Sosa 1981 – Vincente BEAUVILLAIN

Une de mes associations préférées, le Cercle généalogique poitevin (CGP), dont les statuts ont été déposés en 1981, fête cette année ses 40 ans. À cette occasion, il a été demandé aux adhérents d’apporter leur contribution en parlant de leur sosa 40 ou de leur sosa 1981. J’écrirai une autre fois sur mon sosa 40, Jean GUÉRIN. Pour cette participation, j’ai préféré centrer mes recherches sur ma sosa 1981. Quand j’ai regardé de quelles informations je disposais sur elle, je n’ai trouvé que son nom, celui de son époux et d’un seul enfant. Autrement dit, il fallait partir de zéro ou presque.

Je savais qu’elle s’appelait Vincente BEAUVILLAIN, un prénom qui n’a plus vraiment cours contrairement aux siècles passés, et un patronyme qui fleure bon le Poitou où les BEAUVILLAIN sont légion, et le mot est faible.

Vincente est née le 9 mars 1649 à Saint-Gervais-les-Trois-Clochers, à une quinzaine de kilomètres à l’ouest de Châtellerault. C’est la petite dernière des sept enfants de Louis BEAUVILLAIN et Vincente GOUILLÉ, qui se sont mariés 20 ans plus tôt en l’église Saint-Gervais-et-Saint-Protais de… Saint-Gervais. Ses frères et sœurs sont : Louise, née en 1630, René en 1633, Renée en 1636, Vincente en 1638, Nicolas en 1640 et Jean en 1644. Ces enfants sont nés à St-Gervais ou bien à Avrigny, une paroisse rattachée à Saint-Gervais depuis, qui était à l’époque une vraie ville fortifiée et dont il ne reste qu’un assez gros hameau. Les deux paroisses sont distantes d’un kilomètre.

Baptême de Vincente BEAUVILLAIN

Le 25 février 1675, elle a 25 ans et épouse Jacques PERCHERON (sosa 1980) dont je n’ai pas réussi à trouver la naissance ni le décès. Quelques pistes me donnent à penser qu’il est originaire de Marigny-Marmande, mais rien de concret. Le mariage a lieu en l’église de Jaulnay, à quelques kilomètres de St-Gervais, mais en Touraine. C’est un peu étonnant puisque la coutume voulait que les mariages soient célébrés dans la paroisse de naissance ou de résidence de l’épouse. J’imagine que Jacques PERCHERON y résidait à l’époque de son mariage, mais je n’en sais rien.

Union Jacques PERCHERON & Vincente BEAUVILLAIN

Le couple s’installe à Saint-Gervais et comme aucun métier n’est jamais mentionné sur les différents actes que j’ai consultés, j’en déduis qu’ils travaillaient la terre. Les artisans sont souvent désignés comme tels : maçon, cordonnier, etc. et ce n’est pas le cas ici.

Je leur connais trois fils, on peut supposer qu’il y a eu plus d’enfants, mais je ne les ai pas trouvés. René est né le 10 février 1676 à Saint-Gervais, suivi de Bertrand, à une date inconnue, et Jean, le 6 février 1685, qui est mon sosa 990.

Vincente est décédée le 19 février 1706 à Avrigny, quelques semaines avant son 57e anniversaire. Elle n’aura pas assisté au mariage de son fils Jean en 1716 ni connu ses petits-enfants. Pour ses deux autre fils, je n’ai pas (encore) trouvé d’union ni de descendance.

Décès de Vincente BEAUVILLAIN

Fatal coup de fusil

C’est la première fois que je découvre une mort violente dans ma généalogie, dans la branche de ma grand-mère paternelle.

En effet, en essayant d’approfondir l’histoire de cette Marie née de « père inconnu » et que je pensais être la fille de Marguerite CHAMPIGNY (sosa 169), je cherche tous les membres de la famille plus ou moins proche. Honnêtement, je ne suis pas sûre de découvrir la vérité un jour tant les registres sont peu bavards.

Néanmoins, j’ai pu remonter jusqu’à son arrière-grand-père, Mathurin CHAMPIGNY (sosa 1352). Je n’ai trouvé que son acte de décès, mais je n’ai pas été déçue. Le pauvre Mathurin, âgé d’environ 35 ans, originaire de Posay-le-Vieil (1) se trouvait à Crémille (2) le dimanche 31 mai 1682, jour où il a reçu un « fatal coup de fuzil ». Il est décédé le lendemain et a été inhumé le mardi 2 juin « muni des sacrements », comme il se doit.

L’acte de décès précise que « sa femme » était présente. Monsieur le curé, « sa femme » a un nom, elle s’appelait Marie TORTICIER, c’est ma sosa 1353. Je n’ai rien trouvé encore sur elle, je ne sais pas si elle était originaire de Crémille, de Posay-le-Vieil ou d’une autre paroisse.

À ma connaissance, Mathurin et elle étaient parents de trois enfants : Marie, née le 22 mai 1677, François, né le 28 mars 1679, et Jean, mon sosa 676, né le 9 novembre 1681, tous les trois à Posay-le-Vieil.

Accident ou meurtre ? Je doute d’en savoir plus parce que les archives de la sénéchaussée de Châtellerault qui se trouvent aux Archives départementales de la Vienne ne sont pas communicables en raison de leur mauvais état. Quel dommage !

Pour essayer de trouver leurs dates de naissance, leur mariage, un éventuel remariage de Marie TORTICIER, j’ai parcouru pas mal de registres, de ceux qui ont des pages tachées d’encre ou qui ont été mouillées, de ceux qui passent directement de 1677 à 1683, ou encore qui ne mentionnent qu’un nom, sans autre information, que les nombreuses homonymies empêchent d’attribuer avec suffisamment de certitude à un aïeul.

  • (1) ancienne paroisse réunie à La Roche-Posay en 1806
  • (2) ancienne paroisse réunie à Pleumartin en 1790
L’acte de décès de Mathurin CHAMPIGNY

Qui est donc le père de Marie ?

Je suis toujours en train de récupérer les sources des actes pour remplacer les « permaliens » qui ne sont plus valables et ça n’a pas manqué : je suis tombée sur une énigme dans la fratrie RÉAU (le nom est aussi orthographié RÉAULT, RIAU, RIOT…).

J’ai ce couple René RÉAU et Marguerite CHAMPIGNY, ce sont mes sosa 168 et 169, des aïeux de ma grand-mère paternelle. René est né en 1732 à Pleumartin, il y est décédé en 1786.

En 1771, il épouse Marguerite CHAMPIGNY, née en 1747, aussi à Pleumartin. Ils ont 15 ans d’écart, ce qui n’est pas si fréquent dans ma généalogie. René ne semble pas veuf, il a juste une quarantaine d’années.

