anecdote, pas très gaie, Mélaine Pommeroux est décédée le 2 juillet 1677, soit quelques jours après le mariage de son fils Anthoine. Les deux actes se suivent sur le registre. Et l’acte d’inhumation de Mélaine mentionne un autre enfant, Pierre, né en 1655.

Note : Je n’ai pas pu trouver l’acte de mariage (enfin de « bénédiction nuptiale ») car le registre passe de 1644 à 1647. Provisoirement, j’ai donc choisi de faire confiance à un autre généalogiste qui indique cette date.

Il est fort probable que nous devions nous en tenir à ces 10 générations (en comptant mon père), puisque les plus anciens actes en ligne de Crémille commencent en 1641. Je trouve que ce n’est pas si mal !

 

Ludovic Léopold Eugène LECOMTE & Françoise Augustine LAMBERT

Ce sont les parents de ma grand-mère maternelle.

Ludovic Lecomte (n° 14) est né le 23 avril 1871 à Sérigny, petit village de la Vienne à quelques kilomètres de Faye-la-Vineuse, dans une famille de petits propriétaires.

Françoise Lambert (n° 15) est née le 10 avril 1872 à Saint-Christophe, également dans la Vienne. Elle est aussi issue d’une famille de petits propriétaires.

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Ludovic Lecomte

Les deux sont d’un milieu un peu plus aisé que la branche Degenne/Guérin. J’ai plusieurs actes notariés que mon grand-père Auriau avait sagement conservés, qui montrent que les visites chez le notaire étaient assez fréquentes, que les oncles célibataires ou sans enfants léguaient leurs biens à leurs neveux, qu’on achetait de temps en temps un « labour », qu’on établissait des contrats de mariage, etc. Je n’ai pas encore épluché tous ces actes notariés, dès que ce sera fait, je les remettrai aux archives départementales.

Ludovic et Françoise se sont mariés à Saint-Christophe le 2 juin 1896 et bien entendu, un contrat de mariage a été dressé par Maître Rouffignac, notaire à Saint-Gervais-les-Trois-Clochers.

Les témoins à leur mariage étaient Charles Artault, propriétaire, 48 ans, domicilié à Orches, oncle de l’époux ; Charles Labauge, cultivateur, 47 ans, domicilié à Saint-Gervais, cousin de l’époux ; Auguste Lambert, propriétaire cultivateur, 47 ans, domicilié à Razines (37), oncle de l’épouse et Jules Legrand, propriétaire, 55 ans, domicilié à Marigny-Brizay (86), cousin de l’épouse.

Tout le monde a pu signer l’acte de mariage, sauf la mère de l’épouse, Rose Billouin.

Ludovic et Françoise ont eu deux enfants : Roger est né le 5 février 1898, il a vécu dans la maison familiale, sur la place, jusqu’à son décès. Sa sœur Marie, ma grand-mère, est née le 10 juillet 1901.

Jusqu’à maintenant, j’ai évoqué mes grands-parents et mes arrière-grands-parents. Les prochains billets porteront vraisemblablement sur les « lignées ». Certaines sont riches, d’autres bloquent encore. À suivre…

 

Jules Paul Léon AURIAU & Noémie JOUTEUX

Je poursuis avec la génération de mes arrière-grands-parents, ici de la branche maternelle.

Jules Paul Léon Auriau (n° 12) est né le 8 mars 1868 à Faye-la-Vineuse. Il est mort, toujours à Faye, le 19 août 1933. Il était boulanger, comme l’avait été son père, comme le sera son fils aîné et comme le seront deux de ses petits-fils…

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Jules Auriau

Noémie Jouteux (n° 13) est née à Sérigny, le 29 septembre 1874. C’est l’imposante matrone qu’on voit sur la photo de mariage de son fils Robert. Elle est décédée le 23 mai 1950 à Faye-la-Vineuse. Elle a laissé des souvenirs impérissables à ses petits-enfants. Il ne fallait pas contrarier « grand-mère Noémie », surtout quand elle avait mal à la tête, et c’était souvent.

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Noémie Jouteux

Jules et Noémie se sont mariés à Faye-la-Vineuse le 1er juillet 1895. Un contrat de mariage a été passé chez Maître Pierre Rouffignac, notaire à Saint-Gervais-les-Trois-Clochers, dans la Vienne, le 28 juin 1895.

Les témoins aux mariages ouvrent souvent des pistes de recherche, font apparaître des liens de parenté et confirment, ou pas, des hypothèses. Pour celui-ci, ils m’ont permis de découvrir que Noémie avait deux grands-pères Jouteux, je savais donc que ses parents étaient vraisemblablement cousins.

