Déblocage d’une branche !

Dans mon arbre, il y a des lacunes, des ancêtres dont je ne trouve pas les parents ou pour qui je n’ai qu’une date, souvent de mariage. Mais je suis têtue, donc je continue à chercher, à explorer des possibilités, à parcourir des registres et souvent, ça marche ! C’est ce qui s’est passé pour mon sosa 166, François SERREAU, dont je savais seulement qu’il avait épousé Marie Suzanne HERBAULT en 1776 à Chenevelles (86), couple auquel je ne connaissais qu’une fille, Radegonde Suzanne, née en 1777, mon sosa 83.

L’église de Chenevelles

L’acte de mariage de François et Marie Suzanne n’était guère bavard. François SERREAU (sosa 166) était le fils de François SERREAU (sosa 332). Pas de mention de la mère, ni d’un âge même approximatif du marié. Les informations que le curé CHAMPION de Chenevelles donnaient étaient bien maigres.

Des François SERREAU, on en trouve pas mal, mais sans connaître le nom de la mère, ce n’est guère utile. J’ai donc commencé à chercher les autres enfants du couple SERREAU-HERBAULT, me disant que peut-être une grand-mère serait marraine et me donnerait une piste.

J’ai découvert trois autres enfants, tous nés après Radegonde Suzanne. Il s’agit de Marie Anne née en 1779, de François Fulgent né en 1789 et de René Maurice né en 1792. Pour le moment, je ne sais que faire de cette période de dix ans entre les naissances de Marie Anne et de François Fulgent, ce sera peut-être l’objet d’une autre enquête.

Aucun des baptêmes ne m’apportait d’informations supplémentaires, il fallait trouver autre chose. J’ai donc pris les tables décennales de Chenevelles où était décédée Marie Suzanne HERBAULT, en croisant les doigts pour y découvrir le décès de François. Et j’ai bien fait ! Il est décédé le 20 octobre 1838, le décès est déclaré par son fils René Maurice, ce qui me conforte dans l’idée que c’est le bon François SERREAU et pas un homonyme. Et puis, cerise sur le gâteau, je vois non seulement qu’il est « âgé de quatre-vingt-deux ans », ce qui me donne une piste pour chercher sa naissance, mais aussi que ses parents sont nommés : il est « fils de feu François Serreau et de feu Catherine Guillet ». Autre précision : il est né à Targé, une paroisse voisine. Ah, voilà de quoi nourrir la recherche !

Je vais cette fois sur le site Hérage du Cercle généalogique poitevin, dont je suis adhérente, et qui apporte une aide précieuse. Je cherche sa naissance aux alentours de 1756, et c’est nettement plus facile avec le nom des deux parents. Mais là, ils sont deux François SERREAU. L’un est né le 4 mars 1752 et l’autre le 10 juillet 1755. Ce serait donc plutôt le second. Je vérifie sur Hérage et effectivement, un François SERREAU est décédé à l’âge de 7 mois, le 1er octobre 1752. « Mon » François SERREAU est donc né le 10 juillet 1755 à Targé.

Dans la foulée, je cherche le mariage des parents, François SERREAU et Andrée GUILLET (peut-être se faisait-elle appeler Catherine, mais tous les actes la nomment Andrée). Et je le trouve, toujours sur la base Hérage : ils se sont mariés le 24 mai 1751 à Prinçay (Availles-en-Châtellerault). L’acte précise que l’époux est de Targé et donne les noms de leurs parents respectifs.

François est le fils de Philippe SERREAU (1676-1751) et de feue Marie FOUREAU, mes nouveaux sosa 664 et 665, dont je n’ai pas réussi à trouver l’acte de mariage. En revanche, j’ai découvert que FOUREAU vient d’une lecture erronée (les registres sont souvent difficiles à déchiffrer et on pardonne volontiers celles et ceux qui ont le courage de faire des relevés) et que son vrai nom est SOURIAU. Donc, Marie SOURIAU (1683-1750). J’y reviens très vite.

Quant à Andrée GUILLET (ou GUILLÉ), j’entre le nom de ses parents, Jean GUILLET et Catherine FLEURIAU (sosa 666 et 667), dans mon logiciel et là, je m’aperçois qu’ils y sont déjà ! Jean est né en 1698 et il a une sœur, Perrine, née en 1702, qui est mon sosa 329 ! Leur père, René GUILLET, est donc mon sosa 658 et 1332. Vive les implexes !

Mais ce n’est pas tout ! Je continue à reconstituer les fratries de tout ce petit monde et à remonter les branches. Je reprends à partir de François SERREAU, sosa 332, dont j’apprends au détour d’un acte qu’il était « messin de beuffe », c’est sur son acte de décès, très mal écrit par les nouveaux responsables de l’état civil (1801, ce ne sont plus les curés qui tiennent les registres). Tout laisse penser qu’il était ce qui se rapprocherait d’un vétérinaire.

Le décès de François SERREAU, « messin de beuffe »

J’ai ses parents : Philippe SERREAU, sosa 664, et donc Marie SOURIAU, sosa 665. Ce dernier nom, souvent écrit SURIAU, me dit quelque chose, il est très courant dans le nord du Poitou et je suis presque sûre d’avoir d’autres SOURIAU dans ma généalogie. Serait-il possible que… ? Marie est en effet la fille d’Anthoine SOURIAU, sosa 1330, et de Marie CHAUVEAU, sosa 1331. Ce couple figure déjà dans ma généalogie. Anthoine est le frère de Louis SOURIAU, sosa 1820.

À l’origine, outre cette branche SERREAU que je n’arrivais pas à exploiter, j’avais trouvé un cousinage entre mes parents. La descendance d’Anthoine SOURIAU est dans ma branche paternelle et celle de Louis SOURIAU menait à ma branche maternelle. Mais en croisant certaines sources et en faisant des recherches complémentaires, je suis tombée sur une « épine généalogique » : dans la descendance de Louis, j’ai un couple Jean AMIRAULT-Marie JOUBERT, marié en 1741 à Saint-Martin-de-Quinlieu (ancienne paroisse rattachée ensuite à Saint-Gervais-les-Trois-Clochers). Et je me suis aperçue qu’un couple homonyme s’était marié au même endroit en 1742. Il faut donc que je reprenne tout, que je cherche des collatéraux, des fratries, des parrains et des marraines pour essayer de démêler cet imbroglio. Mon ancêtre Madeleine AMIRAULT a pour parents Jean AMIRAULT et Marie JOUBERT, mais lesquels ?

Je déteste les homonymes…

Une nouvelle enquête se profile, qui pourrait bien remettre en cause toute une branche de mon arbre…

Emmanuel Jules AURIAU et Marie BONNEAU

C’est ma branche maternelle. Emmanuel Jules AURIAU (sosa 24) et Marie BONNEAU (sosa 25), dite Séraphine.

