Louis Maigret, du Poitou à Hawaii

Dans la famille, à défaut d’avoir un commissaire Maigret, nous avons un évêque !

C’est à l’occasion du bicentenaire de sa naissance, en septembre 2004, que j’ai eu accès à des documents très complets fournis par Mme Pearce, de Saint-Pierre-de-Maillé, qui descend également d’une branche Maigret. Je la remercie vivement, ces documents m’ont beaucoup aidée.

Louis MAIGRET (Désiré est son nom de prêtre), né le 14 septembre 1804 à Saint-Pierre-de-Maillé, est un collatéral, frère de mon ascendant René MAIGRET (sosa 39). Il a eu une destinée peu commune pour un « p’tit gars du Poitou », fils de laboureur qui plus est.

Les parents de Louis et René sont Jean MAIGRET (sosa 156) et Catherine TABUTEAU (sosa 157). Jean naît le 24 décembre 1764 à Saint-Pierre-de-Maillé. Catherine naît 3 ans plus tard, le 1er septembre 1767, dans la même paroisse, de François TABUTEAU et Anne BASCHE. Ils se sont mariés le 25 janvier 1785, paroisse Saint-Pierre. Ils avaient donc respectivement 20 et 17 ans.

Jean et Catherine ont eu 9 enfants, tous nés à Saint-Pierre-de-Maillé. Les voici avec ce que je sais sur chacun :

1/ Silvin, né le 10 décembre 1785.

2/ Silvine, née le 10 juin 1787. Elle serait restée célibataire et serait décédée le 1er avril 1848 à La Bussière (86), mais sous réserve car l’acte ne mentionne pas les parents.

3/ Antoine, né le 6 novembre 1789. Il épousera Sylvine DALET et une de leurs filles, Marie, sera religieuse à Tours sous le nom de sœur Zita.

4/ Silvain, né le 10 octobre 1792. En religion, il sera Père Hilaire. Après de brillantes études à Poitiers puis à Paris, il obtiendra une licence en théologie à la Sorbonne. On le dit remarquable dialecticien, il fut « professeur de dogme ». Il meurt à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron) le 16 décembre 1851.

5/ René, né le 14 novembre 1795, c’est mon sosa 78. Deux de ses petites-filles seront également religieuses, dont une à Honolulu.

6/ Jean, né le 7 avril 1798. Il épousera Anne POLISSET et aura 5 enfants.

7/ Louis, né le 26 février 1801.

8/ Louis, né le 18 septembre 1804.

9/ Antoine, né le 12 juillet 1807. Il sera également prêtre (Père Bernardin) et finira ses jours à Saint-Servan-sur-Mer (35), âgé de 69 ans. Il était aumônier des Sœurs de la congrégation.

Neuf enfants, dont un évêque et deux prêtres…

Louis Désiré, élevé dans une famille extrêmement pieuse et soutenu par le curé de Saint-Pierre-de-Maillé (André-Hubert FOURNET, également fondateur de la congrégation des Filles de la Croix, voir plus loin), est envoyé à Paris, à la congrégation dite de Picpus (de son vrai nom congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie) où il est ordonné prêtre le 23 septembre 1828, à l’âge de 24 ans. Il est ensuite professeur à Laval, puis il occupera la chaire de philosophie au Grand séminaire de Rouen.

En 1834, la congrégation de Picpus fonde la première mission catholique de Polynésie, et Louis Désiré fait partie du groupe de missionnaires envoyés là-bas. Il passera cinq ans (1835-1840) aux îles Gambier avant d’être envoyé aux îles Hawaii (ou îles Sandwich) où il arrive le 12 mai 1840. Le Saint-Siège le nomme premier vicaire apostolique des îles Sandwich, en 1846. L’année suivante, il est consacré évêque titulaire in partibus* d’Arathia.

J’ai trouvé un document sur la présence française aux îles Hawaii qui mentionne Louis Désiré. Voici ce que dit l’auteur :

« […], Monseigneur Rouchouze vint lui-même accompagner un groupe de trois nouveaux prêtres à Honolulu (15 mai 1840), renforcés en novembre par six autres. Dès la fin de 1840, il y avait plus de deux mille catholiques baptisés dans l’île d’Oahu, et la mission commençait à essaimer dans les autres îles. En août 1843, la cathédrale d’Honolulu était achevée et dédiée à Notre-Dame de la Paix et, en 1846, le père Maigret était nommé vicaire apostolique des îles Sandwich et évêque d’Arathia. Il devait rester le chef de la mission catholique des îles Hawaii pendant plus de trente ans. Comme pour les protestants, le succès de la mission reposa d’abord sur la création d’écoles catholiques et sur la publication de textes scolaires et religieux en langue indigène. C’est en fait essentiellement par la présence des missionnaires français que s’exerça à partir de 1840 une influence directe de la France sur la population de l’archipel. »

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Cathédrale Notre-Dame de la Paix à Honolulu. (https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=15800415)

La cathédrale est devenue « basilique mineure » en 2014.

