Émile BOISGARD et Joséphine GAUDRON

Ce sont mes sosas 22 et 23, les grands-parents de Renée GUÉRIN, ma grand-mère paternelle. Ils sont tous les deux nés en Indre-et-Loire, mais ont passé la plus grande partie de leur vie dans la Vienne, à Leigné-les-Bois.

Émile Louis BOISGARD est né le 20 février 1847 au Grand-Pressigny, avant-dernier d’une fratrie de huit enfants. Il est le fils de Pierre BOISGARD et de Jeanne SIGNOLET qui se sont mariés en septembre 1830 et dont le premier enfant, Jeanne Françoise, est né en octobre… Elle sera suivie de Marie, Marguerite, Pierre, Louis René, Victor, notre Émile Louis et pour terminer Georges Nicolas. Je sais que trois d’entre eux sont parvenus à l’âge adulte et se sont mariés.

Grâce aux recensements, je sais que la famille vivait à Courvault, lieu-dit du Grand-Pressigny. Celui de 1872 indique que Pierre BOISGARD (devenu veuf en avril de la même année) vivait avec sa fille Marguerite. Plus de trace des autres enfants. Sur le même, j’ai trouvé un Louis BOISGARD, domestique âgé de 24 ans, qui pourrait être Émile Louis, mais sans certitude. Et je n’ai pas été fichue de mettre la main sur lui non plus dans les listes de conscrits et les registres matricules. Il a pourtant servi dans l’armée, puisque son acte de mariage, en 1873, fait état parmi les documents fournis d’« une autorisation de contracter mariage accordée par monsieur le Général commandant la dix-huitième division militaire le quatorze juin dernier, au dit Louis Émile Boisgard, comme soldat du cent troisième régiment d’infanterie de ligne, de la classe de mille huit cent soixante-sept ». Si quelqu’un est plus à l’aise que moi dans les archives militaires, je suis preneuse !

Acte de naissance Louis Émile BOISGARD

Joséphine Eugénie GAUDRON est née le 22 avril 1848 à Barrou, de Louis André GAUDRON et Catherine ANGEVIN, parfois nommée Marguerite. Elle arrive dans la famille après trois garçons (Louis, Jean Baptiste et Joseph) et avant deux autres (Pierre Adolphe et Modeste). Seuls Jean Baptiste et Pierre Adolphe vivront assez longtemps pour se marier, les trois autres garçons meurent en bas âge. La famille était domiciliée au lieu-dit Les Allais, à Barrou. Joséphine n’est plus mentionnée aux Allais sur le recensement de 1872, mais elle y figure quand même, comme « domestique chez Modeste DOURY, marchand de grains » au bourg de Barrou.

Acte de naissance Eugénie Joséphine GAUDRON

Émile et Joséphine se marient le 7 juillet 1873, à Barrou, en présence de leurs familles, sauf la mère d’Émile qui est décédée l’année précédente, et de l’employeur de Joséphine, Modeste DOURY, qui est présenté comme « ami de l’époux ». Aucun contrat de mariage n’a été établi, j’imagine qu’on ne roulait pas sur l’or.

Acte de mariage BOISGARD-GAUDRON

Sur le recensement de 1876 à Barrou, ils sont domiciliés avec René Émile Gabriel, leur fils de 2 ans, au bourg. À la rubrique « profession », je lis pour Émile « Charretier, domestique, chef de ménage ».

En 1881, la famille n’habite plus dans le bourg de Barrou, mais au lieu-dit Les Bernards, avec leurs deux fils. Émile est devenu « cultivateur, métayer ». Une nièce, Marie Gaudron, âgée de 6 ans, vit avec eux. Si je ne me trompe pas, il s’agirait de Virginie Jeanne Marie, fille de Pierre Adolphe. On ne la retrouve pas chez eux dans les recensements suivants.

En 1886, ils sont toujours aux Bernards, où Émile est métayer. Une petite Claire est née en 1882.

