Alexandre Noël JOUTEUX, mort pour la France en 1916

À l’occasion des commémorations et hommages rendus aux combattants de la Première Guerre mondiale, originaires du village de Faye-la-Vineuse (37), j’ai découvert qu’un des « morts pour la France » s’appelait Alexandre Noël JOUTEUX. Je n’avais jamais entendu parler de lui avant, mais la mère de mon grand-père s’appelait aussi JOUTEUX et était née à Sérigny (86), à moins de 10 kilomètres, mais dans le département voisin. Pour moi, il était donc forcément de la famille. Restait à le démontrer !

Alexandre Noël JOUTEUX est né le 25 décembre 1881 à Sérigny, de Jean Baptiste JOUTEUX, 38 ans, jardinier à Launay (un lieu-dit de Sérigny où se trouve un beau château), et de Marie Eugénie VENAULT, sa légitime épouse, âgée de 29 ans, sans profession. Le couple a eu deux autres enfants : Jean Baptiste, né en 1877, et Marie Eugénie Noémie, née en 1890.

ActeNaissance

Acte de naissance d’Alexandre Noël JOUTEUX, du 25 décembre 1881

Les parents d’Alexandre se sont mariés le 25 avril 1876 à Abilly (37), mais l’acte de mariage m’apprend que Jean Baptiste est né à Balesmes (37), de Jean Baptiste JOUTEUX et Jeanne DEMAY. C’est là que je le « raccroche » à mes JOUTEUX. En effet, Jean Baptiste senior est le frère de mon sosa 104, Jean JOUTEUX, un « cultivateur/homme d’affaires ».

Au moment du mariage, Marie Eugénie, originaire d’Yzeures (sur Creuse), était domestique. Quant à Jean Baptiste, avant d’être jardinier à Launay, il était cultivateur.

Appartenant à la classe 1901, Alexandre Noël doit faire son service militaire, d’une durée de 3 ans à l’époque. Si j’ai bien compris les mentions qui figurent sur sa fiche matricule, il a fait ce service militaire en Algérie (la « campagne d’Algérie ») de novembre 1902 à octobre 1905. Il a été fait caporal, puis sergent et a obtenu un « certificat de bonne conduite ». Sa fiche matricule donne également une description physique. Je sais donc qu’il mesurait 1,65 mètre, qu’il avait les cheveux châtains, les yeux bleus, le menton rond et le visage ovale. Son degré d’instruction est également mentionné, il correspond au niveau 3, c’est-à-dire qu’il sait lire, écrire et compter. Cette période du service militaire a été effectuée dans les sections d’infirmiers. Il est passé dans la réserve de l’armée active le 1er novembre 1905.

JOUTEUX-Algérie

Extrait de la fiche matricule

Il peut donc rentrer à Faye-la-Vineuse où il épouse, le 20 octobre 1906, Marthe Marie Clotilde GOUIN qui était veuve et de dix ans plus âgée que lui, et reprendre son métier de menuisier. Un des témoins du mariage est Louis Frédéric JOUTEUX, le père de Noémie JOUTEUX, ma terrible arrière-grand-mère. A priori, le couple n’a pas eu d’enfants.

ParenteNoemie-AlexandreJOUTEUX

Visiblement, les familles sont restées proches au fil des générations.

Il a accompli des périodes d’exercices en 1909 et 1911, puis a été « rappelé à l’activité » le 1er août 1914. Dès le 4 août, il retrouve les sections d’infirmiers. Le détail de son parcours pendant cette guerre est difficile à reconstituer, les changements de section sont nombreux et je m’y suis un peu perdue.

Toujours est-il qu’il meurt le 19 juillet 1916, à l’hôpital auxiliaire n° 11 de Maisons Laffitte, (âmes sensibles, ne lisez pas la fin de ce paragraphe) d’un « phlegmon infectieux au plancher de la bouche ». J’ai lu « phlegmon gangreneux » dans un autre document, je ne veux pas de détail, je me dis seulement que c’est à classer dans les morts atroces, une parmi des millions d’autres de cette sale guerre.

Son nom figure, malheureusement avec une faute, sur le monument aux morts de Faye-la-Vineuse ainsi que sur une plaque apposée dans l’église de Sérigny.

Sources :

Fiche matricule d’Alexandre Noël JOUTEUX : http://archivesnumerisees.cg86.fr/v2/ark:/28387/2adfde17c0875eaa6baef3fe0756572e/

Sa fiche sur le site Memorial-GenWeb : http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/complementter.php?id=1784023

Le château de Launay, à Sérigny, où il a probablement passé son enfance (c’est moi qui le dis, sans aucune preuve, mais le château me plaît bien) : http://www.chateau-fort-manoir-chateau.eu/chateaux-vienne-chateau-serigny-chateau-de-launay.html

Le site d’Élise Lenoble, d’une aide appréciable. J’en profite pour la remercier : https://www.aupresdenosracines.com/2016/11/retrouver-un-infirmier-militaire-ou-un-soldat-blesse-pendant-la-grande-guerre.html

 

Une jumelle par an chez les CHARLES

Pour compléter la fratrie de Brigite CHARLES (sosa 43), épouse de Silvain RÉAU (sosa 42), je me suis plongée dans les registres d’état civil de La Roche Posay et de Leigné-les-Bois. Je ne pensais pas y trouver 9 frères et sœurs, et encore moins des jumelles.

Les parents de Brigite sont Jacques CHARLES (sosa 86) et Marie CHAUSSEBOURG (sosa 87). Ils se sont mariés le 5 février 1810 à La Roche Posay où sont nés leurs premiers enfants : Marie le 24 décembre 1810, Jacques le 18 février 1813 (décédé le 23 avril de la même année), Benjamin le 31 mars 1814 et Anne le 28 mai 1816.

La famille déménage ensuite à Leigné-les-Bois où suivent 6 naissances : Brigite le 1er janvier 1819, sosa 43, Estasie (sic) le 25 avril 1822, Rose le 4 mars 1824, Geneviève le 31 décembre 1829, Joséphine le 1er janvier 1830 et enfin Élise le 6 novembre 1832.

Ce sont Geneviève et Joséphine qui m’ont intéressée. Le dernier acte de 1829 est celui de la naissance de Geneviève, il précise qu’elle est née à 5 heures du matin.

J’ouvre le registre suivant, et le premier acte de 1830 est celui de la naissance de Joséphine, à 4 heures du matin.

Je vérifie rapidement que les parents sont bien les mêmes, on ne sait jamais, c’est bien le cas.

Pour résumer, nous avons donc 2 petites filles, nées à 23 heures d’intervalle, mais pas la même année, ni la même décennie, et qui ne sont donc pas inscrites sur le même registre !

Malheureusement, mes recherches pour savoir si elles avaient survécu et si oui, ce qu’elles étaient devenues, n’ont pas abouti.

Pour compléter le tableau, l’heureux papa, Jacques CHARLES, avait environ 42 ans, et Marie CHAUSSEBOURG son épouse en avait environ 39. Il était laboureur et avait une douzaine de bouches à nourrir…

C’était la minute « naissances insolites » !