Exposition sur la Grande Guerre à Faye-la-Vineuse

Aujourd’hui, je relaie la demande de l’Association des Amis de la Collégiale (il s’agit de la collégiale Saint-Georges de Faye-la-Vineuse, si vous ne la connaissez pas encore, inscrivez cette visite sur votre agenda !).

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Par Brit.horemans — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=35582232

Cette association a besoin de votre aide. Elle va commémorer le centenaire de la Grande Guerre par une exposition dont une partie importante sera consacrée aux histoires de soldats.

Vous pouvez en consulter quelques exemples à l’entrée de la Collégiale.

Si votre famille a un lien avec Faye-la-Vineuse et si vous possédez des documents, cartes, photos… concernant vos aïeuls ayant participé à cette guerre, si vous souhaitez relater une histoire ou un témoignage, même très bref, comme « Mon grand-père n’a jamais voulu en parler… », vous pouvez les transmettre aux membres du bureau de l’association ou au secrétariat de mairie de Faye-la-Vineuse dès à présent et jusqu’au 30 avril 2018.

Chaque document sera photocopié afin de vous rendre les originaux immédiatement.

Merci à l’avance de votre participation pour cette exposition, qui a pour but de mettre à l’honneur ces soldats, vos ancêtres, qui ont participé à cette terrible guerre.

Pour contacter l’association, écrivez à cette adresse : amisdelacollegiale@gmail.com

J’ajoute que lors de cette exposition, vous pourrez consulter des documents concernant mon grand-père, Robert Auriau, qui a fait cette guerre à son corps défendant et a été prisonnier en Allemagne.

Merci par avance de vos contributions. Je vous donnerai les dates dès que je les connaîtrai.

Henriette, la suite…

J’avais parlé ICI du mariage d’Henriette Fleurence ENNEBAULT avec Charles Pierre ARTAULT. Henriette était orpheline et mineure, il avait donc fallu réunir un conseil de famille pour l’autoriser à se marier. Les deux tourtereaux avaient eu 4 enfants. Pourtant, cette histoire se terminait sur une note plutôt triste puisqu’en l’espace de quelques années, Henriette avait perdu deux enfants en bas âge, puis son mari et enfin un troisième enfant. Elle restait seule avec son fils Charles, alors âgé de 9 ans et je ne m’étais pas vraiment préoccupée de savoir ce qui lui était arrivé après tous ces deuils.

En essayant de trouver la date de son décès, je suis tombée sur une bonne nouvelle : Henriette s’est remariée le 14 février 1827 avec Vincent Boutault (ou Bouteau), un cultivateur de Scorbé-Clairvaux. Elle avait 33 ans et lui 28. Leur fils Charles est né en 1834, il s’est marié et a eu des enfants à son tour.

Je continuais à chercher la date de son décès, mais sans grand succès, dans les tables décennales, j’ai donc décidé d’éplucher les registres des décès d’Orches et j’ai fini par la trouver. Elle est morte le 13 novembre 1859, à l’âge de 65 ans. La tâche s’est compliquée parce que la « Henriette Fleurence Ennebault » de son acte de naissance est devenue « Florence Andebault » sur l’acte de décès…

J’ai aussi découvert qu’Henriette avait eu 3 frères et une sœur, ce qui me laisse encore quelques recherches à faire pour avoir un aperçu complet de cette famille.

C’était ma petite satisfaction du jour : avoir pu prolonger cette histoire jusqu’à la mort d’Henriette.

Ce complément de recherche, je le dois au challenge #1J1ancetre de Twitter, auquel j’essaie de participer (presque) chaque jour. Le principe est simple : à la date du jour, chercher si un ancêtre est né, s’est marié, est décédé, ou s’il y a un événement quelconque ce jour-là. Je commence à avoir de quoi faire en termes de nombre d’ancêtres et j’en profite pour vérifier que je dispose de tous les actes concernant la personne, je cherche un peu plus loin, trouve des frères et sœurs, etc. C’est très stimulant !

