Louis Maigret, du Poitou à Hawaii

Dans la famille, à défaut d’avoir un commissaire Maigret, nous avons un évêque !

C’est à l’occasion du bicentenaire de sa naissance, en septembre 2004, que j’ai eu accès à des documents très complets fournis par Mme Pearce, de Saint-Pierre-de-Maillé, qui descend également d’une branche Maigret. Je la remercie vivement, ces documents m’ont beaucoup aidée.

Louis MAIGRET (Désiré est son nom de prêtre), né le 14 septembre 1804 à Saint-Pierre-de-Maillé, est un collatéral, frère de mon ascendant René MAIGRET (sosa 39). Il a eu une destinée peu commune pour un « p’tit gars du Poitou », fils de laboureur qui plus est.

Les parents de Louis et René sont Jean MAIGRET (sosa 156) et Catherine TABUTEAU (sosa 157). Jean naît le 24 décembre 1764 à Saint-Pierre-de-Maillé. Catherine naît 3 ans plus tard, le 1er septembre 1767, dans la même paroisse, de François TABUTEAU et Anne BASCHE. Ils se sont mariés le 25 janvier 1785, paroisse Saint-Pierre. Ils avaient donc respectivement 20 et 17 ans.

Jean et Catherine ont eu 9 enfants, tous nés à Saint-Pierre-de-Maillé. Les voici avec ce que je sais sur chacun :

1/ Silvin, né le 10 décembre 1785.

2/ Silvine, née le 10 juin 1787. Elle serait restée célibataire et serait décédée le 1er avril 1848 à La Bussière (86), mais sous réserve car l’acte ne mentionne pas les parents.

3/ Antoine, né le 6 novembre 1789. Il épousera Sylvine DALET et une de leurs filles, Marie, sera religieuse à Tours sous le nom de sœur Zita.

4/ Silvain, né le 10 octobre 1792. En religion, il sera Père Hilaire. Après de brillantes études à Poitiers puis à Paris, il obtiendra une licence en théologie à la Sorbonne. On le dit remarquable dialecticien, il fut « professeur de dogme ». Il meurt à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron) le 16 décembre 1851.

5/ René, né le 14 novembre 1795, c’est mon sosa 78. Deux de ses petites-filles seront également religieuses, dont une à Honolulu.

6/ Jean, né le 7 avril 1798. Il épousera Anne POLISSET et aura 5 enfants.

7/ Louis, né le 26 février 1801.

8/ Louis, né le 18 septembre 1804.

9/ Antoine, né le 12 juillet 1807. Il sera également prêtre (Père Bernardin) et finira ses jours à Saint-Servan-sur-Mer (35), âgé de 69 ans. Il était aumônier des Sœurs de la congrégation.

Neuf enfants, dont un évêque et deux prêtres…

Louis Désiré, élevé dans une famille extrêmement pieuse et soutenu par le curé de Saint-Pierre-de-Maillé (André-Hubert FOURNET, également fondateur de la congrégation des Filles de la Croix, voir plus loin), est envoyé à Paris, à la congrégation dite de Picpus (de son vrai nom congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie) où il est ordonné prêtre le 23 septembre 1828, à l’âge de 24 ans. Il est ensuite professeur à Laval, puis il occupera la chaire de philosophie au Grand séminaire de Rouen.

En 1834, la congrégation de Picpus fonde la première mission catholique de Polynésie, et Louis Désiré fait partie du groupe de missionnaires envoyés là-bas. Il passera cinq ans (1835-1840) aux îles Gambier avant d’être envoyé aux îles Hawaii (ou îles Sandwich) où il arrive le 12 mai 1840. Le Saint-Siège le nomme premier vicaire apostolique des îles Sandwich, en 1846. L’année suivante, il est consacré évêque titulaire in partibus* d’Arathia.

J’ai trouvé un document sur la présence française aux îles Hawaii qui mentionne Louis Désiré. Voici ce que dit l’auteur :

« […], Monseigneur Rouchouze vint lui-même accompagner un groupe de trois nouveaux prêtres à Honolulu (15 mai 1840), renforcés en novembre par six autres. Dès la fin de 1840, il y avait plus de deux mille catholiques baptisés dans l’île d’Oahu, et la mission commençait à essaimer dans les autres îles. En août 1843, la cathédrale d’Honolulu était achevée et dédiée à Notre-Dame de la Paix et, en 1846, le père Maigret était nommé vicaire apostolique des îles Sandwich et évêque d’Arathia. Il devait rester le chef de la mission catholique des îles Hawaii pendant plus de trente ans. Comme pour les protestants, le succès de la mission reposa d’abord sur la création d’écoles catholiques et sur la publication de textes scolaires et religieux en langue indigène. C’est en fait essentiellement par la présence des missionnaires français que s’exerça à partir de 1840 une influence directe de la France sur la population de l’archipel. »

Cathedral_of_Our_Lady_of_Peace_east

Cathédrale Notre-Dame de la Paix à Honolulu. (https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=15800415)

La cathédrale est devenue « basilique mineure » en 2014.