En 1847, Louis Désiré se rend à Santiago du Chili pour être sacré évêque dans la cathédrale (j’avais demandé à des amies vivant à Santiago d’aller à la cathédrale pour prendre des photos et me dire si cette consécration était mentionnée quelque part, sur une plaque ou autre, mais un virus est passé par là et le confinement n’est pas terminé là-bas).

En 1869, il revient en Europe pour assister au concile Vatican (1870), et en août et septembre de la même année, il séjourne dans le Poitou, entre autres à Saint-Pierre-de-Maillé où l’on organise une grande fête en son honneur. À l’occasion de cette visite, son ami l’abbé Philippe Morisson, curé de Beaumont (86), rédige un long texte dithyrambique sur Louis Désiré, qui montre bien l’origine de sa vocation. La famille baignait littéralement dans la religion : « Les cantiques adoptés par choix de Monseigneur [à Hawaii] sont ceux chantés dans la grange des Marsillys, puis à l’église de Saint Pierre de Maillé en ses jours de fête. Souvenir sacré de son père, le respectable [Jean] Maigret qui les lui avait appris au foyer domestique comme à ses frères, tel qu’il les chantait de sa voix magnifique et si pieuse aux messes des nuits de persécution impie, célébrées par le Très Révérend Pasteur du Père André Fournet, dans la célèbre grange des Marsillys et après les jours de terreur, en l’église paroissiale de Saint Pierre de Maillé, purifiée après la cessation de l’orage révolutionnaire, des sacrilèges profanations qui l’avaient maculée. » Je laisse à l’abbé Morisson la responsabilité de ses propos, mais ce passage montre bien la force et le poids de la religion dans cette famille pieuse qui protégeait des prêtres réfractaires.

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Autre illustration de cette foi, un extrait de l’ouvrage « Vie du vénérable serviteur de Dieu le bon père André-Hubert Fournet » par le R.P. Rigaud, publié en 1885. Pour tout savoir sur le père Fournet, béatifié en 1926 et canonisé en 1933, je vous renvoie à la page Wikipédia qui lui est consacrée. Dans le passage ci-dessous, il est question de Jean MAIGRET, le père de Louis Désiré : « Jean Maigret, métayer aux Grands-Marsillys, était un fervent et courageux chrétien. […] À l’époque où l’intrépide pasteur parcourait sa paroisse en proscrit, Maigret l’accompagna souvent comme guide, comme catéchiste et sacristain. En l’absence du Père, c’était lui, le plus souvent, qui présidait, dans les granges, l’assemblée nocturne des fidèles, leur faisait la prière, lisait l’ordinaire de la messe et chantait de sa belle voix les cantiques du Père de Montfort. Il s’acquittait de ces fonctions avec une religion profonde, et une piété qui transfigurait son austère visage. Le sentiment populaire à son endroit s’était formulé par un terme plus expressif que convenable : on le surnommait Deus. Son dévouement au Père André, bien connu des révolutionnaires, lui attira souvent des persécutions qu’il supporta toujours avec une admirable patience. Un jour, des forcenés l’arrêtèrent et lui scièrent brutalement les cheveux avec une faucille, après quoi ils l’accompagnèrent jusqu’à sa maison, en l’accablant de coups et d’invectives. Le bon Maigret se souvint de son Maître marchant au Calvaire, et il endura tout avec une douceur angélique. Arrivé chez lui, toujours escorté de ses misérables insulteurs, il commanda à sa femme de leur donner à manger. Ce fut toute sa vengeance. »

Un saint homme, vous dis-je.

Louis Désiré conservera sa charge jusqu’à sa mort, le 11 juin 1882, à Honolulu. Il est enterré dans la crypte de la cathédrale Notre-Dame de la Paix, sous le maître-autel.

Extrait de la Chronique diocésaine du 16 juillet 1882 annonçant sa mort :

« La Congrégation des Sacrés-Cœurs, dite de Picpus, vient de faire une perte douloureuse dans la personne de Mgr Louis Désiré Maigret, évêque d’Arathie, premier vicaire apostolique des îles Sandwich (Océanie), chanoine d’honneur de la cathédrale de Poitiers. Le vénérable prélat est décédé à Honolulu le 11 juin dernier à l’âge de 78 ans.