Emmanuel Jules AURIAU est né à Monts-sur-Guesnes, dans la Vienne, le 14 novembre 1838. Il est le fils de Pierre Emmanuel AURIAU, tisserand, et de Justine AUJARD (ou AUGEARD), originaire de Saint-Genest-d’Ambière, village situé à une petite vingtaine de kilomètres.

Naissance d’Emmanuel AURIAU

Emmanuel est le sixième enfant d’une fratrie de huit. Sur les huit, sept sont parvenus à l’âge adulte. J’en parlerai dans un prochain article.

Grâce aux listes de tirage au sort pour le service militaire, j’apprends qu’Emmanuel mesurait 1,64 mètre et que son degré d’instruction était 0 (ne sait ni lire ni écrire).

J’ignorais comment il était devenu boulanger à Faye-la-Vineuse, mais en approfondissant mes recherches, j’ai vu qu’un de ses oncles, Paul AURIAU, y exerçait ce métier. On peut supposer sans trop de crainte que c’est lui qui l’a formé et lui a laissé ensuite la boulangerie. Cet oncle Paul avait un fils, également boulanger, mais d’abord employé à Tours puis installé à Vouvray.

Marie BONNEAU est née le 26 juillet 1840 à Faye-la-Vineuse. Elle est couturière au moment de son mariage. Elle est la fille de Barthélemy BONNEAU et de Marie BEAUVILLAIN, cultivateurs à Marnay, un hameau et ancienne paroisse de Faye-la-Vineuse. Le couple a également un fils qui, comme il se doit quand on s’appelle Bonneau et qu’on a un peu d’humour, s’appelle Jean… (mais est souvent appelé Barthélemy comme son père).

Naissance de Marie « Séraphine » BONNEAU

Emmanuel et Marie se sont mariés à Faye-la-Vineuse le 6 novembre 1865 et l’acte précise qu’un contrat de mariage a été passé devant maître Léonide Faucillon, notaire à Richelieu, contrat que je ne désespère pas de trouver.

Ils ont eu pour témoins :

Auguste FOURNIER, 69 ans, rentier, domicilié à Braye-sous-Faye, ami du futur

Lucien SAINTON, 51 ans, rentier, domicilié à Faye-la-Vineuse, ami du futur

Jean PILLAULT, serrurier, 47 ans, cousin de la future

Barthélemy BONNEAU, 28 ans, cultivateur, frère de la mariée, domicilié à Faye-la-Vineuse (c’est Jean)

Marie signe Séraphine Bonneau, son frère Jean Bonneau, ils ont de jolies écritures. Quant à Emmanuel, il ne sait pas signer.

Signature de Séraphine et de son frère Jean

En 1869, les parents de Marie/Séraphine ont conclu une « donation et partage » en faveur de leurs deux enfants. L’acte m’apprend que cette donation concerne des « biens immeubles d’un revenu de deux cents francs », j’y trouve le détail de leurs biens, quelques ares de terres un peu partout dans la commune. Le lot échu à Marie, outre les terres, comporte : « Un corps de bâtiments situé à Marnay et composé de : une chambre grenier dessus, boulangerie, hangar, grange, porte charretière, pressoir, petite écurie, cellier, grande écurie, autre chambre basse grenier dessus, cour sur laquelle ouvrent ces différents bâtiments, jardin au nord. » Ce n’est pas exactement un château !

Emmanuel et Marie auront 5 enfants, mais seul l’aîné, mon arrière-grand-père Jules (époux de la « formidable » Noémie JOUTEUX, voir ICI) survivra.

1/ Jules Paul Léon, né le 9 mars 1868, qui sera boulanger à Faye-la-Vineuse, sosa 12

2/ Daniel Séraphin, né le 2 septembre 1870, vivra 7 semaines.

3/ Aurélie Marie Pauline, née le 7 mars 1872, vivra 5 ans.

4/ Martial Barthélemy, né le 5 septembre 1876, vivra 12 ans.

5/ Fabien Roger Sylvain, né le 31 décembre 1880, vivra 13 ans.

Les actes d’état civil sont muets sur les causes de ces décès, bien sûr, mais qu’il s’agisse d’accidents ou de maladies, c’est une bien triste litanie et ça n’a pas dû être facile pour Jules de voir ses petits frères et sa sœur mourir les uns après les autres, sans parler des parents.

Emmanuel et Marie sont tous deux décédés à Faye-la-Vineuse, Marie le 14 septembre 1902, à 62 ans, et Emmanuel le 21 juin 1924, à 85 ans.

Décès de Marie « Séraphine » BONNEAU

Par curiosité, j’ai regardé les recensements pour savoir si Emmanuel était resté seul chez lui ou s’il avait emménagé chez son fils Jules, boulanger. En 1906, il vit seul. En 1911, il vit avec une domestique, Madeleine Chesneau, et en 1921, avec une autre, Marie Louise Lemoine. S’il a vécu chez son fils, c’est donc très peu de temps avant sa mort, mais ce n’est même pas sûr, l’acte de décès n’étant pas très bavard et indiquant seulement qu’il est décédé « au bourg ».

Décès d’Emmanuel Jules AURIAU

Dans un prochain article, je parlerai de la fratrie d’Emmanuel Jules, il y a de quoi faire !

Jeanne CADET, sosa 2021

J’ai évoqué l’an dernier mon sosa 2020, Anthoine BRUNETEAU, le moment est venu de parler de son épouse Jeanne CADET, sosa 2021.

Je rappelle que cette participation à un « challenge » sur Twitter est une bonne occasion d’approfondir et de compléter mes données, même si l’époque est assez éloignée et que peu d’informations sont disponibles.

Jeanne CADET est née le 6 janvier 1651 à Thuré (86), de Claude CADET et Denise RAGUIT. Claude et Denise sont mariés depuis à peine un an, on peut donc supposer que Jeanne est leur premier enfant. Elle porte le prénom de sa grand-mère paternelle, Jehanne FORESTIER ou de sa marraine, Jeanne RAGUIT. Denise a 26 ans à la naissance de Jeanne.

Baptême de Jeanne CADET

D’après mes recherches, Claude et Denise ont eu 8 enfants. Sur la même page du registre paroissial de Thuré, j’ai trouvé deux décès, de deux Marie, l’une le 5 novembre 1660 et l’autre le 27 novembre 1660. Excepté la mention qu’elles étaient « fille[s] à Claude Cadet », je n’ai rien, même pas un âge approximatif qui m’aiderait à trouver une naissance et j’ai eu beau feuilleter les registres des baptêmes sur une longue période, je n’ai pas trouvé confirmation de leur certainement courte existence…

Claude et Denise ont aussi eu deux fils prénommés Pierre, l’un né en octobre 1657 et l’autre en octobre 1658, sans traces ultérieures… Pour eux, j’ai les dates de naissance, mais je n’ai trouvé aucun décès, aucun mariage.

