Anne ou Marie ? Et combien de Marie ?

Mon ancêtre Louis DEGENNE (sosa 32), veuf de Jeanne MÉRIGUET, a épousé en deuxièmes noces Anne MOREAU (sosa 33) le 8 mai 1837 à Vicq-sur-Gartempe. Leur acte de mariage indique qu’elle est née le 11 décembre 1795 à Vicq-sur-Gartempe.

DateNaissanceAnneMoreau

Extrait de l’acte de mariage qui indique Anne Moreau avec une date de naissance erronée.

Anne était la fille de Jacques MOREAU (sosa 66) et de Marie PETITCLERC (sosa 67). N’ayant pas approfondi cette branche, je me disais qu’elle n’était probablement pas fille unique. J’ai donc commencé à chercher d’éventuels frères et sœurs à partir de 1792, date de mariage de Jacques et Marie. C’est là que les surprises ont commencé.

J’ai d’abord trouvé un frère aîné, François, né en 1793, le seul de la fratrie à être né à Pleumartin. Sur le site Mémoire des Hommes du ministère des Armées, on trouve sa fiche qui m’a appris que François était né à Vicq (son acte de naissance se trouve pourtant bien dans les registres de Pleumartin), qu’il était « tiseran », « conscrit de l’an 1813 », qu’il avait un grade de « fusilier » et qu’il avait été « rayé le 31 décembre 1813 » (je suppose qu’il a été libéré de ses obligations à cette date).

Je possédais déjà l’acte de naissance d’Anne, le 11 décembre 1795 à Vicq-sur-Gartempe. Je m’étais étonnée qu’il soit au nom de Marie MOREAU, mais je débutais et n’avais pas cherché plus loin. Je me disais qu’elle avait adopté un autre prénom.

J’ai continué à répertorier tous les Moreau de la Vienne sur Filae et trouvé encore 3 sœurs nées après elle : Magdelaine, Marie et Jeanne.

Magdelaine est née en 1797 et décédée en 1801.

Marie est née en 1803, s’est mariée en 1828, a eu 3 enfants et est décédée en 1834, à 31 ans donc. Elle était couturière.

Jeanne est née en 1805. Je n’ai pas trouvé d’autre trace d’elle.

Et puis, surprise, je trouve l’acte de décès d’une autre Marie MOREAU en 1802. Il ne peut pas s’agir de celle qui est née en 1803, évidemment. Et ce n’est pas non plus « ma » Marie-qui-se-ferait-appeler-Anne.

Après un bon remue-méninges et concertation avec moi-même, je lance un appel à l’aide sur Twitter. Cette communauté de généalogistes est souvent d’une aide précieuse. C’était une bonne idée ! Suivant les pistes fournies, je consulte les tables décennales de Vicq-sur-Gartempe et recense les patronymes qui pourraient être confondus avec Moreau. Et je trouve une Anne MORIOT, née en le 4e jour complémentaire de l’an 7, ce qui correspond au 20 septembre 1799. Les parents cités sont bien Jacques MORIOT et Marie PETITCLERC. Ouf ! Les choses commencent à s’éclaircir.

AnneMoriot

Le nom qui figure dans la marge de l’acte de naissance d’Anne

Une naissance en 1799 et un décès en 1869, l’acte indiquant qu’Anne avait 70 ans, me laissent penser que j’étais passée complètement à côté des bons actes.

À ma décharge, les actes paroissiaux ou d’état civil ne sont pas toujours des modèles d’exactitude. L’acte de décès d’Anne, en 1869, précise qu’elle est veuve d’André Dejenne (sic), alors qu’elle l’est de Louis…

Et la petite Marie décédée en 1802 « à l’âge de 7 ans » ? Eh bien, c’est elle qui était née en 1795.

J’en conclus que les officiers d’état civil n’ont pas fait leur travail correctement et que celui qui a marié Anne à Louis DEGENNE, n’ayant pas trouvé son acte de naissance au nom d’Anne MOREAU, n’a pas cherché plus loin. Peut-être que, comme moi, il s’est dit qu’elle s’appelait Marie mais préférait qu’on l’appelle Anne. Je suis donc aussi fautive que lui !

Pour conclure, il y a encore quelques jours, je ne connaissais qu’un enfant au couple Jacques Moreau et Marie Petitclerc, et je sais maintenant qu’ils en ont eu 6, dont 2 Marie !

EnfantsMoreau

En cherchant autre chose sur Internet, je suis tombée – à point nommé – sur cette citation bien connue de Boileau (ou attribuée à Boileau) qui me semble s’appliquer parfaitement aux recherches généalogiques en général et plus particulièrement à celle-ci :

« Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,

Polissez-le sans cesse, et le repolissez,

Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. »