Je connaissais 6 enfants à ce couple et j’ai donc cherché les actes de baptême. Ils sont tous nés à Pleumartin.

Marie, née le 24 septembre 1772. Je l’ai trouvée au moment de rédiger, je ne sais rien de plus pour le moment.

Jean, le 1er octobre 1775, il mourra en 1790, à l’âge de 14 ans.

Marie le 29 mai 1776, qui épousera Jean Baptiste LAPIER(RE) en 1816 à Leigné-les-Bois.

Louis, né le 23 avril 1778, qui décède le 13 mai de la même année.

Joseph, né le 5 juillet 1779. Je n’ai pas trouvé d’autres traces de lui.

Silvain, mon sosa 84, née le 1er octobre 1781.

Il ne me manquait que la date de naissance de Marie, introuvable dans les bases habituelles, même avec le patronyme orthographié différemment. Un recoupement rapide avec l’âge mentionné (40 ans) sur l’acte de mariage me pousse à regarder en 1776. Et je la trouve, mais avec une grosse surprise !

L’acte de baptême ne mentionne que le prénom, Marie, et dit qu’elle est « fille naturelle » de Marguerite CHAMPIGNY ! Ses parrain et marraine sont les parents de Marguerite.

Baptême de Marie RÉAU

Le lieudit indiqué sur cet acte (La Moujonnerie, probablement) ne m’aide pas beaucoup, impossible de savoir si c’était le domicile des parents de Marguerite ou le sien. Les autres actes n’en mentionnent pas, donc pas de comparaison possible.

Comment se peut-il qu’elle soit déclarée « de père inconnu » alors que Marguerite était mariée à René depuis 5 ans ? Qu’il y a eu deux enfants avant et trois après ? Et que le père est bien indiqué pour les autres enfants ?

Je suis perplexe. On peut évidemment partir sur des hypothèses d’enfant conçu hors mariage, conception volontaire ou pas, mais si vous avez d’autres idées que je pourrais explorer, n’hésitez pas !

Je radote : on ne s’ennuie jamais avec nos ancêtres !

La descendance de Pierre Emmanuel AURIAU et Justine AUJARD

La gare de Monts-sur-Guesnes, le point de départ…

Pour changer un peu de la recherche d’ancêtres, je me suis lancée dans la reconstitution de toute une fratrie un peu différente de mes éternels et très sédentaires laboureurs. Je n’ai pas regretté, j’ai découvert des destins surprenants et frôlé le cousinage entre mes grands-parents maternels ! Il s’agit des enfants de Pierre Emmanuel AURIAU (sosa 48) et de Justine AUJARD (sosa 49). Le couple s’est marié le 9 avril 1823 à Saint-Genest-d’Ambière, où est née Justine, mais a passé l’essentiel de sa vie à Monts-sur-Guesnes où sont nés leurs huit enfants. À leur mariage, Pierre Emmanuel était un tisserand de 24 ans, et Justine avait 21 ans. Pierre Emmanuel savait ce qu’était une grande fratrie, puisqu’il avait 12 frères et sœurs. Justine en avait « seulement » trois.

Les huit enfants : François, Paul, Moïse Alexandre, Sidonny Almeida (oui, je sais…), Justine Adélaïde, Emmanuel Jules, Apolline et Arsène. La petite Apolline ne vivra pas deux ans, c’est la seule à décéder en bas âge.

I/ François AURIAU

C’est l’aîné, il est né en décembre 1824. Il porte le même prénom que son grand-père AUJARD, tradition oblige, et de même que ce grand-père, il sera charpentier, mais pas dans le Poitou. En effet, il quitte Monts-sur-Guesnes pour s’installer à Monts, au sud de Tours, où il épouse Célestine ANSAULT qui est couturière et « piqueuse de bottines ». Ils auront cinq enfants (Paul, Eugène Léon, Célestine, Léontine et Jules François), tous nés à Monts. Malheureusement, seuls les deux derniers atteindront l’âge adulte. Les trois premiers sont décédés respectivement à 7 mois, 6 ans et 8 mois.

Ia/ Leur fille Léontine AURIAU épouse un tailleur de pierre qualifié ensuite, à la naissance de ses enfants, d’« entrepreneur », Joseph Émile Octave QUANTIN. Octave sera mobilisé avec la classe 1876 pendant la Première Guerre mondiale et, grande nouveauté dans mon arbre, sera promu chevalier de la légion d’Honneur en 1917 ! Ils ont eu deux enfants : Léon Raoul, né le 1er avril 1883 (marié en 1909 à Juliette CHARBONNIER, à Cinq-Mars-la-Pile (37), puis en 1940 à Régine GUÉNÉGAUD, à Tours) et décédé en janvier 1951 à Tours. Sa petite sœur, Georgette Octavie Marie, est née le 29 septembre 1890 (mariée le 30 août 1911 à Léon Joseph François LEPAGE, à Monts et décédée en décembre 1966 à Pithiviers).

Ib) Le dernier enfant de François AURIAU et Célestine ANSAULT s’appelle Jules François, il est né en novembre 1859, à Monts. Il est plâtrier et épouse une couturière, Marie Georgine BESNARD en 1886, à Vouvray, à l’est de Tours. Je peux imaginer qu’ils se sont connus à Vouvray où Paul (voir ci-dessous), un oncle de Jules François, est boulanger, et comme la mère de Marie Georgine est aubergiste, la déduction est facile. Je ne leur connais qu’une fille, Juliette Célestine, née en 1886 à Monts et décédée en 1961 à Tain-L’Hermitage, bien loin de Monts.

Facétie de l’état civil, les enfants de cette branche sont tous des AURIAULT, et non plus des AURIAU.

II/ Paul AURIAU

Le second fils de Pierre Emmanuel et de Justine est Paul AURIAU, né le 25 janvier 1828 à Monts-sur-Guesnes où il épouse Arsène Madeleine DAGOUET en 1851. Elle est aussi née en janvier 1828 et ils se suivent sur le registre d’état civil. Il est boulanger, elle est couturière. Leurs deux enfants sont nés à Faye-la-Vineuse. Cette boulangerie de Faye-la-Vineuse est gravée dans l’histoire de ma famille puisque mon arrière-grand-père Emmanuel Jules AURIAU, mon grand-père Robert AURIAU puis mon oncle Paul AURIAU y exerceront aussi leur métier. Elle n’existe malheureusement plus. Ils sont morts tous les deux à Faye-la-Vineuse.

Paul et Arsène auront deux enfants, Marie Louise et Paul Georges.

IIa/ Marie Louise AURIAU, née en 1853, épousera Baptiste AMIRAULT en 1869, à Faye-la-Vineuse. Je sais qu’ils ont vécu à Ports-sur-Vienne, pas très loin de Faye. Je leur connais une fille, Marie Marcelline, née en 1872 à Faye et décédée en 1961 à Fondettes, à côté de Tours. Marie Louise, quant à elle, décèdera en 1936 à Nouâtre.