 

Louise Bourgouin, je t’ai retrouvée !

Dans l’article que j’avais rédigé sur la lignée AURIAU (ici), j’expliquais que Louise BOURGOUIN (Sosa 97) risquait d’être difficile à trouver. En effet, je ne disposais que de son acte de décès qui la disait âgée de 86 ans et née « en Normandie », sans autre précision. Je prévoyais de lancer mes filets dans les archives des départements concernés, un peu au hasard, mais je savais que même si je trouvais une Louise Bourgouin, je ne pourrais pas forcément la relier à Joseph AURIAU. Je remettais à plus tard, déjà découragée par la recherche de cette aiguille dans une botte de foin…

Et puis, en cherchant autre chose, j’ai entré les noms de ce couple sur le site de GE86, « entraide généalogique dans la Vienne », qui me tire régulièrement d’affaire. Et là, bingo ! La date et le lieu du mariage ! Je me précipite sur le site des Archives départementales de la Vienne, je sélectionne Verrue (oui, c’est un village de la Vienne), je fais défiler les pages du registre concerné à toute vitesse et le voilà, l’acte de mariage ! (Il faudra un jour écrire sur les poussées d’adrénaline du généalogiste, c’est vraiment quelque chose.)

Ce sont bien eux qui se marient ce 3 février 1778 ! Joseph Auriau, charron, fils de Joseph et de Marie Orillard, de la paroisse de St Vincent de l’Oratoire, tous deux décédés. Oui, c’est bien le bon Joseph Auriau. Et Louise ? Oh, elle est là, mineure, mais son âge n’est pas précisé, pas plus que sa date de naissance. Joseph a 23 ans, il est mineur également. Le domicile de Joseph n’est pas indiqué, c’est dommage, mais Verrue se trouve juste à côté de Monts-sur-Guesnes et de Chouppes. Cet acte de mariage présente une nouveauté (pour moi), il y est fait mention du « curateur aux causes de l’époux », époux qui est mineur et orphelin. J’ai donc appris, dans un ouvrage nommé Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, ceci : « En pays coutumier, la tutelle dure jusqu’à la majorité, mais si les mineurs sont émancipés plus tôt, on leur donne aussi un curateur pour les assister en jugements, c’est-à-dire dans les causes qu’ils peuvent avoir. C’est pourquoi on l’appelle curateur à l’émancipation ou curateur aux causes. »

Louise est la fille d’un sergent, employé dans les fermes du roi, du nom de Gervais BOURGOUIN, et de Françoise PINCELOUP. Le couple a également un fils, nommé Gervais, comme tous ses aïeux directs.

Avec ces informations, je vais sur le site Généanet, une vraie mine d’or, et il se trouve qu’une personne a déjà établi la généalogie de ces Gervais Bourgouin, ce qui est une nouvelle aubaine. Grâce à son travail, j’ai pu débloquer toute la lignée et c’est formidable.

Gervais BOURGOUIN, le père de Louise, mon Sosa 194, est né à Saint-Calais, dans la Sarthe, en 1725. Né dans la Sarthe et mort à Jaulnais, dans la Vienne, le 2 mai 1785. Ce « Jaulnais » n’existe pas. Il s’agit en fait de Jaunay-Clan (86130). Son acte de décès le dit « garde sédentaire du dépôt à sel ».

La mère de Louise, Françoise PINCELOUP (Sosa 195), est également décédée à Jaunay-Clan, deux ans après son mari. Et là, j’ai l’impression que c’est le même phénomène qu’avec Louise : impossible de trouver une mention de « Pinceloup » dans la Vienne… J’en déduis qu’elle était originaire d’un autre département, peut-être même de Normandie, puisque Pinceloup semble être un nom assez courant dans la région. À suivre…

Poursuivons avec les Bourgouin, tous dénommés Gervais. Le grand-père de Louise, donc Gervais BOURGOUIN (Sosa 388), est né en 1697 à Courdemanche, dans la Sarthe, et décédé en 1758 à Saint-Calais. Le 16 juin 1722, il a épousé Marguerite COURTIN (Sosa 389) dans le Loir-et-Cher, à Villiers-sur-Loir. Les parents, grands-parents et autres aïeux de Marguerite sont tous originaires de Villiers-sur-Loir. J’explorerai cette branche dans un autre article.