En 1847, Louis Désiré se rend à Santiago du Chili pour être sacré évêque dans la cathédrale (j’avais demandé à des amies vivant à Santiago d’aller à la cathédrale pour prendre des photos et me dire si cette consécration était mentionnée quelque part, sur une plaque ou autre, mais un virus est passé par là et le confinement n’est pas terminé là-bas).

En 1869, il revient en Europe pour assister au concile Vatican (1870), et en août et septembre de la même année, il séjourne dans le Poitou, entre autres à Saint-Pierre-de-Maillé où l’on organise une grande fête en son honneur. À l’occasion de cette visite, son ami l’abbé Philippe Morisson, curé de Beaumont (86), rédige un long texte dithyrambique sur Louis Désiré, qui montre bien l’origine de sa vocation. La famille baignait littéralement dans la religion : « Les cantiques adoptés par choix de Monseigneur [à Hawaii] sont ceux chantés dans la grange des Marsillys, puis à l’église de Saint Pierre de Maillé en ses jours de fête. Souvenir sacré de son père, le respectable [Jean] Maigret qui les lui avait appris au foyer domestique comme à ses frères, tel qu’il les chantait de sa voix magnifique et si pieuse aux messes des nuits de persécution impie, célébrées par le Très Révérend Pasteur du Père André Fournet, dans la célèbre grange des Marsillys et après les jours de terreur, en l’église paroissiale de Saint Pierre de Maillé, purifiée après la cessation de l’orage révolutionnaire, des sacrilèges profanations qui l’avaient maculée. » Je laisse à l’abbé Morisson la responsabilité de ses propos, mais ce passage montre bien la force et le poids de la religion dans cette famille pieuse qui protégeait des prêtres réfractaires.

222_001

Autre illustration de cette foi, un extrait de l’ouvrage « Vie du vénérable serviteur de Dieu le bon père André-Hubert Fournet » par le R.P. Rigaud, publié en 1885. Pour tout savoir sur le père Fournet, béatifié en 1926 et canonisé en 1933, je vous renvoie à la page Wikipédia qui lui est consacrée. Dans le passage ci-dessous, il est question de Jean MAIGRET, le père de Louis Désiré : « Jean Maigret, métayer aux Grands-Marsillys, était un fervent et courageux chrétien. […] À l’époque où l’intrépide pasteur parcourait sa paroisse en proscrit, Maigret l’accompagna souvent comme guide, comme catéchiste et sacristain. En l’absence du Père, c’était lui, le plus souvent, qui présidait, dans les granges, l’assemblée nocturne des fidèles, leur faisait la prière, lisait l’ordinaire de la messe et chantait de sa belle voix les cantiques du Père de Montfort. Il s’acquittait de ces fonctions avec une religion profonde, et une piété qui transfigurait son austère visage. Le sentiment populaire à son endroit s’était formulé par un terme plus expressif que convenable : on le surnommait Deus. Son dévouement au Père André, bien connu des révolutionnaires, lui attira souvent des persécutions qu’il supporta toujours avec une admirable patience. Un jour, des forcenés l’arrêtèrent et lui scièrent brutalement les cheveux avec une faucille, après quoi ils l’accompagnèrent jusqu’à sa maison, en l’accablant de coups et d’invectives. Le bon Maigret se souvint de son Maître marchant au Calvaire, et il endura tout avec une douceur angélique. Arrivé chez lui, toujours escorté de ses misérables insulteurs, il commanda à sa femme de leur donner à manger. Ce fut toute sa vengeance. »

Un saint homme, vous dis-je.

Louis Désiré conservera sa charge jusqu’à sa mort, le 11 juin 1882, à Honolulu. Il est enterré dans la crypte de la cathédrale Notre-Dame de la Paix, sous le maître-autel.

Extrait de la Chronique diocésaine du 16 juillet 1882 annonçant sa mort :

« La Congrégation des Sacrés-Cœurs, dite de Picpus, vient de faire une perte douloureuse dans la personne de Mgr Louis Désiré Maigret, évêque d’Arathie, premier vicaire apostolique des îles Sandwich (Océanie), chanoine d’honneur de la cathédrale de Poitiers. Le vénérable prélat est décédé à Honolulu le 11 juin dernier à l’âge de 78 ans.

Vénéré de ses nombreux chrétiens, qui affectionnaient et respectaient en sa personne un bon pasteur et un vrai chrétien, honoré du gouvernement hawaiien qui l’avait en grande estime, et qui, récemment encore, lui conférait la dignité de grand officier de l’ordre de Kalakaüa, Mgr Maigret emporte les regrets de la population toute (sic) entière. »

September_18_2004_Grave_of_Msgr_Louis_Maigret_in_the_Honolulu_Cathedral

Stèle commémorative dans la cathédrale (https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=34783670)

Dois-je ajouter que la foi intense qui habitait cette famille ne s’est pas transmise à toutes les branches ? Elle s’est même complètement évaporée chez mes ascendants directs. Autant dire que, pour certains cousins, apprendre qu’ils comptaient dans leur ascendance un évêque, missionnaire dans des lieux exotiques qui plus est, la surprise a été assez énorme !

