Déblocage d’une branche !

Dans mon arbre, il y a des lacunes, des ancêtres dont je ne trouve pas les parents ou pour qui je n’ai qu’une date, souvent de mariage. Mais je suis têtue, donc je continue à chercher, à explorer des possibilités, à parcourir des registres et souvent, ça marche ! C’est ce qui s’est passé pour mon sosa 166, François SERREAU, dont je savais seulement qu’il avait épousé Marie Suzanne HERBAULT en 1776 à Chenevelles (86), couple auquel je ne connaissais qu’une fille, Radegonde Suzanne, née en 1777, mon sosa 83.

L’église de Chenevelles

L’acte de mariage de François et Marie Suzanne n’était guère bavard. François SERREAU (sosa 166) était le fils de François SERREAU (sosa 332). Pas de mention de la mère, ni d’un âge même approximatif du marié. Les informations que le curé CHAMPION de Chenevelles donnaient étaient bien maigres.

Des François SERREAU, on en trouve pas mal, mais sans connaître le nom de la mère, ce n’est guère utile. J’ai donc commencé à chercher les autres enfants du couple SERREAU-HERBAULT, me disant que peut-être une grand-mère serait marraine et me donnerait une piste.

J’ai découvert trois autres enfants, tous nés après Radegonde Suzanne. Il s’agit de Marie Anne née en 1779, de François Fulgent né en 1789 et de René Maurice né en 1792. Pour le moment, je ne sais que faire de cette période de dix ans entre les naissances de Marie Anne et de François Fulgent, ce sera peut-être l’objet d’une autre enquête.

Aucun des baptêmes ne m’apportait d’informations supplémentaires, il fallait trouver autre chose. J’ai donc pris les tables décennales de Chenevelles où était décédée Marie Suzanne HERBAULT, en croisant les doigts pour y découvrir le décès de François. Et j’ai bien fait ! Il est décédé le 20 octobre 1838, le décès est déclaré par son fils René Maurice, ce qui me conforte dans l’idée que c’est le bon François SERREAU et pas un homonyme. Et puis, cerise sur le gâteau, je vois non seulement qu’il est « âgé de quatre-vingt-deux ans », ce qui me donne une piste pour chercher sa naissance, mais aussi que ses parents sont nommés : il est « fils de feu François Serreau et de feu Catherine Guillet ». Autre précision : il est né à Targé, une paroisse voisine. Ah, voilà de quoi nourrir la recherche !

Je vais cette fois sur le site Hérage du Cercle généalogique poitevin, dont je suis adhérente, et qui apporte une aide précieuse. Je cherche sa naissance aux alentours de 1756, et c’est nettement plus facile avec le nom des deux parents. Mais là, ils sont deux François SERREAU. L’un est né le 4 mars 1752 et l’autre le 10 juillet 1755. Ce serait donc plutôt le second. Je vérifie sur Hérage et effectivement, un François SERREAU est décédé à l’âge de 7 mois, le 1er octobre 1752. « Mon » François SERREAU est donc né le 10 juillet 1755 à Targé.

Dans la foulée, je cherche le mariage des parents, François SERREAU et Andrée GUILLET (peut-être se faisait-elle appeler Catherine, mais tous les actes la nomment Andrée). Et je le trouve, toujours sur la base Hérage : ils se sont mariés le 24 mai 1751 à Prinçay (Availles-en-Châtellerault). L’acte précise que l’époux est de Targé et donne les noms de leurs parents respectifs.

François est le fils de Philippe SERREAU (1676-1751) et de feue Marie FOUREAU, mes nouveaux sosa 664 et 665, dont je n’ai pas réussi à trouver l’acte de mariage. En revanche, j’ai découvert que FOUREAU vient d’une lecture erronée (les registres sont souvent difficiles à déchiffrer et on pardonne volontiers celles et ceux qui ont le courage de faire des relevés) et que son vrai nom est SOURIAU. Donc, Marie SOURIAU (1683-1750). J’y reviens très vite.

Quant à Andrée GUILLET (ou GUILLÉ), j’entre le nom de ses parents, Jean GUILLET et Catherine FLEURIAU (sosa 666 et 667), dans mon logiciel et là, je m’aperçois qu’ils y sont déjà ! Jean est né en 1698 et il a une sœur, Perrine, née en 1702, qui est mon sosa 329 ! Leur père, René GUILLET, est donc mon sosa 658 et 1332. Vive les implexes !

Mais ce n’est pas tout ! Je continue à reconstituer les fratries de tout ce petit monde et à remonter les branches. Je reprends à partir de François SERREAU, sosa 332, dont j’apprends au détour d’un acte qu’il était « messin de beuffe », c’est sur son acte de décès, très mal écrit par les nouveaux responsables de l’état civil (1801, ce ne sont plus les curés qui tiennent les registres). Tout laisse penser qu’il était ce qui se rapprocherait d’un vétérinaire.

Le décès de François SERREAU, « messin de beuffe »

J’ai ses parents : Philippe SERREAU, sosa 664, et donc Marie SOURIAU, sosa 665. Ce dernier nom, souvent écrit SURIAU, me dit quelque chose, il est très courant dans le nord du Poitou et je suis presque sûre d’avoir d’autres SOURIAU dans ma généalogie. Serait-il possible que… ? Marie est en effet la fille d’Anthoine SOURIAU, sosa 1330, et de Marie CHAUVEAU, sosa 1331. Ce couple figure déjà dans ma généalogie. Anthoine est le frère de Louis SOURIAU, sosa 1820.

À l’origine, outre cette branche SERREAU que je n’arrivais pas à exploiter, j’avais trouvé un cousinage entre mes parents. La descendance d’Anthoine SOURIAU est dans ma branche paternelle et celle de Louis SOURIAU menait à ma branche maternelle. Mais en croisant certaines sources et en faisant des recherches complémentaires, je suis tombée sur une « épine généalogique » : dans la descendance de Louis, j’ai un couple Jean AMIRAULT-Marie JOUBERT, marié en 1741 à Saint-Martin-de-Quinlieu (ancienne paroisse rattachée ensuite à Saint-Gervais-les-Trois-Clochers). Et je me suis aperçue qu’un couple homonyme s’était marié au même endroit en 1742. Il faut donc que je reprenne tout, que je cherche des collatéraux, des fratries, des parrains et des marraines pour essayer de démêler cet imbroglio. Mon ancêtre Madeleine AMIRAULT a pour parents Jean AMIRAULT et Marie JOUBERT, mais lesquels ?

Je déteste les homonymes…

Une nouvelle enquête se profile, qui pourrait bien remettre en cause toute une branche de mon arbre…

Émile BOISGARD et Joséphine GAUDRON

Ce sont mes sosas 22 et 23, les grands-parents de Renée GUÉRIN, ma grand-mère paternelle. Ils sont tous les deux nés en Indre-et-Loire, mais ont passé la plus grande partie de leur vie dans la Vienne, à Leigné-les-Bois.

Émile Louis BOISGARD est né le 20 février 1847 au Grand-Pressigny, avant-dernier d’une fratrie de huit enfants. Il est le fils de Pierre BOISGARD et de Jeanne SIGNOLET qui se sont mariés en septembre 1830 et dont le premier enfant, Jeanne Françoise, est né en octobre… Elle sera suivie de Marie, Marguerite, Pierre, Louis René, Victor, notre Émile Louis et pour terminer Georges Nicolas. Je sais que trois d’entre eux sont parvenus à l’âge adulte et se sont mariés.

Grâce aux recensements, je sais que la famille vivait à Courvault, lieu-dit du Grand-Pressigny. Celui de 1872 indique que Pierre BOISGARD (devenu veuf en avril de la même année) vivait avec sa fille Marguerite. Plus de trace des autres enfants. Sur le même, j’ai trouvé un Louis BOISGARD, domestique âgé de 24 ans, qui pourrait être Émile Louis, mais sans certitude. Et je n’ai pas été fichue de mettre la main sur lui non plus dans les listes de conscrits et les registres matricules. Il a pourtant servi dans l’armée, puisque son acte de mariage, en 1873, fait état parmi les documents fournis d’« une autorisation de contracter mariage accordée par monsieur le Général commandant la dix-huitième division militaire le quatorze juin dernier, au dit Louis Émile Boisgard, comme soldat du cent troisième régiment d’infanterie de ligne, de la classe de mille huit cent soixante-sept ». Si quelqu’un est plus à l’aise que moi dans les archives militaires, je suis preneuse !

