Parcours militaire et légende familiale

Enfant, on m’avait parlé de cet ancêtre, mon arrière-arrière-grand-père, et raconté qu’il était « mort sur les marches de la gare de Châtellerault en revenant de la guerre. » Ne connaissant pas la date de son décès, j’avais avalé ça sans poser de question. Rétablissons les faits !

Auguste GUÉRIN (Sosa 20) est né le 10 août 1835 à Leigné-les-Bois. Ses parents sont Jean Guérin et Radegonde Sinton (ou Sainton). Il a au moins un frère, prénommé Baptiste. Le 4 février 1867, il a épousé Élise Ricault à Leigné-les-Bois, Élise étant également de cette commune. Il avait 32 ans et Élise en avait 20.

Je me suis retrouvée en possession d’un « Certificat de bonne conduite », qui lui a été décerné le 14 mai 1862 à Rome par le capitaine commandant la 16e batterie du régiment d’artillerie. Le certificat donne une description physique d’Auguste : « cheveux et sourcils châtains, yeux châtains, front rond, nez long, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, taille 1,70 m » et précise « en outre, qu’il n’a aucune infirmité apparente ou cachée qui puisse l’empêcher de reprendre du service et qu’il n’est pas marié ».

certificatbonneconduite-augusteguerin20-1862

Certificat de bonne conduite

Je dispose également de son congé de libération date du 31 décembre 1862. J’y apprends qu’il a été « incorporé au 14régiment d’artillerie à compter du 9 avril 1856 comme appelé inscrit sous le n° 1186 de la liste du contingent du département de la Vienne (classe 1855) ». Il aura servi pendant 6 ans (campagnes d’Italie) comme « jeune soldat au registre matricule du corps sous le n° 673 ». Il est aussi précisé qu’il était « 1er canonnier au 14e d’artillerie ».

Après ces six années, je l’imagine donc faire le long voyage de retour au pays, retrouver son village de Vaux, sa famille, ses amis, puis après quelques temps, épouser Élise, et mener sa vie de cultivateur, devenant propriétaire, racontant ses souvenirs à son fils Auguste.

mortaugusteguerin20-avenirdelavienne-27avril1892

L’Avenir de la Vienne du 27 avril 1892

Au tout début de mes recherches, j’avais vu qu’il était mort en 1892. Ayant suivi assidument mes cours d’histoire, je me demandais de quelle guerre il pouvait bien s’agir. Eh bien, il n’est pas mort « en revenant de la guerre », de blessures quelconques. Non, c’est un peu plus prosaïque. Je vous laisse lire le petit article que l’Avenir de la Vienne a consacré à ce décès le 27 avril 1892. L’article est intitulé Mort subite. Le texte n’est pas très lisible sur l’original, en voici la transcription.

« Le sieur Guérin Auguste, âgé de 55 ans, propriétaire à Leigné-les-Bois, entrait le 23 avril à 6 h du soir dans la salle d’attente de la gare de Châtellerault. Tout à coup, il tourna sur lui-même et tomba à terre. On s’empressa à venir à son secours et le chef de gare fit mander un médecin. Mais tous les soins furent inutiles. Guérin avait été foudroyé par une congestion cérébrale. Le cadavre a été transporté à l’hospice et la famille prévenue aussitôt. »

Le vocabulaire médical a évolué et cette « congestion cérébrale » est sans aucun doute un AVC. Quant à ce qu’Auguste allait faire dans la salle d’attente de la gare, le mystère demeure…

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s