Vénéré de ses nombreux chrétiens, qui affectionnaient et respectaient en sa personne un bon pasteur et un vrai chrétien, honoré du gouvernement hawaiien qui l’avait en grande estime, et qui, récemment encore, lui conférait la dignité de grand officier de l’ordre de Kalakaüa, Mgr Maigret emporte les regrets de la population toute (sic) entière. »

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Stèle commémorative dans la cathédrale (https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=34783670)

Dois-je ajouter que la foi intense qui habitait cette famille ne s’est pas transmise à toutes les branches ? Elle s’est même complètement évaporée chez mes ascendants directs. Autant dire que, pour certains cousins, apprendre qu’ils comptaient dans leur ascendance un évêque, missionnaire dans des lieux exotiques qui plus est, la surprise a été assez énorme !

* Je me suis instruite en écrivant cet article. In partibus, c’est un titre accordé à des prélats qui occupent des fonctions pour lesquelles ils sont consacrés évêques, sans avoir de juridiction territoriale sur des diocèses actuels. Le in partibus correspond en réalité à in partibus infidelium, « en pays des infidèles », car on utilise les noms d’anciens diocèses disparus. Inutile donc de chercher où se trouve le diocèse d’Arathia, c’est pratiquement un nom fictif.

 

 

 

Article #defi2706

Cet article est ma petite contribution au #defi2706 lancé par Geneatech pour le Salon virtuel de généalogie qui se déroule ce samedi 27 juin. Écrire 100 mots avec ce 27 juin comme fil conducteur.

Claude BESNARD, laboureur, fils de René et Anne MINGAULT, épouse Louise ARNAULT (ou RENAULT), fille de Louis et Marie LABBÉ, le 27 juin 1777, en l’église Saint-Laurent de Boussay, village du sud de la Touraine. Ce sont mes sosa 186 et 187. Ils ont 27 et 26 ans.

Claude est journalier.

Je ne leur connais pour l’instant que 3 enfants : Louis, Jean et Madelaine (sosa 93).

Louise est décédée en 1808, à 58 ans, au Grand-Pressigny. Je n’ai pas trouvé le décès de Claude. Il était présent au mariage de Madelaine en 1813.

#Touraine #genealogie #Geneatech #SVG2020

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Église Saint-Laurent de Boussay (CC BY-SA 3.0)

À la recherche de Louise DRAULT

Je suis en train de compléter les générations, et même dans les moins éloignées, il me reste quelques lacunes que j’essaie de combler. Du côté paternel, la génération de mes arrière-grands-parents est quasiment complète, les actes manquants sont localisés, il ne me reste qu’à me déplacer en mairie.

En revanche, la génération précédente comportait une épine que je n’arrivais pas à résoudre : où était donc décédée Louise DRAULT (sosa 17) ? J’avais cherché un peu partout dans les villages possibles, sans rien trouver et surtout, c’est mal, sans rien noter… J’ai donc tout repris et me suis servie des actes en ma possession et des recensements.

Louise DRAULT est née le 18 mai 1838 à Coussay-les-Bois dans la Vienne (86), de Théophile DRAULT (1802-1875), cultivateur, et de Marie Anne PRIMAULT (1811-1875). Ces deux-là sont décédés à 10 jours d’intervalle après avoir vécu toute leur vie à Coussay-les-Bois.

Théophile a d’abord épousé Anne DURAND, le 18 octobre 1825, mais le mariage n’a même pas duré deux ans puisque Anne est décédée en mai 1827. Entre ces deux dates, je n’ai pas trouvé de mention d’une naissance. Il se remarie le 25 mai 1830 avec Marie Anne PRIMAULT qui va lui donner pas moins de 13 enfants entre juillet 1831 et août 1855…

Louise a donc douze frères et sœurs. Tous ne vivront pas et en 1865, au mariage de Louise, il n’en reste que six…

Louise épouse Louis DEGENNE (sosa 16) le 24 octobre 1865, à Coussay-les-Bois. Elle a 27 ans, il en a 25. Il est de Saint-Pierre-de-Maillé, à une petite vingtaine de kilomètres.