Acte de naissance Louis Émile BOISGARD

Joséphine Eugénie GAUDRON est née le 22 avril 1848 à Barrou, de Louis André GAUDRON et Catherine ANGEVIN, parfois nommée Marguerite. Elle arrive dans la famille après trois garçons (Louis, Jean Baptiste et Joseph) et avant deux autres (Pierre Adolphe et Modeste). Seuls Jean Baptiste et Pierre Adolphe vivront assez longtemps pour se marier, les trois autres garçons meurent en bas âge. La famille était domiciliée au lieu-dit Les Allais, à Barrou. Joséphine n’est plus mentionnée aux Allais sur le recensement de 1872, mais elle y figure quand même, comme « domestique chez Modeste DOURY, marchand de grains » au bourg de Barrou.

Acte de naissance Eugénie Joséphine GAUDRON

Émile et Joséphine se marient le 7 juillet 1873, à Barrou, en présence de leurs familles, sauf la mère d’Émile qui est décédée l’année précédente, et de l’employeur de Joséphine, Modeste DOURY, qui est présenté comme « ami de l’époux ». Aucun contrat de mariage n’a été établi, j’imagine qu’on ne roulait pas sur l’or.

Acte de mariage BOISGARD-GAUDRON

Sur le recensement de 1876 à Barrou, ils sont domiciliés avec René Émile Gabriel, leur fils de 2 ans, au bourg. À la rubrique « profession », je lis pour Émile « Charretier, domestique, chef de ménage ».

En 1881, la famille n’habite plus dans le bourg de Barrou, mais au lieu-dit Les Bernards, avec leurs deux fils. Émile est devenu « cultivateur, métayer ». Une nièce, Marie Gaudron, âgée de 6 ans, vit avec eux. Si je ne me trompe pas, il s’agirait de Virginie Jeanne Marie, fille de Pierre Adolphe. On ne la retrouve pas chez eux dans les recensements suivants.

En 1886, ils sont toujours aux Bernards, où Émile est métayer. Une petite Claire est née en 1882.

En 1891, la famille a déménagé. Ils ne sont plus à Barrou, mais à Leigné-les-Bois, au lieu-dit Ribatou, où Émile est « cultivateur, domestique ». Gabriel et Claire également, mais pas Henry, décédé en 1887 à Leigné-les-Bois où la famille est donc installée au moins depuis cette date. Il semble en plus y avoir pas moins de quatre domestiques vivant à la ferme ! Émile et Joséphine vivront au Ribatou jusqu’au décès d’Émile, après quoi Joséphine ira vivre au village de Vaux chez son fils aîné.

Les enfants d’Émile et Joséphine sont peu nombreux par comparaison avec d’autres familles, ils ne sont que trois.

L’aîné, René Émile Gabriel (parfois nommé Gabriel, d’autres fois René), né le 15 mai 1874 à Barrou, épousera Marie Marguerite BERTHON le 17 octobre 1908 à Pleumartin. C’est leur photo de mariage qui m’a permis d’éclaircir pas mal de choses et de mettre des visages sur des noms et inversement. L’article est ICI. Je ne leur connais qu’une fille, Gabrielle Jeanne Marguerite, née en 1912 à Leigné-les-Bois. Je l’ai connue sous le nom de « cousine Jeanne », elle était secrétaire de mairie à Leigné. Elle est décédée en 2013 (oui, centenaire !)

Le cadet, Martin Joseph Henry, est né en novembre 1878, mais malheureusement décédé en juillet 1887 à Leigné-les-Bois.

La fratrie se termine avec Marie Claire, ma sosa 11, qui épousera Auguste GUÉRIN dont j’ai déjà parlé ICI. Marie Claire aura 5 enfants et mourra à 30 ans, en 1912.

Émile Louis BOISGARD décède le 23 février 1921 à Leigné-les-Bois. Il avait 74 ans. Quant à Joséphine GAUDRON, elle meurt le 22 décembre 1930, à 82 ans, bien sûr à Leigné-les-Bois. J’ai prévu de chercher leurs tombes à ma prochaine visite au cimetière.

Acte de décès de Louis Émile GAUDRON
Acte de décès d’Eugénie Joséphine GAUDRON

Dernier article concernant les couples du côté paternel de la 4e génération. À suivre…

Louis Maigret, du Poitou à Hawaii

Dans la famille, à défaut d’avoir un commissaire Maigret, nous avons un évêque !

C’est à l’occasion du bicentenaire de sa naissance, en septembre 2004, que j’ai eu accès à des documents très complets fournis par Mme Pearce, de Saint-Pierre-de-Maillé, qui descend également d’une branche Maigret. Je la remercie vivement, ces documents m’ont beaucoup aidée.

Louis MAIGRET (Désiré est son nom de prêtre), né le 14 septembre 1804 à Saint-Pierre-de-Maillé, est un collatéral, frère de mon ascendant René MAIGRET (sosa 39). Il a eu une destinée peu commune pour un « p’tit gars du Poitou », fils de laboureur qui plus est.

Les parents de Louis et René sont Jean MAIGRET (sosa 156) et Catherine TABUTEAU (sosa 157). Jean naît le 24 décembre 1764 à Saint-Pierre-de-Maillé. Catherine naît 3 ans plus tard, le 1er septembre 1767, dans la même paroisse, de François TABUTEAU et Anne BASCHE. Ils se sont mariés le 25 janvier 1785, paroisse Saint-Pierre. Ils avaient donc respectivement 20 et 17 ans.

Jean et Catherine ont eu 9 enfants, tous nés à Saint-Pierre-de-Maillé. Les voici avec ce que je sais sur chacun :

1/ Silvin, né le 10 décembre 1785.

2/ Silvine, née le 10 juin 1787. Elle serait restée célibataire et serait décédée le 1er avril 1848 à La Bussière (86), mais sous réserve car l’acte ne mentionne pas les parents.

3/ Antoine, né le 6 novembre 1789. Il épousera Sylvine DALET et une de leurs filles, Marie, sera religieuse à Tours sous le nom de sœur Zita.

4/ Silvain, né le 10 octobre 1792. En religion, il sera Père Hilaire. Après de brillantes études à Poitiers puis à Paris, il obtiendra une licence en théologie à la Sorbonne. On le dit remarquable dialecticien, il fut « professeur de dogme ». Il meurt à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron) le 16 décembre 1851.

5/ René, né le 14 novembre 1795, c’est mon sosa 78. Deux de ses petites-filles seront également religieuses, dont une à Honolulu.

6/ Jean, né le 7 avril 1798. Il épousera Anne POLISSET et aura 5 enfants.

7/ Louis, né le 26 février 1801.

8/ Louis, né le 18 septembre 1804.

9/ Antoine, né le 12 juillet 1807. Il sera également prêtre (Père Bernardin) et finira ses jours à Saint-Servan-sur-Mer (35), âgé de 69 ans. Il était aumônier des Sœurs de la congrégation.

Neuf enfants, dont un évêque et deux prêtres…

Louis Désiré, élevé dans une famille extrêmement pieuse et soutenu par le curé de Saint-Pierre-de-Maillé (André-Hubert FOURNET, également fondateur de la congrégation des Filles de la Croix, voir plus loin), est envoyé à Paris, à la congrégation dite de Picpus (de son vrai nom congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie) où il est ordonné prêtre le 23 septembre 1828, à l’âge de 24 ans. Il est ensuite professeur à Laval, puis il occupera la chaire de philosophie au Grand séminaire de Rouen.

En 1834, la congrégation de Picpus fonde la première mission catholique de Polynésie, et Louis Désiré fait partie du groupe de missionnaires envoyés là-bas. Il passera cinq ans (1835-1840) aux îles Gambier avant d’être envoyé aux îles Hawaii (ou îles Sandwich) où il arrive le 12 mai 1840. Le Saint-Siège le nomme premier vicaire apostolique des îles Sandwich, en 1846. L’année suivante, il est consacré évêque titulaire in partibus* d’Arathia.