L’arrière-grand-père de Louise, également appelé Gervais BOURGOUIN (Sosa 776), est né en 1669 à Courdemanche. Il était « notaire et fermier général » et avait épousé Anne HERSENT (Sosa 777) en 1692, à Courdemanche. La lignée Hersent semble originaire de ce village. J’y reviendrai aussi.

Son père, Gervais BOURGOUIN (Sosa 1552) a épousé Marie GRANGER (Sosa 1553) à Courdemanche, le 18 février 1664. Il y est décédé en 1694. Je ne m’attarde pas sur Marie GRANGER, décédée le 25 novembre 1673, mais sur ses parents. Son père était François GRANGER (Sosa 3106), dit « l’aîné ». Il était notaire royal et, pure coïncidence, il a épousé une Jeanne… AURIAU ! C’est mon Sosa 3107. La lignée des Granger semble être originaire d’Évaillé, dans la Sarthe.

Revenons aux Bourgouin, avec Gervais BOURGOUIN (Sosa 3104) qui a épousé Perrine PINSON (Sosa 3105) à Tresson, dans la Sarthe en 1635. Il y est décédé en 1673, après Perrine qui est morte en 1642. Elle était née dans ce même village le 15 avril 1595 et cette date très reculée constitue mon « record », le premier acte qui m’emmène au-delà du XVIe siècle.

Faute de registres, les recherches s’arrêtent là, mais quelle chance de pouvoir remonter si loin et d’avoir de nouvelles branches à étudier ! C’est fascinant !

 

Henriette et le conseil de famille

Dans la lignée Artault, du village d’Orches (86), dont j’ai déjà un peu parlé à propos de « Françoise, fille naturelle », j’ai poursuivi mes recherches et je suis tombée sur le mariage de ses beaux-parents, c’est-à-dire Charles Pierre ARTAULT (Sosa 116) et Henriette Fleurance ENNEBAULT (Sosa 117). L’orthographe de ce dernier patronyme varie beaucoup selon les époques et les registres, j’ai trouvé ANNEBAULT, ENDEBAULT et quelques autres.

Ce mariage, sans avoir rien d’extraordinaire, a été assez inhabituel, c’est en tout cas le premier que je trouve qui occupe plusieurs pages de registre !

Les deux tourtereaux étaient mineurs, Charles avait 19 ans et Henriette en avait 20, mais surtout, Henriette n’avait plus ni parents ni grands-parents et il a fallu réunir un conseil de famille pour que son tuteur donne son consentement.

Charles a donc 19 ans, il est « garçon sabotier » et le « fils mineur et légitime » de Charles ARTAULT (Sosa 232), lui-même sabotier, et de Marie Jeanne JUMEAUX (Sosa 233), tous deux domiciliés à Orches, dans le bourg.

Henriette, elle, est la fille mineure de Pierre ANDEBAULT (Sosa 234), décédé le 23 août 1807, à Orches, à l’âge de 52 ans, et de Louise GODET (Sosa 235), décédée le 20 septembre 1804, également à Orches. Louise est décédée avant Pierre, qui s’est ensuite remarié, en 1805, avec Vincente Thibault, âgée de 32 ans.

