Présentation

Décembre 2016.

J’ai toujours aimé les histoires de famille, de ma famille, voire de mes familles, paternelle et maternelle. Enfant, dans les années 60, j’écoutais bouche bée celles que racontait mon grand-père Auriau pendant les déjeuners dominicaux. J’étais fascinée par les récits souvent hilarants qu’il faisait de la période où il courtisait ma grand-mère Marie, les prises de bec avec le curé du village (il était anticlérical, mais avait épousé une femme très pieuse), toutes les anecdotes d’époques révolues qui faisaient travailler mon imagination.

Du côté Degenne, c’était la « tournée des grands-ducs » que j’aimais. Certains dimanches, nous partions rendre des visites aux tantes de mon père : Gabrielle et Madeleine à Leigné-les-Bois, tante Marie et tonton Roger au village de Vaux, tante Solange à Pleumartin. Et toujours cette impression d’ouvrir une malle aux souvenirs, cette succession de « Et tu te souviens, quand… ? » ou « As-tu connu… ? ». J’adorais. Et encore plus quand quelqu’un sortait une boîte à chaussures remplie de vieilles photos !

Mais le déclic, s’il en faut un, c’est l’histoire du grand-père Guérin, celui que son cheval ramenait tout seul de Châtellerault quand il était allé à la foire et avait trop bu… Auguste Guérin, donc, était, selon la légende familiale, « mort sur les marches de la gare de Châtellerault en revenant de la guerre ». Autrement dit, pour la fillette que j’étais : un héros. J’y reviendrai. La légende en a pris un coup.

Tout cela m’intéressait beaucoup, et quelques années après, j’ai décidé de « faire mon arbre ». J’avais du temps et j’en ai profité. J’ai bien avancé, trouvé des actes, établi des liens et… me suis heurtée à bien des points d’interrogation. Puis j’ai dû tout arrêter, faute de temps.

J’ai eu quelques contacts sporadiques pendant ces années d’abstinence généalogique, mais je n’avais pas le temps de me replonger dans mes fiches. Et depuis une bonne année, je suis certains sites spécialisés sur les réseaux sociaux. Immanquablement, j’ai remis un petit doigt dans l’engrenage et, c’est décidé, je reprends tout au début, je vérifie (merci Internet), je complète et surtout, je « débloque » les impasses.

Deux autres événements ont aussi joué un rôle : la formidable réunion de famille de la Pentecôte 2010 qui a donné aux enfants et petits-enfants de mon grand-père Étienne l’occasion de passer un excellent week-end à La Roche-Posay. L’autre événement qui n’a fait qu’accroître mon intérêt est un peu plus ancien, il s’agit de l’ouvrage que Marie-Josèphe Pearce a écrit sur le frère d’un de nos ancêtres, qui est entré dans les ordres et est devenu évêque d’Honolulu ! Je vous raconterai.

La structure de ce blog reste à définir, mais je commencerai par présenter mes quatre grands-parents : Étienne Degenne, Renée Claire Guérin, Robert Auriau et Marie Lecomte. Ensuite, peut-être chaque branche, peut-être chaque génération, ce n’est pas encore bien défini et je suis ouverte aux suggestions. Je ferai aussi part de quelques découvertes insolites, tel ce prénom « Ortance » récemment croisé dans un registre d’état civil.

Pour finir ce premier billet, un aveu (avec le rouge aux joues) : ce nom « Degenne », avec ce « de », j’ai longtemps et naïvement rêvé que nous étions, avant la Révolution, une famille noble. Des envies adolescentes de grandeur ? J’étais persuadée que si j’arrivais à remonter jusqu’à cette période, j’en trouverais la preuve. Évidemment, ça n’a pas été la branche la plus facile à retracer, je suis restée longtemps bloquée en 1804, et quand un correspondant m’a fourni les générations antérieures à la Révolution (que je dois encore vérifier), il a bien fallu déchanter : les Degenne ont toujours eu les pieds dans la terre et n’ont jamais connu la vie de château !

Qu’à cela ne tienne, je rêve toujours, mais je ne suis plus adolescente, et ces ancêtres aux origines modestes n’en méritent pas moins mon intérêt et mon affection. Au contraire, même, je suis fière de cette ascendance humble composée de laboureurs, de journaliers, de fermiers ou de (petits) propriétaires, qui cultivaient la terre sans relâche, dans les pires conditions. C’est bien grâce à ces gens de peu que je suis là.

Ce blog leur est dédié.

Petite note « technique » destinée aux non-initiés. Un arbre sans numérotation serait ingérable. J’utilise la méthode Sosa, comme l’immense majorité des généalogistes. Le principe de la numérotation est d’attribuer le numéro 1 à l’individu racine (le sujet sur lequel on établit l’ascendance) puis le numéro deux à son père et trois à sa mère. Chaque homme a un numéro double de celui de son enfant et donc pair, et chaque femme un numéro double de celui de son enfant plus un, soit un numéro impair.

Par exemple, je suis l’« individu racine », je porte donc le numéro 1. Mon père porte le numéro 2 et ma mère le numéro 3 et ainsi de suite. Grâce à cette méthode, je sais que le numéro 129 est une femme (numéro impair), épouse du numéro 128, lui-même père du numéro 64, etc. Même pour une non-matheuse comme moi, c’est simple et logique ! Et quand on arrive à des 1678 ou 3357, l’exercice de calcul mental à faire est assez stimulant.

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