J’ai trouvé un document sur la présence française aux îles Hawaii qui mentionne Louis Désiré. Voici ce que dit l’auteur :

« […], Monseigneur Rouchouze vint lui-même accompagner un groupe de trois nouveaux prêtres à Honolulu (15 mai 1840), renforcés en novembre par six autres. Dès la fin de 1840, il y avait plus de deux mille catholiques baptisés dans l’île d’Oahu, et la mission commençait à essaimer dans les autres îles. En août 1843, la cathédrale d’Honolulu était achevée et dédiée à Notre-Dame de la Paix et, en 1846, le père Maigret était nommé vicaire apostolique des îles Sandwich et évêque d’Arathia. Il devait rester le chef de la mission catholique des îles Hawaii pendant plus de trente ans. Comme pour les protestants, le succès de la mission reposa d’abord sur la création d’écoles catholiques et sur la publication de textes scolaires et religieux en langue indigène. C’est en fait essentiellement par la présence des missionnaires français que s’exerça à partir de 1840 une influence directe de la France sur la population de l’archipel. »

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Cathédrale Notre-Dame de la Paix à Honolulu. (https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=15800415)

La cathédrale est devenue « basilique mineure » en 2014.

En 1847, Louis Désiré se rend à Santiago du Chili pour être sacré évêque dans la cathédrale (j’avais demandé à des amies vivant à Santiago d’aller à la cathédrale pour prendre des photos et me dire si cette consécration était mentionnée quelque part, sur une plaque ou autre, mais un virus est passé par là et le confinement n’est pas terminé là-bas).

En 1869, il revient en Europe pour assister au concile Vatican (1870), et en août et septembre de la même année, il séjourne dans le Poitou, entre autres à Saint-Pierre-de-Maillé où l’on organise une grande fête en son honneur. À l’occasion de cette visite, son ami l’abbé Philippe Morisson, curé de Beaumont (86), rédige un long texte dithyrambique sur Louis Désiré, qui montre bien l’origine de sa vocation. La famille baignait littéralement dans la religion : « Les cantiques adoptés par choix de Monseigneur [à Hawaii] sont ceux chantés dans la grange des Marsillys, puis à l’église de Saint Pierre de Maillé en ses jours de fête. Souvenir sacré de son père, le respectable [Jean] Maigret qui les lui avait appris au foyer domestique comme à ses frères, tel qu’il les chantait de sa voix magnifique et si pieuse aux messes des nuits de persécution impie, célébrées par le Très Révérend Pasteur du Père André Fournet, dans la célèbre grange des Marsillys et après les jours de terreur, en l’église paroissiale de Saint Pierre de Maillé, purifiée après la cessation de l’orage révolutionnaire, des sacrilèges profanations qui l’avaient maculée. » Je laisse à l’abbé Morisson la responsabilité de ses propos, mais ce passage montre bien la force et le poids de la religion dans cette famille pieuse qui protégeait des prêtres réfractaires.

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Autre illustration de cette foi, un extrait de l’ouvrage « Vie du vénérable serviteur de Dieu le bon père André-Hubert Fournet » par le R.P. Rigaud, publié en 1885. Pour tout savoir sur le père Fournet, béatifié en 1926 et canonisé en 1933, je vous renvoie à la page Wikipédia qui lui est consacrée. Dans le passage ci-dessous, il est question de Jean MAIGRET, le père de Louis Désiré : « Jean Maigret, métayer aux Grands-Marsillys, était un fervent et courageux chrétien. […] À l’époque où l’intrépide pasteur parcourait sa paroisse en proscrit, Maigret l’accompagna souvent comme guide, comme catéchiste et sacristain. En l’absence du Père, c’était lui, le plus souvent, qui présidait, dans les granges, l’assemblée nocturne des fidèles, leur faisait la prière, lisait l’ordinaire de la messe et chantait de sa belle voix les cantiques du Père de Montfort. Il s’acquittait de ces fonctions avec une religion profonde, et une piété qui transfigurait son austère visage. Le sentiment populaire à son endroit s’était formulé par un terme plus expressif que convenable : on le surnommait Deus. Son dévouement au Père André, bien connu des révolutionnaires, lui attira souvent des persécutions qu’il supporta toujours avec une admirable patience. Un jour, des forcenés l’arrêtèrent et lui scièrent brutalement les cheveux avec une faucille, après quoi ils l’accompagnèrent jusqu’à sa maison, en l’accablant de coups et d’invectives. Le bon Maigret se souvint de son Maître marchant au Calvaire, et il endura tout avec une douceur angélique. Arrivé chez lui, toujours escorté de ses misérables insulteurs, il commanda à sa femme de leur donner à manger. Ce fut toute sa vengeance. »

Un saint homme, vous dis-je.

Louis Désiré conservera sa charge jusqu’à sa mort, le 11 juin 1882, à Honolulu. Il est enterré dans la crypte de la cathédrale Notre-Dame de la Paix, sous le maître-autel.

Extrait de la Chronique diocésaine du 16 juillet 1882 annonçant sa mort :

« La Congrégation des Sacrés-Cœurs, dite de Picpus, vient de faire une perte douloureuse dans la personne de Mgr Louis Désiré Maigret, évêque d’Arathie, premier vicaire apostolique des îles Sandwich (Océanie), chanoine d’honneur de la cathédrale de Poitiers. Le vénérable prélat est décédé à Honolulu le 11 juin dernier à l’âge de 78 ans.

Vénéré de ses nombreux chrétiens, qui affectionnaient et respectaient en sa personne un bon pasteur et un vrai chrétien, honoré du gouvernement hawaiien qui l’avait en grande estime, et qui, récemment encore, lui conférait la dignité de grand officier de l’ordre de Kalakaüa, Mgr Maigret emporte les regrets de la population toute (sic) entière. »

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Stèle commémorative dans la cathédrale (https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=34783670)

Dois-je ajouter que la foi intense qui habitait cette famille ne s’est pas transmise à toutes les branches ? Elle s’est même complètement évaporée chez mes ascendants directs. Autant dire que, pour certains cousins, apprendre qu’ils comptaient dans leur ascendance un évêque, missionnaire dans des lieux exotiques qui plus est, la surprise a été assez énorme !

* Je me suis instruite en écrivant cet article. In partibus, c’est un titre accordé à des prélats qui occupent des fonctions pour lesquelles ils sont consacrés évêques, sans avoir de juridiction territoriale sur des diocèses actuels. Le in partibus correspond en réalité à in partibus infidelium, « en pays des infidèles », car on utilise les noms d’anciens diocèses disparus. Inutile donc de chercher où se trouve le diocèse d’Arathia, c’est pratiquement un nom fictif.

 

 

 

À la recherche de Louise DRAULT

Je suis en train de compléter les générations, et même dans les moins éloignées, il me reste quelques lacunes que j’essaie de combler. Du côté paternel, la génération de mes arrière-grands-parents est quasiment complète, les actes manquants sont localisés, il ne me reste qu’à me déplacer en mairie.

En revanche, la génération précédente comportait une épine que je n’arrivais pas à résoudre : où était donc décédée Louise DRAULT (sosa 17) ? J’avais cherché un peu partout dans les villages possibles, sans rien trouver et surtout, c’est mal, sans rien noter… J’ai donc tout repris et me suis servie des actes en ma possession et des recensements.

Louise DRAULT est née le 18 mai 1838 à Coussay-les-Bois dans la Vienne (86), de Théophile DRAULT (1802-1875), cultivateur, et de Marie Anne PRIMAULT (1811-1875). Ces deux-là sont décédés à 10 jours d’intervalle après avoir vécu toute leur vie à Coussay-les-Bois.

Théophile a d’abord épousé Anne DURAND, le 18 octobre 1825, mais le mariage n’a même pas duré deux ans puisque Anne est décédée en mai 1827. Entre ces deux dates, je n’ai pas trouvé de mention d’une naissance. Il se remarie le 25 mai 1830 avec Marie Anne PRIMAULT qui va lui donner pas moins de 13 enfants entre juillet 1831 et août 1855…

Louise a donc douze frères et sœurs. Tous ne vivront pas et en 1865, au mariage de Louise, il n’en reste que six…

Louise épouse Louis DEGENNE (sosa 16) le 24 octobre 1865, à Coussay-les-Bois. Elle a 27 ans, il en a 25. Il est de Saint-Pierre-de-Maillé, à une petite vingtaine de kilomètres.