IIb/ Paul Georges AURIAU est né à Faye-la-Vineuse en 1855, il sera également boulanger, mais à Tours d’abord, probablement employé dans une boulangerie, puis à Vouvray. En 1883, il épouse à La Riche, banlieue de Tours, Augustine Aimée LENOIR, qui est relieuse et dont il aura une fille Georgette Augustine Aimée en 1884. Augustine LENOIR décède en 1886 et Paul se remarie en février 1887 avec Marie Caroline POINCLOUX, à Monnaie. Il semble qu’il quitte aussi Vouvray puisque le premier enfant du couple est né en 1888 à Tours, mais qu’il y retourne ensuite : les deux autres enfants sont bien nés à Vouvray. Ce sont trois garçons : Paul Louis Marcel en 1888, Marius Jules en 1892 et Georges Fernand en 1898. Je note que le patronyme a changé également et pris un « x » final. Ce sont donc trois fils AURIAUX qui suivent.

                        1/ Paul Louis Marcel AURIAUX, né à Tours en 1888 sera instituteur, le premier que je trouve parmi tous mes ancêtres et collatéraux. Il épousera à Loches Marie Madeleine BAS, une institutrice originaire de… Boulot, en Haute-Saône ! Le hasard des mutations, j’imagine. Ils semblent avoir eu une fille, mais je ne l’ai pas trouvée. Ils sont décédés tous les deux à Tours, lui en 1973 et elle en 1967. J’ai cherché sa fiche matricule, mais il a été exempté. En creusant un peu plus, j’ai trouvé une mention de Paul Louis Marcel dans le Maitron, qui répertorie différentes biographies dont celle de Paul Louis Marcel, avec le détail de ses engagements dans des associations et syndicats professionnels. C’est ici : https://maitron.fr/spip.php?article91557, notice AURIAUX Paul, Louis, Marcel par Jacques Girault, version mise en ligne le 2 novembre 2010, dernière modification le 29 octobre 2018.

                        2/ Le second fils, Marius Jules AURIAUX, est né en 1892 et ma surprise a été grande en lisant son acte de mariage en 1913, à Paris, de voir qu’il était… cycliste ! Je replonge dans les entrailles d’Internet et je vois qu’effectivement, il était cycliste et qu’il a couru le Paris-Tours en avril 1914, où il s’est classé 34e ! La même année, il a participé au tour de France, mais son nom est suivi de la mention « DNF », c’est-à-dire « did not finish ». Il n’est donc pas allé jusqu’au bout. Il appartenait au Véloce-Club de Tours dont le conseil d’administration lui a décerné, en 1911, une médaille d’or « qu’il a si brillamment gagnée en établissant le record de l’heure » (L’Union libérale, 18 décembre 1911, p. 4/4). J’ai trouvé son nom mentionné dans plusieurs articles de cette époque, souvent élogieux, comme celui-ci :

L’Union libérale, 14 octobre 1911, p. 3/4.

Il semble, qu’en plus de ses activités sportives, il ait suivi les traces de son père et de son grand-père et ait donc une formation de boulanger. En effet, sur sa fiche matricule (classe 1912), on voit que « coureur cycliste » a été rayé et remplacé par « boulanger pâtissier ». La guerre, la Première Guerre mondiale, a donc mis un terme définitif à ses exploits sportifs. Il a été incorporé en septembre 1914, mais placé dans la « réserve auxiliaire » pour cause d’une pleurésie ancienne. Sa fiche le décrit blond aux yeux bleus, avec un « menton à fossette » et une belle taille de 1,78 m. Je n’ai pas réussi à trouver de photo, c’est bien dommage…

En 1913, il a épousé Marcelle RIVIÈRE à Paris, dans le XIIIe, une brodeuse originaire de Pocé-sur-Cisse, autrement dit, une « payse ». Je ne leur ai pas trouvé d’enfants. Marius est décédé en juillet 1967 à Vouvray.

Nous avions un champion dans la famille, mais je n’en avais jamais entendu parler !

                        3/ Le dernier fils est Georges Fernand AURIAUX. Il est né en 1898 à Vouvray. Comme il est de la classe 1918, je pensais que peut-être la guerre l’aurait épargné, mais non, il a été incorporé dans un régiment d’artillerie lourde en avril 1917. Il était mécanicien et a été renvoyé dans ses foyers en mai 1920. En décembre de la même année, il épouse Charlotte BONNET, une couturière de Vernou. Je ne leur connais pas d’enfants. Georges est décédé à Fondettes en 1973 et Charlotte à Tours en 1975.

III/ Moïse Alexandre AURIAU

Moïse est né en février 1832. Il sera sabotier et passera toute sa vie, célibataire, à Monts-sur-Guesnes. J’ai une tendresse particulière pour ce vieux garçon, celui qui déclare les décès de la famille, qui est témoin aux mariages de ses neveux et nièces. Toujours présent, l’oncle Moïse, pour s’occuper des autres. Il a enterré ses parents, sa petite sœur Apolline, ses deux frères aînés, François et Paul, et sa sœur Sidonny. Il est décédé en 1891, il avait 59 ans.

IV/ Sidonny Almeida AURIAU

Sidonny est née le 20 janvier 1834 et la vie ne va pas la gâter. En 1855, elle épouse Jean Mirtille VALIX (j’ai tiqué sur le Mirtille, mais il signe comme ça…), serrurier à son mariage, puis cafetier, à qui elle donne quatre filles : Marie Pauline, Marie Agnès, Marie Aline et Gabrielle en l’espace de cinq ans. Les dieux de la maternité ne sont pas avec elle : les deux dernières, Marie Aline et Gabrielle, ne vivent pas plus de 2 jours pour l’une et 13 mois pour l’autre. Je n’ai pas trouvé trace de l’aînée, Marie Pauline, après sa naissance le 11 novembre 1855. Pas de décès ni de mariage, rien de rien. Quant à Marie Agnès, je n’ai pas trouvé son acte de naissance, mais son acte de décès la dit âgée de 29 ans en avril 1885 à Poitiers, où elle était religieuse. Et Sidonny quitte ce monde en février 1862, elle avait 28 ans.

Le remariage de Jean Mirtille n’est pas en lien direct avec ma généalogie, mais j’ai passé du temps à reconstituer modestement les parcours des enfants de ce deuxième lit. Jean Mirtille se remarie en 1865 avec Aimée Angélina Herma SIMON qui lui donnera 4 enfants, dont deux garçons, Mirtille Thomas et Frédéric, qui émigreront à Paris. Mirtille Thomas VALIX était charron. À Paris, il épouse une cuisinière originaire d’Eure-et-Loir, Maria Valentine Tarsille HUDEBINE, qui lui donnera une fille, Adèle, née en 1897. Quant à Frédéric, il est qualifié de manutentionnaire et de célibataire. Les deux frères décèderont, le premier, Mirtille Thomas, en 1922 à Paris, et son jeune frère Frédéric en 1926. Ils ont tous deux été inhumés au cimetière de Bagneux. Les deux filles de Jean Mirtille et Aimée sont décédées, l’une, Modeste, à 3 mois et l’autre, Marie Modeste, à 22 ans.