Le mariage de Charles et d’Henriette a été célébré le 4 mai 1815, à Orches, et je note qu’un des témoins est Charles Artault, « oncle à la mode de Bretagne » de l’époux. Si, comme pour moi, ce degré de parenté n’est pas très clair, voici ce qu’en dit Wikipédia : « Un oncle à la mode de Bretagne est le cousin germain du père ou de la mère. »

Du fait de la situation particulière d’Henriette, quelques jours avant le mariage prévu, Joseph Thomas, juge de paix du canton de Lencloître, assisté de son « greffier ordinaire » André Gadreau, a convoqué une « assemblée de famille » pour décider de son sort.

Parmi les personnes convoquées : Charles Artault, sabotier, âgé de 19 ans. C’est le futur époux, mais il y a vraisemblablement un lien de parenté que je dois trouver, sinon, je ne vois pas vraiment la raison de sa présence à ce conseil de famille, sinon pour prouver qu’il « convient » !

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En plus de Vincent Ennebault, cultivateur, qui est le grand-oncle d’Henriette et son tuteur, je trouve aussi Pierre Ennebault, « frère germain de la mineure », cultivateur demeurant à Saint-Christophe, puis François Barré, cultivateur demeurant à Sérigny, « oncle paternel de la dite mineure du (illisible) de Marie Ennebault sa femme », Charles Menanteau, « oncle breton de la mineure », Jean Godet, « aussi oncle maternel de la dite mineure », Pierre Godet, cousin germain de la mineure, Vincent Tibault, « oncle breton de la mineure à cause de sa femme Henriette Simonneau ». Il me reste donc pas mal de fils généalogiques à dénouer pour avoir une image claire de cette famille.

Ensuite, il est déclaré que « les dénommés […] ont été unanimement d’avis de consentir au mariage entre la dite mineure Henriette Ennebault et le dit Charles Artault ; qu’ils connaissent chacun, en particulier le dit Charles Artault pour un garçon d’une bonne conduite et de mœurs réguliers, que par conséquent l’union projetée ne peut être mieux assortie entre les deux futurs […] ». Pour finir, chacun des dénommés consent au mariage et autorise le tuteur à y consentir également.

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Ils se marièrent et eurent, à ma connaissance, 4 enfants : l’aîné, Charles Pierre, mon ancêtre direct, puis François, né le 23 octobre 1818 et décédé deux mois après « des suites de convulsions », Henriette Eugénie, née le 3 mars 1821 et décédée le 26 juillet 1824, et enfin François, né le 1er mars 1824 et décédé le 28 mai 1826.

Charles Pierre, quant à lui, est décédé en 1825. Henriette a donc perdu trois enfants et un mari en l’espace de quelques années. Ce qui avait commencé, j’imagine, comme une belle histoire d’amour se termine bien tristement…

 

Mon grand-père AURIAU prisonnier pendant la Première Guerre mondiale

Il détestait quitter son village. Les quelques années adolescentes passées au lycée Descartes à Tours ont été une torture. Alors, avoir l’âge du service militaire en pleine guerre mondiale, ça a dû être un vrai calvaire. Il n’en a jamais parlé. J’ai découvert ce moment de sa vie bien après sa mort.

Robert Jules Marie AURIAU (Sosa 6) est donc mon grand-père maternel. Né en 1897 à Faye-la-Vineuse, boulanger et fils de boulanger.

J’ai eu beaucoup de mal à retrouver sa trace parmi tous les combattants, mais à force d’obstination et de déductions, j’ai fini par trouver son registre matricule. Je savais que Faye-la-Vineuse, en Indre-et-Loire, dépendait de Châtellerault, dans la Vienne. Ça ne facilitait pas les choses, surtout que le registre de Châtellerault mentionnait bien son nom, mais aucun matricule. Je vous épargne les heures passées à faire défiler des centaines de pages sans obtenir aucun résultat. Jusqu’au moment « eurêka » où j’ai un peu mieux compris dans quelle direction chercher. J’ai fini par trouver ce registre matricule sur le site des Archives départementales de l’Indre-et-Loire.

