Madeleine PASQUIER

J’ai commencé cet article il y a plusieurs semaines et puis je me suis dit que c’était trop triste et je l’ai mis dans la corbeille. Deux jours après, je me suis ravisée. Oui, c’est triste, mais après tout, c’est une illustration de ce que vivaient beaucoup de femmes et de familles. Il y a eu tellement de Madeleine PASQUIER… (et il y en a encore)

C’est en remontant une branche à partir de ma grand-mère paternelle, complétée peu à peu, que je suis arrivée à un couple, Pierre BERCHOT et Madeleine PASQUIER, pour lequel je n’avais que l’acte de mariage, le 17 juin 1760 à Mouzay (37), à quelques kilomètres de Loches. J’ai donc commencé à chercher les actes qui me manquaient. Ça n’a pas été facile, les BERCHOT sont nombreux et il y a beaucoup d’homonymes dans les mêmes lieux. Au départ, je ne connaissais qu’un seul enfant à ce couple, c’était Françoise BERCHOT, ma sosa 191.

J’ai fini par trouver l’acte de baptême de Madeleine PASQUIER (sosa 383), le 14 octobre 1736 à Loches. Elle était la fille d’Antoine PASQUIER et de Françoise AGENET, un couple de Perrusson, près de Loches. Madeleine était la quatrième d’une fratrie de 7 enfants, dont au moins 4 sont morts en bas âge. Sur les sept, seuls un garçon, Antoine, Madeleine et sa jeune sœur Marie, ont vécu assez longtemps pour se marier et avoir des enfants. Au vu de ce qui suit, je ne sais même pas s’il faut s’en réjouir.

À partir de la date de mariage de Madeleine, j’ai cherché les autres enfants qu’elle avait eus de Pierre BERCHOT (sosa 382). Au terme de mes recherches, j’en avais dénombré 10. Rien d’inhabituel en généalogie, on trouve même souvent des fratries plus nombreuses à ces époques, mais je crois que je ne m’y ferai jamais. Essayer d’imaginer la vie de ces femmes, de grossesse en grossesse, dans des situations économiques précaires et des conditions sanitaires inexistantes m’est impossible.

Les dix enfants de Pierre et Madeleine, tous nés à Mouzay :

1/ C’est Françoise, ma sosa 191, qui est la première de la fratrie, née le 9 mars 1761. Elle épousera un garçon jardinier, Gabriel MARTIN (sosa 190), à l’âge de 22 ans, et aura 6 enfants dont « seulement » deux mourront en bas âge.

2/ Marie, née le 22 août 1762 et décédée le 6 novembre 1763, elle aura vécu 15 mois.

3/ Jean, né le 14 novembre 1763, décédé le 23 mai 1776, qui ne vivra que 12 ans.

4/ François, né le 3 février 1766, décédé le 5 septembre de la même année, qui ne vivra que 7 mois.

5/ Un enfant dont ni le nom ni le sexe ne sont précisés, jumeau ou jumelle du précédent, qui ne vivra pas. Enterré le jour même.

6/ et 7/ Des jumeaux dont le nom et le sexe ne sont pas précisés non plus, nés le 24 décembre 1770, décédés le même jour. Ce qui nous fait deux grossesses gémellaires consécutives…

8/ Marie, née le 7 mars 1773, qui vivra 18 ans, jusqu’au 30 décembre 1791.

9/ Pierre, né le 11 janvier 1775, et aussi décédé à 12 ans, le 24 mars 1787.

10/ Un garçon, non nommé, né le 19 octobre 1776 et décédé le jour même.

C’est cette dernière naissance qui a entraîné la mort de Madeleine PASQUIER. Elle a suivi son dernier enfant dans la tombe le 21 octobre 1776. Elle avait 39 ans.

Françoise, ma sosa 191, sa fille aînée, avait 15 ans à la mort de sa mère.

Et le père ? Pierre BERCHOT était un peu plus jeune que son épouse puisque né en 1741. Il était tuilier. Il s’est remarié le 7 janvier 1777, moins de trois mois après la mort de Madeleine, avec Marguerite BOUCHERON. Je n’ai trouvé qu’un enfant né de cette union, un petit Pierre qui a vécu 5 mois. Pierre BERCHOT père (sosa 382) est décédé deux mois après la naissance de ce dernier enfant. Il avait 42 ans.

Alors, « famille nombreuse, famille heureuse » ? On en est très loin. Je suis admirative face au courage de ces Madeleine PASQUIER, prisonnières de leur condition de femme. J’espère simplement que, malgré ces drames à répétition, elle aura connu quelques moments de joie dans sa vie.

L’église de Mouzay, qui a vu tous ces baptêmes et tous ces enterrements…

5 réflexions sur “Madeleine PASQUIER

  1. Beau récit touchant. Vous avez bien raison, il y en avait des milliers de ces Madeleine Pasquier qui faisaient du mieux qu’elles pouvaient en dépit des naissances a répétition, et de leurs enfants qui mourraient en bas âge. J’ai retrouvé dans ma famille des collatéraux qui ont eu 14 enfants et n’ont eu comme descendance qu’une petite fille morte à l’âge trois mois: https://abcdemesancetres.wordpress.com/?p=3319

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    • Merci pour votre commentaire. Oui, ces Madeleine PASQUIER ont porté bien d’autres noms au cours de l’histoire. On ne s’habitue jamais à ces décès d’enfants en série. Je viens de lire votre article, il est très révélateur, et intéressant. Merci !

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