Les petits bonheurs

Il en faut ! Une des choses que j’adore en généalogie, c’est trouver un acte, une date, un lieu que personne n’a encore découvert. Souvent par paresse, alors qu’il suffisait d’ouvrir un registre pour trouver facilement. Ça marche très bien pour mes ancêtres très sédentaires, s’ils ne sont pas nés ou morts dans leur village de naissance, ils le sont souvent dans celui d’à côté. Pour les plus voyageurs, c’est moins simple, mais il y a des astuces, à la condition de ne pas s’appeler Jean MOREAU ou Marie MARTIN, évidemment. Et comme ce sont toujours les cordonniers les plus mal chaussés, je dois relativiser et avouer que j’ai moi-même quelques ancêtres dont je ne trouve le décès nulle part… À ma décharge, on ne peut rien contre des registres endommagés, souvent illisibles, ou manquants.

Mais dans certains cas, intuition et coup de chance sont mes meilleurs alliés. En voici un bon exemple.

J’ai récemment décidé d’ajouter Michel FOUCAULT à mon arbre, nous sommes cousins trèèès éloignés, mais ces cousinages (merci Généanet) permettent de repartir d’une branche ancienne, de faire la généalogie descendante et d’avoir parfois quelques surprises. Sans compter que par le biais des alliances, on peut se retrouver dans des milieux sociaux complètement différents, comme c’est le cas ici. Le couple d’origine que nous (mes cousins/cousines) partageons avec Michel FOUCAULT, c’est Méry JOUSSELIN (mon sosa 10954) et Jeanne AUBUGEAU (sosa 10955). Je sais peu de choses : il est marchand à Traversay, un village de Dissay, dans la Vienne, et décédé le 6 avril 1640. Je leur connais 5 enfants : Catherin, Jehan, Tiennette, Martine et Fiacre. J’ai trouvé des renseignements très utiles dans d’anciens numéros de la revue Héraldique et Généalogie (faciles à consulter dans la bibliothèque de Généanet), car le père de Méry JOUSSELIN, Hilaire, était « receveur de la châtellenie de Dissay » et que plusieurs de ses fils et gendres étaient notaires royaux.

Je suis donc partie de là, de deux de leurs enfants, ma sosa Martine JOUSSELIN et son frère Jehan, aïeul de Michel FOUCAULT, et j’ai descendu les générations les unes après les autres, en vérifiant à chaque fois que tout collait et en notant bien les références des actes que je trouvais. J’ai complété des fratries, avec les conjoints.

En cours de route, j’ai eu la surprise de trouver un AURIAULT. Le cousinage avec Michel FOUCAULT se fait par ma branche paternelle, mais j’ai beaucoup de AURIAU dans ma branche maternelle. Je n’ai pas trouvé de lien, mais le secteur géographique correspond. Il va falloir creuser tout ça.

Une fois arrivée au couple formé par François AURIAULT et Charlotte TRANCHAND, je m’aperçois qu’aucun des arbres en ligne consultés ne mentionne leurs date et lieu de décès. Même chose pour leur fils, Firmin Charles, et son épouse Adèle Victoire Aglaé GIRAUDEAU. Ah ah ! Voilà un petit défi comme je les aime et c’est aussi une bonne occasion de mettre à profit cette obstination qu’on me reproche parfois… (Mais qu’est-ce que tu peux être têtue !)

Je décide de commencer par Firmin Charles AURIAULT, le nom n’est pas banal. Lui et son épouse sont présents au mariage de leur fille Marie Adèle Hermance Anaïs (!) en 1872 à Vendeuvre-du-Poitou, j’ai donc un point de départ. Je commence à chercher dans les tables décennales de leurs villages de naissance (Thurageau et Chabournay), de leur lieu de résidence à cette date, de celui de leur fille, mais rien ! Peut-être faut-il sortir de la Vienne, mais pour aller où ? Mes recherches sur Généanet et Filae ne donnaient pas la moindre piste. Je laisse dormir (très bonne méthode) et le lendemain, je décide de lancer un filet sur Généanet en indiquant uniquement le nom et les prénoms de Firmin Charles, aucun lieu et une seule indication de date « après 1872 ». Bingo ! Ce qui ne donnait rien quand je précisais les deux noms du couple fonctionne à merveille. À ma grande surprise, je découvre un arbre, un seul, qui mentionne le mariage d’un Firmin Charles AURIAULT à une dame Élisa BEAURANG, née à Verviers, en Belgique. Ils se sont mariés dans le 17e arrondissement de Paris le 28 juin 1877 et je n’aurais jamais eu l’idée d’aller chercher aussi loin ! Il a 50 ans et sa nouvelle épouse 45. L’acte de mariage, que je trouve facilement, me comble. Il mentionne les dates de décès des parents de Firmin Charles, qui me manquaient aussi, et la date de décès d’Adèle Victoire Aglaé, le 16 décembre 1874 à… Levallois-Perret ! De mieux en mieux. La question, c’est : comment un ancien meunier du Poitou, devenu propriétaire certes, mais quand même, un natif de Thurageau, se retrouve veuf, domicilié à Paris, boulevard Voltaire, à épouser dans le 17e une rentière d’origine belge ? En attendant, je commence à me dire que s’ils ont vécu ensuite à Paris ou en région parisienne, voire en Belgique, ça ne va pas être simple de trouver leurs décès, surtout celui de Firmin Charles. Avec ma propre généalogie qui ne déborde pratiquement pas de la Touraine et du Poitou, je n’ai jamais fait de recherches à l’étranger.