Louis est journalier. D’après les listes de conscrits pour la classe 1860, il mesure 1,59 m, a un degré d’instruction équivalent à 0 et a été exempté de service militaire parce qu’il est « fils unique de veuve ». Son père, également Louis DEGENNE, est décédé en 1842, Louis avait 2 ans et sa sœur aînée Céleste avait 4 ans. Leur mère, Anne MOREAU, est donc seule pour les élever. Je n’ai pas trouvé trace d’un remariage.

Il me reste à pister le couple Louis DEGENNE/Louise DRAULT. Il n’y a pas eu de recensement en 1866 à Saint-Pierre-de-Maillé, donc j’attaque celui de 1872. J’y trouve bien Louis, Louise et leurs deux aînés. Deux erreurs : 1/Degenne s’écrit Degenne et pas Dejenne (ce sera rectifié officiellement sur l’acte de mariage de leur fils aîné Louis) et 2/ Louise Drault n’est pas née à La Roche-Posay mais à Coussay-les-Bois. Passons. Les enfants sont effectivement Louis Eugène Adrien, né en 1867 et Cidonie (sic) Célestine née en 1870. Ils sont domiciliés au lieu-dit La Cossonnière.

Recensement1872-StPdeM-Degenne

Recensement de 1872 – Saint-Pierre-de-Maillé (86)

Le recensement suivant est de 1876. J’y trouve les mêmes, toujours à La Cossonnière. Louise est appelée Philomène, prénom que l’on retrouve dans certains actes.

Recensement1876-StPdeM-Degenne

Recensement de 1876 – Saint-Pierre-de-Maillé (86)

Dans le recensement de 1881, Louis et Louise « Philomène » sont bien notés, de même qu’Henri et Célestine. Il est probable que Louis Eugène, qui avait alors 14 ans, ait été envoyé travailler ailleurs. Mais Gédéon !!??? Les prénoms indiqués sur l’acte de naissance de ce garçon, c’est Fortunat Eusèbe ! Décidément, les prénoms de cette famille me laissent perplexe.

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Recensement de 1881 – Saint-Pierre-de-Maillé (86)

Louis, le père, va mourir en décembre 1882, il avait 42 ans. Je passe au recensement suivant, donc 1886. À « 12ème section Rinsac et Goulfandière », je trouve Henri, 13 ans, domestique chez Ernest Vachon, cultivateur. À la page suivante, dans le même hameau, il y a « Philomène » Drault qui est dite ménagère et qui vit avec « Gédéon », 6 ans. Louis et Célestine, plus âgés, sont certainement placés ailleurs, mais pas à Saint-Pierre-de-Maillé.

Je prends le recensement de 1891 pour voir si Louise-Philomène vit toujours là. Oui ! Elle s’appelle de nouveau Louise, et vit toujours avec « Gédéon » (je ne m’y fais pas). Louis Eugène et Pierre-Henri sont venus la rejoindre. Célestine n’est pas mentionnée. Comme elle est dite cuisinière à son mariage en 1900, il est possible qu’elle soit partie apprendre ou exercer son métier ailleurs, peut-être même à Châtellerault.

Recensement1891-StPdeM-Degenne

Recensement de 1891 – Saint-Pierre-de-Maillé (86)

En 1896, il ne reste à La Cossonnière que Louis Eugène et son épouse Célestine Armande Augustine PLAUD. Il se sont mariés l’année précédente. Louise DRAULT est donc partie avec « Gédéon » et Pierre-Henri. Mais où ? Par acquit de conscience, j’ai épluché tout le registre en me disant que ses fils étaient peut-être placés dans une ferme et qu’elle vivait avec eux, mais je n’ai rien trouvé. Donc Louise ne vit plus à Saint-Pierre-de-Maillé en 1896. Et pourtant, en 1898, au mariage de son fils Pierre-Henri, elle est dite domiciliée à La Cossonnière « en cette commune ». Étrange…

Le 23 juin 1900, elle assiste au mariage de Célestine, sa fille, avec Julien RIBREAU (de Chenevelles) à Châtellerault. Elle est dite domiciliée à Saint-Pierre-de-Maillé, sans précision de lieu-dit.

Louise-MariageCelestine1900

Extrait de l’acte de mariage de Cidonie Célestine – 1900 – Châtellerault (86)

Je décide de consulter les recensements de Saint-Pierre-de-Maillé en 1901 et vois qu’elle réside effectivement à La Cossonnière avec Louis Eugène, son fils aîné, et Célestine PLAUD son épouse.

Recensement1901-StPdeM-Degenne

Recensement de 1901 – Saint-Pierre-de-Maillé (86)

Sur le recensement de 1906, je la retrouve, toujours à Saint-Pierre-de-Maillé, mais à La Jaltière, toujours avec Louis Eugène et Célestine, mais la famille s’est agrandie et deux petits-enfants sont présents : Henri et Louis, nés respectivement en 1902 et 1904.

Recensement1906-StPdeM-Degenne

Recensement de 1906 – Saint-Pierre-de-Maillé (86)

Louise ne figure plus sur le recensement suivant, j’ai donc cherché si elle était mentionnée sur les actes de mariage de ses enfants et c’est celui du second mariage de Pierre Henri, en 1908 à Pleumartin, qui m’a appris que Louise était vivante et domiciliée à La Baudonnière à Vicq-sur-Gartempe. Je ne l’y trouve pas dans le recensement de 1906, donc je passe à celui de 1911 et j’ai de la chance ! Je trouve Louise (dite Degenne, mais c’est bien elle) vivant avec son fils Louis, sa bru Célestine et quatre petits-enfants, dont mon grand-père. Le Gabriel est en réalité une Gabrielle, mais on sait que les agents recenseurs faisaient souvent des erreurs.

Recensement1911-Vicq-Gartempe

Recensement de 1911 – Vicq-sur-Gartempe (86)

La famille devait être encore à Vicq-sur-Gartempe en 1913, puisque le petit Henri y est décédé.

Bon, Louise a déjà 76 ans, mais je tente le recensement suivant, de 1921, celui de 1916 ayant été annulé pour cause de guerre. Il n’est pas dit que je trouve quoi que ce soit, parce que le dernier enfant de Louis et Célestine est né à La Roche-Posay, mais « on ne sait jamais ». Pas de chance, c’est une autre famille DEGENNE qui s’est installée à La Baudonnière, a priori sans lien avec les miens.

Je prends le recensement de 1921 de La Roche-Posay et je trouve bien la famille, à Montfou, toujours avec quelques erreurs (Louis Eugène n’est pas né à Coussay et Gabriel est toujours une fille…) mais plus de Louise.

Recensement1921-LaRochePosay-Montfou

Recensement de 1921 – La Roche-Posay (86)

J’en déduis qu’elle est décédée entre 1911 et 1921, soit à Vicq-sur-Gartempe, soit à La Roche-Posay, deux communes où je n’avais pas pensé à chercher avant…

Elle ne figure pas sur la table décennale 1903-1912 de Vicq. La suivante, 1913-1922 n’est pas consultable en ligne. Je passe à La Roche-Posay et c’est exactement la même chose : elle n’est pas dans la TD 1903-1012 et celle de 1913-1922 n’est pas consultable.

Il ne me reste plus qu’à me rendre sur place dans ces deux mairies pour avoir enfin une date et un lieu qui me permettront de boucler cette 5e génération.

Quelle bonne idée, ces recensements, malgré quelques fantaisies ! Et quelle chance j’ai eue que Louise se soit finalement peu éloignée.

Mise à jour du 14 décembre 2020

J’avais tout faux ! Sur les conseils d’une aimable généalogiste, j’ai consulté les Tables de succession et absences (TSA), qui « sont des documents provenant des archives de l’Enregistrement. Elles permettent de retrouver les dates des déclarations de succession concernant chaque défunt et contiennent un certain nombre d’informations concernant ces successions. »

Bien m’en a pris. Il a d’abord fallu trouver le bon bureau de l’Enregistrement. J’ai tenté Pleumartin, qui incluait La Roche-Posay et Vicq-sur-Gartempe pour cette période, mais je n’ai rien trouvé. J’ai donc élargi mes recherches et vu que Saint-Pierre-de-Maillé dépendait du bureau de l’Enregistrement de Saint-Savin. Et là, miracle : Louise DRAULT est décédée le 2 janvier 1914 à Angles-sur-l’Anglin ! Elle avait 75 ans. Enfin, après des années de recherche, je l’ai trouvée ! J’ai pu constater, sans surprise, qu’elle n’avait pas de biens. Ensuite, je suis allée chercher son acte de décès. C’est son fils Pierre Henri qui a déclaré le décès, en compagnie du garde champêtre. Pierre Henri était métayer à Angles.