Louis est journalier. D’après les listes de conscrits pour la classe 1860, il mesure 1,59 m, a un degré d’instruction équivalent à 0 et a été exempté de service militaire parce qu’il est « fils unique de veuve ». Son père, également Louis DEGENNE, est décédé en 1842, Louis avait 2 ans et sa sœur aînée Céleste avait 4 ans. Leur mère, Anne MOREAU, est donc seule pour les élever. Je n’ai pas trouvé trace d’un remariage.

Il me reste à pister le couple Louis DEGENNE/Louise DRAULT. Il n’y a pas eu de recensement en 1866 à Saint-Pierre-de-Maillé, donc j’attaque celui de 1872. J’y trouve bien Louis, Louise et leurs deux aînés. Deux erreurs : 1/Degenne s’écrit Degenne et pas Dejenne (ce sera rectifié officiellement sur l’acte de mariage de leur fils aîné Louis) et 2/ Louise Drault n’est pas née à La Roche-Posay mais à Coussay-les-Bois. Passons. Les enfants sont effectivement Louis Eugène Adrien, né en 1867 et Cidonie (sic) Célestine née en 1870. Ils sont domiciliés au lieu-dit La Cossonnière.

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Recensement de 1872 – Saint-Pierre-de-Maillé (86)

Le recensement suivant est de 1876. J’y trouve les mêmes, toujours à La Cossonnière. Louise est appelée Philomène, prénom que l’on retrouve dans certains actes.

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Recensement de 1876 – Saint-Pierre-de-Maillé (86)

Dans le recensement de 1881, Louis et Louise « Philomène » sont bien notés, de même qu’Henri et Célestine. Il est probable que Louis Eugène, qui avait alors 14 ans, ait été envoyé travailler ailleurs. Mais Gédéon !!??? Les prénoms indiqués sur l’acte de naissance de ce garçon, c’est Fortunat Eusèbe ! Décidément, les prénoms de cette famille me laissent perplexe.

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Recensement de 1881 – Saint-Pierre-de-Maillé (86)

Louis, le père, va mourir en décembre 1882, il avait 42 ans. Je passe au recensement suivant, donc 1886. À « 12ème section Rinsac et Goulfandière », je trouve Henri, 13 ans, domestique chez Ernest Vachon, cultivateur. À la page suivante, dans le même hameau, il y a « Philomène » Drault qui est dite ménagère et qui vit avec « Gédéon », 6 ans. Louis et Célestine, plus âgés, sont certainement placés ailleurs, mais pas à Saint-Pierre-de-Maillé.

Je prends le recensement de 1891 pour voir si Louise-Philomène vit toujours là. Oui ! Elle s’appelle de nouveau Louise, et vit toujours avec « Gédéon » (je ne m’y fais pas). Louis Eugène et Pierre-Henri sont venus la rejoindre. Célestine n’est pas mentionnée. Comme elle est dite cuisinière à son mariage en 1900, il est possible qu’elle soit partie apprendre ou exercer son métier ailleurs, peut-être même à Châtellerault.

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Recensement de 1891 – Saint-Pierre-de-Maillé (86)

En 1896, il ne reste à La Cossonnière que Louis Eugène et son épouse Célestine Armande Augustine PLAUD. Il se sont mariés l’année précédente. Louise DRAULT est donc partie avec « Gédéon » et Pierre-Henri. Mais où ? Par acquit de conscience, j’ai épluché tout le registre en me disant que ses fils étaient peut-être placés dans une ferme et qu’elle vivait avec eux, mais je n’ai rien trouvé. Donc Louise ne vit plus à Saint-Pierre-de-Maillé en 1896. Et pourtant, en 1898, au mariage de son fils Pierre-Henri, elle est dite domiciliée à La Cossonnière « en cette commune ». Étrange…

Le 23 juin 1900, elle assiste au mariage de Célestine, sa fille, avec Julien RIBREAU (de Chenevelles) à Châtellerault. Elle est dite domiciliée à Saint-Pierre-de-Maillé, sans précision de lieu-dit.

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Extrait de l’acte de mariage de Cidonie Célestine – 1900 – Châtellerault (86)

Je décide de consulter les recensements de Saint-Pierre-de-Maillé en 1901 et vois qu’elle réside effectivement à La Cossonnière avec Louis Eugène, son fils aîné, et Célestine PLAUD son épouse.

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Recensement de 1901 – Saint-Pierre-de-Maillé (86)

Sur le recensement de 1906, je la retrouve, toujours à Saint-Pierre-de-Maillé, mais à La Jaltière, toujours avec Louis Eugène et Célestine, mais la famille s’est agrandie et deux petits-enfants sont présents : Henri et Louis, nés respectivement en 1902 et 1904.