V/ Justine Adélaïde AURIAU

Elle est née le 7 janvier 1836 et penser que nos ancêtres ont eu des vies « planplan » ou toutes tracées est une erreur. La preuve : mes recherches sur Justine m’indiquent la naissance d’une fille, Gabrielle Félicie, en 1864, de père inconnu. La naissance est déclarée par le père de Justine, Pierre Emmanuel AURIAU. Justine est lingère et a 28 ans. En 1871, c’est une petite Alphonsine qui naît, toujours de père inconnu. Elle vivra 16 mois. Et en 1874, une autre petite fille naît dans les mêmes conditions, mais elle décède à la naissance et n’a pas de prénom.

Et puis, en mars 1875, Adolphe DUBROCA, né à Loudun, et 10 ans plus jeune que Justine, la demande en mariage. Difficile de lui donner un métier, d’après les actes, il sera tour à tour serrurier, boulanger, garde-champêtre… Adolphe semble avoir un grand cœur puisque quand Gabrielle Félicie (la fille aînée de Justine) se marie en 1884, il l’adopte officiellement et elle ne s’appellera plus que DUBROCA.

Justine et Adolphe ont eu un fils, né en 1878, Léon Ambroise DUBROCA, sur qui je n’ai rien trouvé sinon qu’il était décédé en 1954 à Tours.

C’est sur Gabrielle Félicie DUBROCA que je voudrais m’attarder un peu. En 1884, elle épouse Marie Armand Nicolas CHARDON, qui a 19 ans. Il est né à Bonnes et est dit coiffeur. Je leur connais 3 enfants nés à Monts-sur-Guesnes : Jeanne Marie Renée, Marthe Alice Marie et Roger Louis Emmanuel, respectivement en 1885, 1886 et 1890. Je ne sais pas ce qui s’est passé dans leur vie. Ont-ils été tentés par la même aventure que leurs demi-cousins (enfants du 2e mariage VALIX) ? Toujours est-il que je les retrouve à Paris, où ils « montent » entre 1890 et 1903. En effet, ils auront deux autres enfants à Paris : Raymonde Suzanne (en 1903) et Andrée Simonne (en 1906).

C’est malheureusement la pauvreté qui les attend dans la capitale. Armand, le père, est tour à tour employé de chemin de fer, tapissier, cocher, il fait certainement de son mieux pour nourrir ses enfants, mais à la naissance d’Andrée, en 1906, les deux parents sont dits « sans emploi ». Et puis en 1910, le 9 avril, Armand meurt subitement alors qu’il était « de passage » à Limeil-Brévannes. Il a 45 ans. Le 21 avril, à peine deux semaines après, c’est Gabrielle Félicie qui meurt à son tour, elle a 46 ans. Ils sont tous les deux inhumés au cimetière de Bagneux.

Je ne sais pas ce qu’il est advenu des 4 premiers enfants juste après le décès de leurs parents, et pendant toute la guerre. Ont-ils été placés ? Je sais seulement que la petite dernière, Andrée Simonne, est venue vivre à Monts-sur-Guesnes auprès de sa grand-mère Justine. Elles vivent ensemble d’après le recensement de 1921, Justine (appelée Adélaïde DUBROCA dans le registre, mais c’est bien elle) a alors 85 ans.

Recensement de 1921 – Monts-sur-Guesnes

Je n’ai pas trouvé la trace de l’aînée des enfants CHARDON, Jeanne Marie Renée. De sa sœur Marthe Alice Marie, je sais qu’elle est décédée à Paris en 1965. Le frère, Roger Louis Emmanuel, était mécanicien ajusteur. Il a d’abord épousé Alice CHABLE, en 1912, eu un fils, René Roger Armand. Après leur divorce en 1925, Roger s’est remarié avec Suzanne AUMENIER, comptable, originaire de Troyes et veuve. Je ne leur connais pas d’enfants. Roger est décédé en 1955 à Rosny-sous-Bois.

Quant à Raymonde Suzanne, la 4e de la fratrie, née en 1903, elle a épousé un chapelier, puis voyageur de commerce, divorcé, Paul ZILBERMAN dit SILBERMAN, en 1935, à Paris. Elle est décédée à Jonzac en 1985.

Je ne sais rien de la petite dernière qui vivait avec sa grand-mère Justine.

VI/ Emmanuel Jules AURIAU

C’est mon sosa 24, j’ai déjà évoqué sa vie de boulanger (ici).

Pour résumer, il a épousé Séraphine BONNEAU et eu 5 enfants dont seul un survivra, mon arrière-grand-père Jules AURIAU. Jules épousera Noémie JOUTEUX et ils auront 3 enfants : mon grand-père Robert AURIAU, sa sœur Paulette (qui épousera René MARTIN et en aura deux fils avant de décéder à l’âge de 29 ans) et son frère France (qui épousera Jeanne TURQUOIS et aura également deux enfants).

Mon grand-père Robert AURIAU, boulanger, a épousé Marie Augustine LECOMTE et ils ont eu 6 enfants, dont un Paul AURIAU qui a pris leur suite à la boulangerie de Faye-la-Vineuse.

VII/ Apolline AURIAU

Née le 22 janvier 1841, décédée le 11 août 1842. C’est bien court. Les officiers d’état civil écrivent son prénom « Apauline », donc vraisemblablement Apolline. Et sur son acte de décès, le maire a cru bon de préciser « sans profession ». Bref.

VIII/ Arsène AURIAU

C’est la petite dernière de la fratrie, son nom est écrit « Arcenne » sur l’acte de naissance, le 9 avril 1844. Modeste couturière de Monts-sur-Guesnes, où se trouve une caserne de gendarmerie, elle rencontre Charles Aimé PAGOT, gendarme à cheval, un Vendéen né en 1834. Leur mariage a lieu le 11 mars 1867. Quatre enfants sont nés à Monts-sur-Guesnes : Marie Aimée, Charles Louis Félix, Jean Paul et Eugénie Pauline.

La gendarmerie de Monts-sur-Guesnes (qui est aux fenêtres ?)

Je terminerai par Marie Aimée, l’aînée.

Charles Louis Félix est né en février 1870 et je ne sais rien de plus. Aucune trace… même pas sur les listes de tirage au sort de la classe 1890. Juste une chose, en 1901, il vit avec ses parents à Leigné-les-Bois, mais plus en 1906.