* Je me suis instruite en écrivant cet article. In partibus, c’est un titre accordé à des prélats qui occupent des fonctions pour lesquelles ils sont consacrés évêques, sans avoir de juridiction territoriale sur des diocèses actuels. Le in partibus correspond en réalité à in partibus infidelium, « en pays des infidèles », car on utilise les noms d’anciens diocèses disparus. Inutile donc de chercher où se trouve le diocèse d’Arathia, c’est pratiquement un nom fictif.

 

 

 

Les Jouteux, entre Touraine et Poitou

J’ai eu la chance de pouvoir remonter cette branche jusqu’au XVIIe siècle ; au-delà, point de registres pour les humbles… Cette lignée a son point de départ dans le Poitou, très près de la Touraine, ce qui explique les allers-retours. Lignée peu banale, dans laquelle je trouve trois décès accidentels, un implexe et un remariage qui m’a coûté quelques cheveux.

EgliseStRemySurCreuse

Église de Saint-Rémy-sur-Creuse (© Jean-Pierre FERNANDEZ (www.clochers.org)

Le premier couple dont j’ai connaissance : Antoine JOUTEUX (sosa 6656) et Anne JOUBERT (sosa 6657).

D’eux, je sais seulement qu’Anne est décédée avant 1642 et Antoine le 22 juin 1656 à Saint-Rémy-sur-Creuse dans la Vienne. En réalité, il a été inhumé à Saint-Rémy, mais l’acte dit qu’il s’est « tué à tomber de dessus le pont de La Haye » (La Haye-Descartes, ancien nom de la ville de Descartes). L’acte ne dit pas quel âge il avait. D’ailleurs, l’acte ne précise pas grand-chose et ce pourrait être celui de son fils Antoine. Donc, sous réserve.

6656-DecesAntoineJOUTEUX-StRemy-sur-Creuse-1656

Acte de décès d’Antoine JOUTEUX

Je leur connais 7 enfants, tous nés à Saint-Rémy : Pierre, le 13 novembre 1608, qui est le sosa 3328, j’y reviens plus loin. Ensuite : Marie, née le 8 février 1611, qui épousera un DUMOINE, très vraisemblablement un frère ou un cousin de l’épouse de Pierre ; Antoine, né le 5 octobre 1614 ; Nicolas, né le 6 décembre 1617, il épousera Andrée MATHOIS et je leur connais 4 enfants ; Thomasse, née le 24 février 1621. (On ne rigolait pas avec la féminisation des prénoms !) Elle épousera Claude GIRON ; Anthoinette, née le 26 février 1626 ; Gatian (probablement Gatienne, mais je respecte l’orthographe de monsieur le curé), née le 15 janvier 1633. Elle épousera Jehan THOMAS le Jeune.

Les écarts entre les dates de naissance me laissent penser qu’il a pu y avoir d’autres enfants, mais je ne les ai pas trouvés.

Pierre JOUTEUX (sosa 3328) est né le 13 novembre 1608, il n’aura pas vécu très longtemps puisqu’il est décédé le 31 janvier 1650, à l’âge de 41 ans, à Saint-Rémy. Il a épousé Élisabeth DUMOINE (sosa 3329) le 22 février 1637, toujours à Saint-Rémy. Je n’ai pas trouvé l’acte de baptême d’Élisabeth, ni mention du nom DUMOINE à Saint-Rémy à cette période. Élisabeth est décédée le 14 mars 1644, vraisemblablement assez jeune aussi. Je ne leur connais que 2 enfants : Louis, né le 20 février 1639, à Saint-Rémy, (sosa 1664) et Marie, née le 13 janvier 1642, toujours à Saint-Rémy.

Louis JOUTEUX (sosa 1664) va se marier deux fois. La première, à une date inconnue, avec Renée MÉNARD (sosa 1665), fille de Jacques et de Renée MARCHAND. Le couple aura 5 enfants : Pierre, né le 13 mai 1675, qui épousera Jeanne Françoise BOUZIER le 27 février 1696 à Buxeuil, petite paroisse voisine de Saint-Rémy ; Marie, qui épousera Louis MÉREAU le 6 juin 1692, aussi à Buxeuil ; Alexandre (sosa 832), j’y reviens ; Nicolas, qui ne vivra que 13 mois et Louys, né en 1682, et dont je n’ai pas su trouver trace ensuite.

Renée MÉNARD est décédée en 1697 à Buxeuil, et Louis s’est remarié en mai 1701 avec Thérèse BOUZIER, une veuve mère de 6 enfants, dont il a eu une fille également prénommée Thérèse, en décembre 1701. Louis avait alors 62 ans et Thérèse 46. Je ne sais pas si Thérèse BOUZIER était liée à l’épouse de son beau-fils, mais c’est très possible.