Les témoins : Jean Bonneau (on n’oserait plus, aujourd’hui…), 58 ans, cultivateur à Faye-la-Vineuse, oncle du marié ; Paul Auriau, 40 ans, boulanger (tiens, tiens) à Vouvray, cousin du marié ; Louis Jouteux, 71 ans, propriétaire à La Haye-Descartes, grand-père de la mariée ; Médéric Jouteux, 66 ans, propriétaire à La Chapelle-Blanche-Saint-Martin, grand-père de la mariée.

Ici, j’ai le sentiment de découvrir un autre univers que celui de ma branche paternelle. Du côté des Auriau/Lecomte/Jouteux, on a des biens, on établit des contrats de mariage, on va souvent chez le notaire, pour un héritage, une donation, bref l’argent est une constante. Celui qu’on a. Dans la branche paternelle, c’est surtout celui qu’on n’a pas qui est une constante…

Le 29 novembre 1925, Jules et Noémie cèdent leur fonds de commerce à mes grands-parents pour une somme de 6 000 francs.

Pour me faire une idée, je suis allée convertir ces anciens francs de 1925 en euros de 2015. Et là, l’INSEE me dit : « Compte tenu de l’érosion monétaire due à l’inflation, le pouvoir d’achat de 6 000,00 anciens francs en 1925 est donc le même que celui de 5 029,64 euros en 2015. » Étonnant, non ?

Auguste Jean Baptiste GUÉRIN & Marie Claire BOISGARD

Aujourd’hui, les parents de Renée Guérin, ma grand-mère paternelle.

Auguste Jean Baptiste Guérin (n° 10) est né le 7 juillet 1871 à Leigné-les-Bois, au village de Vaux, où je suis souvent allée pendant mon enfance.

Marie Claire Boisgard (n° 11) est née le 13 janvier 1882 à Barrou, en Indre-et-Loire, donc de l’autre côté de la « frontière » du département, à une quinzaine de kilomètres de Leigné-les-Bois.

Ils se sont mariés le 25 avril 1905, à Leigné-les-Bois.

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Signatures figurant au bas de l’acte de mariage. Les mères des époux « ne savent pas signer »…

J’ai toujours pensé qu’ils avaient eu quatre enfants : mon grand-oncle Roger (qui en réalité s’appelait Auguste pour l’état civil) en juin 1905, suivi d’Abel Edmond (ou Édouard, selon l’acte) en 1907, puis de ma grand-mère Renée Claire en 1908 et enfin de Solange en 1912. Mais l’écart entre Renée et Solange m’intriguait un peu. Mes soupçons se sont confirmés quand j’ai trouvé la trace de Robert Marcel, né le 9 décembre 1910 et décédé le 19 janvier 1911, soit 42 jours de vie. Ce sont donc bien cinq enfants.

Je ne crois pas aux malédictions, mais force est de reconnaître que certains schémas se répètent, et ce sont rarement les plus agréables. Marie Claire (comme Renée Claire, sa fille, morte à 23 ans) va mourir jeune, à 30 ans, en mai 1912, laissant elle aussi quatre orphelins. L’aîné, Roger, ne refusera pas d’accueillir mon père, son neveu, quand à son tour, celui-ci sera orphelin de mère. Solange est celle que j’ai le mieux connue, nous lui rendions souvent visite et elle a assisté, quelques mois avant sa mort, à notre fête de famille. Il était très touchant de voir mon père, ses frères et sa sœur, tous octogénaires, déjeuner avec leur tante !

Les témoins au mariage d’Auguste et Marie Claire figurent sur l’acte. Ce sont Auguste Fiot, propriétaire, 49 ans, demeurant à Vaux de cette commune, ami de l’époux, Éloi Boutet, cultivateur, 36 ans, demeurant à Vaux de cette commune, ami de l’époux, René Boisgard, cultivateur, 30 ans, demeurant au Ribatou de cette commune, frère de l’épouse et Fridolin Dreux, gendarme en retraite, 66 ans, demeurant à Vaux de cette commune, ami de l’épouse.

Comme moi, vous avez souri en lisant le prénom du dernier témoin ? Un prénom qui ne serait pas très politiquement correct à notre époque, n’est-ce pas ? J’ai cherché une explication et j’ai fini par la trouver : il existe bien un saint du nom de Fridolin ! Ce nom vient de Fridolinus qui signifie « pacifique » en langue germanique. Fridolin fut abbé de Saint-Hilaire de Poitiers, au VIe siècle, et on le fête le 6 mars. Et on en apprend tous les jours !

Auguste est décédé à Leigné-les-Bois le 5 mars 1941. C’est lui dont le cheval ramenait la carriole à bon port les soirs de foire à Châtellerault, quand il avait un peu trop bu pour tenir les rênes…