En faisant une autre recherche sur Filae, j’ai eu la surprise de découvrir l’existence d’une autre enfant du couple Louis DEGENNE-Louise DRAULT. En effet, une petite Marie Céleste est née à Coussay-les-Bois le 12 février 1866, soit un peu moins de 4 mois après leur mariage ! Hélas, elle n’a vécu que 5 semaines. Ils ont donc eu 7 enfants.

Je peux enfin clore cette recherche, et c’est bien agréable !

Enfin, des visages ! (famille Boisgard)

Les photos de nos ancêtres, dans les milieux modestes, pour ne pas dire très pauvres, sont une denrée rare. Une photo de groupe à l’occasion d’un mariage, et encore pas toujours, et quelques photos des « anciens » prises dans les années 1950, quand les appareils photo sont devenus plus courants.

Alors, quand ma cousine Nadine décide de trier ce qu’elle possède et qu’elle m’envoie cette photo de mariage, je saute de joie. Par recoupement, car nous ne connaissions que la date du mariage et le nom des époux, qui ne sont pas des ancêtres directs, nous avons réussi à mettre des noms sur quelques visages et compris que nous avions sous les yeux les visages de nos arrière-arrière-grands-parents Boisgard !

Le mariage en question a eu lieu le 17 octobre 1908 à Pleumartin, dans la Vienne. Le jeune époux s’appelle René Émile Gabriel BOISGARD. Il est né le 19 mai 1874 à Barrou, en Indre-et-Loire. Il a donc 34 ans, il est cultivateur et domicilié au Ribatou, commune de Leigné-les-Bois, où vivent également ses parents. Il est le fils aîné d’Émile Louis BOISGARD (sosa 22) et de Joséphine GAUDRON (sosa 23).

La jeune épouse s’appelle Marie Marguerite BERTHON, elle a 19 ans, est « sans profession », et la fille de Jean Appolinaire BERTHON et de Marie Alexandrine PERCEVAULT, tous deux cultivateurs, domiciliés paroisse Saint-Sennery à Pleumartin.

MariageBoisgard-Berthon-Pleumartin-1908

17 octobre 1908, mariage de René BOISGARD et Marguerite BERTHON – Pleumartin (86) (archives familiales)

Trois ans après leur mariage, le recensement de 1911 à Leigné-les-Bois indique que René et Marguerite partagent leur domicile avec Émile et Joséphine, au Ribatou. Dix ans après, en 1921, il n’y a plus de Boisgard au Ribatou.

Les tables décennales pas plus que les registres d’état civil ne sont en ligne pour cette période, il faut se déplacer en mairie, je n’ai donc pas pu le vérifier, mais je pense qu’Émile est décédé entre les deux recensements. En effet, en 1921, Joséphine vit au village de Vaux, sur la commune de Leigné-les-Bois, où résident également son gendre, Auguste GUÉRIN (sosa 10), veuf de Marie Claire BOISGARD (sosa 11) depuis 1912, avec 4 enfants en bas âge. Joséphine a donc quitté le Ribatou, mais elle n’est pas venue seule, puisque René et Marguerite sont également domiciliés au village de Vaux, avec une petite Jeanne qui serait née en 1909, ce qui m’étonne beaucoup car elle ne figure pas dans le recensement de 1911. Je n’ai pas trouvé de naissance d’un autre enfant du couple à Leigné-les-Bois ni à Pleumartin, donc je pense que l’agent recenseur a fait une erreur. En revanche, le 4 avril 1912 est née Gabrielle Jeanne Marguerite BOISGARD, que nous connaîtrons plus tard sous le nom de « cousine Jeanne » et qui était la secrétaire de mairie de Leigné-les-Bois.

Sur le recensement de 1926, Auguste GUÉRIN vit seul avec sa dernière fille, Solange, au village de Vaux. Les fils ont quitté la maison et Renée Claire (sosa 5) s’est mariée l’année précédente avec Étienne DEGENNE (sosa 4). Joséphine vit toujours avec René, Marguerite et la petite Jeanne.

Je continue à pister Joséphine, mais elle n’apparaît pas dans le recensement de 1931. J’ai donc maintenant une fourchette pour chercher son décès, entre 1926 et 1931, et très vraisemblablement à Leigné-les-Bois. Il ne reste plus qu’à attendre la fin du confinement…

En 1936, René BOISGARD et son épouse Marguerite vivent au village de Vaux, ainsi que le père de Marguerite, que je suppose veuf. Quant à Auguste GUÉRIN, il y vit également avec son fils Roger, sa bru Marie ROUET et leur fille Claudette, née en 1932.

Boisgard-Berthon

Pour revenir aux BOISGARD, voici la fratrie d’Émile Louis. Tous sont nés au Grand-Pressigny :

1/ Jeanne Françoise, le 25 octobre 1830 (soit un peu plus d’un mois après le mariage de ses parents…)

2/ Marie, le 10 avril 1833

3/ Marguerite, le 3 février 1836

4/ Marie Pierre, le 15 août 1838

5/ et enfin, après 4 filles, Louis René, le 29 mars 1841

6/ Victor, le 23 avril 1843

7/ Émile Louis, notre sosa 22, le 20 février 1847

8/ et enfin Georges Nicolas, le 24 avril 1848

Les parents sont Pierre BOISGARD (sosa 44) et Jeanne SIGNOLET (sosa 45). Pierre est journalier et Jeanne est « gagiste », c’est-à-dire, selon la définition qu’en donne le site vieuxmetiers.org, « Dans l’ouest de la France (Touraine, Anjou, Bretagne), personne qui se louait pour un an ou plus à un employeur ». Pas franchement un métier stable, mais avec 8 enfants, les gages de Jeanne devaient compter.

Quant à Joséphine GAUDRON, notre sosa 23, je lui connais 5 frères dont seulement deux arriveront à l’âge adulte et fonderont une famille.

L’aîné, Louis, né le 15 juin 1840 à Barrou, est décédé à l’âge de 11 ans.

Jean-Baptiste, né le 1er avril 1842 au Grand-Pressigny, a épousé une demoiselle Nonet en 1872.

Le troisième enfant, Joseph, né le 15 avril 1846 à Barrou, est mort à 20 ans.

Vient ensuite Joséphine, puis Pierre Adolphe, né le 10 mai 1850 à Barrou et décédé en 1940, soit une belle longévité.

Le dernier enfant, un petit Modeste, ne vivra même pas deux ans.

Les parents de Joséphine et de ses frères sont Louis André GAUDRON (sosa 46) et Catherine (ou Marguerite) ANGEVIN (sosa 47). Catherine est gagiste, comme Joséphine, et Louis André est « garde particulier ». Après quelques recherches, je suis arrivée à la conclusion que parallèlement aux gardes champêtres qui surveillent le domaine public, les gardes particuliers s’occupent de la surveillance de biens privés. Je n’ai pas encore trouvé à qui Louis André fournissait ses services.

Après toutes ces digressions, et en guise de conclusion, voici donc trois générations de BOISGARD sur cette photo de mariage.

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Arrière-grands-parents Guérin-Boisgard et arrière-arrière-grands parents Boisgard-Gaudron (archives familiales)

De gauche à droite :

Auguste GUÉRIN (sosa 10) et Marie Claire BOISGARD (sosa 11) avec leurs deux fils aînés : Roger né en 1905 et Abel né en 1907.

Émile Louis BOISGARD (sosa 22) et Joséphine GAUDRON (sosa 23), parents du marié et de Marie Claire.

Les jeunes mariés : René BOISGARD et Marguerite BERTHON.

C’est très émouvant de les voir ! Peut-être y a-t-il sur cette photo d’autres membres de la famille BOISGARD ou de la famille GAUDRON, des oncles et tantes de René, mais je ne vois aucun moyen de les identifier, à moins de trouver une machine à remonter le temps…

 

Sylvain Barbarin était-il bigame !?