Thérèse était originaire de La Haye-Descartes, en Touraine, et c’est là que va décéder Louis, le 8 septembre 1717, à l’âge de 79 ans. La Haye-Descartes, aujourd’hui Descartes, est à quelques encâblures de Buxeuil au nord et de Saint-Rémy-sur-Creuse au sud.

Buxeuil-Descartes-StRemy

Un mouchoir de poche

Alexandre JOUTEUX (sosa 882) est né le 27 avril 1668 à Saint-Rémy. Il va s’éloigner un peu plus du Poitou pour s’installer à une quinzaine de kilomètres au sud-est de Saint-Rémy, c’est-à-dire au Grand-Pressigny. Le 11 octobre 1694, il y épouse Louise RAGUIN. De ce mariage naîtront, sous réserve, 7 enfants : Anne, Louis, Louise Jeanne, Louis, Louis Alexandre et Alexandre. Je n’ai pas trouvé tous les actes de baptême, donc je ne m’avance pas. Je n’ai pas trouvé non plus l’acte de décès de Louise. Il y a bien une Louise RAGUIN qui décède quelques jours après la naissance d’Alexandre, le dernier fils, mais le nom de l’époux et l’âge ne correspondent pas.

Toujours est-il que Louise RAGUIN décède et qu’Alexandre JOUTEUX se remarie le 15 janvier 1716, au Grand-Pressigny, avec Renée TURAULT (sosa 833), fille de Claude et… Louise RAGUIN (encore un mystère à éclaircir, les homonymies sont nombreuses). La différence d’âge est importante puisque Renée est née l’année du premier mariage d’Alexandre, en 1694. Il a 47 ans, elle en a 21. Elle va lui donner 7 enfants : Louis, né le 7 août 1717, décédé le 18 ; Anne, née le 13 août 1718 ; Louis, né le 30 août 1719 ; Claude, né le 7 mai 1722, c’est le sosa 416 ; Alexandre, né le 24 juillet 1723 ; Louise, née le 14 août 1728 et Louis Pierre, né le 26 août 1729. Les mois d’été étaient bien chargés en anniversaires, mais je ne suis pas sûre qu’on les fêtait autant que maintenant…

J’imagine Alexandre, qui est dit laboureur et marchand, comme une personne très sociable. J’ai souvent vu son nom parmi les témoins de mariages, et il a été plusieurs fois parrain, pas forcément dans sa famille. D’ailleurs, contrairement à de très nombreux actes de baptême dans lesquels le parrain et la marraine sont du même milieu social, souvent des membres de la famille ou des voisins proches, Alexandre a eu pour parrain « très noble et très digne personne messire Louis François Daviau de Saint-Rémy de Pyaullan » et pour marraine « damoiselle Marie Anne Daviau de Pyaullan, sa sœur » ! Intriguée, j’ai fait quelques recherches. En réalité, il s’agit de la famille d’Aviau de Piolant, qui possédait le château de la Chaise à Saint-Rémy. Voir ici pour plus de détails sur cette famille : https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_d%27Aviau

0882-BaptemeAlexandreJOUTEUX-StRemy-sur-Creuse-1668

Baptême d’Alexandre JOUTEUX avec ses illustres parrain et marraine – 1668 – Saint-Rémy-sur-Creuse

Claude JOUTEUX (sosa 416) est né en 1722, il épouse Marie GALAND (sosa 417), fille de Pierre et Marie PROUTEAU, née la même année que lui, le 26 novembre 1748 au Grand-Pressigny. Il était laboureur. Je sais qu’ils ont eu 6 enfants et que Marie est décédée en 1772, à 49 ans. Elle était encore assez jeune, mais son acte de décès ne mentionne aucune cause accidentelle, on peut donc tout imaginer. Quant à Claude, il est décédé un an plus tard, en décembre 1773. Son corps a été trouvé dans l’Aigronne, un affluent de la Claise, rivière dans laquelle elle se jette au Grand-Pressigny.

0416-DecesCLaudeJOUTEUX-LeGrandPressigny-1773

Acte de décès de Claude JOUTEUX

Claude et Marie ont donc eu 6 enfants, enfin 6 garçons : Laurent, né en 1751 ; Claude, né en 1755 ; Louis Alexandre, né en 1757 ; Louis, né en 1760 ; Pierre, né en 1762 et enfin Jean, né en 1768, sosa 208. Heureusement qu’ils ont désespérément essayé d’avoir une fille, sinon je ne serais pas là !

Jean JOUTEUX (sosa 208) est dit propriétaire-cultivateur, ce qui est une progression par rapport à son père laboureur. Il est décédé le 7 décembre 1821 à Neuilly-le-Brignon, où il avait épousé Jeanne LÉGER (sosa 209) le 3 mars 1794. Elle était la fille de Louis LÉGER et Jeanne BERTHAULT, du Grand-Pressigny également, où ces deux patronymes sont légion. Le couple a dû s’installer à Neuilly-le-Brignon, à quelques kilomètres, juste après son mariage puisque leurs 5 enfants y sont nés.