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J’ai donc appris qu’il avait été incorporé « à compter du 9 janvier 1916 » et qu’il était soldat de 2e classe. Ce qui m’intéressait aussi, c’était la confirmation qu’il avait bien été prisonnier. En fait, la rubrique « Détail des services et mutations diverses » précise : « Disparu le 15 juillet 1918 à Moronvilliers (Marne). Prisonnier interné en Allemagne » sans autre précision, si ce n’est qu’il a été rapatrié le 11 janvier 1919, « envoyé en congé illimité de démobilisation à Faye-la-Vineuse le 23 septembre 1919 par le 32e régiment d’infanterie » et qu’un certificat de bonne conduite lui a été accordé.

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Je ne possède pour le moment que ce registre matricule et une photo d’un groupe de prisonniers, certainement en Allemagne. Au dos de cette photo-carte postale, il explique que ses camarades et lui n’auront pas droit à une « permission agricole », mais qu’il pense bien à tout le monde.

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Mon grand-père est au 2e rang, le 2e à partir de la droite, bras croisés et pas franchement le sourire !

Je vais poursuivre mes recherches et elles seront probablement plus efficaces et rapides que jusqu’à maintenant grâce à ce petit guide que je n’ai fait que parcourir, mais qui me semble très bien fait. Il est téléchargeable sur le blog Auprès de nos Racines.

L’enquête continue !

 

Françoise, fille « naturelle », ou comment passer sa vie sans nom de famille !

J’ai rencontré Françoise en remontant la lignée des Lecomte. Ma grand-mère maternelle, Marie Lecomte, était la fille de Ludovic LECOMTE (Sosa 14) et d’Augustine Françoise LAMBERT (Sosa 15). Les parents de Ludovic étaient Louis LECOMTE (Sosa 28) et Françoise Augustine ARTAULT (Sosa 29) et ce sont les parents de cette dernière qui m’intéressent. Il s’agit de Charles Pierre ARTAULT (Sosa 58), né le 23 août 1816 à Orches, dit « cabaretier » ou « cultivateur et aubergiste » à Orches, et décédé, toujours à Orches, le 15 juillet 1869.

Le 14 mai 1847, il a épousé Françoise (Sosa 59). Il avait 31 ans, et Françoise en avait 39. Elle est dite « cuisinière » sur l’acte de mariage, qui ne mentionne que son prénom et pour cause : c’est une « fille naturelle », autrement dit une enfant trouvée.

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Mention en marge de l’acte de « naissance »

J’ai son acte de naissance, daté du 20 février 1808, à Châtellerault, dont voici la transcription :

Aujourd’hui vingt février mille huit cent huit à cinq heures du soir pardevant moi Jean Claude Dubois maire et officier public de l’état civil est comparu Antoine Perlant (?), pauvre habitué à l’hospice civil de cette ville, lequel m’a présenté un enfant de sexe féminin qui m’a paru naissant, vêtu d’une culotte d’indienne violette, un mouchoir de coton violet, une brassière de vieille (…) verte (…) lange pareil. Lequel enfant ledit Perlant nous a déclaré avoir été exposé à la porte extérieure dudit hospice ce jour à une heure après midi. En conséquence moi officier public ai nommé ledit enfant Françoise et l’ai fait remettre de suite à la directrice dudit hospice. De tout quoi a été rédigé le présent procès verbal que j’ai signé pour ledit comparant m’ayant déclaré ne le savoir de ce enquis.

J’avais essayé d’en savoir un peu plus il y a bien longtemps (1982 !) et le Centre hospitalier Camille-Guérin de Châtellerault m’avait gentiment répondu en me disant que sur le registre des enfants trouvés de cette époque, il était mentionné : « Françoise, Augustine, enfant femelle naissant trouvée d’après procès-verbal d’inscription sur le registre d’état civil de cette ville le 24 février 1808 par J.C. Dubois, maire, confiée à Madeleine POUSSAULT femme de Richard TISSERAUT de Châteauneuf. » Je n’avais pas pu chercher plus loin à l’époque, mais cette semaine, j’ai demandé aux Archives départementales de la Vienne si son dossier avait été conservé. J’attends la réponse…