En revanche, j’ai trouvé quelques bribes sur d’autres membres de la fratrie. J’ai donc appris que sa sœur Madeleine CADET avait épousé François MÉNARD en 1685 à Saint-Martin-de-Quinlieu (paroisse disparue dont il ne reste qu’un nom de rue). Qu’une autre sœur, Charlotte, avait épousé à 18 ans, Vincent MARIAU, en 1673, également à Saint-Martin-de-Quinlieu. Je leur ai trouvé cinq enfants.

Le dernier de la fratrie était un garçon, Hilaire, qui n’aura vécu que sept ans (1653-1661).

L’église « à porche » de Thuré

Jeanne, quant à elle, a donc épousé Anthoine BRUNETEAU (sosa 2020) le 7 février 1673 à Saint-Martin-de-Quinlieu. Il est fils de cordonnier et exerce probablement le même métier.

Quand j’ai rédigé l’article sur Anthoine, j’ai indiqué que Jeanne et lui avaient eu « au moins 5 enfants », mais après avoir repris tous les actes et avoir ré-épluché les registres, je n’en ai conservé que quatre. L’aîné, c’est Jean, né le 6 août 1674 à Saint-Gervais-les-Trois-Clochers, qui n’a pas laissé de trace, ni décès ni mariage. Ensuite, c’est Radegonde, née le 15 décembre 1675 et je l’ai « fusionnée » avec la petite fille sans prénom qui est décédée le 26 août 1676 à « environ neuf mois », ce qui correspond. Le troisième enfant est Anthoine, vraisemblablement né en 1676, mais il manque des pages dans les registres… C’est mon sosa 1010, le maître cordonnier aux trois épouses. Le dernier enfant s’appelle François, il est né le 20 octobre 1681, également à Saint-Gervais. Pour lui, je n’avais trouvé que la mention du décès d’une Marguerite Gatepy, « femme de François Bruneteau ». Aucun Gatepy (et variantes Gastepi, Gaspi et autres) dans les bases de données que j’ai l’habitude de consulter pour la Vienne. J’ai donc lancé une recherche sur Filae en n’indiquant ni prénom, ni dates, ni lieu, et j’ai atterri à quelques kilomètres de Saint-Gervais, mais de l’autre côté de la « frontière » donc dans les registres de la Touraine. Marguerite est donc vraisemblablement originaire de Faye-la-Vineuse où on trouve plusieurs Gatepy. Je n’ai pas trouvé trace de son mariage avec François, mais une fille est née en 1723 à Faye-la-Vineuse et un fils, François, s’y est marié en 1755. Bruneteau est devenu Brenneteau, ce qui ne facilite pas les recherches.

Jeanne CADET est décédée le 25 avril 1695 à Saint-Gervais-les-Trois-Clochers, elle avait 44 ans.

Rendez-vous l’année prochaine pour parler de mon sosa 2022, François BISART (vous avez dit Bisart ?) dont je ne sais absolument rien !

Les Jouteux, entre Touraine et Poitou

J’ai eu la chance de pouvoir remonter cette branche jusqu’au XVIIe siècle ; au-delà, point de registres pour les humbles… Cette lignée a son point de départ dans le Poitou, très près de la Touraine, ce qui explique les allers-retours. Lignée peu banale, dans laquelle je trouve trois décès accidentels, un implexe et un remariage qui m’a coûté quelques cheveux.

EgliseStRemySurCreuse

Église de Saint-Rémy-sur-Creuse (© Jean-Pierre FERNANDEZ (www.clochers.org)

Le premier couple dont j’ai connaissance : Antoine JOUTEUX (sosa 6656) et Anne JOUBERT (sosa 6657).

D’eux, je sais seulement qu’Anne est décédée avant 1642 et Antoine le 22 juin 1656 à Saint-Rémy-sur-Creuse dans la Vienne. En réalité, il a été inhumé à Saint-Rémy, mais l’acte dit qu’il s’est « tué à tomber de dessus le pont de La Haye » (La Haye-Descartes, ancien nom de la ville de Descartes). L’acte ne dit pas quel âge il avait. D’ailleurs, l’acte ne précise pas grand-chose et ce pourrait être celui de son fils Antoine. Donc, sous réserve.

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Acte de décès d’Antoine JOUTEUX

Je leur connais 7 enfants, tous nés à Saint-Rémy : Pierre, le 13 novembre 1608, qui est le sosa 3328, j’y reviens plus loin. Ensuite : Marie, née le 8 février 1611, qui épousera un DUMOINE, très vraisemblablement un frère ou un cousin de l’épouse de Pierre ; Antoine, né le 5 octobre 1614 ; Nicolas, né le 6 décembre 1617, il épousera Andrée MATHOIS et je leur connais 4 enfants ; Thomasse, née le 24 février 1621. (On ne rigolait pas avec la féminisation des prénoms !) Elle épousera Claude GIRON ; Anthoinette, née le 26 février 1626 ; Gatian (probablement Gatienne, mais je respecte l’orthographe de monsieur le curé), née le 15 janvier 1633. Elle épousera Jehan THOMAS le Jeune.

Les écarts entre les dates de naissance me laissent penser qu’il a pu y avoir d’autres enfants, mais je ne les ai pas trouvés.

Pierre JOUTEUX (sosa 3328) est né le 13 novembre 1608, il n’aura pas vécu très longtemps puisqu’il est décédé le 31 janvier 1650, à l’âge de 41 ans, à Saint-Rémy. Il a épousé Élisabeth DUMOINE (sosa 3329) le 22 février 1637, toujours à Saint-Rémy. Je n’ai pas trouvé l’acte de baptême d’Élisabeth, ni mention du nom DUMOINE à Saint-Rémy à cette période. Élisabeth est décédée le 14 mars 1644, vraisemblablement assez jeune aussi. Je ne leur connais que 2 enfants : Louis, né le 20 février 1639, à Saint-Rémy, (sosa 1664) et Marie, née le 13 janvier 1642, toujours à Saint-Rémy.

Louis JOUTEUX (sosa 1664) va se marier deux fois. La première, à une date inconnue, avec Renée MÉNARD (sosa 1665), fille de Jacques et de Renée MARCHAND. Le couple aura 5 enfants : Pierre, né le 13 mai 1675, qui épousera Jeanne Françoise BOUZIER le 27 février 1696 à Buxeuil, petite paroisse voisine de Saint-Rémy ; Marie, qui épousera Louis MÉREAU le 6 juin 1692, aussi à Buxeuil ; Alexandre (sosa 832), j’y reviens ; Nicolas, qui ne vivra que 13 mois et Louys, né en 1682, et dont je n’ai pas su trouver trace ensuite.