Son jeune frère, Jean Paul, est né en 1872, il épouse Léonie CLERTÉ en 1895 à Chenevelles (86). Arsène et Charles Aimé (retraité de la gendarmerie) y vivent et Charles y est « garde particulier ». Jean Paul et Léonie auront trois enfants, tous nés à Chenevelles, à côté de Châtellerault.

La petite dernière d’Arsène et Charles Aimé, Eugénie Pauline, est décédée à Saint-Savin (86), à la caserne de gendarmerie où son père était en poste. C’était en 1882, elle avait 7 ans.

Et je reviens donc à Marie Aimée, l’aînée de la fratrie. Elle est née en février 1868 à Monts-sur-Guesnes. Faute de pouvoir aller aux archives départementales pour consulter d’éventuels fonds relatifs aux enseignants, je me contente de ce que j’ai trouvé jusqu’à maintenant. Marie Aimée devient institutrice et en 1890, à Chenevelles, elle épouse Augustin Pierre BARBOTIN, également instituteur, né à Colombiers. Ils auront deux filles : Eugénie Marie Angèle et Marie Thérèse Augustine. Les deux sœurs se marieront le même jour à Lencloître, le 3 janvier 1920. La première avec un dénommé Pierre DEGRAVE dont je ne sais rien (les actes de mariage de 1920 ne sont pas en ligne) sinon qu’il travaillait à Bordeaux et la seconde avec Auguste Arsène LAMBERT, également instituteur, né en 1895 à Saint-Christophe. C’est là que la chose devient très intéressante. Toute cette famille AURIAU est celle de mon grand-père maternel. Or Auguste Arsène LAMBERT est apparenté à la famille de ma grand-mère maternelle. Il est cousin germain de mon arrière-grand-mère maternelle, Augustine Françoise LAMBERT. Je reviendrai plus longuement sur Marie Thérèse Augustine et Auguste Arsène LAMBERT dans un autre article pour lequel j’ai déjà rassemblé de la documentation.

Je ne sais pas si l’aînée des sœurs BARBOTIN a eu des enfants, seulement qu’elle est décédée en 1974 à Bordeaux.

Ce long article, peut-être fastidieux à lire, a été très enrichissant pour moi. J’ai eu l’impression, outre la généalogie, de faire un peu de sociologie avec ces épisodes d’exode rural qui sont caractéristiques de l’époque. Je n’ai pas beaucoup détaillé la descendance d’Emmanuel Jules (sosa 24), mais on y retrouve la même chose : le niveau de vie et la position sociale s’améliorent de génération en génération, certains enfants restent dans leur village ou à proximité tandis que d’autres vont tenter leur chance à la ville. On trouve dans ces quelques générations moins de métiers de la terre, mais plus d’artisans et de nouvelles professions (mécanicien, instituteur) qui montrent que certains ont su (et pu) se hisser socialement. On y trouve aussi un élément jusqu’alors rarissime dans ma famille : le mariage avec un conjoint natif d’une autre région, parfois très éloignée, et une denrée carrément inconnue auparavant : le divorce.

Pierre Emmanuel AURIAU, le tisserand-journalier, et son épouse Justine AUJARD n’ont pas eu connaissance de cette progression sociale, ils n’ont pas su non plus que c’en était fini de Monts-sur-Guesnes pour leurs descendants…

Auguste GUÉRIN et Élise RÉAU

J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer Auguste GUÉRIN, sosa 20, mais jamais Élise RÉAU, sosa 21, son épouse, dont le patronyme varie au fil des actes, allant jusqu’à RICAULT. Je me rattrape avec assez peu d’informations sur elle. Je me rattrape, mais avec bien peu d’informations. Les femmes laissent moins de traces que les hommes…

Auguste est né le 10 août 1835 à Leigné-les-Bois, il est le fils de Jean GUÉRIN (sosa 40), propriétaire à Leigné, et plus précisément au lieudit La Ménaudière, et de Radegonde SAINTON (sosa 41), née à Senillé, un village voisin. Il est l’avant-dernier d’une fratrie de cinq enfants.

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Auguste figure sur la « liste de tirage au sort des jeunes gens de la classe de 1855 » du canton de Pleumartin. Le document mentionne son degré d’instruction, qui est 0 (ne sait ni lire ni écrire). Il est déclaré « propre au service », mais dans la dernière colonne « Observations », je lis : « Annonce être dans l’intention de s’exonérer du service militaire ». Malheureusement pour lui, cette intention est restée un vœu pieux puisque je possède son congé de libération et son certificat de bonne conduite. Et là, j’en apprends un peu plus. Le congé de libération mentionne qu’il a été « incorporé au 14régiment d’artillerie à compter du 9 avril 1856 comme appelé inscrit sous le n° 1186 de la liste du contingent du département de la Vienne (classe 1855) ». Il aura servi pendant 6 ans (campagnes d’Italie) comme « jeune soldat au registre matricule du corps sous le n° 673 ». Il est aussi précisé qu’il était « 1er canonnier au 14e d’artillerie ». Il a été libéré définitivement le 31 décembre 1862. Son certificat de bonne conduite a été émis à Rome par le lieutenant-colonel commandant l’artillerie du corps d’armée d’occupation (en Italie). Je ne pense pas qu’on ait vu beaucoup de documents de ce genre au village de Vaux, ça explique peut-être pourquoi ils ont été précieusement conservés et transmis !

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Cerise sur le gâteau, j’apprends qu’il mesure 1,71 mètre. Il fait partie des ancêtres les plus grands que je connaisse, dans les autres branches, on est bien en dessous !

ÉLISE

Élise est née le 12 octobre 1847, à Leigné-les-Bois. Elle a donc 12 ans de moins qu’Auguste. Elle est la fille aînée de Silvain RÉAU (sosa 42), laboureur, et Brigitte CHARLES (sosa 43), qui se sont mariés le 8 juin 1847. Je vous laisse faire le calcul… Ils vivent au village de Vaux. Élise est quasiment fille unique puisque les trois enfants nés après elle ne fêteront pas leurs cinq ans.

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Auguste et Élise se marient le 4 février 1867. Élise a donc à peine 20 ans et Auguste déjà 31.

Le mariage se déroule en présence de plusieurs témoins :

1/ Baptiste GUÉRIN, âgé de 34 ans, cultivateur, demeurant à Availles (en Châtellerault), frère du futur (c’est le grand frère d’Auguste, il a épousé Augustine GALIPEAU)

2/ Louis RABEAU, âgé de 40 ans, cultivateur, demeurant à la Mortaigue, commune de Saint-Sauveur, beau-frère du futur (il est l’époux de Radegonde, la grande sœur d’Auguste)

3/ Auguste RICAUT, âgé de 39 ans, cordonnier demeurant à Bordeaux, oncle de la future (en réalité, sur les actes en ma possession, il s’appelle Augustin RÉAU)

4/ Joseph RICAUT, âgé de 47 ans, journalier au village de Vaux, commune de Leigné-les-Bois, oncle de la future (et époux de Jeanne DENIS)

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Silvain RÉAU, le père d’Élise, décédera deux mois après avoir marié son unique fille.