En 1891, la famille a déménagé. Ils ne sont plus à Barrou, mais à Leigné-les-Bois, au lieu-dit Ribatou, où Émile est « cultivateur, domestique ». Gabriel et Claire également, mais pas Henry, décédé en 1887 à Leigné-les-Bois où la famille est donc installée au moins depuis cette date. Il semble en plus y avoir pas moins de quatre domestiques vivant à la ferme ! Émile et Joséphine vivront au Ribatou jusqu’au décès d’Émile, après quoi Joséphine ira vivre au village de Vaux chez son fils aîné.

Les enfants d’Émile et Joséphine sont peu nombreux par comparaison avec d’autres familles, ils ne sont que trois.

L’aîné, René Émile Gabriel (parfois nommé Gabriel, d’autres fois René), né le 15 mai 1874 à Barrou, épousera Marie Marguerite BERTHON le 17 octobre 1908 à Pleumartin. C’est leur photo de mariage qui m’a permis d’éclaircir pas mal de choses et de mettre des visages sur des noms et inversement. L’article est ICI. Je ne leur connais qu’une fille, Gabrielle Jeanne Marguerite, née en 1912 à Leigné-les-Bois. Je l’ai connue sous le nom de « cousine Jeanne », elle était secrétaire de mairie à Leigné. Elle est décédée en 2013 (oui, centenaire !)

Le cadet, Martin Joseph Henry, est né en novembre 1878, mais malheureusement décédé en juillet 1887 à Leigné-les-Bois.

La fratrie se termine avec Marie Claire, ma sosa 11, qui épousera Auguste GUÉRIN dont j’ai déjà parlé ICI. Marie Claire aura 5 enfants et mourra à 30 ans, en 1912.

Émile Louis BOISGARD décède le 23 février 1921 à Leigné-les-Bois. Il avait 74 ans. Quant à Joséphine GAUDRON, elle meurt le 22 décembre 1930, à 82 ans, bien sûr à Leigné-les-Bois. J’ai prévu de chercher leurs tombes à ma prochaine visite au cimetière.

Acte de décès de Louis Émile GAUDRON
Acte de décès d’Eugénie Joséphine GAUDRON

Dernier article concernant les couples du côté paternel de la 4e génération. À suivre…

Emmanuel Jules AURIAU et Marie BONNEAU

C’est ma branche maternelle. Emmanuel Jules AURIAU (sosa 24) et Marie BONNEAU (sosa 25), dite Séraphine.

Emmanuel Jules AURIAU est né à Monts-sur-Guesnes, dans la Vienne, le 14 novembre 1838. Il est le fils de Pierre Emmanuel AURIAU, tisserand, et de Justine AUJARD (ou AUGEARD), originaire de Saint-Genest-d’Ambière, village situé à une petite vingtaine de kilomètres.

Naissance d’Emmanuel AURIAU

Emmanuel est le sixième enfant d’une fratrie de huit. Sur les huit, sept sont parvenus à l’âge adulte. J’en parlerai dans un prochain article.

Grâce aux listes de tirage au sort pour le service militaire, j’apprends qu’Emmanuel mesurait 1,64 mètre et que son degré d’instruction était 0 (ne sait ni lire ni écrire).

J’ignorais comment il était devenu boulanger à Faye-la-Vineuse, mais en approfondissant mes recherches, j’ai vu qu’un de ses oncles, Paul AURIAU, y exerçait ce métier. On peut supposer sans trop de crainte que c’est lui qui l’a formé et lui a laissé ensuite la boulangerie. Cet oncle Paul avait un fils, également boulanger, mais d’abord employé à Tours puis installé à Vouvray.

Marie BONNEAU est née le 26 juillet 1840 à Faye-la-Vineuse. Elle est couturière au moment de son mariage. Elle est la fille de Barthélemy BONNEAU et de Marie BEAUVILLAIN, cultivateurs à Marnay, un hameau et ancienne paroisse de Faye-la-Vineuse. Le couple a également un fils qui, comme il se doit quand on s’appelle Bonneau et qu’on a un peu d’humour, s’appelle Jean… (mais est souvent appelé Barthélemy comme son père).