Renée MÉNARD est décédée en 1697 à Buxeuil, et Louis s’est remarié en mai 1701 avec Thérèse BOUZIER, une veuve mère de 6 enfants, dont il a eu une fille également prénommée Thérèse, en décembre 1701. Louis avait alors 62 ans et Thérèse 46. Je ne sais pas si Thérèse BOUZIER était liée à l’épouse de son beau-fils, mais c’est très possible.

Thérèse était originaire de La Haye-Descartes, en Touraine, et c’est là que va décéder Louis, le 8 septembre 1717, à l’âge de 79 ans. La Haye-Descartes, aujourd’hui Descartes, est à quelques encâblures de Buxeuil au nord et de Saint-Rémy-sur-Creuse au sud.

Buxeuil-Descartes-StRemy

Un mouchoir de poche

Alexandre JOUTEUX (sosa 882) est né le 27 avril 1668 à Saint-Rémy. Il va s’éloigner un peu plus du Poitou pour s’installer à une quinzaine de kilomètres au sud-est de Saint-Rémy, c’est-à-dire au Grand-Pressigny. Le 11 octobre 1694, il y épouse Louise RAGUIN. De ce mariage naîtront, sous réserve, 7 enfants : Anne, Louis, Louise Jeanne, Louis, Louis Alexandre et Alexandre. Je n’ai pas trouvé tous les actes de baptême, donc je ne m’avance pas. Je n’ai pas trouvé non plus l’acte de décès de Louise. Il y a bien une Louise RAGUIN qui décède quelques jours après la naissance d’Alexandre, le dernier fils, mais le nom de l’époux et l’âge ne correspondent pas.

Toujours est-il que Louise RAGUIN décède et qu’Alexandre JOUTEUX se remarie le 15 janvier 1716, au Grand-Pressigny, avec Renée TURAULT (sosa 833), fille de Claude et… Louise RAGUIN (encore un mystère à éclaircir, les homonymies sont nombreuses). La différence d’âge est importante puisque Renée est née l’année du premier mariage d’Alexandre, en 1694. Il a 47 ans, elle en a 21. Elle va lui donner 7 enfants : Louis, né le 7 août 1717, décédé le 18 ; Anne, née le 13 août 1718 ; Louis, né le 30 août 1719 ; Claude, né le 7 mai 1722, c’est le sosa 416 ; Alexandre, né le 24 juillet 1723 ; Louise, née le 14 août 1728 et Louis Pierre, né le 26 août 1729. Les mois d’été étaient bien chargés en anniversaires, mais je ne suis pas sûre qu’on les fêtait autant que maintenant…

J’imagine Alexandre, qui est dit laboureur et marchand, comme une personne très sociable. J’ai souvent vu son nom parmi les témoins de mariages, et il a été plusieurs fois parrain, pas forcément dans sa famille. D’ailleurs, contrairement à de très nombreux actes de baptême dans lesquels le parrain et la marraine sont du même milieu social, souvent des membres de la famille ou des voisins proches, Alexandre a eu pour parrain « très noble et très digne personne messire Louis François Daviau de Saint-Rémy de Pyaullan » et pour marraine « damoiselle Marie Anne Daviau de Pyaullan, sa sœur » ! Intriguée, j’ai fait quelques recherches. En réalité, il s’agit de la famille d’Aviau de Piolant, qui possédait le château de la Chaise à Saint-Rémy. Voir ici pour plus de détails sur cette famille : https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_d%27Aviau

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Baptême d’Alexandre JOUTEUX avec ses illustres parrain et marraine – 1668 – Saint-Rémy-sur-Creuse

Claude JOUTEUX (sosa 416) est né en 1722, il épouse Marie GALAND (sosa 417), fille de Pierre et Marie PROUTEAU, née la même année que lui, le 26 novembre 1748 au Grand-Pressigny. Il était laboureur. Je sais qu’ils ont eu 6 enfants et que Marie est décédée en 1772, à 49 ans. Elle était encore assez jeune, mais son acte de décès ne mentionne aucune cause accidentelle, on peut donc tout imaginer. Quant à Claude, il est décédé un an plus tard, en décembre 1773. Son corps a été trouvé dans l’Aigronne, un affluent de la Claise, rivière dans laquelle elle se jette au Grand-Pressigny.

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Acte de décès de Claude JOUTEUX

Claude et Marie ont donc eu 6 enfants, enfin 6 garçons : Laurent, né en 1751 ; Claude, né en 1755 ; Louis Alexandre, né en 1757 ; Louis, né en 1760 ; Pierre, né en 1762 et enfin Jean, né en 1768, sosa 208. Heureusement qu’ils ont désespérément essayé d’avoir une fille, sinon je ne serais pas là !

Jean JOUTEUX (sosa 208) est dit propriétaire-cultivateur, ce qui est une progression par rapport à son père laboureur. Il est décédé le 7 décembre 1821 à Neuilly-le-Brignon, où il avait épousé Jeanne LÉGER (sosa 209) le 3 mars 1794. Elle était la fille de Louis LÉGER et Jeanne BERTHAULT, du Grand-Pressigny également, où ces deux patronymes sont légion. Le couple a dû s’installer à Neuilly-le-Brignon, à quelques kilomètres, juste après son mariage puisque leurs 5 enfants y sont nés.

Jean est décédé jeune, à 53 ans, son acte de décès dit qu’il a été « trouvé mort au lieu de la Brosse commune de Neuilly hier au soir environ quatre heures du soir ». Jeanne lui a survécu jusqu’en 1850. Elle est décédée à Boussay, vraisemblablement chez son fils Louis qui y était cultivateur. La Table de succession et absences indique, à la rubrique « Biens déclarés – valeur du mobilier, argent, rente et créances » une somme de 107 francs. La monnaie en cours à l’époque était le franc dit « germinal ». J’ai trouvé un site qui indique qu’un franc de 1850 équivalait à 3,27 euros actuels. J’en déduis donc que Jeanne avait des biens d’une valeur de 350 euros. Je ne sais pas si c’était beaucoup ou pas pour l’époque. Je vous laisse chercher…

Les enfants de Jean JOUTEUX et Jeanne LÉGER : Jean, né en 1797, notre sosa 104 ; Louis, né en 1800, cultivateur, celui chez qui Jeanne est certainement décédée à Boussay. Il épousera Anne DOUCET ; Jeanne, née en 1802 ; Françoise, née en 1809, qui épousera Jean LAMIRAULT et Jean-Baptiste, né en 1813, qui épousera Jeanne DEMAY et aura 8 enfants.

