La descendance de Pierre Emmanuel AURIAU et Justine AUJARD

La gare de Monts-sur-Guesnes, le point de départ…

Pour changer un peu de la recherche d’ancêtres, je me suis lancée dans la reconstitution de toute une fratrie un peu différente de mes éternels et très sédentaires laboureurs. Je n’ai pas regretté, j’ai découvert des destins surprenants et frôlé le cousinage entre mes grands-parents maternels ! Il s’agit des enfants de Pierre Emmanuel AURIAU (sosa 48) et de Justine AUJARD (sosa 49). Le couple s’est marié le 9 avril 1823 à Saint-Genest-d’Ambière, où est née Justine, mais a passé l’essentiel de sa vie à Monts-sur-Guesnes où sont nés leurs huit enfants. À leur mariage, Pierre Emmanuel était un tisserand de 24 ans, et Justine avait 21 ans. Pierre Emmanuel savait ce qu’était une grande fratrie, puisqu’il avait 12 frères et sœurs. Justine en avait « seulement » trois.

Les huit enfants : François, Paul, Moïse Alexandre, Sidonny Almeida (oui, je sais…), Justine Adélaïde, Emmanuel Jules, Apolline et Arsène. La petite Apolline ne vivra pas deux ans, c’est la seule à décéder en bas âge.

I/ François AURIAU

C’est l’aîné, il est né en décembre 1824. Il porte le même prénom que son grand-père AUJARD, tradition oblige, et de même que ce grand-père, il sera charpentier, mais pas dans le Poitou. En effet, il quitte Monts-sur-Guesnes pour s’installer à Monts, au sud de Tours, où il épouse Célestine ANSAULT qui est couturière et « piqueuse de bottines ». Ils auront cinq enfants (Paul, Eugène Léon, Célestine, Léontine et Jules François), tous nés à Monts. Malheureusement, seuls les deux derniers atteindront l’âge adulte. Les trois premiers sont décédés respectivement à 7 mois, 6 ans et 8 mois.

Ia/ Leur fille Léontine AURIAU épouse un tailleur de pierre qualifié ensuite, à la naissance de ses enfants, d’« entrepreneur », Joseph Émile Octave QUANTIN. Octave sera mobilisé avec la classe 1876 pendant la Première Guerre mondiale et, grande nouveauté dans mon arbre, sera promu chevalier de la légion d’Honneur en 1917 ! Ils ont eu deux enfants : Léon Raoul, né le 1er avril 1883 (marié en 1909 à Juliette CHARBONNIER, à Cinq-Mars-la-Pile (37), puis en 1940 à Régine GUÉNÉGAUD, à Tours) et décédé en janvier 1951 à Tours. Sa petite sœur, Georgette Octavie Marie, est née le 29 septembre 1890 (mariée le 30 août 1911 à Léon Joseph François LEPAGE, à Monts et décédée en décembre 1966 à Pithiviers).

Ib) Le dernier enfant de François AURIAU et Célestine ANSAULT s’appelle Jules François, il est né en novembre 1859, à Monts. Il est plâtrier et épouse une couturière, Marie Georgine BESNARD en 1886, à Vouvray, à l’est de Tours. Je peux imaginer qu’ils se sont connus à Vouvray où Paul (voir ci-dessous), un oncle de Jules François, est boulanger, et comme la mère de Marie Georgine est aubergiste, la déduction est facile. Je ne leur connais qu’une fille, Juliette Célestine, née en 1886 à Monts et décédée en 1961 à Tain-L’Hermitage, bien loin de Monts.

Facétie de l’état civil, les enfants de cette branche sont tous des AURIAULT, et non plus des AURIAU.

II/ Paul AURIAU

Le second fils de Pierre Emmanuel et de Justine est Paul AURIAU, né le 25 janvier 1828 à Monts-sur-Guesnes où il épouse Arsène Madeleine DAGOUET en 1851. Elle est aussi née en janvier 1828 et ils se suivent sur le registre d’état civil. Il est boulanger, elle est couturière. Leurs deux enfants sont nés à Faye-la-Vineuse. Cette boulangerie de Faye-la-Vineuse est gravée dans l’histoire de ma famille puisque mon arrière-grand-père Emmanuel Jules AURIAU, mon grand-père Robert AURIAU puis mon oncle Paul AURIAU y exerceront aussi leur métier. Elle n’existe malheureusement plus. Ils sont morts tous les deux à Faye-la-Vineuse.

