Robert Jules Marie AURIAU et Marie Augustine LECOMTE

Les principaux lieux de la Vienne où a vécu une bonne partie de ma famille Degenne sont tous situés à faible distance de Châtellerault, côté est. Faisons quelques kilomètres à l’opposé, en direction de Richelieu, en suivant cette interminable ligne droite qui monte et qui descend sans cesse. Un peu avant Richelieu, quittons cette départementale pour prendre, sur la gauche, une toute petite route qui monte jusqu’à une butte dominée d’un côté par le château d’eau et de l’autre par le clocher de la collégiale Saint-Georges. Tous deux sont très visibles des alentours et ils sont gravés à jamais dans ma mémoire.

Nous ne sommes plus dans la Vienne, mais dans l’Indre-et-Loire, à Faye-la-Vineuse, un petit village à la riche histoire, qui, au Moyen Âge, était une cité fortifiée comptant environ dix mille personnes intra et extra muros, c’était en effet la cité la plus importante de la région avant que Richelieu ne fût construite. (source : Wikipédia)

C’est donc à Faye-la-Vineuse que Robert Jules Marie Auriau (n° 6), mon grand-père maternel, a vu le jour, le 21 mai 1897. Il est l’aîné de trois enfants du couple formé par Jules Paul Léon (on ne plaisante pas avec les prénoms dans cette famille !) et Noémie Jouteux. Après lui, naîtront France Jules Marie (un garçon, malgré ces prénoms) le 17 juillet 1904, et Paulette Simone Marie, le 21 septembre 1900.

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Robert Auriau à Faye-la-Vineuse dans les années 20

J’ai appris après sa mort qu’il avait « fait » la guerre de 14-18 et été prisonnier. En témoigne une carte postale adressée à sa famille et montrant un groupe de soldats. Il n’en parlait jamais. Ça a dû lui coûter de partir de son village, car une de ses caractéristiques était ce refus presque viscéral de quitter son clocher. Excepté quelques années passées à l’internat du lycée Descartes, à Tours, dont il ne gardait pas un bon souvenir, et cette fameuse période militaire, mon grand-père a toujours refusé de quitter Faye, même pour le mariage de son plus jeune fils dans les Vosges !

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Marie Lecomte en 1979

Je l’ai connu alors qu’il était retraité, mais je sais que c’était un boulanger assez atypique. Il était très cultivé, poète à ses heures, grand lecteur, bon chasseur, détestant les « bondieuseries », autoritaire aussi (mais pas avec ses petits-enfants). En 1920, à je ne sais quelle occasion, il a rencontré et commencé à courtiser la jeune et jolie Marie Augustine Lecomte (n°7), du village voisin de Sérigny. Cette cour a duré un an et il racontait, le sourire aux lèvres, que Marie lui avait coûté une cinquantaine de poulets ! En effet, pendant un an, chaque dimanche, il allait déjeuner chez les Lecomte et apportait un poulet. Il faut croire que ça a marché puisque le 20 septembre 1921, à Sérigny, il a pu épouser « sa » Marie, elle avait 20 ans.

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Mariage de Robert Auriau et Marie Lecomte – 1921

Six enfants sont nés de cette union : cinq garçons et une fille. Et les cinq garçons, dans le parfait respect de la tradition, ont reçu chacun trois prénoms : Pierre Marie Robert, né le 21 juin 1922, Jean Marie Paul, né le 13 février 1924, Paul Louis Marie, né le 19 mai 1926, André Jules Marie, né le 10 février 1929 et Jacques Marie Ludovic, né le 13 décembre 1941. Entre André et Jacques, une fille est née, le 23 juillet 1931, dont le choix de prénoms a fait l’objet d’une passe d’armes entre ma grand-mère Marie et sa belle-mère Noémie (la plantureuse femme qui se trouve à la droite du marié). En effet, la jeune sœur de mon grand-père, Paulette, est décédée le 7 octobre 1929 et la grand-mère Noémie voulait absolument que Paulette soit le premier prénom de ma mère. Mais ma grand-mère voulait que ce soit Marie-Thérèse. Finalement, un arrangement a été trouvé : ma mère s’appellerait Paulette Marie-Thérèse et c’est son second prénom qui serait le prénom usuel.

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La famille au grand complet !

Robert et Marie ont hérité le 29 novembre 1925 de la boulangerie tenue par les parents de Robert à Faye-la-Vineuse. Il m’a été raconté que les déjeuners rassemblaient une très grande tablée : les parents, leurs six enfants, les commis de boulangerie, la couturière, la cuisinière, le facteur et j’en passe !

Ils étaient connus à des lieues à la ronde, la foule aux obsèques de mon grand-père, décédé le 12 avril 1973 à Tours, était vraiment impressionnante pour un si petit village.

Ma grand-mère lui a survécu jusqu’en avril 1999, elle avait 98 ans !

 

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