En réalité, Jean JOUTEUX est sosa 104 et sosa 108 et c’est là que les affaires commencent à se corser. Il est né le 18 mai 1797 (ou 29 Floréal An 5) à Neuilly-le-Brignon. Il s’y marie le 24 avril 1817 avec Anne BIARD (sosa 105 et 109). Anne est née le 28 février 1791 à Balesmes (qui sera réuni à La Haye-Descartes pour devenir Descartes). Elle avait 6 ans de plus que son mari. Elle est la fille de Pierre et Louise FORGET.

L’officier d’état civil de Neuilly-le-Brignon devait avoir de sacrés problèmes d’ouïe, de vue ou d’autre chose : il a écrit « Barice » dans l’acte de mariage, puis a rectifié en marge en « Bairce ». Il a aussi transformé Balesmes en « Blame »… Il est donc normal qu’à un moment, il fasse de Jouteux un joli « Joustreaux »… Ce qui explique que des généalogistes qui ne connaissent pas la région la fassent naître à Ballan-Miré, à côté de Tours, alors qu’elle n’y a probablement jamais mis les pieds…

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Mariage de Jean JOUTEUX et Anne BIARD – 1817

Le couple aura, à ma connaissance, 5 enfants, tous nés à Neuilly-le-Brignon : Marie Anne Louise Élisabeth, née en 1818 et qui ne vivra que 5 ans ; Rose, née en 1821, qui épousera Claude JOURDANNE ; Jean Jouanne, né en 1823, sosa 52 ; Jean Baptiste Médéric, né en 1829, sosa 54, et François Eugène, né en 1832. Anne BIARD est décédée le 12 avril 1845, deux jours après son dernier fils qui avait alors 13 ans. Était-ce une maladie ? Un accident ?

Aïe, des sosa doubles… Eh oui, ça s’appelle un implexe en généalogie, et Wikipédia vous l’expliquera très bien. Il existe plusieurs cas de figure. Ici, il s’agit de cousins germains.

Jean Jouanne JOUTEUX (sosa 52) était régisseur à son mariage avec Marie Virginie Joséphine GAULTIER (sosa 53) en 1846 à Ferrière-Larçon. Je leur connais deux enfants : Louis Frédéric (sosa 26) et Mathilde, tous deux nés à Ligueil.

Quelques années après, en 1852, Jean Baptiste Médéric JOUTEUX (sosa 54) épouse Catherine ARNAULT (sosa 55), fille de Mandé et Catherine BERTHAULT, à Cussay. Je ne leur connais également que deux enfants : René Louis et Rose Catherine (sosa 27), tous deux nés à Yzeures-sur-Creuse.

Louis Frédéric JOUTEUX (sosa 26) et Rose Catherine JOUTEUX (sosa 27) étaient donc cousins germains. Tous les parents étaient présents et consentants, les tourtereaux étant « mineurs quant au mariage ». En effet, Louis Frédéric avait 23 ans et Rose 17. Ils auront deux enfants également, tous les deux nés à Sérigny (86) : Marie Louise Noémie (sosa 13), ma redoutable arrière-grand-mère, et Louis Abraham Marie Didier qui grimpera nettement sur l’échelle sociale. Il sera fonctionnaire, épousera une fille de bourgeois à Roubaix (rien que le prénom : Matilde Mélanie Marie Ernestine Orasie…) et aura 4 enfants. Trois filles dont certaines feront l’objet d’articles de journaux pour leurs prouesses en équitation ou au tennis, et un garçon qui sera… moine trappiste ! (je le cherche) Les étourderies légendaires du « tonton Abraham », souvent aux dépens de son épouse, nous ont fait rire plus d’un dimanche ! C’est d’ailleurs Abraham qui, au décès de son père Louis Frédéric en 1931 à Faye-la-Vineuse, a fait paraître un avis de décès dans L’Ouest Éclair de Rennes !

OuestEclair-Rennes-1931

Avis de décès – Ouest Éclair – 1931

Louis Frédéric, après une vie de cultivateur à Sérigny, est décédé le 10 mai 1931 à Faye-la-Vineuse, il avait 81 ans. Quant à Rose Catherine, elle est décédée jeune (63 ans) le 14 août 1919, aussi à Faye-la-Vineuse. Leur fille, Marie Louise Noémie doublement JOUTEUX, était née à Sérigny le 29 septembre 1874. Elle a épousé Jules AURIAU (sosa 12), qui était boulanger à Faye-la-Vineuse. J’ai toujours entendu parler de la « grand-mère Noémie » comme d’une « maîtresse femme », « pas commode », qui impressionnait ses petits-enfants. Elle est décédée en 1950.

Cette branche JOUTEUX s’arrête ici. Les enfants de Noémie sont des AURIAU et ceux d’Abraham des filles et un moine ! Mais il reste bien des JOUTEUX en Touraine, dans le Poitou et ailleurs.

Le supplément « complication »

Virginie GAULTIER (sosa 53) était la fille de Sébastien GAULTIER (sosa 106) et de Marguerite ARNAULT (sosa 107). Le couple a eu 3 filles, Virginie est la dernière, elle avait un an à la mort de son père en 1828. En 1846, donc, au mariage de Jean Jouanne et de Virginie, leurs parents veufs se rencontrent. Et en 1848, Jean JOUTEUX (sosa 104) épouse Marguerite ARNAULT (sosa 107). Honnêtement, il m’a fallu un peu de temps et pas mal de gribouillages sur papier pour arriver à me représenter la situation. Marguerite est décédée à Abilly en 1856 et Jean à La Haye-Descartes le 12 avril 1890, à l’âge de 92 ans.

Le supplément « origine du nom »

Une des premières questions que je me suis posée à propos de cette famille, c’est celle de l’origine du nom Jouteux. Généanet ne m’aide pas beaucoup : « Relativement rare, ce nom semble originaire de l’Indre-et-Loire ou du Maine-et-Loire. C’est sans doute une variante de Jouteur. » Le CNTRL m’aide un peu plus et la rubrique étymologique confirme qu’un jouteur est le combattant d’une joute. Filae me donne une autre piste, plus agricole : « Jouteux » est un nom de famille assez rare, dérivé de joute, variante de jote chou, bette, surnom du producteur. Littré l’écrit « jotte », qui désigne « un des noms vulgaires de la bette dans plusieurs provinces ». Ah, ça me semble un peu plus vraisemblable !

Merci d’avoir lu jusqu’au bout, c’était un long article. Et je ne vous dis pas combien de temps j’ai mis pour l’écrire…

 

Anthoine BRUNETEAU, sosa 2020

Eh oui, c’est encore un « challenge » sur Twitter qui est à l’origine de cet article ! L’année 2020 est là, une bonne occasion pour partir à la découverte du sosa correspondant.

