Fatal coup de fusil

C’est la première fois que je découvre une mort violente dans ma généalogie, dans la branche de ma grand-mère paternelle.

En effet, en essayant d’approfondir l’histoire de cette Marie née de « père inconnu » et que je pensais être la fille de Marguerite CHAMPIGNY (sosa 169), je cherche tous les membres de la famille plus ou moins proche. Honnêtement, je ne suis pas sûre de découvrir la vérité un jour tant les registres sont peu bavards.

Néanmoins, j’ai pu remonter jusqu’à son arrière-grand-père, Mathurin CHAMPIGNY (sosa 1352). Je n’ai trouvé que son acte de décès, mais je n’ai pas été déçue. Le pauvre Mathurin, âgé d’environ 35 ans, originaire de Posay-le-Vieil (1) se trouvait à Crémille (2) le dimanche 31 mai 1682, jour où il a reçu un « fatal coup de fuzil ». Il est décédé le lendemain et a été inhumé le mardi 2 juin « muni des sacrements », comme il se doit.

L’acte de décès précise que « sa femme » était présente. Monsieur le curé, « sa femme » a un nom, elle s’appelait Marie TORTICIER, c’est ma sosa 1353. Je n’ai rien trouvé encore sur elle, je ne sais pas si elle était originaire de Crémille, de Posay-le-Vieil ou d’une autre paroisse.

À ma connaissance, Mathurin et elle étaient parents de trois enfants : Marie, née le 22 mai 1677, François, né le 28 mars 1679, et Jean, mon sosa 676, né le 9 novembre 1681, tous les trois à Posay-le-Vieil.

Accident ou meurtre ? Je doute d’en savoir plus parce que les archives de la sénéchaussée de Châtellerault qui se trouvent aux Archives départementales de la Vienne ne sont pas communicables en raison de leur mauvais état. Quel dommage !

Pour essayer de trouver leurs dates de naissance, leur mariage, un éventuel remariage de Marie TORTICIER, j’ai parcouru pas mal de registres, de ceux qui ont des pages tachées d’encre ou qui ont été mouillées, de ceux qui passent directement de 1677 à 1683, ou encore qui ne mentionnent qu’un nom, sans autre information, que les nombreuses homonymies empêchent d’attribuer avec suffisamment de certitude à un aïeul.

  • (1) ancienne paroisse réunie à La Roche-Posay en 1806
  • (2) ancienne paroisse réunie à Pleumartin en 1790
L’acte de décès de Mathurin CHAMPIGNY

Qui est donc le père de Marie ?

Je suis toujours en train de récupérer les sources des actes pour remplacer les « permaliens » qui ne sont plus valables et ça n’a pas manqué : je suis tombée sur une énigme dans la fratrie RÉAU (le nom est aussi orthographié RÉAULT, RIAU, RIOT…).

J’ai ce couple René RÉAU et Marguerite CHAMPIGNY, ce sont mes sosa 168 et 169, des aïeux de ma grand-mère paternelle. René est né en 1732 à Pleumartin, il y est décédé en 1786.

En 1771, il épouse Marguerite CHAMPIGNY, née en 1747, aussi à Pleumartin. Ils ont 15 ans d’écart, ce qui n’est pas si fréquent dans ma généalogie. René ne semble pas veuf, il a juste une quarantaine d’années.

Je connaissais 6 enfants à ce couple et j’ai donc cherché les actes de baptême. Ils sont tous nés à Pleumartin.

Marie, née le 24 septembre 1772. Je l’ai trouvée au moment de rédiger, je ne sais rien de plus pour le moment.

Jean, le 1er octobre 1775, il mourra en 1790, à l’âge de 14 ans.

Marie le 29 mai 1776, qui épousera Jean Baptiste LAPIER(RE) en 1816 à Leigné-les-Bois.

Louis, né le 23 avril 1778, qui décède le 13 mai de la même année.

Joseph, né le 5 juillet 1779. Je n’ai pas trouvé d’autres traces de lui.

Silvain, mon sosa 84, née le 1er octobre 1781.

Il ne me manquait que la date de naissance de Marie, introuvable dans les bases habituelles, même avec le patronyme orthographié différemment. Un recoupement rapide avec l’âge mentionné (40 ans) sur l’acte de mariage me pousse à regarder en 1776. Et je la trouve, mais avec une grosse surprise !

L’acte de baptême ne mentionne que le prénom, Marie, et dit qu’elle est « fille naturelle » de Marguerite CHAMPIGNY ! Ses parrain et marraine sont les parents de Marguerite.

Baptême de Marie RÉAU

Le lieudit indiqué sur cet acte (La Moujonnerie, probablement) ne m’aide pas beaucoup, impossible de savoir si c’était le domicile des parents de Marguerite ou le sien. Les autres actes n’en mentionnent pas, donc pas de comparaison possible.

Comment se peut-il qu’elle soit déclarée « de père inconnu » alors que Marguerite était mariée à René depuis 5 ans ? Qu’il y a eu deux enfants avant et trois après ? Et que le père est bien indiqué pour les autres enfants ?

Je suis perplexe. On peut évidemment partir sur des hypothèses d’enfant conçu hors mariage, conception volontaire ou pas, mais si vous avez d’autres idées que je pourrais explorer, n’hésitez pas !

Je radote : on ne s’ennuie jamais avec nos ancêtres !