Les enfants d’Auguste et Élise sont tous nés à Leigné-les-Bois :

1/ Marie Eugénie, née le 4 février 1868. Elle vivra 8 mois.

2/ Eugène Joseph Auguste, né le 25 mars 1869. Il vivra 14 ans…

3/ Auguste Jean Baptiste, sosa 10.

4/ Marie Jeanne Célestine, dite Albertine, née le 29 novembre 1874. Elle épousera René VOISIN et vivra à Saint-Sauveur, à quelques kilomètres de Leigné. Elle est décédée en novembre 1958.

5/ Louise Léonie, sœur jumelle de Marie Jeanne Célestine, elle ne vivra que 11 mois.

J’ai déjà raconté le décès d’Auguste, à la gare de Châtellerault, ici.

La gare de Châtellerault

Quant à Élise, je n’ai pas encore trouvé son décès. Elle figure sur le recensement de Leigné-les-Bois de 1911, mais pas sur celui de 1921 et sur aucune table décennale… Une visite en mairie s’impose, dès que ce sera possible.

Ces fiches par couple sont pour moi un bon moyen de mettre à plat les informations dont je dispose, de chercher ce qui me manque, de compléter des fratries, etc.

Mise à jour du 15 décembre 2020

Comme pour Louise DRAULT, j’étais sur une mauvaise piste… Il aurait été inutile que je me déplace à la mairie de Leigné-les-Bois. Comme pour Louise DRAULT, j’ai fini par consulter les tables de succession et absence et évidemment, par trouver la date du décès d’Élise ! Trouver ce décès le 18 juin 1918 à Senillé m’a fait supposer qu’elle s’était rapprochée de sa fille Albertine qui habitait Saint-Sauveur (les deux communes ont fusionné). C’est d’ailleurs René VOISIN, époux d’Albertine, qui déclare le décès. Petite cerise sur le gâteau : le maire s’appelle Jules DEGENNE !

Élise est décédée « en son domicile lieu dit La Minoterie ».

Et voilà ma cinquième génération complète !

Louis PLAUD et Marie Madeleine LAMY

Suite à des problèmes avec les liens dits « ark » ou « permaliens » qui, contrairement aux diamants, ne sont pas si éternels que ça, je reprends une bonne partie de ma généalogie pour faire des captures d’écran des actes et noter soigneusement les cotes et les pages des registres. C’est fastidieux et j’ai parfois besoin de faire une pause. J’en profite pour tout vérifier et compléter les fratries, ce qui peut réserver des surprises…

C’est ce que j’ai fait pour Louis PLAUD et Marie Madeleine LAMY, nos sosa 18 et 19.

Louis

Louis PLAUD est né le 19 mars 1835 à La Bussière, petit village de la Vienne situé à quelques kilomètres au sud de Saint-Pierre-de-Maillé et traversé par la Gartempe. Si j’en crois Wikipédia, la commune comptait 1 112 habitants en 1836, mais la population est en baisse constante depuis et se situe aujourd’hui entre 300 et 400 habitants…

Naissance de Louis PLAUD

Les parents de Louis sont Louis PLAUD (sosa 36), laboureur, et Madeleine BARBARIN (sosa 37). Louis est le 4e enfant d’une fratrie de 6. Les deux premières sont des filles, Magdeleine et Marie, nées en 1830 et 1831. Un garçon, Jean, a suivi en 1833, mais il est décédé à 14 jours. Ensuite vient Louis, puis Augustine en 1839 et Sylvain Paulin en 1841. Les quatre premiers sont nés à La Bussière, mais les deux derniers ont vu le jour à Saint-Pierre-de-Maillé. Quatre ont atteint l’âge adulte et se sont mariés. Je reviendrai sur le cas d’Augustine dans l’article sur Louis PLAUD et Madeleine BARBARIN.

Revenons à Louis. En consultant les « listes du tirage au sort des jeunes gens de la classe de 1855 » du canton de Saint-Savin, numérisées par les Archives départementales de la Vienne, j’ai appris que Louis mesurait 1,62 m, que son degré d’instruction était 0 (donc ne sait ni lire ni écrire) et qu’il était « propre au service ».

Marie Madeleine

Marie Madeleine LAMY, quant à elle, est née le 22 janvier 1844 à Saint-Pierre-de-Maillé. Elle est donc plus jeune que Louis, qu’elle épousera à 20 ans. Ses parents sont Louis LAMY (sosa 38) et Jeanne MAIGRET (sosa 39), qui est une nièce de monseigneur MAIGRET, l’évêque du bout du monde ! (ici) Son père est laboureur, mais aussi propriétaire au lieudit La Ménardière, à Saint-Pierre-de-Maillé. Sa mère, Jeanne MAIGRET, est décédée le 14 juin 1851, alors que Marie n’avait que 7 ans, laissant 4 jeunes enfants. Louis LAMY s’est remarié le 21 juillet 1856 avec Silvine MAIGRET. Il avait 37 ans et Silvine 39. Silvine n’est pas la sœur de Jeanne, contrairement à ce qu’on pourrait penser, mais une cousine assez éloignée. Je n’ai pas connaissance d’enfants issus de ce second mariage.

Louis PLAUD et Marie Madeleine LAMY se marient le 19 avril 1864 à Saint-Pierre-de-Maillé. Louis a 29 ans et Marie en a 20. Louis habite chez ses parents à Villiers, hameau de Saint-Pierre-de-Maillé et Marie Madeleine vit avec son père au village de La Rivière, un autre hameau de Saint-Pierre-de-Maillé.

Union de Louis PLAUD et Marie Madeleine LAMY

Les quatre témoins de leur mariage sont tous des membres de la famille :

1/ Joseph SAISEAU, 28 ans, journalier, demeurant à Angles (sur l’Anglin), beau-frère de l’époux (Il a épousé Marie PLAUD en 1863)

2/ Sylvain PERAUBE, 26 ans, journalier, demeurant à Mazaire, beau-frère de l’époux (Il a épousé Magdeleine PLAUD en 1861)

3/ Louis GABILLON, 50 ans, cantonnier, demeurant à Villiers, oncle de l’épouse (en réalité, c’est plutôt un oncle de l’époux, marié à sa tante Madeleine PLAUD…)

4/ Auguste BARODON, 21 ans, domestique, demeurant à la Ménardière, cousin germain de l’épouse (fils de Pierre BARODON et Marie LAMY, une tante de Marie Madeleine)

Mazaire, Villiers et La Ménardière sont des hameaux de Saint-Pierre-de-Maillé.