Sur la plupart des actes d’état civil dont je dispose, elle est mentionnée uniquement par son prénom. Il n’y a que sur l’acte de décès de sa fille, Françoise Augustine Artault, le 21 août 1885, qu’il est mentionné qu’elle est la « fille de feu Artault Charles et de feue Laurent Françoise Augustine ». Ce patronyme est également mentionné dans l’acte de décès de son mari, le 15 juillet 1869, où il est indiqué qu’il est « époux de Françoise dite Augustine Laurent »… J’imagine que vivre sans nom de famille n’était pas toujours bien commode, mais il n’a, à mon avis, rien d’officiel, il semble n’être qu’un nom d’usage ou celui de sa dernière famille d’accueil. Je le saurai peut-être un jour, grâce aux Archives départementales de la Vienne. Ou pas.

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Mention en marge de l’acte de décès

Charles et Françoise ont eu, à ma connaissance, deux enfants : un fils, Charles Pierre, né le 24 mai 1848, et mon aïeule Françoise Augustine, née le 8 février 1850. Françoise avait 42 ans à la naissance de sa fille.

Voilà donc une lignée dont je sais qu’elle ne me mènera nulle part…

 

Onze générations pour la branche AURIAU

J’ai eu la bonne idée de faire un plongeon dans la caisse d’archives que j’avais conservée de mes recherches dans les années 1980-90. J’y ai redécouvert un trésor que je n’avais pas encore eu le temps d’exploiter : un document d’une vingtaine de pages consacré à la famille Auriau. Ce document a été réalisé par les époux Bertin qui ont fait des recherches approfondies aux archives et dans plusieurs mairies. Leur travail est très sérieux et ils m’ont offert quatre générations sur un plateau, je leur en suis infiniment reconnaissante. J’ai donc repris leurs trouvailles jusqu’à ce que nos branches se séparent et pour changer un peu, je vais commencer par la plus éloignée pour arriver à mon grand-père.

Tout commence (dans les registres) avec un couple inconnu, dont le mari est un AURIAU. Il sera mon Sosa 3072. Ce couple a eu au moins deux fils : Anthonin et Vincent.

C’est la lignée d’Anthonin qui m’intéresse. Avant 1626, Anthonin AURIAU (Sosa 1536) a épousé Jacquette BOUDET à Chouppes (Vienne). On sait que ce couple a eu au moins 3 enfants entre 1626 et 1630 : Clément, Jeanne et Jean, tous nés à Chouppes.

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L’église Saint-Saturnin, à Chouppes

Leur fils Jean AURIAU (Sosa 768), né le 20 juin 1630, a épousé Louise PRETREAU (PETREAU). Jean est maître boulanger (tiens donc !) à Mirebeau jusqu’en 1657, puis sergent, puis de nouveau maître boulanger.

Jean et Louise ont eu 7 enfants, tous nés à Mirebeau : René, Marie, Bertrand, les jumeaux Martin et Étienne, Gabriel puis Charles. Marie est décédée à l’âge de 18 ans et les jumeaux n’ont vécu qu’une journée…

Charles AURIAU (Sosa 384), le petit dernier, est né le 6 juin 1674 à Mirebeau. En janvier 1705, il épouse Martine PLOU, dans la chapelle du château de Monts-sur-Guesnes. Le document que j’ai retrouvé indique qu’ils sont domiciliés sur la paroisse de Saint-Vincent de l’Oratoire, qui a été intégrée à la commune de Monts-sur-Guesnes à la Révolution. Il est compagnon charron, le seul du village. Il décède le 18 juillet 1728.

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La chapelle du château de Monts-sur-Guesnes, où se sont mariés Charles Auriau et Martine Plou. Elle date du XVIIe siècle

Le couple a eu 5 enfants, tous nés à Monts-sur-Guesnes : Charles (décédé en bas âge), Antoinette (épouse d’un marchand de Berthegon), Mathurine (épouse d’un charron et elle-même sage-femme), Joseph et Charles (cordonnier).