Paul et Arsène auront deux enfants, Marie Louise et Paul Georges.

IIa/ Marie Louise AURIAU, née en 1853, épousera Baptiste AMIRAULT en 1869, à Faye-la-Vineuse. Je sais qu’ils ont vécu à Ports-sur-Vienne, pas très loin de Faye. Je leur connais une fille, Marie Marcelline, née en 1872 à Faye et décédée en 1961 à Fondettes, à côté de Tours. Marie Louise, quant à elle, décèdera en 1936 à Nouâtre.

IIb/ Paul Georges AURIAU est né à Faye-la-Vineuse en 1855, il sera également boulanger, mais à Tours d’abord, probablement employé dans une boulangerie, puis à Vouvray. En 1883, il épouse à La Riche, banlieue de Tours, Augustine Aimée LENOIR, qui est relieuse et dont il aura une fille Georgette Augustine Aimée en 1884. Augustine LENOIR décède en 1886 et Paul se remarie en février 1887 avec Marie Caroline POINCLOUX, à Monnaie. Il semble qu’il quitte aussi Vouvray puisque le premier enfant du couple est né en 1888 à Tours, mais qu’il y retourne ensuite : les deux autres enfants sont bien nés à Vouvray. Ce sont trois garçons : Paul Louis Marcel en 1888, Marius Jules en 1892 et Georges Fernand en 1898. Je note que le patronyme a changé également et pris un « x » final. Ce sont donc trois fils AURIAUX qui suivent.

                        1/ Paul Louis Marcel AURIAUX, né à Tours en 1888 sera instituteur, le premier que je trouve parmi tous mes ancêtres et collatéraux. Il épousera à Loches Marie Madeleine BAS, une institutrice originaire de… Boulot, en Haute-Saône ! Le hasard des mutations, j’imagine. Ils semblent avoir eu une fille, mais je ne l’ai pas trouvée. Ils sont décédés tous les deux à Tours, lui en 1973 et elle en 1967. J’ai cherché sa fiche matricule, mais il a été exempté. En creusant un peu plus, j’ai trouvé une mention de Paul Louis Marcel dans le Maitron, qui répertorie différentes biographies dont celle de Paul Louis Marcel, avec le détail de ses engagements dans des associations et syndicats professionnels. C’est ici : https://maitron.fr/spip.php?article91557, notice AURIAUX Paul, Louis, Marcel par Jacques Girault, version mise en ligne le 2 novembre 2010, dernière modification le 29 octobre 2018.

                        2/ Le second fils, Marius Jules AURIAUX, est né en 1892 et ma surprise a été grande en lisant son acte de mariage en 1913, à Paris, de voir qu’il était… cycliste ! Je replonge dans les entrailles d’Internet et je vois qu’effectivement, il était cycliste et qu’il a couru le Paris-Tours en avril 1914, où il s’est classé 34e ! La même année, il a participé au tour de France, mais son nom est suivi de la mention « DNF », c’est-à-dire « did not finish ». Il n’est donc pas allé jusqu’au bout. Il appartenait au Véloce-Club de Tours dont le conseil d’administration lui a décerné, en 1911, une médaille d’or « qu’il a si brillamment gagnée en établissant le record de l’heure » (L’Union libérale, 18 décembre 1911, p. 4/4). J’ai trouvé son nom mentionné dans plusieurs articles de cette époque, souvent élogieux, comme celui-ci :

L’Union libérale, 14 octobre 1911, p. 3/4.

Il semble, qu’en plus de ses activités sportives, il ait suivi les traces de son père et de son grand-père et ait donc une formation de boulanger. En effet, sur sa fiche matricule (classe 1912), on voit que « coureur cycliste » a été rayé et remplacé par « boulanger pâtissier ». La guerre, la Première Guerre mondiale, a donc mis un terme définitif à ses exploits sportifs. Il a été incorporé en septembre 1914, mais placé dans la « réserve auxiliaire » pour cause d’une pleurésie ancienne. Sa fiche le décrit blond aux yeux bleus, avec un « menton à fossette » et une belle taille de 1,78 m. Je n’ai pas réussi à trouver de photo, c’est bien dommage…

En 1913, il a épousé Marcelle RIVIÈRE à Paris, dans le XIIIe, une brodeuse originaire de Pocé-sur-Cisse, autrement dit, une « payse ». Je ne leur ai pas trouvé d’enfants. Marius est décédé en juillet 1967 à Vouvray.