Je leur connais 10 enfants, tous nés à Saint-Pierre-de-Maillé :

1/ Marie Clémentine Gabrielle, née le 4 janvier 1865, soit quasiment 9 mois après le mariage de ses sages parents. Elle épousera Eugène LEBEAU à Nalliers.

2/ Louise Gabrielle Augustine, née le 17 novembre 1866. Elle épousera Louis-Auguste BOUGREAU à Archigny.

3/ Joséphine Berthe, née le 13 septembre 1869 (voir note en fin d’article). Elle épousera Jean Baptiste MATHÉ à Saint-Pierre-de-Maillé.

4/ Juliette Laurence, née le 5 février 1872. Elle décèdera à 16 ans, le 13 mars 1888.

5/ Alphonsine Augustine, née le 30 juillet 1874. Elle décèdera à 13 ans, deux mois avant Juliette. Une maladie contagieuse ?

6/ Célestine Armande Augustine, née le 25 février 1877. C’est notre sosa 9, qui épousera Louis Eugène Adrien DEGENNE ! (ici)

7 et 8/ Des jumeaux, deux garçons sans prénom, nés et décédés le 8 février 1880. Ils ne figurent que dans le registre des décès avec cette mention glaçante : « mort-né, mais ayant poussé le premier vagissement ».

9/ Louis Joseph, né le 15 janvier 1881. Il épousera Marie Augustine ROUX à Saint-Pierre-de-Maillé.

10/ Alfred Henri, né le 13 juillet 1883. Il épousera Rachel PRÉDEAU en 1908 puis Georgette Gabrielle BERNARD en 1925.

Dans le recensement de 1872, Louis est qualifié de « colon », mention qui m’a intriguée au regard de l’année. Un siècle plus tôt, j’aurais pensé aux Acadiens, mais là, ça devait être autre chose. Renseignements pris, il s’agit d’un type de fermage/métayage. Pour en savoir plus, j’ai trouvé une thèse de doctorat de 1891 « Du bail à colonat partiaire ou bail à métairie, en droit romain et en droit français ». Elle fait 284 pages. Je ne l’ai pas encore lue, mais j’aurai certainement l’occasion d’en reparler dans de futurs articles.

Église Saint-Pierre, à Saint-Pierre-de-Maillé / Photo : Kevin Maillet

Louis et Marie Madeleine, avec leurs 50 ans de vie commune, ont vécu assez longtemps pour voir tous leurs enfants mariés et connaître un grand nombre de leurs petits-enfants. Louis est décédé le premier, le 15 janvier 1914, il avait 78 ans. Quant à Marie Madeleine, elle a connu la Première Guerre mondiale puisqu’elle est décédée le 28 février 1920, à l’âge de 76 ans. Ils sont tous les deux morts à Saint-Pierre-de-Maillé.

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À propos de Joséphine Berthe : en 1872, la famille est domiciliée aux Marsillys, à Saint-Pierre-de-Maillé, et 4 filles sont mentionnées : Marie, Louise, Berthe et Juliette. Je m’interroge parce que Berthe n’apparaît pas dans mes données sur cette famille. Intriguée, je cherche. Ni les registres d’état civil ni les tables décennales ne la mentionnent… Je vérifie aussi les décès, au cas où. Le recensement indique qu’elle a 3 ans en 1872, ce qui la ferait naître en 1869 et comblerait l’écart entre la naissance de Louise et celle de Juliette. Mystère complet jusqu’à ce que, en cherchant des informations sur son frère Louis Joseph, je trouve la mention d’une Joséphine Berthe qui se serait mariée en 1888 avec un Jean Baptiste MATHÉ. C’est un arbre mis sur Généanet qui me met sur la piste. Il est indiqué qu’elle est née le 13 septembre 1869 à Saint-Pierre-de-Maillé. Je retourne vérifier le registre d’état civil, mais ne la trouve toujours pas. Et pour cause, c’est l’acte de mariage qui me donnera la solution. En effet, pour une raison que j’ignore, sa naissance n’a pas été enregistrée et pour pouvoir se marier, elle a dû présenter un acte de notoriété « dressé par le juge de Saint-Savin le six janvier dernier et homologué par jugement du tribunal de première instance de Montmorillon en date du vingt et un février mille huit cent quatre vingt huit ».

Une nouvelle collatérale et un mystère résolu !

Article #defi2706

Cet article est ma petite contribution au #defi2706 lancé par Geneatech pour le Salon virtuel de généalogie qui se déroule ce samedi 27 juin. Écrire 100 mots avec ce 27 juin comme fil conducteur.

Claude BESNARD, laboureur, fils de René et Anne MINGAULT, épouse Louise ARNAULT (ou RENAULT), fille de Louis et Marie LABBÉ, le 27 juin 1777, en l’église Saint-Laurent de Boussay, village du sud de la Touraine. Ce sont mes sosa 186 et 187. Ils ont 27 et 26 ans.

Claude est journalier.

Je ne leur connais pour l’instant que 3 enfants : Louis, Jean et Madelaine (sosa 93).

Louise est décédée en 1808, à 58 ans, au Grand-Pressigny. Je n’ai pas trouvé le décès de Claude. Il était présent au mariage de Madelaine en 1813.

#Touraine #genealogie #Geneatech #SVG2020

Boussay-eglise-st-laurent

Église Saint-Laurent de Boussay (CC BY-SA 3.0)

Exposition « Les Fagiens et la Grande Guerre »

Je relaie avec d’autant plus de plaisir l’annonce de cette exposition sur les Fagiens (habitants de Faye-la-Vineuse) et leur participation à la guerre de 14-18 que mon grand-père Robert Auriau figure sur l’affiche (c’est le beau gosse en haut à gauche) !

ExpoFaye7Juillet2018

L’inauguration est fixée au samedi 7 juillet à 18 h et la découverte du parcours commencera à la mairie de Faye-la-Vineuse.

L’exposition elle-même sera visible jusqu’au 31 décembre.

J’ai hâte de la découvrir !

Juste avant, à 16 h, Frédéric Guelton, docteur en histoire et chef du département de l’armée de terre du Service historique de la défense, donnera une conférence sur la Grande Guerre, à la salle polyvalente.

Au plaisir de vous y retrouver !

Infos pratiques : Faye-la-Vineuse se trouve à 8 km de Richelieu et à environ 25 km de Châtellerault.

Quelques nouvelles…

Après plusieurs mois assez intenses sur le plan professionnel, et ce n’est pas fini, je fais une petite pause pour alimenter ce blog.