Naissance de Marie « Séraphine » BONNEAU

Emmanuel et Marie se sont mariés à Faye-la-Vineuse le 6 novembre 1865 et l’acte précise qu’un contrat de mariage a été passé devant maître Léonide Faucillon, notaire à Richelieu, contrat que je ne désespère pas de trouver.

Ils ont eu pour témoins :

Auguste FOURNIER, 69 ans, rentier, domicilié à Braye-sous-Faye, ami du futur

Lucien SAINTON, 51 ans, rentier, domicilié à Faye-la-Vineuse, ami du futur

Jean PILLAULT, serrurier, 47 ans, cousin de la future

Barthélemy BONNEAU, 28 ans, cultivateur, frère de la mariée, domicilié à Faye-la-Vineuse (c’est Jean)

Marie signe Séraphine Bonneau, son frère Jean Bonneau, ils ont de jolies écritures. Quant à Emmanuel, il ne sait pas signer.

Signature de Séraphine et de son frère Jean

En 1869, les parents de Marie/Séraphine ont conclu une « donation et partage » en faveur de leurs deux enfants. L’acte m’apprend que cette donation concerne des « biens immeubles d’un revenu de deux cents francs », j’y trouve le détail de leurs biens, quelques ares de terres un peu partout dans la commune. Le lot échu à Marie, outre les terres, comporte : « Un corps de bâtiments situé à Marnay et composé de : une chambre grenier dessus, boulangerie, hangar, grange, porte charretière, pressoir, petite écurie, cellier, grande écurie, autre chambre basse grenier dessus, cour sur laquelle ouvrent ces différents bâtiments, jardin au nord. » Ce n’est pas exactement un château !

Emmanuel et Marie auront 5 enfants, mais seul l’aîné, mon arrière-grand-père Jules (époux de la « formidable » Noémie JOUTEUX, voir ICI) survivra.

1/ Jules Paul Léon, né le 9 mars 1868, qui sera boulanger à Faye-la-Vineuse, sosa 12

2/ Daniel Séraphin, né le 2 septembre 1870, vivra 7 semaines.

3/ Aurélie Marie Pauline, née le 7 mars 1872, vivra 5 ans.

4/ Martial Barthélemy, né le 5 septembre 1876, vivra 12 ans.

5/ Fabien Roger Sylvain, né le 31 décembre 1880, vivra 13 ans.

Les actes d’état civil sont muets sur les causes de ces décès, bien sûr, mais qu’il s’agisse d’accidents ou de maladies, c’est une bien triste litanie et ça n’a pas dû être facile pour Jules de voir ses petits frères et sa sœur mourir les uns après les autres, sans parler des parents.

Emmanuel et Marie sont tous deux décédés à Faye-la-Vineuse, Marie le 14 septembre 1902, à 62 ans, et Emmanuel le 21 juin 1924, à 85 ans.

Décès de Marie « Séraphine » BONNEAU

Par curiosité, j’ai regardé les recensements pour savoir si Emmanuel était resté seul chez lui ou s’il avait emménagé chez son fils Jules, boulanger. En 1906, il vit seul. En 1911, il vit avec une domestique, Madeleine Chesneau, et en 1921, avec une autre, Marie Louise Lemoine. S’il a vécu chez son fils, c’est donc très peu de temps avant sa mort, mais ce n’est même pas sûr, l’acte de décès n’étant pas très bavard et indiquant seulement qu’il est décédé « au bourg ».

Décès d’Emmanuel Jules AURIAU

Dans un prochain article, je parlerai de la fratrie d’Emmanuel Jules, il y a de quoi faire !

Jeanne CADET, sosa 2021

J’ai évoqué l’an dernier mon sosa 2020, Anthoine BRUNETEAU, le moment est venu de parler de son épouse Jeanne CADET, sosa 2021.

Je rappelle que cette participation à un « challenge » sur Twitter est une bonne occasion d’approfondir et de compléter mes données, même si l’époque est assez éloignée et que peu d’informations sont disponibles.

