Un cousinage encombrant ? Pas si sûr…

Le site Généanet permet, une fois qu’on a déposé son arbre, de rechercher des cousinages, le plus souvent avec des « célébrités ». La curiosité étant un merveilleux défaut, j’ai cliqué allègrement, ne sachant pas vraiment à quoi m’attendre, et au bout de quelques secondes, je me suis retrouvée avec 5 « cousins » dont les noms sont bien connus. N’allez pas croire que je vais vous donner tous les noms maintenant, ce serait trop facile !

Je vais commencer par le cousinage qui ne m’a pas vraiment surprise, étant donné le village d’origine de mes ancêtres et celui de cette personne : Saint-Pierre-de-Maillé. C’est un village, pas une grande ville, donc tôt ou tard, cette parenté allait finir par se matérialiser.

Vous avez certainement tous entendu parler de Marie Besnard. Moi aussi, mais il y a longtemps et j’ai eu besoin de me rafraîchir la mémoire. Oui, bien sûr, « la bonne dame de Loudun », « l’empoisonneuse de Loudun », ça me parlait, mais sans plus. Je savais qu’elle avait été accusée d’avoir empoisonné son mari Léon et plusieurs personnes de son entourage, mais je ne savais plus si elle avait été condamnée. Je me souvenais aussi avoir lu que la terre du cimetière de Loudun était gorgée d’arsenic, bref des souvenirs épars et pas très cohérents.

Après quelques recherches, je sais maintenant qu’elle a connu trois procès et qu’elle a été acquittée au dernier. Aucune preuve. En revanche, beaucoup de médisances et de jalousies autour d’elle (Léon avait « des biens ») qui ont pris une ampleur démesurée. Dans un des liens que je vous donne en fin d’article, il est fait mention de la réflexion d’un psychiatre qui l’avait trouvée « anormalement normale ».

Notre parenté commence avec ce couple : René PLAUD, qui épouse Anne ROCHER le 26 novembre 1715 à Saint-Pierre-de-Maillé. Si je déchiffre bien l’acte de mariage, Anne a « 15 ans ou environ » et René, 22.

Je leur ai trouvé quatre enfants : Jeanne née en 1726, Anne en 1729, Silvain en 1733 et Louis en 1736, mais ce sont Jeanne et Louis qui nous intéressent.

CousinageMarieBESNARD

Il y a fort à parier que Célestine Plaud et Louis Degenne ont connu Marie Besnard lorsqu’elle était jeune, ou ses parents agriculteurs, puisqu’ils ont vécu à Saint-Pierre-de-Maillé au moins jusqu’en 1906. Ensuite, c’est moins sûr, car après le décès (non suspect, je précise) de son premier mari, elle est partie à Loudun. Pour son malheur. Les récentes lectures que j’ai faites à son sujet étaient vraiment intéressantes, je vous invite à en faire autant.

021-Marie-Besnard

Marie Besnard, née Davailleau 1895-1980

Voici quelques liens :

http://www.favreaucivilise.com/fr-procesdusiecle0906.htm (le fond bleu n’est pas des plus agréables, mais c’est un article complet, rédigé par une des avocates de Marie Besnard.)

https://www.collection-privee.org/public/galerie-virtuelle-plus.php?theme=7 À part quelques inexactitudes (non, Saint-Angle-sur l’Anglin n’existe pas !), c’est un résumé qui semble fidèle.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_Besnard Que ferions-nous sans Wikipédia ?

À bientôt pour savoir qui sont les autres cousins (et la cousine) !

 

 

Mado Robin, notre cousine !

Et oui, ce cousinage existe bel et bien, il faut juste commencer par faire un bond en arrière, jusqu’en 1665 environ, avant de trouver nos ancêtres communs.

C’est avec le couple Louis CARRÉ (sosa 1038) et Marie MAGNIÉ (sosa 1039) que tout commence.

Louis était le fils de Rémy Carré et d’Honorée Guérin, il était laboureur à Vicq-sur-Gartempe, où il est né le 21 décembre 1644 et est décédé le 28 août 1725, à l’âge très honorable de 80 ans.

LaBaudonniere

Probablement là-même où vécurent nos ancêtres…

Pour l’anecdote, il est qualifié de « sieur de la Baudonnière », son frère aîné Jean est « sieur du Breuil », et je n’ai pas encore trouvé l’origine de cette dénomination assez pompeuse pour des milieux si modestes…

Vers 1665, il a épousé Marie Magnié, ils ont eu 10 enfants, parmi lesquels Anthoinette (Sosa 519) et Sylvain. Anthoinette est née en 1666, c’est vraisemblablement l’aînée de la fratrie. Sylvain, quant à lui, est né en 1680.

Chacun est à l’origine d’une lignée et c’est celle de Sylvain qui a donné naissance à Madeleine Robin, dite Mado Robin, que les plus jeunes ne connaîtront pas, mais dont le nom parlera certainement aux plus anciens. Mado Robin était artiste lyrique, elle a connu une très belle carrière. Je cite l’article qui lui est consacré sur Wikipédia : Elle devient célèbre dans le monde entier pour ses excursions dans la stratosphère vocale en parvenant à donner un contre-contre-ré, la note la plus aiguë jamais chantée. Elle était souvent surnommée avec respect « The French stratospheric colorature ». Un célèbre journal américain titrait alors « Elle a franchi le mur du son ».

MadoRobin

Mado Robin

Elle était née le 29 décembre 1918 à Yzeures-sur-Creuse, et elle est décédée à Paris, le 10 décembre 1960. Un musée lui est dédié à Yzeures.

Anecdote personnelle : j’ai souvent entendu raconter par mon père que lorsqu’il était à l’école primaire, Mado Robin était venue en visite dans cette école. Pour l’occasion, les enfants avaient chanté et à la fin, Mado Robin avait dit : « Il n’y en a qu’un qui ne chante pas faux » en montrant mon père (qui biche à chaque fois qu’il raconte cette histoire !)

Pour en savoir plus sur sa carrière : BiographeMadoRobin

CousinageMadoRobin

Le cousinage