Je ne suis pas restée sans rien faire, loin de là, mais j’ai privilégié la réalisation d’une généalogie la plus complète possible pour pouvoir disposer d’une « ossature » que je prendrai ensuite le temps d’enrichir. Je n’ai pas envie que cet arbre ne raconte que des noms, des dates et des lieux, ce serait trop triste…

Arbre-Enluminure

J’ai prévu de publier ma généalogie courant juin sur Généanet, je donnerai le lien ici. J’ai beaucoup pioché dans les généalogies existantes avec des ancêtres communs, c’est extrêmement précieux. Je souhaite maintenant que d’autres puissent se servir de ce que j’ai fait bien que ce soit encore largement incomplet.

Au fil de ces recherches, j’ai fait quelques découvertes dont je parlerai bientôt. J’ai aussi ajouté plusieurs communes de la Vienne et constaté qu’à part de rares incursions dans l’Indre proche, mes ancêtres restent désespérément tourangeaux et poitevins. Je dois essayer de trouver la seule et unique branche normande de la famille Auriau, mais je n’ai qu’un nom et une estimation de date, ça ne va pas être facile !

Arbre-Crayonne

J’ai aussi quelques « implexes » (ancêtres communs à plusieurs personnes) dus à des mariages entre cousins que je ne sais pas encore gérer.

Donc, encore pas mal d’années de travail en perspective ! Je crois qu’on n’a jamais vraiment fini.

État des lieux aujourd’hui : 802 personnes sur 13 générations.

Je vous dis à bientôt !

 

Présentation

Décembre 2016.

J’ai toujours aimé les histoires de famille, de ma famille, voire de mes familles, paternelle et maternelle. Enfant, dans les années 60, j’écoutais bouche bée celles que racontait mon grand-père Auriau pendant les déjeuners dominicaux. J’étais fascinée par les récits souvent hilarants qu’il faisait de la période où il courtisait ma grand-mère Marie, les prises de bec avec le curé du village (il était anticlérical, mais avait épousé une femme très pieuse), toutes les anecdotes d’époques révolues qui faisaient travailler mon imagination.

Du côté Degenne, c’était la « tournée des grands-ducs » que j’aimais. Certains dimanches, nous partions rendre des visites aux tantes de mon père : Gabrielle et Madeleine à Leigné-les-Bois, tante Marie et tonton Roger au village de Vaux, tante Solange à Pleumartin. Et toujours cette impression d’ouvrir une malle aux souvenirs, cette succession de « Et tu te souviens, quand… ? » ou « As-tu connu… ? ». J’adorais. Et encore plus quand quelqu’un sortait une boîte à chaussures remplie de vieilles photos !

Mais le déclic, s’il en faut un, c’est l’histoire du grand-père Guérin, celui que son cheval ramenait tout seul de Châtellerault quand il était allé à la foire et avait trop bu… Auguste Guérin, donc, était, selon la légende familiale, « mort sur les marches de la gare de Châtellerault en revenant de la guerre ». Autrement dit, pour la fillette que j’étais : un héros. J’y reviendrai. La légende en a pris un coup.

Tout cela m’intéressait beaucoup, et quelques années après, j’ai décidé de « faire mon arbre ». J’avais du temps et j’en ai profité. J’ai bien avancé, trouvé des actes, établi des liens et… me suis heurtée à bien des points d’interrogation. Puis j’ai dû tout arrêter, faute de temps.

J’ai eu quelques contacts sporadiques pendant ces années d’abstinence généalogique, mais je n’avais pas le temps de me replonger dans mes fiches. Et depuis une bonne année, je suis certains sites spécialisés sur les réseaux sociaux. Immanquablement, j’ai remis un petit doigt dans l’engrenage et, c’est décidé, je reprends tout au début, je vérifie (merci Internet), je complète et surtout, je « débloque » les impasses.

Deux autres événements ont aussi joué un rôle : la formidable réunion de famille de la Pentecôte 2010 qui a donné aux enfants et petits-enfants de mon grand-père Étienne l’occasion de passer un excellent week-end à La Roche-Posay. L’autre événement qui n’a fait qu’accroître mon intérêt est un peu plus ancien, il s’agit de l’ouvrage que Marie-Josèphe Pearce a écrit sur le frère d’un de nos ancêtres, qui est entré dans les ordres et est devenu évêque d’Honolulu ! Je vous raconterai.

La structure de ce blog reste à définir, mais je commencerai par présenter mes quatre grands-parents : Étienne Degenne, Renée Claire Guérin, Robert Auriau et Marie Lecomte. Ensuite, peut-être chaque branche, peut-être chaque génération, ce n’est pas encore bien défini et je suis ouverte aux suggestions. Je ferai aussi part de quelques découvertes insolites, tel ce prénom « Ortance » récemment croisé dans un registre d’état civil.

Pour finir ce premier billet, un aveu (avec le rouge aux joues) : ce nom « Degenne », avec ce « de », j’ai longtemps et naïvement rêvé que nous étions, avant la Révolution, une famille noble. Des envies adolescentes de grandeur ? J’étais persuadée que si j’arrivais à remonter jusqu’à cette période, j’en trouverais la preuve. Évidemment, ça n’a pas été la branche la plus facile à retracer, je suis restée longtemps bloquée en 1804, et quand un correspondant m’a fourni les générations antérieures à la Révolution (que je dois encore vérifier), il a bien fallu déchanter : les Degenne ont toujours eu les pieds dans la terre et n’ont jamais connu la vie de château !

Qu’à cela ne tienne, je rêve toujours, mais je ne suis plus adolescente, et ces ancêtres aux origines modestes n’en méritent pas moins mon intérêt et mon affection. Au contraire, même, je suis fière de cette ascendance humble composée de laboureurs, de journaliers, de fermiers ou de (petits) propriétaires, qui cultivaient la terre sans relâche, dans les pires conditions. C’est bien grâce à ces gens de peu que je suis là.

Ce blog leur est dédié.

Petite note « technique » destinée aux non-initiés. Un arbre sans numérotation serait ingérable. J’utilise la méthode Sosa, comme l’immense majorité des généalogistes. Le principe de la numérotation est d’attribuer le numéro 1 à l’individu racine (le sujet sur lequel on établit l’ascendance) puis le numéro deux à son père et trois à sa mère. Chaque homme a un numéro double de celui de son enfant et donc pair, et chaque femme un numéro double de celui de son enfant plus un, soit un numéro impair.

Par exemple, je suis l’« individu racine », je porte donc le numéro 1. Mon père porte le numéro 2 et ma mère le numéro 3 et ainsi de suite. Grâce à cette méthode, je sais que le numéro 129 est une femme (numéro impair), épouse du numéro 128, lui-même père du numéro 64, etc. Même pour une non-matheuse comme moi, c’est simple et logique ! Et quand on arrive à des 1678 ou 3357, l’exercice de calcul mental à faire est assez stimulant.