Bilan 2017 et projets 2018

Il est d’usage de faire un bilan de l’année écoulée. Alors, allons-y, il ne reste que quelques heures ! Je précise que ce bilan ne concerne que mon « année généalogique ».

Pour mémoire, je n’ai repris mes recherches que courant 2016, et j’ai créé ce blog en décembre de la même année. J’avais besoin d’un endroit pour développer un peu ce que je trouvais, récapituler, et surtout en faire profiter d’autres, notamment les membres de ma famille.

Il se trouve qu’au même moment, ma vie professionnelle a pris le pas sur tout ce que j’avais entrepris, qu’elle m’a privée de temps, ce précieux temps, et que je suis loin d’avoir fait tout ce que j’avais en tête au départ.

Enfin, le blog est là, alimenté de façon irrégulière, mais peu importe, il n’a pas vocation à battre des records, pas plus que la page Facebook associée, qui est surtout là pour me permettre de suivre d’autres pages qui m’intéressent. Concernant le blog, j’ai matière à publier, il faudrait simplement que j’aie le temps de compléter certaines recherches et de rédiger…

J’ai quand même avancé puisque, si on parle de nombre d’ancêtres, je suis partie de mes recherches antérieures avec environ 800 noms dans mon arbre et que j’arrive, en cette fin d’année, à un peu plus de 2000. Je ne fais pas de course au chiffre, mais ça reste une satisfaction d’avoir étoffé cet arbre, et ces nouveaux ancêtres sont autant de pistes à développer. J’ai aussi débloqué quelques impasses, je pense à Louise Drault, mais aussi à Louise Bourgouin qui m’a permis de sortir de l’Indre-et-Loire et de la Vienne pour m’emmener dans la Sarthe et le Loir-et-Cher ! On est encore loin de l’exotisme de certaines généalogies, mais qui sait où me mèneront mes prochaines découvertes ? J’ai aussi fini par mettre la main sur la fiche matricule de mon grand-père Robert Auriau et j’en suis très contente.

Une année 2017 faite d’un mélange de satisfactions et de frustrations, comme souvent, mais l’idée est que ces frustrations deviennent de nouveaux projets qui, un beau jour, finiront bien par se concrétiser !

Pour 2018, je voudrais du temps pour : lire, chercher, écrire, réfléchir, creuser la psychogénéalogie qui m’intéresse beaucoup (d’ailleurs, je suis preneuse de titres et d’auteurs), suivre des cours de paléographie pour déchiffrer plus facilement certains actes, participer davantage à la vie de cette communauté de généalogistes formidables que je suis sur Twitter, affiner ma « méthodologie » et m’organiser (pas mon point fort) et tout cela en essayant de ne pas passer tout mon temps devant l’ordinateur…

Excellente année 2018 à toutes et à tous !

IMG_0075

On veille sur moi

Le mystère du « hibou américain » est résolu !

J’avais publié l’article à propos de « Pierre hibou américain » sur Twitter, et plusieurs généalogistes m’ont donné un superbe coup de main, très apprécié, pour tenter de résoudre cette énigme ! Je les en remercie vivement.

Sur l’acte de baptême qui illustrait l’article précédent, si le curé avait respecté les règles orthotypographiques actuelles, il aurait écrit : « Pierre Hibou, Américain » et ça aurait fait sens, sans pour autant résoudre complètement l’affaire, car que pouvait bien faire un Américain en 1736 à Pleumartin ?

Pour commencer, D’ors et d’arts a trouvé l’acte de décès du petit Philippe André, mort en juillet 1738 « âgé de deux ans environ », ainsi que l’acte de baptême d’un autre garçon, Laurent Pierre, né le 10 mai 1734, dont le père est nommé « Pierre hibeau américain ». Toujours l’orthographe, monsieur le curé !

BaptemeLaurentPierreHibou-Pleumartin-10mai1734

Acte de baptême de Laurent Pierre, 1734

Et puis aussi l’acte de mariage des parents, où on voit la signature de Pierre : « Pierre nègre américain », à côté de celles de membres de la famille du marquis de Pleumartin.

MariagePierreHibou1733

Acte de mariage de Pierre et de Louise Blanchard (le Deslandes est une erreur), 17 février 1733

Pierre venait donc bien d’Amérique, il avait probablement été ramené par une expédition. Le fait que ce soit un Noir, peut-être un ancien esclave, rend sa présence dans la Vienne encore plus étonnante. Toutes les questions que je me posais sur cette présence, ce mariage, l’origine de son nom, les signatures sur l’acte de mariage, etc. ont trouvé leur réponse dans ce passionnant article des Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest (ABPO) rédigé par Sébastien Jahan, maître de conférences en histoire moderne à l’université de Poitiers, et intitulé Les Noirs en Haut-Poitou au XVIIIe siècle, qui m’a été fourni par D’ors et d’arts. J’y ai appris, entre autres, que ces années-là, il y avait 3 Noirs répertoriés en Poitou, le Pierre qui nous intéresse, un dénommé Thomas Ismaël qui accompagnait un régiment irlandais et une jeune femme, Louise Thisbée, vraisemblablement ramenée de Saint-Domingue par un colon châtelleraudais revenu mourir sur ses terres natales.

Pour lire cet article, c’est ICI. Il est très complet, ne vous privez pas de cette lecture !

Je n’ai pas réussi à trouver l’acte de décès de Pierre, certaines pages des registres de Pleumartin pour l’époque sont en très mauvais état. Louise, son épouse, est décédée en 1747. Elle est appelée Deslandes (comme dans l’acte de mariage où il est précisé que c’est une erreur), mais elle est dite « veuve de Pierre Hibault », donc on peut penser que c’est bien elle. A priori, ce couple n’a pas eu de descendance…

DecesLouiseDeslandesVvePierreHibault-14-12-1747-Pleumartin

Acte de décès de Louise Blanchard, veuve de Pierre Hibault. 1747

J’ai peut-être un autre mystère en réserve, à mon avis bien plus épais, alors… à bientôt !

Mystère : le « hibou américain » !

C’est au détour d’une recherche, il y a quelques semaines, dans les registres paroissiaux en ligne des Archives départementales de la Vienne, que je suis tombée sur cet acte. C’est incroyable ce qui peut accrocher l’œil quand on lit en diagonale !

Il s’agit d’un acte de baptême du 18 novembre 1736, sur le registre paroissial de Pleumartin. Le baptisé est Philippe André, dit « fils de Pierre hibou américain » et de Louise Bélangeard. Si je déchiffre bien, les parrain et marraine sont André Pinot et Magdelene Gilberton, ce qui ne m’avance pas. Je n’ai pas trouvé Louise, mais seulement deux occurrences de « Bélangeard » sur Généanet, à Pleumartin également et rien sur Filae…

HibouAmericain-Pleumartin-18111736-Bapteme48

On peut tout imaginer : un père facétieux qui veut jouer un tour au curé du village, une profession itinérante (forain, colporteur, etc.), un vin de messe un peu trop fort, une ouïe défaillante, tout est possible ! Mais plus sérieusement, je pense aussi que ce Pierre pourrait fort bien avoir été ramené d’une expédition en Amérique par un explorateur ou un marchand. Faute de trouver d’autres documents, cette hypothèse me semble difficile à confirmer.

Bien que ce Pierre ne soit vraisemblablement pas de notre famille, cet acte de baptême a été établi à Pleumartin, d’où ma curiosité.

Tout ce qui permettrait d’éclaircir cette histoire de hibou est bienvenu !