Anthoine BRUNETEAU est le fils de Jean BRUNETEAU (sosa 4040), cordonnier, et de Claude DELESTANG (sosa 4041). À ma connaissance, il est le troisième enfant d’une fratrie de 4. L’aîné, Nicolas, est né en 1645, suivi de Marie née en 1646, d’Anthoine donc, né le 12 avril 1648. La dernière est Renée, née en 1660. L’écart est important entre les deux dernières naissances, je n’exclus pas d’autres frères et sœurs, mais ne les ai pas trouvés.

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Baptême d’Anthoine BRUNETEAU, 12 avril 1648, Saint-Gervais

Ces enfants sont tous nés à Saint-Gervais-les-Trois-Clochers.

Le 7 février 1673, à 24 ans, Anthoine BRUNETEAU épouse Jeanne CADET (sosa 2021), 22 ans, en l’église de Saint-Martin-de-Quinlieu, une paroisse limitrophe de Saint-Gervais dont il ne reste qu’une rue portant ce nom. La paroisse, devenue commune après la Révolution, a été rattachée à Saint-Gervais en 1818, tout comme celle d’Avrigny. Il semble que ces trois paroisses réunies aient donné le nom de « Trois-Clochers » à Saint-Gervais.

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Mariage d’Anthoine BRUNETEAU et Jeanne CADET le 7 février 1673 en l’église de Saint-Martin-de-Quinlieu. Notez que Jean BRUNETEAU, le père, cordonnier, sait signer!

Le couple aura au moins 5 enfants : Jean, né en 1674, une petite fille sans prénom dont je sais seulement qu’elle est décédée en 1676, Radegonde, née en 1675, un Anthoine né en 1676 (sosa 1010) et François, né en 1681.

Je n’ai pas trouvé pour Anthoine-2020, mais sont père Jean était cordonnier et son fils Anthoine-1010 est qualifié de « maître cordonnier », je peux donc imaginer que le métier s’est transmis de père en fils et ce, jusqu’à la génération suivante.

En effet, Antoine-1010, maître cordonnier, a eu 4 enfants de sa première épouse, Marguerite BISART (sosa 1011) dont un René Antoine qui sera aussi cordonnier.

Le seul élément qui me manque pour Anthoine BRUNETEAU, c’est sa date de décès. Introuvable, et vraisemblablement recouverte d’une grosse tache d’encre sur un registre…

Rendez-vous l’année prochaine pour parler de Jeanne CADET ?

En attendant, tous mes vœux de bonheur !

Les frères Artault

Au détour des registres, on fait des découvertes parfois amusantes, anecdotiques, comme celle des jumelles qui ne sont pas nées la même année (ici) ou plus dramatiques comme celle faite récemment dans les registres d’Orches, au nord de la Vienne, que j’épluche pour « sourcer » les actes concernant la famille Artault.

Un couple composé de Charles Pierre ARTAULT (sosa 232) et de Marie Jeanne JUMEAUX (sosa 233) a eu deux fils : Charles Pierre et Vincent Marc, tous deux sabotiers comme leur père. Je ne leur connais pas d’autres enfants.

J’ai déjà évoqué le mariage de l’aîné, Charles Pierre (sosa 116) avec Henriette Fleurence HENNEBAULT (ou Andebault), avec réunion du conseil de famille puisqu’ils étaient mineurs et qu’Henriette était orpheline, c’est ici. Je savais aussi que Charles Pierre était mort jeune, à 29 ans, et qu’Henriette s’était ensuite remariée et avait eu d’autres enfants.

Je viens de découvrir que son frère, Vincent Marc, était mort encore plus jeune, à 24 ans. Ils sont sur la même page du registre…

Vincent Marc avait épousé une jeune fille d’Orches, Louise Duvivier, et avait deux fils.

Cette fin d’hiver 1825 a dû être terrible puisque les deux frères décèdent à quelques jours d’intervalle. Les registres ne mentionnent pas toujours la cause du décès, mais là, j’ai eu de la chance, si on peut dire.

Vincent Marc est mort le 8  mars 1825, d’une « fausse pleurésie », son fils Vincent François avait 2 ans (il décèdera deux ans plus tard), et Jean, le petit dernier, avait 4 mois. Je n’ai pas poussé les recherches, mais j’espère que Louise Duvivier a pu se remarier et élever son fils survivant.

Quant à Charles Pierre, il est mort le 22 mars 1825, d’une « fluxion de poitrine ». Sur ses 4 enfants, un seul atteindra l’âge adulte, c’est Charles Pierre (sosa 58), il avait 9 ans à la mort de son père.

J’ai cherché à savoir si les parents de ces deux jeunes hommes étaient vivants au moment de tous ces décès, j’espérais que non, qu’ils n’avaient pas eu à affronter la mort de leurs deux seuls fils et de quatre petits-enfants. Le père, Charles Pierre, est mort en 1824, donc avant ses fils. En revanche, Marie Jeanne est décédée en 1838, et je veux croire qu’elle a été une aide précieuse pour ses brus.

Ce n’est évidemment pas une situation exceptionnelle, les conditions de vie de ce petit peuple des campagnes étaient difficiles, l’hygiène et la médecine n’avaient rien à voir avec ce qu’on connaît aujourd’hui, etc., mais franchement, une telle succession de décès, en l’espace de quelques années, c’est vraiment triste.

Artault

 

 

 

Alexandre Noël JOUTEUX, mort pour la France en 1916

À l’occasion des commémorations et hommages rendus aux combattants de la Première Guerre mondiale, originaires du village de Faye-la-Vineuse (37), j’ai découvert qu’un des « morts pour la France » s’appelait Alexandre Noël JOUTEUX. Je n’avais jamais entendu parler de lui avant, mais la mère de mon grand-père s’appelait aussi JOUTEUX et était née à Sérigny (86), à moins de 10 kilomètres, mais dans le département voisin. Pour moi, il était donc forcément de la famille. Restait à le démontrer !

Alexandre Noël JOUTEUX est né le 25 décembre 1881 à Sérigny, de Jean Baptiste JOUTEUX, 38 ans, jardinier à Launay (un lieu-dit de Sérigny où se trouve un beau château), et de Marie Eugénie VENAULT, sa légitime épouse, âgée de 29 ans, sans profession. Le couple a eu deux autres enfants : Jean Baptiste, né en 1877, et Marie Eugénie Noémie, née en 1890.