Je me le demande vraiment, car je n’arrive pas à résoudre cette histoire.

Dans mon arbre, jusqu’à aujourd’hui, j’avais ceci :

SylvainBARBARIN

Sylvain Barbarin est mon sosa 74.

Il me manquait quelques actes, je les ai trouvés et ils correspondent aux dates et lieux que j’avais notés. Jusque là, tout va bien.

Et voilà que je reçois le n° 147 d’Hérage, la revue du Cercle Généalogique Poitevin et que j’y trouve l’ascendance poitevine de Valérie Arnold-Gautier qui n’est autre que la nouvelle présidente de la Fédération française de généalogie. Je parcours rapidement ces pages et j’y trouve des noms connus, notamment les couples Barbarin-Tricoche, Barbarin-Maigret, Tricoche-Antigny et quelques autres.

Pourtant, quelque chose ne colle pas. François BARBARIN et Anne TRICOCHE sont des ancêtres communs, mais l’épouse attribuée à leur fils Sylvain m’est inconnue.

« Mon » Sylvain BARBARIN, sosa 74, est né le 5 mai 1778 à Saint-Pierre-de-Maillé, de François BARBARIN et Anne TRICOCHE. Cette date figure sur l’acte de son premier mariage, le 12 février 1797, avec Marie BRUNET (sosa 75). Marie BRUNET était née le 23 février 1772 à Saint-Pierre-de-Maillé où elle est décédée le 29 janvier 1814, à l’âge de 41 ans. Je connais 3 enfants au couple, la dernière, Madeleine, étant née en 1805.

BaptemeSylvainBARBARIN-1778.png

Baptême de Sylvain (Silvin) BARBARIN, le 5 mai 1778. Pas de jumeau en vue.

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L’acte de décès de Marie BRUNET indique bien qu’elle était l’épouse de Sylvain BARBARIN.

Dans la revue, il est indiqué que le Sylvain BARBARIN ancêtre de Valérie Arnold-Gaultier a épousé Marguerite PIRAULT le 16 octobre 1809 à Bossay-sur-Claise, en Indre-et-Loire, soit à une distance de 20 à 25 kilomètres de Saint-Pierre-de-Maillé.

Je cherche cet acte de mariage, peut-être y a-t-il une erreur, une homonymie, mais non. L’acte précise que l’époux, Sylvain BARBARIN, est né le 5 mai 1778 à « Saint-Pierre-de-Tournon », de François BARBARIN et Anne TRICOCHE. Je suppose que le curé ne connaissait pas bien les paroisses de la Vienne et qu’il s’est emmêlé la plume d’oie. Saint-Pierre-de-Tournon n’existe pas. Par acquit de conscience, j’ai cherché dans le registre de 1778 de Tournon-Saint-Pierre, mais bien sûr, il n’y avait rien.

L’histoire se corse un peu si j’ajoute qu’après le décès de Marie BRUNET en 1814, « mon » Sylvain BARBARIN s’est remarié avec Marie Anne BÉJAULT le 30 janvier 1815. Il serait donc doublement bigame, si je puis dire !

Récapitulons : deux Sylvain BARBARIN, nés le même jour, au même endroit, des mêmes parents. L’un est conjoint de Marie BRUNET de 1797 à 1814, puis de Marie Anne BÉJAULT de 1815 à une date inconnue (je ne trouve pas le décès de Marie-Anne). L’autre est conjoint de Marguerite PIRAULT de 1809 à 1840 (année du décès de Sylvain).

Que dois-je en déduire ? Bigamie ou gémellité ? Ou une erreur de ma part ?

Non, il ne s’agit pas de jumeaux, l’acte de baptême est limpide.

Pour la bigamie, c’est moins sûr. En effet, l’acte de décès de Sylvain le dit « veuf de Marguerite PILLOT » (Pirault/Pillot) et celui de Marguerite PIRAUT la dit « veuve de Silvin BARBARIN ». Tout ça ne règle pas la question des dates. Me suis-je trompée de Marie BRUNET ? Mais s’il est dit veuf de Marguerite PIRAULT, épousée en 1809, comment peut-il avoir épousé Marie Anne BÉJAULT en 1815 ?

Des enfants sont nés de ces trois mariages, dont certains la même année. Sylvain BARBARIN avait-il donc une double vie ? Pour le moment, c’est ma conclusion.

Précision : le couple BARBARIN-TRICOCHE a eu un autre fils prénommé Sylvain, né le 9 janvier 1782 à Saint-Pierre-de-Maillé. Je n’en sais pas plus à son sujet, mais cela ne change rien puisque deux actes de mariage donnent exactement la même date de naissance du 5 mai 1778 pour le Sylvain qui m’intéresse.

Sources :

Mariage Sylvain BARBARIN & Marie BRUNET : ici et ici

Mariage Sylvain BARBARIN & Marguerite PIRAULT : ici

Mariage Sylvain BARBARIN & Marie Anne BÉJAULT : ici et ici

RECTIFICATION : C’est grâce à Twitter, une fois de plus, que cette histoire trouve sa conclusion. En effet, il semble que le curé de Bossay-sur-Claise n’ait pas indiqué la bonne date de naissance pour Sylvain BARBARIN. Celui qui épouse Marguerite PIRAULT est vraisemblablement le Sylvain né le 9 janvier 1782. Les âges aux deux décès correspondent. « Mon » Sylvain BARBARIN n’est pas mort, comme je l’ai cru, le 23 juin 1840 à Saint-Pierre-de-Maillé, mais il est décédé accidentellement au Blanc, dans l’Indre, le 19 janvier 1847. L’acte précise bien qu’il est l’époux de Marie BÉJAULT. Ouf ! Pas de bigamie, pas de jumeau caché, simplement une homonymie bien déroutante…

Marie Petitclerc (ou Petitclair), une ou deux ?

Décidément, cette famille n’est pas simple à cerner. Dans mon dernier article, je parlais d’Anne MOREAU (sosa 33) et de sa sœur Marie. Après avoir résolu le problème des dates de naissance, je me suis penchée sur les parents, Jacques MOREAU (sosa 66) et Marie PETITCLERC (sosa 67). Je voulais en savoir plus sur la fratrie de Marie, trouver tous les actes correspondants aux éléments que j’avais, mais les choses se sont singulièrement compliquées…

Je savais que Marie PETITCLERC était la fille d’Honoré PETITCLERC (sosa 134) et de Jeanne JOLLY (sosa 135), et je pensais 1/ que Marie s’était mariée « sur le tard » avec Jacques MOREAU, puisqu’elle avait 38 ans, 2/ qu’elle avait eu son dernier enfant à l’âge de 52 ans ! et 3/ qu’elle avait vécu 85 ans. J’ai dû tout remettre en question, puisqu’en cherchant ses frères et sœurs, je suis tombée sur un acte de mariage entre René ROUET et Marie PETITCLERC, en 1776 à Vicq-sur-Gartempe. Marie avait alors 22 ans, donc dans un premier temps, j’ai pensé qu’elle était devenue veuve au bout de quelques années et que Jacques MOREAU était son deuxième mari.

J’ai donc ouvert les registres paroissiaux de Vicq et cherché des enfants à cette première union, tout en guettant l’acte de décès de René ROUET, avant février 1792, date du mariage avec Jacques MOREAU. Et là, les pages défilent, je trouve pas moins de 7 enfants nés entre 1777 et… 1796 ! Et là, ça ne va plus du tout, je n’avais pas prévu ça.

Je reprends donc les actes de mariage pour vérifier qu’il s’agit bien de la même Marie PETITCLERC et c’est effectivement le cas, les parents sont les mêmes sur les deux actes de mariage. Le second ne dit pas qu’elle est veuve, à juste titre puisqu’elle ne l’est pas en 1792. Et évidemment, aucun ne mentionne l’âge des nouveaux époux…

Sachant qu’il n’est pas rare que deux, voire trois, enfants portent le même prénom, même s’ils sont tous vivants, je me dis que c’est peut-être le cas ici, qu’Honoré et Jeanne ont prénommé deux de leurs filles Marie, ce qui me semble être la seule explication.