Après avoir épuisé l’aide de Généanet sans pouvoir mettre la main sur les date et lieu de décès de Firmin Charles, je me tourne vers Filae en me disant qu’il serait étonnant que cette méthode de n’indiquer que le nom fonctionne une seconde fois, ce serait trop beau. Et pourtant, ça devait être mon jour de chance, je tape uniquement le nom et les prénoms de Firmin Charles et croise les doigts. Et deuxième bingo ! Il est décédé le 26 février 1907 à… Tours ! Mais quel voyageur, je n’ai pas l’habitude ! Profitant de ma chance, je récidive avec le nom et le prénom d’Élisa pour découvrir qu’elle aussi est décédée à Tours, quelques années après son mari, le 10 avril 1911.

Ce n’est pas tant cette parenté avec Michel FOUCAULT qui est importante (même si on me dit que « c’est la classe ! »), mais les recherches et découvertes qu’elle permet. J’espère que ces trouvailles serviront à d’autres, c’est le but.

Les cousinages (suite)

Après le cousinage avec Marie BESNARD (ici), j’en avais promis d’autres, et puis le temps est passé… Je me rattrape, en voici quelques-uns, un peu inattendus, mais qui a dit que la généalogie était ennuyeuse ?

Du côté DEGENNE, voici une parenté qui me réjouit, même si elle est éloignée, c’est avec Régine DEFORGES. Je la savais originaire de Montmorillon, et nous n’avons qu’une branche dans ce coin de la Vienne, mais je n’osais pas l’imaginer. Léonard MILORD (sosa 2348), un meunier, et Gabrielle BERTHAULT (sosa 2349) ont eu huit enfants. Nous descendons de leur fils Antoine (sosa 1174), également meunier, et Régine DEFORGES descend de leur fille Suzanne.

ParentéRégineDeforges.jpg

Du côté GUÉRIN, nous sommes parents avec… François HOLLANDE (comme la moitié de l’Europe, d’ailleurs, y compris des têtes couronnées). Nos ancêtres communs sont Jean GAUVAIN (sosa 1282) qui a épousé Jeanne LE DAY (ou LÉDÉ) à Châtellerault le 7 avril 1704. Ils ont eu 5 enfants.

ParentéFrancoisHollande

Il me reste deux autres cousinages à vérifier, mais les sources sont rares et les erreurs fréquentes, alors la prudence est de mise.

Bonnes fêtes à toutes et à tous !

Un cousinage encombrant ? Pas si sûr…

Le site Généanet permet, une fois qu’on a déposé son arbre, de rechercher des cousinages, le plus souvent avec des « célébrités ». La curiosité étant un merveilleux défaut, j’ai cliqué allègrement, ne sachant pas vraiment à quoi m’attendre, et au bout de quelques secondes, je me suis retrouvée avec 5 « cousins » dont les noms sont bien connus. N’allez pas croire que je vais vous donner tous les noms maintenant, ce serait trop facile !

Je vais commencer par le cousinage qui ne m’a pas vraiment surprise, étant donné le village d’origine de mes ancêtres et celui de cette personne : Saint-Pierre-de-Maillé. C’est un village, pas une grande ville, donc tôt ou tard, cette parenté allait finir par se matérialiser.

Vous avez certainement tous entendu parler de Marie Besnard. Moi aussi, mais il y a longtemps et j’ai eu besoin de me rafraîchir la mémoire. Oui, bien sûr, « la bonne dame de Loudun », « l’empoisonneuse de Loudun », ça me parlait, mais sans plus. Je savais qu’elle avait été accusée d’avoir empoisonné son mari Léon et plusieurs personnes de son entourage, mais je ne savais plus si elle avait été condamnée. Je me souvenais aussi avoir lu que la terre du cimetière de Loudun était gorgée d’arsenic, bref des souvenirs épars et pas très cohérents.