Nous avions un champion dans la famille, mais je n’en avais jamais entendu parler !

                        3/ Le dernier fils est Georges Fernand AURIAUX. Il est né en 1898 à Vouvray. Comme il est de la classe 1918, je pensais que peut-être la guerre l’aurait épargné, mais non, il a été incorporé dans un régiment d’artillerie lourde en avril 1917. Il était mécanicien et a été renvoyé dans ses foyers en mai 1920. En décembre de la même année, il épouse Charlotte BONNET, une couturière de Vernou. Je ne leur connais pas d’enfants. Georges est décédé à Fondettes en 1973 et Charlotte à Tours en 1975.

III/ Moïse Alexandre AURIAU

Moïse est né en février 1832. Il sera sabotier et passera toute sa vie, célibataire, à Monts-sur-Guesnes. J’ai une tendresse particulière pour ce vieux garçon, celui qui déclare les décès de la famille, qui est témoin aux mariages de ses neveux et nièces. Toujours présent, l’oncle Moïse, pour s’occuper des autres. Il a enterré ses parents, sa petite sœur Apolline, ses deux frères aînés, François et Paul, et sa sœur Sidonny. Il est décédé en 1891, il avait 59 ans.

IV/ Sidonny Almeida AURIAU

Sidonny est née le 20 janvier 1834 et la vie ne va pas la gâter. En 1855, elle épouse Jean Mirtille VALIX (j’ai tiqué sur le Mirtille, mais il signe comme ça…), serrurier à son mariage, puis cafetier, à qui elle donne quatre filles : Marie Pauline, Marie Agnès, Marie Aline et Gabrielle en l’espace de cinq ans. Les dieux de la maternité ne sont pas avec elle : les deux dernières, Marie Aline et Gabrielle, ne vivent pas plus de 2 jours pour l’une et 13 mois pour l’autre. Je n’ai pas trouvé trace de l’aînée, Marie Pauline, après sa naissance le 11 novembre 1855. Pas de décès ni de mariage, rien de rien. Quant à Marie Agnès, je n’ai pas trouvé son acte de naissance, mais son acte de décès la dit âgée de 29 ans en avril 1885 à Poitiers, où elle était religieuse. Et Sidonny quitte ce monde en février 1862, elle avait 28 ans.

Le remariage de Jean Mirtille n’est pas en lien direct avec ma généalogie, mais j’ai passé du temps à reconstituer modestement les parcours des enfants de ce deuxième lit. Jean Mirtille se remarie en 1865 avec Aimée Angélina Herma SIMON qui lui donnera 4 enfants, dont deux garçons, Mirtille Thomas et Frédéric, qui émigreront à Paris. Mirtille Thomas VALIX était charron. À Paris, il épouse une cuisinière originaire d’Eure-et-Loir, Maria Valentine Tarsille HUDEBINE, qui lui donnera une fille, Adèle, née en 1897. Quant à Frédéric, il est qualifié de manutentionnaire et de célibataire. Les deux frères décèderont, le premier, Mirtille Thomas, en 1922 à Paris, et son jeune frère Frédéric en 1926. Ils ont tous deux été inhumés au cimetière de Bagneux. Les deux filles de Jean Mirtille et Aimée sont décédées, l’une, Modeste, à 3 mois et l’autre, Marie Modeste, à 22 ans.

V/ Justine Adélaïde AURIAU

Elle est née le 7 janvier 1836 et penser que nos ancêtres ont eu des vies « planplan » ou toutes tracées est une erreur. La preuve : mes recherches sur Justine m’indiquent la naissance d’une fille, Gabrielle Félicie, en 1864, de père inconnu. La naissance est déclarée par le père de Justine, Pierre Emmanuel AURIAU. Justine est lingère et a 28 ans. En 1871, c’est une petite Alphonsine qui naît, toujours de père inconnu. Elle vivra 16 mois. Et en 1874, une autre petite fille naît dans les mêmes conditions, mais elle décède à la naissance et n’a pas de prénom.

Et puis, en mars 1875, Adolphe DUBROCA, né à Loudun, et 10 ans plus jeune que Justine, la demande en mariage. Difficile de lui donner un métier, d’après les actes, il sera tour à tour serrurier, boulanger, garde-champêtre… Adolphe semble avoir un grand cœur puisque quand Gabrielle Félicie (la fille aînée de Justine) se marie en 1884, il l’adopte officiellement et elle ne s’appellera plus que DUBROCA.