Je cherche donc une autre Marie, et je finis par la trouver ! Elle est née le 26 avril 1764. Et là, au vu des dates de naissance, je réalise que j’avais tout faux depuis le début. « Ma » Marie née en 1753 était finalement l’autre, née en 1764. Les âges aux deux mariages sont nettement plus cohérents.

J’ai trouvé l’acte de décès de Marie PETITCLAIR*, épouse de René ROUET, à Vicq-sur-Gartempe, le 19 mai 1819, à l’âge de 72 ans.

Quant à René ROUET, je pouvais toujours chercher son acte de décès avant 1792… Il est mort à Vicq le 18 janvier 1838, à l’âge vénérable de 96 ans ! Et il est bien dit « veuf de Marie PETITCLAIR ».

La Marie PETITCLERC qui a épousé Jacques MOREAU est décédée le 30 septembre 1838, également à Vicq-sur-Gartempe, et l’acte précise qu’elle est l’épouse de Jacques MOREAU. L’acte lui donne 75 ans, je pensais que c’était une erreur, mais finalement c’est exact.

Je continue à « sourcer » et je vais peut-être avoir d’autres surprises…

* Comme je l’ai déjà indiqué, je n’accorde pas trop d’importance à l’orthographe des noms propres. Petitclerc, Petitclair et autres variantes, de même que Rouet ou Rouhet, tout dépend du rédacteur de l’acte, curé ou officier d’état civil.

Vicq-Sur-Gartempe-lentree-Du-Pontchasseur.jpg

 

Anne ou Marie ? Et combien de Marie ?

Mon ancêtre Louis DEGENNE (sosa 32), veuf de Jeanne MÉRIGUET, a épousé en deuxièmes noces Anne MOREAU (sosa 33) le 8 mai 1837 à Vicq-sur-Gartempe. Leur acte de mariage indique qu’elle est née le 11 décembre 1795 à Vicq-sur-Gartempe.

DateNaissanceAnneMoreau

Extrait de l’acte de mariage qui indique Anne Moreau avec une date de naissance erronée.

Anne était la fille de Jacques MOREAU (sosa 66) et de Marie PETITCLERC (sosa 67). N’ayant pas approfondi cette branche, je me disais qu’elle n’était probablement pas fille unique. J’ai donc commencé à chercher d’éventuels frères et sœurs à partir de 1792, date de mariage de Jacques et Marie. C’est là que les surprises ont commencé.

J’ai d’abord trouvé un frère aîné, François, né en 1793, le seul de la fratrie à être né à Pleumartin. Sur le site Mémoire des Hommes du ministère des Armées, on trouve sa fiche qui m’a appris que François était né à Vicq (son acte de naissance se trouve pourtant bien dans les registres de Pleumartin), qu’il était « tiseran », « conscrit de l’an 1813 », qu’il avait un grade de « fusilier » et qu’il avait été « rayé le 31 décembre 1813 » (je suppose qu’il a été libéré de ses obligations à cette date).

Je possédais déjà l’acte de naissance d’Anne, le 11 décembre 1795 à Vicq-sur-Gartempe. Je m’étais étonnée qu’il soit au nom de Marie MOREAU, mais je débutais et n’avais pas cherché plus loin. Je me disais qu’elle avait adopté un autre prénom.

J’ai continué à répertorier tous les Moreau de la Vienne sur Filae et trouvé encore 3 sœurs nées après elle : Magdelaine, Marie et Jeanne.

Magdelaine est née en 1797 et décédée en 1801.

Marie est née en 1803, s’est mariée en 1828, a eu 3 enfants et est décédée en 1834, à 31 ans donc. Elle était couturière.

Jeanne est née en 1805. Je n’ai pas trouvé d’autre trace d’elle.

Et puis, surprise, je trouve l’acte de décès d’une autre Marie MOREAU en 1802. Il ne peut pas s’agir de celle qui est née en 1803, évidemment. Et ce n’est pas non plus « ma » Marie-qui-se-ferait-appeler-Anne.

Après un bon remue-méninges et concertation avec moi-même, je lance un appel à l’aide sur Twitter. Cette communauté de généalogistes est souvent d’une aide précieuse. C’était une bonne idée ! Suivant les pistes fournies, je consulte les tables décennales de Vicq-sur-Gartempe et recense les patronymes qui pourraient être confondus avec Moreau. Et je trouve une Anne MORIOT, née en le 4e jour complémentaire de l’an 7, ce qui correspond au 20 septembre 1799. Les parents cités sont bien Jacques MORIOT et Marie PETITCLERC. Ouf ! Les choses commencent à s’éclaircir.

AnneMoriot

Le nom qui figure dans la marge de l’acte de naissance d’Anne

Une naissance en 1799 et un décès en 1869, l’acte indiquant qu’Anne avait 70 ans, me laissent penser que j’étais passée complètement à côté des bons actes.

À ma décharge, les actes paroissiaux ou d’état civil ne sont pas toujours des modèles d’exactitude. L’acte de décès d’Anne, en 1869, précise qu’elle est veuve d’André Dejenne (sic), alors qu’elle l’est de Louis…

Et la petite Marie décédée en 1802 « à l’âge de 7 ans » ? Eh bien, c’est elle qui était née en 1795.

J’en conclus que les officiers d’état civil n’ont pas fait leur travail correctement et que celui qui a marié Anne à Louis DEGENNE, n’ayant pas trouvé son acte de naissance au nom d’Anne MOREAU, n’a pas cherché plus loin. Peut-être que, comme moi, il s’est dit qu’elle s’appelait Marie mais préférait qu’on l’appelle Anne. Je suis donc aussi fautive que lui !

Pour conclure, il y a encore quelques jours, je ne connaissais qu’un enfant au couple Jacques Moreau et Marie Petitclerc, et je sais maintenant qu’ils en ont eu 6, dont 2 Marie !

EnfantsMoreau

En cherchant autre chose sur Internet, je suis tombée – à point nommé – sur cette citation bien connue de Boileau (ou attribuée à Boileau) qui me semble s’appliquer parfaitement aux recherches généalogiques en général et plus particulièrement à celle-ci :

« Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,

Polissez-le sans cesse, et le repolissez,

Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. »

 

Une jumelle par an chez les CHARLES

Pour compléter la fratrie de Brigite CHARLES (sosa 43), épouse de Silvain RÉAU (sosa 42), je me suis plongée dans les registres d’état civil de La Roche Posay et de Leigné-les-Bois. Je ne pensais pas y trouver 9 frères et sœurs, et encore moins des jumelles.

Les parents de Brigite sont Jacques CHARLES (sosa 86) et Marie CHAUSSEBOURG (sosa 87). Ils se sont mariés le 5 février 1810 à La Roche Posay où sont nés leurs premiers enfants : Marie le 24 décembre 1810, Jacques le 18 février 1813 (décédé le 23 avril de la même année), Benjamin le 31 mars 1814 et Anne le 28 mai 1816.

La famille déménage ensuite à Leigné-les-Bois où suivent 6 naissances : Brigite le 1er janvier 1819, sosa 43, Estasie (sic) le 25 avril 1822, Rose le 4 mars 1824, Geneviève le 31 décembre 1829, Joséphine le 1er janvier 1830 et enfin Élise le 6 novembre 1832.

Ce sont Geneviève et Joséphine qui m’ont intéressée. Le dernier acte de 1829 est celui de la naissance de Geneviève, il précise qu’elle est née à 5 heures du matin.

J’ouvre le registre suivant, et le premier acte de 1830 est celui de la naissance de Joséphine, à 4 heures du matin.

Je vérifie rapidement que les parents sont bien les mêmes, on ne sait jamais, c’est bien le cas.

Pour résumer, nous avons donc 2 petites filles, nées à 23 heures d’intervalle, mais pas la même année, ni la même décennie, et qui ne sont donc pas inscrites sur le même registre !

Malheureusement, mes recherches pour savoir si elles avaient survécu et si oui, ce qu’elles étaient devenues, n’ont pas abouti.

Pour compléter le tableau, l’heureux papa, Jacques CHARLES, avait environ 42 ans, et Marie CHAUSSEBOURG son épouse en avait environ 39. Il était laboureur et avait une douzaine de bouches à nourrir…

C’était la minute « naissances insolites » !