Après quelques recherches, je sais maintenant qu’elle a connu trois procès et qu’elle a été acquittée au dernier. Aucune preuve. En revanche, beaucoup de médisances et de jalousies autour d’elle (Léon avait « des biens ») qui ont pris une ampleur démesurée. Dans un des liens que je vous donne en fin d’article, il est fait mention de la réflexion d’un psychiatre qui l’avait trouvée « anormalement normale ».

Notre parenté commence avec ce couple : René PLAUD, qui épouse Anne ROCHER le 26 novembre 1715 à Saint-Pierre-de-Maillé. Si je déchiffre bien l’acte de mariage, Anne a « 15 ans ou environ » et René, 22.

Je leur ai trouvé quatre enfants : Jeanne née en 1726, Anne en 1729, Silvain en 1733 et Louis en 1736, mais ce sont Jeanne et Louis qui nous intéressent.

CousinageMarieBESNARD

Il y a fort à parier que Célestine Plaud et Louis Degenne ont connu Marie Besnard lorsqu’elle était jeune, ou ses parents agriculteurs, puisqu’ils ont vécu à Saint-Pierre-de-Maillé au moins jusqu’en 1906. Ensuite, c’est moins sûr, car après le décès (non suspect, je précise) de son premier mari, elle est partie à Loudun. Pour son malheur. Les récentes lectures que j’ai faites à son sujet étaient vraiment intéressantes, je vous invite à en faire autant.

021-Marie-Besnard

Marie Besnard, née Davailleau 1895-1980

Voici quelques liens :

http://www.favreaucivilise.com/fr-procesdusiecle0906.htm (le fond bleu n’est pas des plus agréables, mais c’est un article complet, rédigé par une des avocates de Marie Besnard.)

https://www.collection-privee.org/public/galerie-virtuelle-plus.php?theme=7 À part quelques inexactitudes (non, Saint-Angle-sur l’Anglin n’existe pas !), c’est un résumé qui semble fidèle.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_Besnard Que ferions-nous sans Wikipédia ?

À bientôt pour savoir qui sont les autres cousins (et la cousine) !

 

 

Mado Robin, notre cousine !

Et oui, ce cousinage existe bel et bien, il faut juste commencer par faire un bond en arrière, jusqu’en 1665 environ, avant de trouver nos ancêtres communs.

C’est avec le couple Louis CARRÉ (sosa 1038) et Marie MAGNIÉ (sosa 1039) que tout commence.

Louis était le fils de Rémy CARRÉ et d’Honorée GUÉRIN, il était laboureur à Vicq-sur-Gartempe, où il est né le 21 décembre 1644 et est décédé le 28 août 1725, à l’âge très honorable de 80 ans.

LaBaudonniere

Probablement là-même où vécurent nos ancêtres…

Pour l’anecdote, il est qualifié de « sieur de la Baudonnière », son frère aîné Jean est « sieur du Breuil », et je n’ai pas encore trouvé l’origine de cette dénomination assez pompeuse pour des milieux si modestes…

Vers 1665, il a épousé Marie MAGNIÉ, ils ont eu 10 enfants, parmi lesquels Anthoinette (Sosa 519) et Sylvain. Anthoinette est née en 1666, c’est vraisemblablement l’aînée de la fratrie. Sylvain, quant à lui, est né en 1680.

Chacun est à l’origine d’une lignée et c’est celle de Sylvain qui a donné naissance à Madeleine Robin, dite Mado Robin, que les plus jeunes ne connaîtront pas, mais dont le nom parlera certainement aux plus anciens. Mado Robin était artiste lyrique, elle a connu une très belle carrière. Je cite l’article qui lui est consacré sur Wikipédia : Elle devient célèbre dans le monde entier pour ses excursions dans la stratosphère vocale en parvenant à donner un contre-contre-ré, la note la plus aiguë jamais chantée. Elle était souvent surnommée avec respect « The French stratospheric colorature ». Un célèbre journal américain titrait alors « Elle a franchi le mur du son ».

MadoRobin

Mado Robin

Elle était née le 29 décembre 1918 à Yzeures-sur-Creuse, et elle est décédée à Paris, le 10 décembre 1960. Un musée lui est dédié à Yzeures.

Anecdote personnelle : j’ai souvent entendu raconter par mon père que lorsqu’il était à l’école primaire, Mado Robin était venue en visite dans cette école. Pour l’occasion, les enfants avaient chanté et à la fin, Mado Robin avait dit : « Il n’y en a qu’un qui ne chante pas faux » en montrant mon père (qui biche à chaque fois qu’il raconte cette histoire !)

Pour en savoir plus sur sa carrière : BiographeMadoRobin

CousinageMadoRobin

Le cousinage