Leur fils Joseph AURIAU (Sosa 192) est né le 24 octobre 1709. Il a épousé Marie-Noël ORILLARD le 2 mai 1739 et l’acte le dit « maître charron et sacristain ». Joseph est décédé le 29 septembre 1763 et Marie-Noël le 7 février 1776.

Ils ont eu 8 enfants : François, Rayne-Marguerite (joli, non ?), Anne (décédée à 12 ans), Marie (décédée à 33 ans), Joseph (décédé à 4 ans), Jean (décédé à 5 ans), Jeanne (décédée à 25 ans, deux mois après son mariage avec un boulanger de Dercé) et Joseph.

Ces générations que je viens de décrire grâce au document des époux Bertin, je ne les connaissais pas. Je n’étais « remontée » que jusqu’à Joseph AURIAU (Sosa 96), né le 12 avril 1754 à Monts-sur-Guesnes, et son épouse Louise BOURGOUIN dont l’acte de décès indique qu’elle est « née en Normandie », sans autre précision… Elle serait donc la première de mes ancêtres connus à ne pas être née dans la Vienne ou en Indre-et-Loire !

Joseph était maréchal à Monts-sur-Guesnes. Je ne connais pas la date ni le lieu de son mariage avec Louise. Joseph est décédé le 30 mai 1827, à l’âge de 63 ans, et Louise est décédée le 29 juillet 1840, à l’âge de 86 ans, chez son gendre Jean Billouin.

Joseph et Louise ont eu 12 enfants : René (décédé à 14 ans), Étienne (qui était aussi maréchal à Monts-sur-Guesnes), Louise Monique, Alexandre François (décédé à 4 ans), Henry (décédé à 4 mois), Charles (décédé à 6 ans), Marie (décédée à 6 mois), Étienne, Joseph, Marie (décédée à 1 an), Pierre Emmanuel et enfin Henry. Résumons : 2 fils prénommés Étienne, 2 autres prénommés Henry et deux filles prénommées Marie…

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Pierre Emmanuel AURIAU (Sosa 48) est né le 28 novembre 1798 (16 frimaire An VII). Il est un de mes rares ancêtres à avoir trouvé sa compagne « loin », c’est-à-dire ailleurs que dans son propre village ou dans le village voisin. Il a épousé Justine AUJARD le 9 avril 1823, et Justine était originaire de Saint-Genest d’Ambière, village situé à environ 20 km de Monts-sur-Guesnes, un exploit ! L’acte de mariage le dit « tysseran », un autre acte dit « journalier ». L’acte de naissance de Justine est introuvable, c’est même mentionné sur l’acte de mariage qui indique qu’elle est née le « premier dimanche de mai 1801 ». La date correspond au 13 floréal An IX et effectivement, il n’y a rien dans les registres de Saint-Genest d’Ambière.

Après épluchage du registre des naissances de Monts-sur-Guesnes, je trouve 8 enfants nés entre 1824 et 1844 : François, Paul, Moïse Alexandre, Sidonny (?), Justine Adélaïde, Emmanuel, Pauline ou Appoline, et enfin Arcenne (une fille). J’ai de gros doutes sur les compétences orthographiques de l’officier d’état civil… ou sur son acuité auditive !

Emmanuel AURIAU (Sosa 24), né le 14 novembre 1838, est à l’origine de la mini-dynastie de boulangers. Il a épousé une couturière de Faye-la-Vineuse, Séraphine BONNEAU, le 6 novembre 1865. Leur fils Jules (Sosa 12) a repris la boulangerie, puis ce fut au tour de mon grand-père Robert (Sosa 6), mais j’en ai déjà parlé ici et ici.

Prochaine mission : retrouver Louise Bourgouin quelque part en Normandie !

Récapitulatif :

recapauriau