Enfin, des visages ! (famille Boisgard)

Les photos de nos ancêtres, dans les milieux modestes, pour ne pas dire très pauvres, sont une denrée rare. Une photo de groupe à l’occasion d’un mariage, et encore pas toujours, et quelques photos des « anciens » prises dans les années 1950, quand les appareils photo sont devenus plus courants.

Alors, quand ma cousine Nadine décide de trier ce qu’elle possède et qu’elle m’envoie cette photo de mariage, je saute de joie. Par recoupement, car nous ne connaissions que la date du mariage et le nom des époux, qui ne sont pas des ancêtres directs, nous avons réussi à mettre des noms sur quelques visages et compris que nous avions sous les yeux les visages de nos arrière-arrière-grands-parents Boisgard !

Le mariage en question a eu lieu le 17 octobre 1908 à Pleumartin, dans la Vienne. Le jeune époux s’appelle René Émile Gabriel BOISGARD. Il est né le 19 mai 1874 à Barrou, en Indre-et-Loire. Il a donc 34 ans, il est cultivateur et domicilié au Ribatou, commune de Leigné-les-Bois, où vivent également ses parents. Il est le fils aîné d’Émile Louis BOISGARD (sosa 22) et de Joséphine GAUDRON (sosa 23).

La jeune épouse s’appelle Marie Marguerite BERTHON, elle a 19 ans, est « sans profession », et la fille de Jean Appolinaire BERTHON et de Marie Alexandrine PERCEVAULT, tous deux cultivateurs, domiciliés paroisse Saint-Sennery à Pleumartin.

MariageBoisgard-Berthon-Pleumartin-1908

17 octobre 1908, mariage de René BOISGARD et Marguerite BERTHON – Pleumartin (86) (archives familiales)

Trois ans après leur mariage, le recensement de 1911 à Leigné-les-Bois indique que René et Marguerite partagent leur domicile avec Émile et Joséphine, au Ribatou. Dix ans après, en 1921, il n’y a plus de Boisgard au Ribatou.

Les tables décennales pas plus que les registres d’état civil ne sont en ligne pour cette période, il faut se déplacer en mairie, je n’ai donc pas pu le vérifier, mais je pense qu’Émile est décédé entre les deux recensements. En effet, en 1921, Joséphine vit au village de Vaux, sur la commune de Leigné-les-Bois, où résident également son gendre, Auguste GUÉRIN (sosa 10), veuf de Marie Claire BOISGARD (sosa 11) depuis 1912, avec 4 enfants en bas âge. Joséphine a donc quitté le Ribatou, mais elle n’est pas venue seule, puisque René et Marguerite sont également domiciliés au village de Vaux, avec une petite Jeanne qui serait née en 1909, ce qui m’étonne beaucoup car elle ne figure pas dans le recensement de 1911. Je n’ai pas trouvé de naissance d’un autre enfant du couple à Leigné-les-Bois ni à Pleumartin, donc je pense que l’agent recenseur a fait une erreur. En revanche, le 4 avril 1912 est née Gabrielle Jeanne Marguerite BOISGARD, que nous connaîtrons plus tard sous le nom de « cousine Jeanne » et qui était la secrétaire de mairie de Leigné-les-Bois.

Sur le recensement de 1926, Auguste GUÉRIN vit seul avec sa dernière fille, Solange, au village de Vaux. Les fils ont quitté la maison et Renée Claire (sosa 5) s’est mariée l’année précédente avec Étienne DEGENNE (sosa 4). Joséphine vit toujours avec René, Marguerite et la petite Jeanne.

Je continue à pister Joséphine, mais elle n’apparaît pas dans le recensement de 1931. J’ai donc maintenant une fourchette pour chercher son décès, entre 1926 et 1931, et très vraisemblablement à Leigné-les-Bois. Il ne reste plus qu’à attendre la fin du confinement…

En 1936, René BOISGARD et son épouse Marguerite vivent au village de Vaux, ainsi que le père de Marguerite, que je suppose veuf. Quant à Auguste GUÉRIN, il y vit également avec son fils Roger, sa bru Marie ROUET et leur fille Claudette, née en 1932.

Boisgard-Berthon

Pour revenir aux BOISGARD, voici la fratrie d’Émile Louis. Tous sont nés au Grand-Pressigny :

1/ Jeanne Françoise, le 25 octobre 1830 (soit un peu plus d’un mois après le mariage de ses parents…)

2/ Marie, le 10 avril 1833

3/ Marguerite, le 3 février 1836

4/ Marie Pierre, le 15 août 1838

5/ et enfin, après 4 filles, Louis René, le 29 mars 1841

6/ Victor, le 23 avril 1843

7/ Émile Louis, notre sosa 22, le 20 février 1847

8/ et enfin Georges Nicolas, le 24 avril 1848

Les parents sont Pierre BOISGARD (sosa 44) et Jeanne SIGNOLET (sosa 45). Pierre est journalier et Jeanne est « gagiste », c’est-à-dire, selon la définition qu’en donne le site vieuxmetiers.org, « Dans l’ouest de la France (Touraine, Anjou, Bretagne), personne qui se louait pour un an ou plus à un employeur ». Pas franchement un métier stable, mais avec 8 enfants, les gages de Jeanne devaient compter.

Quant à Joséphine GAUDRON, notre sosa 23, je lui connais 5 frères dont seulement deux arriveront à l’âge adulte et fonderont une famille.

L’aîné, Louis, né le 15 juin 1840 à Barrou, est décédé à l’âge de 11 ans.

Jean-Baptiste, né le 1er avril 1842 au Grand-Pressigny, a épousé une demoiselle Nonet en 1872.

Le troisième enfant, Joseph, né le 15 avril 1846 à Barrou, est mort à 20 ans.

Vient ensuite Joséphine, puis Pierre Adolphe, né le 10 mai 1850 à Barrou et décédé en 1940, soit une belle longévité.

Le dernier enfant, un petit Modeste, ne vivra même pas deux ans.

Les parents de Joséphine et de ses frères sont Louis André GAUDRON (sosa 46) et Catherine (ou Marguerite) ANGEVIN (sosa 47). Catherine est gagiste, comme Joséphine, et Louis André est « garde particulier ». Après quelques recherches, je suis arrivée à la conclusion que parallèlement aux gardes champêtres qui surveillent le domaine public, les gardes particuliers s’occupent de la surveillance de biens privés. Je n’ai pas encore trouvé à qui Louis André fournissait ses services.

Après toutes ces digressions, et en guise de conclusion, voici donc trois générations de BOISGARD sur cette photo de mariage.

91502314_2662585490640964_6628430647188783104_n

Arrière-grands-parents Guérin-Boisgard et arrière-arrière-grands parents Boisgard-Gaudron (archives familiales)

De gauche à droite :

Auguste GUÉRIN (sosa 10) et Marie Claire BOISGARD (sosa 11) avec leurs deux fils aînés : Roger né en 1905 et Abel né en 1907.

Émile Louis BOISGARD (sosa 22) et Joséphine GAUDRON (sosa 23), parents du marié et de Marie Claire.

Les jeunes mariés : René BOISGARD et Marguerite BERTHON.

C’est très émouvant de les voir ! Peut-être y a-t-il sur cette photo d’autres membres de la famille BOISGARD ou de la famille GAUDRON, des oncles et tantes de René, mais je ne vois aucun moyen de les identifier, à moins de trouver une machine à remonter le temps…