Jean est décédé jeune, à 53 ans, son acte de décès dit qu’il a été « trouvé mort au lieu de la Brosse commune de Neuilly hier au soir environ quatre heures du soir ». Jeanne lui a survécu jusqu’en 1850. Elle est décédée à Boussay, vraisemblablement chez son fils Louis qui y était cultivateur. La Table de succession et absences indique, à la rubrique « Biens déclarés – valeur du mobilier, argent, rente et créances » une somme de 107 francs. La monnaie en cours à l’époque était le franc dit « germinal ». J’ai trouvé un site qui indique qu’un franc de 1850 équivalait à 3,27 euros actuels. J’en déduis donc que Jeanne avait des biens d’une valeur de 350 euros. Je ne sais pas si c’était beaucoup ou pas pour l’époque. Je vous laisse chercher…

Les enfants de Jean JOUTEUX et Jeanne LÉGER : Jean, né en 1797, notre sosa 104 ; Louis, né en 1800, cultivateur, celui chez qui Jeanne est certainement décédée à Boussay. Il épousera Anne DOUCET ; Jeanne, née en 1802 ; Françoise, née en 1809, qui épousera Jean LAMIRAULT et Jean-Baptiste, né en 1813, qui épousera Jeanne DEMAY et aura 8 enfants.

En réalité, Jean JOUTEUX est sosa 104 et sosa 108 et c’est là que les affaires commencent à se corser. Il est né le 18 mai 1797 (ou 29 Floréal An 5) à Neuilly-le-Brignon. Il s’y marie le 24 avril 1817 avec Anne BIARD (sosa 105 et 109). Anne est née le 28 février 1791 à Balesmes (qui sera réuni à La Haye-Descartes pour devenir Descartes). Elle avait 6 ans de plus que son mari. Elle est la fille de Pierre et Louise FORGET.

L’officier d’état civil de Neuilly-le-Brignon devait avoir de sacrés problèmes d’ouïe, de vue ou d’autre chose : il a écrit « Barice » dans l’acte de mariage, puis a rectifié en marge en « Bairce ». Il a aussi transformé Balesmes en « Blame »… Il est donc normal qu’à un moment, il fasse de Jouteux un joli « Joustreaux »… Ce qui explique que des généalogistes qui ne connaissent pas la région la fassent naître à Ballan-Miré, à côté de Tours, alors qu’elle n’y a probablement jamais mis les pieds…

0104-0105-MariageJeanJOUTEUX&AnneBIARD-1817-NeuillyLeBrignon

Mariage de Jean JOUTEUX et Anne BIARD – 1817

Le couple aura, à ma connaissance, 5 enfants, tous nés à Neuilly-le-Brignon : Marie Anne Louise Élisabeth, née en 1818 et qui ne vivra que 5 ans ; Rose, née en 1821, qui épousera Claude JOURDANNE ; Jean Jouanne, né en 1823, sosa 52 ; Jean Baptiste Médéric, né en 1829, sosa 54, et François Eugène, né en 1832. Anne BIARD est décédée le 12 avril 1845, deux jours après son dernier fils qui avait alors 13 ans. Était-ce une maladie ? Un accident ?

Aïe, des sosa doubles… Eh oui, ça s’appelle un implexe en généalogie, et Wikipédia vous l’expliquera très bien. Il existe plusieurs cas de figure. Ici, il s’agit de cousins germains.

Jean Jouanne JOUTEUX (sosa 52) était régisseur à son mariage avec Marie Virginie Joséphine GAULTIER (sosa 53) en 1846 à Ferrière-Larçon. Je leur connais deux enfants : Louis Frédéric (sosa 26) et Mathilde, tous deux nés à Ligueil.

Quelques années après, en 1852, Jean Baptiste Médéric JOUTEUX (sosa 54) épouse Catherine ARNAULT (sosa 55), fille de Mandé et Catherine BERTHAULT, à Cussay. Je ne leur connais également que deux enfants : René Louis et Rose Catherine (sosa 27), tous deux nés à Yzeures-sur-Creuse.

Louis Frédéric JOUTEUX (sosa 26) et Rose Catherine JOUTEUX (sosa 27) étaient donc cousins germains. Tous les parents étaient présents et consentants, les tourtereaux étant « mineurs quant au mariage ». En effet, Louis Frédéric avait 23 ans et Rose 17. Ils auront deux enfants également, tous les deux nés à Sérigny (86) : Marie Louise Noémie (sosa 13), ma redoutable arrière-grand-mère, et Louis Abraham Marie Didier qui grimpera nettement sur l’échelle sociale. Il sera fonctionnaire, épousera une fille de bourgeois à Roubaix (rien que le prénom : Matilde Mélanie Marie Ernestine Orasie…) et aura 4 enfants. Trois filles dont certaines feront l’objet d’articles de journaux pour leurs prouesses en équitation ou au tennis, et un garçon qui sera… moine trappiste ! (je le cherche) Les étourderies légendaires du « tonton Abraham », souvent aux dépens de son épouse, nous ont fait rire plus d’un dimanche ! C’est d’ailleurs Abraham qui, au décès de son père Louis Frédéric en 1931 à Faye-la-Vineuse, a fait paraître un avis de décès dans L’Ouest Éclair de Rennes !