Jeanne CADET est née le 6 janvier 1651 à Thuré (86), de Claude CADET et Denise RAGUIT. Claude et Denise sont mariés depuis à peine un an, on peut donc supposer que Jeanne est leur premier enfant. Elle porte le prénom de sa grand-mère paternelle, Jehanne FORESTIER ou de sa marraine, Jeanne RAGUIT. Denise a 26 ans à la naissance de Jeanne.

Baptême de Jeanne CADET

D’après mes recherches, Claude et Denise ont eu 8 enfants. Sur la même page du registre paroissial de Thuré, j’ai trouvé deux décès, de deux Marie, l’une le 5 novembre 1660 et l’autre le 27 novembre 1660. Excepté la mention qu’elles étaient « fille[s] à Claude Cadet », je n’ai rien, même pas un âge approximatif qui m’aiderait à trouver une naissance et j’ai eu beau feuilleter les registres des baptêmes sur une longue période, je n’ai pas trouvé confirmation de leur certainement courte existence…

Claude et Denise ont aussi eu deux fils prénommés Pierre, l’un né en octobre 1657 et l’autre en octobre 1658, sans traces ultérieures… Pour eux, j’ai les dates de naissance, mais je n’ai trouvé aucun décès, aucun mariage.

En revanche, j’ai trouvé quelques bribes sur d’autres membres de la fratrie. J’ai donc appris que sa sœur Madeleine CADET avait épousé François MÉNARD en 1685 à Saint-Martin-de-Quinlieu (paroisse disparue dont il ne reste qu’un nom de rue). Qu’une autre sœur, Charlotte, avait épousé à 18 ans, Vincent MARIAU, en 1673, également à Saint-Martin-de-Quinlieu. Je leur ai trouvé cinq enfants.

Le dernier de la fratrie était un garçon, Hilaire, qui n’aura vécu que sept ans (1653-1661).

L’église « à porche » de Thuré

Jeanne, quant à elle, a donc épousé Anthoine BRUNETEAU (sosa 2020) le 7 février 1673 à Saint-Martin-de-Quinlieu. Il est fils de cordonnier et exerce probablement le même métier.

Quand j’ai rédigé l’article sur Anthoine, j’ai indiqué que Jeanne et lui avaient eu « au moins 5 enfants », mais après avoir repris tous les actes et avoir ré-épluché les registres, je n’en ai conservé que quatre. L’aîné, c’est Jean, né le 6 août 1674 à Saint-Gervais-les-Trois-Clochers, qui n’a pas laissé de trace, ni décès ni mariage. Ensuite, c’est Radegonde, née le 15 décembre 1675 et je l’ai « fusionnée » avec la petite fille sans prénom qui est décédée le 26 août 1676 à « environ neuf mois », ce qui correspond. Le troisième enfant est Anthoine, vraisemblablement né en 1676, mais il manque des pages dans les registres… C’est mon sosa 1010, le maître cordonnier aux trois épouses. Le dernier enfant s’appelle François, il est né le 20 octobre 1681, également à Saint-Gervais. Pour lui, je n’avais trouvé que la mention du décès d’une Marguerite Gatepy, « femme de François Bruneteau ». Aucun Gatepy (et variantes Gastepi, Gaspi et autres) dans les bases de données que j’ai l’habitude de consulter pour la Vienne. J’ai donc lancé une recherche sur Filae en n’indiquant ni prénom, ni dates, ni lieu, et j’ai atterri à quelques kilomètres de Saint-Gervais, mais de l’autre côté de la « frontière » donc dans les registres de la Touraine. Marguerite est donc vraisemblablement originaire de Faye-la-Vineuse où on trouve plusieurs Gatepy. Je n’ai pas trouvé trace de son mariage avec François, mais une fille est née en 1723 à Faye-la-Vineuse et un fils, François, s’y est marié en 1755. Bruneteau est devenu Brenneteau, ce qui ne facilite pas les recherches.

Jeanne CADET est décédée le 25 avril 1695 à Saint-Gervais-les-Trois-Clochers, elle avait 44 ans.

Rendez-vous l’année prochaine pour parler de mon sosa 2022, François BISART (vous avez dit Bisart ?) dont je ne sais absolument rien !