ActeNaissance

Acte de naissance d’Alexandre Noël JOUTEUX, du 25 décembre 1881

Les parents d’Alexandre se sont mariés le 25 avril 1876 à Abilly (37), mais l’acte de mariage m’apprend que Jean Baptiste est né à Balesmes (37), de Jean Baptiste JOUTEUX et Jeanne DEMAY. C’est là que je le « raccroche » à mes JOUTEUX. En effet, Jean Baptiste senior est le frère de mon sosa 104, Jean JOUTEUX, un « cultivateur/homme d’affaires ».

Au moment du mariage, Marie Eugénie, originaire d’Yzeures (sur Creuse), était domestique. Quant à Jean Baptiste, avant d’être jardinier à Launay, il était cultivateur.

Appartenant à la classe 1901, Alexandre Noël doit faire son service militaire, d’une durée de 3 ans à l’époque. Si j’ai bien compris les mentions qui figurent sur sa fiche matricule, il a fait ce service militaire en Algérie (la « campagne d’Algérie ») de novembre 1902 à octobre 1905. Il a été fait caporal, puis sergent et a obtenu un « certificat de bonne conduite ». Sa fiche matricule donne également une description physique. Je sais donc qu’il mesurait 1,65 mètre, qu’il avait les cheveux châtains, les yeux bleus, le menton rond et le visage ovale. Son degré d’instruction est également mentionné, il correspond au niveau 3, c’est-à-dire qu’il sait lire, écrire et compter. Cette période du service militaire a été effectuée dans les sections d’infirmiers. Il est passé dans la réserve de l’armée active le 1er novembre 1905.

JOUTEUX-Algérie

Extrait de la fiche matricule

Il peut donc rentrer à Faye-la-Vineuse où il épouse, le 20 octobre 1906, Marthe Marie Clotilde GOUIN qui était veuve et de dix ans plus âgée que lui, et reprendre son métier de menuisier. Un des témoins du mariage est Louis Frédéric JOUTEUX, le père de Noémie JOUTEUX, ma terrible arrière-grand-mère. A priori, le couple n’a pas eu d’enfants.

ParenteNoemie-AlexandreJOUTEUX

Visiblement, les familles sont restées proches au fil des générations.

Il a accompli des périodes d’exercices en 1909 et 1911, puis a été « rappelé à l’activité » le 1er août 1914. Dès le 4 août, il retrouve les sections d’infirmiers. Le détail de son parcours pendant cette guerre est difficile à reconstituer, les changements de section sont nombreux et je m’y suis un peu perdue.

Toujours est-il qu’il meurt le 19 juillet 1916, à l’hôpital auxiliaire n° 11 de Maisons Laffitte, (âmes sensibles, ne lisez pas la fin de ce paragraphe) d’un « phlegmon infectieux au plancher de la bouche ». J’ai lu « phlegmon gangreneux » dans un autre document, je ne veux pas de détail, je me dis seulement que c’est à classer dans les morts atroces, une parmi des millions d’autres de cette sale guerre.

Son nom figure, malheureusement avec une faute, sur le monument aux morts de Faye-la-Vineuse ainsi que sur une plaque apposée dans l’église de Sérigny.

Sources :

Fiche matricule d’Alexandre Noël JOUTEUX : http://archivesnumerisees.cg86.fr/v2/ark:/28387/2adfde17c0875eaa6baef3fe0756572e/

Sa fiche sur le site Memorial-GenWeb : http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/complementter.php?id=1784023

Le château de Launay, à Sérigny, où il a probablement passé son enfance (c’est moi qui le dis, sans aucune preuve, mais le château me plaît bien) : http://www.chateau-fort-manoir-chateau.eu/chateaux-vienne-chateau-serigny-chateau-de-launay.html

Le site d’Élise Lenoble, d’une aide appréciable. J’en profite pour la remercier : https://www.aupresdenosracines.com/2016/11/retrouver-un-infirmier-militaire-ou-un-soldat-blesse-pendant-la-grande-guerre.html

 

Exposition sur la Grande Guerre à Faye-la-Vineuse

Aujourd’hui, je relaie la demande de l’Association des Amis de la Collégiale (il s’agit de la collégiale Saint-Georges de Faye-la-Vineuse, si vous ne la connaissez pas encore, inscrivez cette visite sur votre agenda !).

Collégiale_Saint-Georges.jpg

Par Brit.horemans — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=35582232

Cette association a besoin de votre aide. Elle va commémorer le centenaire de la Grande Guerre par une exposition dont une partie importante sera consacrée aux histoires de soldats.

Vous pouvez en consulter quelques exemples à l’entrée de la Collégiale.

Si votre famille a un lien avec Faye-la-Vineuse et si vous possédez des documents, cartes, photos… concernant vos aïeuls ayant participé à cette guerre, si vous souhaitez relater une histoire ou un témoignage, même très bref, comme « Mon grand-père n’a jamais voulu en parler… », vous pouvez les transmettre aux membres du bureau de l’association ou au secrétariat de mairie de Faye-la-Vineuse dès à présent et jusqu’au 30 avril 2018.

Chaque document sera photocopié afin de vous rendre les originaux immédiatement.

Merci à l’avance de votre participation pour cette exposition, qui a pour but de mettre à l’honneur ces soldats, vos ancêtres, qui ont participé à cette terrible guerre.

Pour contacter l’association, écrivez à cette adresse : amisdelacollegiale@gmail.com

J’ajoute que lors de cette exposition, vous pourrez consulter des documents concernant mon grand-père, Robert Auriau, qui a fait cette guerre à son corps défendant et a été prisonnier en Allemagne.

Merci par avance de vos contributions. Je vous donnerai les dates dès que je les connaîtrai.

Henriette, la suite…

J’avais parlé ICI du mariage d’Henriette Fleurence ENNEBAULT avec Charles Pierre ARTAULT. Henriette était orpheline et mineure, il avait donc fallu réunir un conseil de famille pour l’autoriser à se marier. Les deux tourtereaux avaient eu 4 enfants. Pourtant, cette histoire se terminait sur une note plutôt triste puisqu’en l’espace de quelques années, Henriette avait perdu deux enfants en bas âge, puis son mari et enfin un troisième enfant. Elle restait seule avec son fils Charles, alors âgé de 9 ans et je ne m’étais pas vraiment préoccupée de savoir ce qui lui était arrivé après tous ces deuils.

En essayant de trouver la date de son décès, je suis tombée sur une bonne nouvelle : Henriette s’est remariée le 14 février 1827 avec Vincent Boutault (ou Bouteau), un cultivateur de Scorbé-Clairvaux. Elle avait 33 ans et lui 28. Leur fils Charles est né en 1834, il s’est marié et a eu des enfants à son tour.