OuestEclair-Rennes-1931

Avis de décès – Ouest Éclair – 1931

Louis Frédéric, après une vie de cultivateur à Sérigny, est décédé le 10 mai 1931 à Faye-la-Vineuse, il avait 81 ans. Quant à Rose Catherine, elle est décédée jeune (63 ans) le 14 août 1919, aussi à Faye-la-Vineuse. Leur fille, Marie Louise Noémie doublement JOUTEUX, était née à Sérigny le 29 septembre 1874. Elle a épousé Jules AURIAU (sosa 12), qui était boulanger à Faye-la-Vineuse. J’ai toujours entendu parler de la « grand-mère Noémie » comme d’une « maîtresse femme », « pas commode », qui impressionnait ses petits-enfants. Elle est décédée en 1950.

Cette branche JOUTEUX s’arrête ici. Les enfants de Noémie sont des AURIAU et ceux d’Abraham des filles et un moine ! Mais il reste bien des JOUTEUX en Touraine, dans le Poitou et ailleurs.

Le supplément « complication »

Virginie GAULTIER (sosa 53) était la fille de Sébastien GAULTIER (sosa 106) et de Marguerite ARNAULT (sosa 107). Le couple a eu 3 filles, Virginie est la dernière, elle avait un an à la mort de son père en 1828. En 1846, donc, au mariage de Jean Jouanne et de Virginie, leurs parents veufs se rencontrent. Et en 1848, Jean JOUTEUX (sosa 104) épouse Marguerite ARNAULT (sosa 107). Honnêtement, il m’a fallu un peu de temps et pas mal de gribouillages sur papier pour arriver à me représenter la situation. Marguerite est décédée à Abilly en 1856 et Jean à La Haye-Descartes le 12 avril 1890, à l’âge de 92 ans.

Le supplément « origine du nom »

Une des premières questions que je me suis posée à propos de cette famille, c’est celle de l’origine du nom Jouteux. Généanet ne m’aide pas beaucoup : « Relativement rare, ce nom semble originaire de l’Indre-et-Loire ou du Maine-et-Loire. C’est sans doute une variante de Jouteur. » Le CNTRL m’aide un peu plus et la rubrique étymologique confirme qu’un jouteur est le combattant d’une joute. Filae me donne une autre piste, plus agricole : « Jouteux » est un nom de famille assez rare, dérivé de joute, variante de jote chou, bette, surnom du producteur. Littré l’écrit « jotte », qui désigne « un des noms vulgaires de la bette dans plusieurs provinces ». Ah, ça me semble un peu plus vraisemblable !

Merci d’avoir lu jusqu’au bout, c’était un long article. Et je ne vous dis pas combien de temps j’ai mis pour l’écrire…

 

Article #defi2706

Cet article est ma petite contribution au #defi2706 lancé par Geneatech pour le Salon virtuel de généalogie qui se déroule ce samedi 27 juin. Écrire 100 mots avec ce 27 juin comme fil conducteur.

Claude BESNARD, laboureur, fils de René et Anne MINGAULT, épouse Louise ARNAULT (ou RENAULT), fille de Louis et Marie LABBÉ, le 27 juin 1777, en l’église Saint-Laurent de Boussay, village du sud de la Touraine. Ce sont mes sosa 186 et 187. Ils ont 27 et 26 ans.

Claude est journalier.

Je ne leur connais pour l’instant que 3 enfants : Louis, Jean et Madelaine (sosa 93).

Louise est décédée en 1808, à 58 ans, au Grand-Pressigny. Je n’ai pas trouvé le décès de Claude. Il était présent au mariage de Madelaine en 1813.

#Touraine #genealogie #Geneatech #SVG2020

Boussay-eglise-st-laurent

Église Saint-Laurent de Boussay (CC BY-SA 3.0)

À la recherche de Louise DRAULT

Je suis en train de compléter les générations, et même dans les moins éloignées, il me reste quelques lacunes que j’essaie de combler. Du côté paternel, la génération de mes arrière-grands-parents est quasiment complète, les actes manquants sont localisés, il ne me reste qu’à me déplacer en mairie.

En revanche, la génération précédente comportait une épine que je n’arrivais pas à résoudre : où était donc décédée Louise DRAULT (sosa 17) ? J’avais cherché un peu partout dans les villages possibles, sans rien trouver et surtout, c’est mal, sans rien noter… J’ai donc tout repris et me suis servie des actes en ma possession et des recensements.

Louise DRAULT est née le 18 mai 1838 à Coussay-les-Bois dans la Vienne (86), de Théophile DRAULT (1802-1875), cultivateur, et de Marie Anne PRIMAULT (1811-1875). Ces deux-là sont décédés à 10 jours d’intervalle après avoir vécu toute leur vie à Coussay-les-Bois.