Justine et Adolphe ont eu un fils, né en 1878, Léon Ambroise DUBROCA, sur qui je n’ai rien trouvé sinon qu’il était décédé en 1954 à Tours.

C’est sur Gabrielle Félicie DUBROCA que je voudrais m’attarder un peu. En 1884, elle épouse Marie Armand Nicolas CHARDON, qui a 19 ans. Il est né à Bonnes et est dit coiffeur. Je leur connais 3 enfants nés à Monts-sur-Guesnes : Jeanne Marie Renée, Marthe Alice Marie et Roger Louis Emmanuel, respectivement en 1885, 1886 et 1890. Je ne sais pas ce qui s’est passé dans leur vie. Ont-ils été tentés par la même aventure que leurs demi-cousins (enfants du 2e mariage VALIX) ? Toujours est-il que je les retrouve à Paris, où ils « montent » entre 1890 et 1903. En effet, ils auront deux autres enfants à Paris : Raymonde Suzanne (en 1903) et Andrée Simonne (en 1906).

C’est malheureusement la pauvreté qui les attend dans la capitale. Armand, le père, est tour à tour employé de chemin de fer, tapissier, cocher, il fait certainement de son mieux pour nourrir ses enfants, mais à la naissance d’Andrée, en 1906, les deux parents sont dits « sans emploi ». Et puis en 1910, le 9 avril, Armand meurt subitement alors qu’il était « de passage » à Limeil-Brévannes. Il a 45 ans. Le 21 avril, à peine deux semaines après, c’est Gabrielle Félicie qui meurt à son tour, elle a 46 ans. Ils sont tous les deux inhumés au cimetière de Bagneux.

Je ne sais pas ce qu’il est advenu des 4 premiers enfants juste après le décès de leurs parents, et pendant toute la guerre. Ont-ils été placés ? Je sais seulement que la petite dernière, Andrée Simonne, est venue vivre à Monts-sur-Guesnes auprès de sa grand-mère Justine. Elles vivent ensemble d’après le recensement de 1921, Justine (appelée Adélaïde DUBROCA dans le registre, mais c’est bien elle) a alors 85 ans.

Recensement de 1921 – Monts-sur-Guesnes

Je n’ai pas trouvé la trace de l’aînée des enfants CHARDON, Jeanne Marie Renée. De sa sœur Marthe Alice Marie, je sais qu’elle est décédée à Paris en 1965. Le frère, Roger Louis Emmanuel, était mécanicien ajusteur. Il a d’abord épousé Alice CHABLE, en 1912, eu un fils, René Roger Armand. Après leur divorce en 1925, Roger s’est remarié avec Suzanne AUMENIER, comptable, originaire de Troyes et veuve. Je ne leur connais pas d’enfants. Roger est décédé en 1955 à Rosny-sous-Bois.

Quant à Raymonde Suzanne, la 4e de la fratrie, née en 1903, elle a épousé un chapelier, puis voyageur de commerce, divorcé, Paul ZILBERMAN dit SILBERMAN, en 1935, à Paris. Elle est décédée à Jonzac en 1985.

Je ne sais rien de la petite dernière qui vivait avec sa grand-mère Justine.

VI/ Emmanuel Jules AURIAU

C’est mon sosa 24, j’ai déjà évoqué sa vie de boulanger (ici).

Pour résumer, il a épousé Séraphine BONNEAU et eu 5 enfants dont seul un survivra, mon arrière-grand-père Jules AURIAU. Jules épousera Noémie JOUTEUX et ils auront 3 enfants : mon grand-père Robert AURIAU, sa sœur Paulette (qui épousera René MARTIN et en aura deux fils avant de décéder à l’âge de 29 ans) et son frère France (qui épousera Jeanne TURQUOIS et aura également deux enfants).

Mon grand-père Robert AURIAU, boulanger, a épousé Marie Augustine LECOMTE et ils ont eu 6 enfants, dont un Paul AURIAU qui a pris leur suite à la boulangerie de Faye-la-Vineuse.

VII/ Apolline AURIAU

Née le 22 janvier 1841, décédée le 11 août 1842. C’est bien court. Les officiers d’état civil écrivent son prénom « Apauline », donc vraisemblablement Apolline. Et sur son acte de décès, le maire a cru bon de préciser « sans profession ». Bref.