Les DEGENNE et les colons allemands

Il y a quelques temps, j’ai lu un article à propos de colons allemands venus s’installer dans la région de Monthoiron, dans le Poitou, pour défricher et développer l’agriculture, à l’initiative du marquis Louis Nicolas de Pérusse des Cars, dans la deuxième partie du XVIIIe siècle. Ce marquis, je savais déjà le rôle qu’il avait joué dans l’accueil des Acadiens en Poitou, mais j’ignorais tout de ces colons. Cet article de Sébastien Jahan m’a fait découvrir cette facette et surtout, un lien entre une de ces familles allemandes et une branche Degenne !

Vers 1760, sa carrière militaire interrompue par une blessure, le marquis vient s’installer sur ses terres poitevines et donne libre cours à sa passion pour l’agronomie, aidé en cela par les avantageuses dispositions fiscales applicables aux « défricheurs étrangers ». Connaissant bien la Rhénanie, c’est vers cette région allemande qu’il se tourne pour trouver de la main-d’œuvre. Il y trouve, entre autres, une famille Dupont qui, malgré son nom très français, est originaire de la province de Liège (alors dans l’Empire allemand). Il s’agit de Henry (Henricus) du Pont et de son épouse Isabelle (Isabella) Loneux qui arrivent dans les années 1760 avec des enfants déjà adultes. Isabelle décèdera en 1768, à l’âge de 46 ans, et Henry la suivra en 1770, à l’âge de 56 ans.

Malheureusement, l’entreprise du marquis est un échec. Sébastien Jahan note :

« À partir de 1767, de mauvaises récoltes rendent encore plus délicate la poursuite des travaux. En 1768, Pérusse, lassé, a plus ou moins abandonné son rêve de colonie de peuplement et de remise en valeur des brandes de Monthoiron. »

De nombreux colons quittent la région, mais les Dupont restent et s’intègrent, en partie parce qu’ils parlent français. Tous leurs enfants épousent des Poitevins.

Les trois enfants arrivés avec Henry et Isabelle sont Luce, qui décèdera à Targé, à côté de Châtellerault, en 1773, à l’âge de 17 ans, et deux garçons qui feront souche dans la région : Sébastien et Martin. Martin DUPONT épousera Jeanne CHABOT à St-Hilaire, petite paroisse rattachée depuis à Saint-Sauveur, puis Marie Anne DANSAC à Senillé. Il est dit journalier en 1786 et propriétaire en 1815.

Quant à Sébastien (Sebastianus) DUPONT, celui qui nous intéresse, et avant d’évoquer sa famille, voici une intéressante précision à propos de la période révolutionnaire :

« Les trois autres familles survivantes – Dupont, Leideck et Steyns – sont restées. Non seulement, elles n’ont pas fui la tourmente, mais elles ont pris de l’épaisseur sur les ruines de l’Ancien Régime féodal. En l’an III, Sébastien Dupont et Christian Steins achètent en effet des biens nationaux taillés dans les immenses domaines de leur ancien propriétaire, le marquis de Pérusse des Cars. Tandis que Dupont acquiert ainsi la maison et le domaine de Bourg, Steins se rend propriétaire de la maison et des terres du Grand Fief Bâtard comme de la métairie du Faguet. »

On devine une certaine aisance financière, confirmée par le contrat de mariage entre Sébastien DUPONT et Catherine FURGÉ, également évoqué dans cet article :

« Quant à leur niveau de fortune, en l’absence de sources appropriées, il reste difficile à saisir. Mais le seul contrat de mariage qui a été retrouvé – celui de Sébastien Dupont –témoigne d’une honnête aisance : le marié apporte 500 livres et sa future autant. »

Sébastien DUPONT épouse donc Catherine FURGÉ le 12 juillet 1773 à Targé. Ils auront sept enfants, tous nés à Saint-Hilaire. Par la suite, la famille s’installe à Leigné-les-Bois où Sébastien sera maire sous le Directoire puis adjoint sous l’Empire.

SebastienDupont

Il arrive que Sébastien Dupont signe Bastien, mais c’est bien la même personne.

BastienDupont

Voici leurs sept enfants :

  1. Pierre Sébastien, né le 3 mai 1774 (plus de traces par la suite…)
  2. Élisabeth, née le 21 mars 1776, qui aura deux époux : Gabriel DEGENNE puis François DEGENNE. Elle décède le 27 août 1848 à Leigné-les-Bois
  3. Marie Catherine, née le 8 décembre 1778, elle épousera Laurent LARRIVÉE. Elle décède le 26 mars 1863 à Leigné-les-Bois
  4. Henry, né le 23 juillet 1781, il épousera Jeanne GILLET (dont la mère s’appelle Jeanne DEGENNE…) et décède le 20 août 1824 à Leigné-les-Bois
  5. Anne Françoise, née le 9 mars 1784, décédée le 13 mars 1784
  6. Marie Jeanne, née le 5 août 1785, elle épousera Jacques MASSÉ et décède le 9 juillet 1858 à Leigné-les-Bois
  7. Marianne Thérèse, née le 15 octobre 1787, elle épousera Jacques TRANCHANT, qui meurt l’année suivante. Elle se remariera avec Louis FURGÉ. Elle décède le 12 juin 1858 à Pleumartin.

C’est bien évidemment Élisabeth qui m’intéresse, avec ses deux époux Degenne successifs. J’ai voulu savoir s’ils étaient parents. Alors, j’ai cherché… et trouvé !

Le premier, Gabriel DEGENNE, qu’Élisabeth épouse à Leigné-les-Bois le 10 janvier 1797 – elle a 20 ans, il en a 21 –, est le frère de notre sosa 81, Marie Anne Thérèse DEGENNE, mariée à Jean GUÉRIN. Si j’en crois la lecture des registres, Gabriel DEGENNE et Jean GUÉRIN se fréquentaient régulièrement, ils sont souvent témoins tous les deux, au décès d’une voisine par exemple, ou parrains de leurs enfants respectifs. Gabriel et Marie Anne sont deux des sept enfants, tous nés à Monthoiron, de Louis DEGENNE, « tisserand marchand » et de Louise OUVRARD. J’en ai parlé ici.

Gabriel DEGENNE et Élisabeth DUPONT auront 4 enfants, tous nés à Leigné-les-Bois :

  • Marie, née le 17 octobre 1802 et dont je perds ensuite la trace… Aucun acte de décès ni de mariage dans les années qui suivent.
  • Une autre Marie naît le 21 mai 1805, elle vivra 82 ans et s’éteindra à Châtellerault le 25 mai 1887. Elle épousera Alexis AUDINET, elle est dite couturière à son mariage.
  • Gabriel, né le 8 août 1807. Il épouse Madeleine PICHON à Saint-Sauveur le 12 mai 1832. Gabriel mourra à 38 ans, comme son père.
  • Silvain, né le 13 janvier 1814. Il épouse Marie Anne GIRAUDEAU. Je leur connais un fils.

SignatureGabrielDegenne

Gabriel DEGENNE meurt à 38 ans, le 25 septembre 1814, à Leigné-les-Bois. Élisabeth se retrouve donc veuve avec des enfants en bas âge, le plus jeune n’a que quelques mois.

Elle se remarie quatre ans plus tard, le 4 octobre 1818, avec François DEGENNE. Elle a alors 42 ans et François en a 23. François est né le 5 décembre 1794 à Saint-Sauveur comme ses frères et sœurs. Ses parents sont Pierre DEGENNE, laboureur, et Jeanne LAURENT. Ils sont nés, mariés et décédés à Saint-Sauveur. Pierre est le fils d’un autre Pierre DEGENNE, maréchal-ferrant, et de Jeanne OUVRARD, elle-même sœur de Louise OUVRARD (épouse de notre Louis DEGENNE, sosa 162), les parents de Gabriel DEGENNE.

DEGENNE-DUPONT

Ce n’est pas facile à suivre, tous ces liens sont imbriqués, j’espère que ma tentative de schéma permettra de mieux comprendre que les deux époux d’Élisabeth DUPONT sont cousins. J’ai dû m’arracher quelques cheveux pour tout mettre en ordre et y voir clair. Et surtout, j’étais loin de me douter que nos Degenne seraient liés aux colons allemands du marquis !


Sources :

Article de Sébastien Jahan sur les colons allemands du marquis : http://ccha.fr/archives/424

Sur le marquis Louis Nicolas de Pérusse des Cars : https://bit.ly/2C0i7yV