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Recensement de 1906 – Saint-Pierre-de-Maillé (86)

Louise ne figure plus sur le recensement suivant, j’ai donc cherché si elle était mentionnée sur les actes de mariage de ses enfants et c’est celui du second mariage de Pierre Henri, en 1908 à Pleumartin, qui m’a appris que Louise était vivante et domiciliée à La Baudonnière à Vicq-sur-Gartempe. Je ne l’y trouve pas dans le recensement de 1906, donc je passe à celui de 1911 et j’ai de la chance ! Je trouve Louise (dite Degenne, mais c’est bien elle) vivant avec son fils Louis, sa bru Célestine et quatre petits-enfants, dont mon grand-père. Le Gabriel est en réalité une Gabrielle, mais on sait que les agents recenseurs faisaient souvent des erreurs.

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Recensement de 1911 – Vicq-sur-Gartempe (86)

La famille devait être encore à Vicq-sur-Gartempe en 1913, puisque le petit Henri y est décédé.

Bon, Louise a déjà 76 ans, mais je tente le recensement suivant, de 1921, celui de 1916 ayant été annulé pour cause de guerre. Il n’est pas dit que je trouve quoi que ce soit, parce que le dernier enfant de Louis et Célestine est né à La Roche-Posay, mais « on ne sait jamais ». Pas de chance, c’est une autre famille DEGENNE qui s’est installée à La Baudonnière, a priori sans lien avec les miens.

Je prends le recensement de 1921 de La Roche-Posay et je trouve bien la famille, à Montfou, toujours avec quelques erreurs (Louis Eugène n’est pas né à Coussay et Gabriel est toujours une fille…) mais plus de Louise.

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Recensement de 1921 – La Roche-Posay (86)

J’en déduis qu’elle est décédée entre 1911 et 1921, soit à Vicq-sur-Gartempe, soit à La Roche-Posay, deux communes où je n’avais pas pensé à chercher avant…

Elle ne figure pas sur la table décennale 1903-1912 de Vicq. La suivante, 1913-1922 n’est pas consultable en ligne. Je passe à La Roche-Posay et c’est exactement la même chose : elle n’est pas dans la TD 1903-1012 et celle de 1913-1922 n’est pas consultable.

Il ne me reste plus qu’à me rendre sur place dans ces deux mairies pour avoir enfin une date et un lieu qui me permettront de boucler cette 5e génération.

Quelle bonne idée, ces recensements, malgré quelques fantaisies ! Et quelle chance j’ai eue que Louise se soit finalement peu éloignée.

Enfin, des visages ! (famille Boisgard)

Les photos de nos ancêtres, dans les milieux modestes, pour ne pas dire très pauvres, sont une denrée rare. Une photo de groupe à l’occasion d’un mariage, et encore pas toujours, et quelques photos des « anciens » prises dans les années 1950, quand les appareils photo sont devenus plus courants.

Alors, quand ma cousine Nadine décide de trier ce qu’elle possède et qu’elle m’envoie cette photo de mariage, je saute de joie. Par recoupement, car nous ne connaissions que la date du mariage et le nom des époux, qui ne sont pas des ancêtres directs, nous avons réussi à mettre des noms sur quelques visages et compris que nous avions sous les yeux les visages de nos arrière-arrière-grands-parents Boisgard !

Le mariage en question a eu lieu le 17 octobre 1908 à Pleumartin, dans la Vienne. Le jeune époux s’appelle René Émile Gabriel BOISGARD. Il est né le 19 mai 1874 à Barrou, en Indre-et-Loire. Il a donc 34 ans, il est cultivateur et domicilié au Ribatou, commune de Leigné-les-Bois, où vivent également ses parents. Il est le fils aîné d’Émile Louis BOISGARD (sosa 22) et de Joséphine GAUDRON (sosa 23).

La jeune épouse s’appelle Marie Marguerite BERTHON, elle a 19 ans, est « sans profession », et la fille de Jean Appolinaire BERTHON et de Marie Alexandrine PERCEVAULT, tous deux cultivateurs, domiciliés paroisse Saint-Sennery à Pleumartin.

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17 octobre 1908, mariage de René BOISGARD et Marguerite BERTHON – Pleumartin (86) (archives familiales)

Trois ans après leur mariage, le recensement de 1911 à Leigné-les-Bois indique que René et Marguerite partagent leur domicile avec Émile et Joséphine, au Ribatou. Dix ans après, en 1921, il n’y a plus de Boisgard au Ribatou.