VIII/ Arsène AURIAU

C’est la petite dernière de la fratrie, son nom est écrit « Arcenne » sur l’acte de naissance, le 9 avril 1844. Modeste couturière de Monts-sur-Guesnes, où se trouve une caserne de gendarmerie, elle rencontre Charles Aimé PAGOT, gendarme à cheval, un Vendéen né en 1834. Leur mariage a lieu le 11 mars 1867. Quatre enfants sont nés à Monts-sur-Guesnes : Marie Aimée, Charles Louis Félix, Jean Paul et Eugénie Pauline.

La gendarmerie de Monts-sur-Guesnes (qui est aux fenêtres ?)

Je terminerai par Marie Aimée, l’aînée.

Charles Louis Félix est né en février 1870 et je ne sais rien de plus. Aucune trace… même pas sur les listes de tirage au sort de la classe 1890. Juste une chose, en 1901, il vit avec ses parents à Leigné-les-Bois, mais plus en 1906.

Son jeune frère, Jean Paul, est né en 1872, il épouse Léonie CLERTÉ en 1895 à Chenevelles (86). Arsène et Charles Aimé (retraité de la gendarmerie) y vivent et Charles y est « garde particulier ». Jean Paul et Léonie auront trois enfants, tous nés à Chenevelles, à côté de Châtellerault.

La petite dernière d’Arsène et Charles Aimé, Eugénie Pauline, est décédée à Saint-Savin (86), à la caserne de gendarmerie où son père était en poste. C’était en 1882, elle avait 7 ans.

Et je reviens donc à Marie Aimée, l’aînée de la fratrie. Elle est née en février 1868 à Monts-sur-Guesnes. Faute de pouvoir aller aux archives départementales pour consulter d’éventuels fonds relatifs aux enseignants, je me contente de ce que j’ai trouvé jusqu’à maintenant. Marie Aimée devient institutrice et en 1890, à Chenevelles, elle épouse Augustin Pierre BARBOTIN, également instituteur, né à Colombiers. Ils auront deux filles : Eugénie Marie Angèle et Marie Thérèse Augustine. Les deux sœurs se marieront le même jour à Lencloître, le 3 janvier 1920. La première avec un dénommé Pierre DEGRAVE dont je ne sais rien (les actes de mariage de 1920 ne sont pas en ligne) sinon qu’il travaillait à Bordeaux et la seconde avec Auguste Arsène LAMBERT, également instituteur, né en 1895 à Saint-Christophe. C’est là que la chose devient très intéressante. Toute cette famille AURIAU est celle de mon grand-père maternel. Or Auguste Arsène LAMBERT est apparenté à la famille de ma grand-mère maternelle. Il est cousin germain de mon arrière-grand-mère maternelle, Augustine Françoise LAMBERT. Je reviendrai plus longuement sur Marie Thérèse Augustine et Auguste Arsène LAMBERT dans un autre article pour lequel j’ai déjà rassemblé de la documentation.

Je ne sais pas si l’aînée des sœurs BARBOTIN a eu des enfants, seulement qu’elle est décédée en 1974 à Bordeaux.

Ce long article, peut-être fastidieux à lire, a été très enrichissant pour moi. J’ai eu l’impression, outre la généalogie, de faire un peu de sociologie avec ces épisodes d’exode rural qui sont caractéristiques de l’époque. Je n’ai pas beaucoup détaillé la descendance d’Emmanuel Jules (sosa 24), mais on y retrouve la même chose : le niveau de vie et la position sociale s’améliorent de génération en génération, certains enfants restent dans leur village ou à proximité tandis que d’autres vont tenter leur chance à la ville. On trouve dans ces quelques générations moins de métiers de la terre, mais plus d’artisans et de nouvelles professions (mécanicien, instituteur) qui montrent que certains ont su (et pu) se hisser socialement. On y trouve aussi un élément jusqu’alors rarissime dans ma famille : le mariage avec un conjoint natif d’une autre région, parfois très éloignée, et une denrée carrément inconnue auparavant : le divorce.

Pierre Emmanuel AURIAU, le tisserand-journalier, et son épouse Justine AUJARD n’ont pas eu connaissance de cette progression sociale, ils n’ont pas su non plus que c’en était fini de Monts-sur-Guesnes pour leurs descendants…