Théophile a d’abord épousé Anne DURAND, le 18 octobre 1825, mais le mariage n’a même pas duré deux ans puisque Anne est décédée en mai 1827. Entre ces deux dates, je n’ai pas trouvé de mention d’une naissance. Il se remarie le 25 mai 1830 avec Marie Anne PRIMAULT qui va lui donner pas moins de 13 enfants entre juillet 1831 et août 1855…

Louise a donc douze frères et sœurs. Tous ne vivront pas et en 1865, au mariage de Louise, il n’en reste que six…

Louise épouse Louis DEGENNE (sosa 16) le 24 octobre 1865, à Coussay-les-Bois. Elle a 27 ans, il en a 25. Il est de Saint-Pierre-de-Maillé, à une petite vingtaine de kilomètres.

Louis est journalier. D’après les listes de conscrits pour la classe 1860, il mesure 1,59 m, a un degré d’instruction équivalent à 0 et a été exempté de service militaire parce qu’il est « fils unique de veuve ». Son père, également Louis DEGENNE, est décédé en 1842, Louis avait 2 ans et sa sœur aînée Céleste avait 4 ans. Leur mère, Anne MOREAU, est donc seule pour les élever. Je n’ai pas trouvé trace d’un remariage.

Il me reste à pister le couple Louis DEGENNE/Louise DRAULT. Il n’y a pas eu de recensement en 1866 à Saint-Pierre-de-Maillé, donc j’attaque celui de 1872. J’y trouve bien Louis, Louise et leurs deux aînés. Deux erreurs : 1/Degenne s’écrit Degenne et pas Dejenne (ce sera rectifié officiellement sur l’acte de mariage de leur fils aîné Louis) et 2/ Louise Drault n’est pas née à La Roche-Posay mais à Coussay-les-Bois. Passons. Les enfants sont effectivement Louis Eugène Adrien, né en 1867 et Cidonie (sic) Célestine née en 1870. Ils sont domiciliés au lieu-dit La Cossonnière.

Recensement1872-StPdeM-Degenne

Recensement de 1872 – Saint-Pierre-de-Maillé (86)

Le recensement suivant est de 1876. J’y trouve les mêmes, toujours à La Cossonnière. Louise est appelée Philomène, prénom que l’on retrouve dans certains actes.

Recensement1876-StPdeM-Degenne

Recensement de 1876 – Saint-Pierre-de-Maillé (86)

Dans le recensement de 1881, Louis et Louise « Philomène » sont bien notés, de même qu’Henri et Célestine. Il est probable que Louis Eugène, qui avait alors 14 ans, ait été envoyé travailler ailleurs. Mais Gédéon !!??? Les prénoms indiqués sur l’acte de naissance de ce garçon, c’est Fortunat Eusèbe ! Décidément, les prénoms de cette famille me laissent perplexe.

Recensement1881-StPdeM-Degenne

Recensement de 1881 – Saint-Pierre-de-Maillé (86)

Louis, le père, va mourir en décembre 1882, il avait 42 ans. Je passe au recensement suivant, donc 1886. À « 12ème section Rinsac et Goulfandière », je trouve Henri, 13 ans, domestique chez Ernest Vachon, cultivateur. À la page suivante, dans le même hameau, il y a « Philomène » Drault qui est dite ménagère et qui vit avec « Gédéon », 6 ans. Louis et Célestine, plus âgés, sont certainement placés ailleurs, mais pas à Saint-Pierre-de-Maillé.

Je prends le recensement de 1891 pour voir si Louise-Philomène vit toujours là. Oui ! Elle s’appelle de nouveau Louise, et vit toujours avec « Gédéon » (je ne m’y fais pas). Louis Eugène et Pierre-Henri sont venus la rejoindre. Célestine n’est pas mentionnée. Comme elle est dite cuisinière à son mariage en 1900, il est possible qu’elle soit partie apprendre ou exercer son métier ailleurs, peut-être même à Châtellerault.

Recensement1891-StPdeM-Degenne

Recensement de 1891 – Saint-Pierre-de-Maillé (86)

En 1896, il ne reste à La Cossonnière que Louis Eugène et son épouse Célestine Armande Augustine PLAUD. Il se sont mariés l’année précédente. Louise DRAULT est donc partie avec « Gédéon » et Pierre-Henri. Mais où ? Par acquit de conscience, j’ai épluché tout le registre en me disant que ses fils étaient peut-être placés dans une ferme et qu’elle vivait avec eux, mais je n’ai rien trouvé. Donc Louise ne vit plus à Saint-Pierre-de-Maillé en 1896. Et pourtant, en 1898, au mariage de son fils Pierre-Henri, elle est dite domiciliée à La Cossonnière « en cette commune ». Étrange…

Le 23 juin 1900, elle assiste au mariage de Célestine, sa fille, avec Julien RIBREAU (de Chenevelles) à Châtellerault. Elle est dite domiciliée à Saint-Pierre-de-Maillé, sans précision de lieu-dit.