Je continuais à chercher la date de son décès, mais sans grand succès, dans les tables décennales, j’ai donc décidé d’éplucher les registres des décès d’Orches et j’ai fini par la trouver. Elle est morte le 13 novembre 1859, à l’âge de 65 ans. La tâche s’est compliquée parce que la « Henriette Fleurence Ennebault » de son acte de naissance est devenue « Florence Andebault » sur l’acte de décès…

J’ai aussi découvert qu’Henriette avait eu 3 frères et une sœur, ce qui me laisse encore quelques recherches à faire pour avoir un aperçu complet de cette famille.

C’était ma petite satisfaction du jour : avoir pu prolonger cette histoire jusqu’à la mort d’Henriette.

Ce complément de recherche, je le dois au challenge #1J1ancetre de Twitter, auquel j’essaie de participer (presque) chaque jour. Le principe est simple : à la date du jour, chercher si un ancêtre est né, s’est marié, est décédé, ou s’il y a un événement quelconque ce jour-là. Je commence à avoir de quoi faire en termes de nombre d’ancêtres et j’en profite pour vérifier que je dispose de tous les actes concernant la personne, je cherche un peu plus loin, trouve des frères et sœurs, etc. C’est très stimulant !

 

Louise Bourgouin, je t’ai retrouvée !

Dans l’article que j’avais rédigé sur la lignée AURIAU (ici), j’expliquais que Louise BOURGOUIN (Sosa 97) risquait d’être difficile à trouver. En effet, je ne disposais que de son acte de décès qui la disait âgée de 86 ans et née « en Normandie », sans autre précision. Je prévoyais de lancer mes filets dans les archives des départements concernés, un peu au hasard, mais je savais que même si je trouvais une Louise Bourgouin, je ne pourrais pas forcément la relier à Joseph AURIAU. Je remettais à plus tard, déjà découragée par la recherche de cette aiguille dans une botte de foin…

Et puis, en cherchant autre chose, j’ai entré les noms de ce couple sur le site de GE86, « entraide généalogique dans la Vienne », qui me tire régulièrement d’affaire. Et là, bingo ! La date et le lieu du mariage ! Je me précipite sur le site des Archives départementales de la Vienne, je sélectionne Verrue (oui, c’est un village de la Vienne), je fais défiler les pages du registre concerné à toute vitesse et le voilà, l’acte de mariage ! (Il faudra un jour écrire sur les poussées d’adrénaline du généalogiste, c’est vraiment quelque chose.)

Ce sont bien eux qui se marient ce 3 février 1778 ! Joseph Auriau, charron, fils de Joseph et de Marie Orillard, de la paroisse de St Vincent de l’Oratoire, tous deux décédés. Oui, c’est bien le bon Joseph Auriau. Et Louise ? Oh, elle est là, mineure, mais son âge n’est pas précisé, pas plus que sa date de naissance. Joseph a 23 ans, il est mineur également. Le domicile de Joseph n’est pas indiqué, c’est dommage, mais Verrue se trouve juste à côté de Monts-sur-Guesnes et de Chouppes. Cet acte de mariage présente une nouveauté (pour moi), il y est fait mention du « curateur aux causes de l’époux », époux qui est mineur et orphelin. J’ai donc appris, dans un ouvrage nommé Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, ceci : « En pays coutumier, la tutelle dure jusqu’à la majorité, mais si les mineurs sont émancipés plus tôt, on leur donne aussi un curateur pour les assister en jugements, c’est-à-dire dans les causes qu’ils peuvent avoir. C’est pourquoi on l’appelle curateur à l’émancipation ou curateur aux causes. »

Louise est la fille d’un sergent, employé dans les fermes du roi, du nom de Gervais BOURGOUIN, et de Françoise PINCELOUP. Le couple a également un fils, nommé Gervais, comme tous ses aïeux directs.

Avec ces informations, je vais sur le site Généanet, une vraie mine d’or, et il se trouve qu’une personne a déjà établi la généalogie de ces Gervais Bourgouin, ce qui est une nouvelle aubaine. Grâce à son travail, j’ai pu débloquer toute la lignée et c’est formidable.

Gervais BOURGOUIN, le père de Louise, mon Sosa 194, est né à Saint-Calais, dans la Sarthe, en 1725. Né dans la Sarthe et mort à Jaulnais, dans la Vienne, le 2 mai 1785. Ce « Jaulnais » n’existe pas. Il s’agit en fait de Jaunay-Clan (86130). Son acte de décès le dit « garde sédentaire du dépôt à sel ».

La mère de Louise, Françoise PINCELOUP (Sosa 195), est également décédée à Jaunay-Clan, deux ans après son mari. Et là, j’ai l’impression que c’est le même phénomène qu’avec Louise : impossible de trouver une mention de « Pinceloup » dans la Vienne… J’en déduis qu’elle était originaire d’un autre département, peut-être même de Normandie, puisque Pinceloup semble être un nom assez courant dans la région. À suivre…

Poursuivons avec les Bourgouin, tous dénommés Gervais. Le grand-père de Louise, donc Gervais BOURGOUIN (Sosa 388), est né en 1697 à Courdemanche, dans la Sarthe, et décédé en 1758 à Saint-Calais. Le 16 juin 1722, il a épousé Marguerite COURTIN (Sosa 389) dans le Loir-et-Cher, à Villiers-sur-Loir. Les parents, grands-parents et autres aïeux de Marguerite sont tous originaires de Villiers-sur-Loir. J’explorerai cette branche dans un autre article.

L’arrière-grand-père de Louise, également appelé Gervais BOURGOUIN (Sosa 776), est né en 1669 à Courdemanche. Il était « notaire et fermier général » et avait épousé Anne HERSENT (Sosa 777) en 1692, à Courdemanche. La lignée Hersent semble originaire de ce village. J’y reviendrai aussi.

Son père, Gervais BOURGOUIN (Sosa 1552) a épousé Marie GRANGER (Sosa 1553) à Courdemanche, le 18 février 1664. Il y est décédé en 1694. Je ne m’attarde pas sur Marie GRANGER, décédée le 25 novembre 1673, mais sur ses parents. Son père était François GRANGER (Sosa 3106), dit « l’aîné ». Il était notaire royal et, pure coïncidence, il a épousé une Jeanne… AURIAU ! C’est mon Sosa 3107. La lignée des Granger semble être originaire d’Évaillé, dans la Sarthe.

Revenons aux Bourgouin, avec Gervais BOURGOUIN (Sosa 3104) qui a épousé Perrine PINSON (Sosa 3105) à Tresson, dans la Sarthe en 1635. Il y est décédé en 1673, après Perrine qui est morte en 1642. Elle était née dans ce même village le 15 avril 1595 et cette date très reculée constitue mon « record », le premier acte qui m’emmène au-delà du XVIe siècle.

Faute de registres, les recherches s’arrêtent là, mais quelle chance de pouvoir remonter si loin et d’avoir de nouvelles branches à étudier ! C’est fascinant !