Louise-MariageCelestine1900

Extrait de l’acte de mariage de Cidonie Célestine – 1900 – Châtellerault (86)

Je décide de consulter les recensements de Saint-Pierre-de-Maillé en 1901 et vois qu’elle réside effectivement à La Cossonnière avec Louis Eugène, son fils aîné, et Célestine PLAUD son épouse.

Recensement1901-StPdeM-Degenne

Recensement de 1901 – Saint-Pierre-de-Maillé (86)

Sur le recensement de 1906, je la retrouve, toujours à Saint-Pierre-de-Maillé, mais à La Jaltière, toujours avec Louis Eugène et Célestine, mais la famille s’est agrandie et deux petits-enfants sont présents : Henri et Louis, nés respectivement en 1902 et 1904.

Recensement1906-StPdeM-Degenne

Recensement de 1906 – Saint-Pierre-de-Maillé (86)

Louise ne figure plus sur le recensement suivant, j’ai donc cherché si elle était mentionnée sur les actes de mariage de ses enfants et c’est celui du second mariage de Pierre Henri, en 1908 à Pleumartin, qui m’a appris que Louise était vivante et domiciliée à La Baudonnière à Vicq-sur-Gartempe. Je ne l’y trouve pas dans le recensement de 1906, donc je passe à celui de 1911 et j’ai de la chance ! Je trouve Louise (dite Degenne, mais c’est bien elle) vivant avec son fils Louis, sa bru Célestine et quatre petits-enfants, dont mon grand-père. Le Gabriel est en réalité une Gabrielle, mais on sait que les agents recenseurs faisaient souvent des erreurs.

Recensement1911-Vicq-Gartempe

Recensement de 1911 – Vicq-sur-Gartempe (86)

La famille devait être encore à Vicq-sur-Gartempe en 1913, puisque le petit Henri y est décédé.

Bon, Louise a déjà 76 ans, mais je tente le recensement suivant, de 1921, celui de 1916 ayant été annulé pour cause de guerre. Il n’est pas dit que je trouve quoi que ce soit, parce que le dernier enfant de Louis et Célestine est né à La Roche-Posay, mais « on ne sait jamais ». Pas de chance, c’est une autre famille DEGENNE qui s’est installée à La Baudonnière, a priori sans lien avec les miens.

Je prends le recensement de 1921 de La Roche-Posay et je trouve bien la famille, à Montfou, toujours avec quelques erreurs (Louis Eugène n’est pas né à Coussay et Gabriel est toujours une fille…) mais plus de Louise.

Recensement1921-LaRochePosay-Montfou

Recensement de 1921 – La Roche-Posay (86)

J’en déduis qu’elle est décédée entre 1911 et 1921, soit à Vicq-sur-Gartempe, soit à La Roche-Posay, deux communes où je n’avais pas pensé à chercher avant…

Elle ne figure pas sur la table décennale 1903-1912 de Vicq. La suivante, 1913-1922 n’est pas consultable en ligne. Je passe à La Roche-Posay et c’est exactement la même chose : elle n’est pas dans la TD 1903-1012 et celle de 1913-1922 n’est pas consultable.

Il ne me reste plus qu’à me rendre sur place dans ces deux mairies pour avoir enfin une date et un lieu qui me permettront de boucler cette 5e génération.

Quelle bonne idée, ces recensements, malgré quelques fantaisies ! Et quelle chance j’ai eue que Louise se soit finalement peu éloignée.

Mise à jour du 14 décembre 2020

J’avais tout faux ! Sur les conseils d’une aimable généalogiste, j’ai consulté les Tables de succession et absences (TSA), qui « sont des documents provenant des archives de l’Enregistrement. Elles permettent de retrouver les dates des déclarations de succession concernant chaque défunt et contiennent un certain nombre d’informations concernant ces successions. »

Bien m’en a pris. Il a d’abord fallu trouver le bon bureau de l’Enregistrement. J’ai tenté Pleumartin, qui incluait La Roche-Posay et Vicq-sur-Gartempe pour cette période, mais je n’ai rien trouvé. J’ai donc élargi mes recherches et vu que Saint-Pierre-de-Maillé dépendait du bureau de l’Enregistrement de Saint-Savin. Et là, miracle : Louise DRAULT est décédée le 2 janvier 1914 à Angles-sur-l’Anglin ! Elle avait 75 ans. Enfin, après des années de recherche, je l’ai trouvée ! J’ai pu constater, sans surprise, qu’elle n’avait pas de biens. Ensuite, je suis allée chercher son acte de décès. C’est son fils Pierre Henri qui a déclaré le décès, en compagnie du garde champêtre. Pierre Henri était métayer à Angles.

En faisant une autre recherche sur Filae, j’ai eu la surprise de découvrir l’existence d’une autre enfant du couple Louis DEGENNE-Louise DRAULT. En effet, une petite Marie Céleste est née à Coussay-les-Bois le 12 février 1866, soit un peu moins de 4 mois après leur mariage ! Hélas, elle n’a vécu que 5 semaines. Ils ont donc eu 7 enfants.

Je peux enfin clore cette recherche, et c’est bien agréable !