Les tables décennales pas plus que les registres d’état civil ne sont en ligne pour cette période, il faut se déplacer en mairie, je n’ai donc pas pu le vérifier, mais je pense qu’Émile est décédé entre les deux recensements. En effet, en 1921, Joséphine vit au village de Vaux, sur la commune de Leigné-les-Bois, où résident également son gendre, Auguste GUÉRIN (sosa 10), veuf de Marie Claire BOISGARD (sosa 11) depuis 1912, avec 4 enfants en bas âge. Joséphine a donc quitté le Ribatou, mais elle n’est pas venue seule, puisque René et Marguerite sont également domiciliés au village de Vaux, avec une petite Jeanne qui serait née en 1909, ce qui m’étonne beaucoup car elle ne figure pas dans le recensement de 1911. Je n’ai pas trouvé de naissance d’un autre enfant du couple à Leigné-les-Bois ni à Pleumartin, donc je pense que l’agent recenseur a fait une erreur. En revanche, le 4 avril 1912 est née Gabrielle Jeanne Marguerite BOISGARD, que nous connaîtrons plus tard sous le nom de « cousine Jeanne » et qui était la secrétaire de mairie de Leigné-les-Bois.

Sur le recensement de 1926, Auguste GUÉRIN vit seul avec sa dernière fille, Solange, au village de Vaux. Les fils ont quitté la maison et Renée Claire (sosa 5) s’est mariée l’année précédente avec Étienne DEGENNE (sosa 4). Joséphine vit toujours avec René, Marguerite et la petite Jeanne.

Je continue à pister Joséphine, mais elle n’apparaît pas dans le recensement de 1931. J’ai donc maintenant une fourchette pour chercher son décès, entre 1926 et 1931, et très vraisemblablement à Leigné-les-Bois. Il ne reste plus qu’à attendre la fin du confinement…

En 1936, René BOISGARD et son épouse Marguerite vivent au village de Vaux, ainsi que le père de Marguerite, que je suppose veuf. Quant à Auguste GUÉRIN, il y vit également avec son fils Roger, sa bru Marie ROUET et leur fille Claudette, née en 1932.

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Pour revenir aux BOISGARD, voici la fratrie d’Émile Louis. Tous sont nés au Grand-Pressigny :

1/ Jeanne Françoise, le 25 octobre 1830 (soit un peu plus d’un mois après le mariage de ses parents…)

2/ Marie, le 10 avril 1833

3/ Marguerite, le 3 février 1836

4/ Marie Pierre, le 15 août 1838

5/ et enfin, après 4 filles, Louis René, le 29 mars 1841

6/ Victor, le 23 avril 1843

7/ Émile Louis, notre sosa 22, le 20 février 1847

8/ et enfin Georges Nicolas, le 24 avril 1848

Les parents sont Pierre BOISGARD (sosa 44) et Jeanne SIGNOLET (sosa 45). Pierre est journalier et Jeanne est « gagiste », c’est-à-dire, selon la définition qu’en donne le site vieuxmetiers.org, « Dans l’ouest de la France (Touraine, Anjou, Bretagne), personne qui se louait pour un an ou plus à un employeur ». Pas franchement un métier stable, mais avec 8 enfants, les gages de Jeanne devaient compter.

Quant à Joséphine GAUDRON, notre sosa 23, je lui connais 5 frères dont seulement deux arriveront à l’âge adulte et fonderont une famille.

L’aîné, Louis, né le 15 juin 1840 à Barrou, est décédé à l’âge de 11 ans.

Jean-Baptiste, né le 1er avril 1842 au Grand-Pressigny, a épousé une demoiselle Nonet en 1872.

Le troisième enfant, Joseph, né le 15 avril 1846 à Barrou, est mort à 20 ans.

Vient ensuite Joséphine, puis Pierre Adolphe, né le 10 mai 1850 à Barrou et décédé en 1940, soit une belle longévité.

Le dernier enfant, un petit Modeste, ne vivra même pas deux ans.

Les parents de Joséphine et de ses frères sont Louis André GAUDRON (sosa 46) et Catherine (ou Marguerite) ANGEVIN (sosa 47). Catherine est gagiste, comme Joséphine, et Louis André est « garde particulier ». Après quelques recherches, je suis arrivée à la conclusion que parallèlement aux gardes champêtres qui surveillent le domaine public, les gardes particuliers s’occupent de la surveillance de biens privés. Je n’ai pas encore trouvé à qui Louis André fournissait ses services.

Après toutes ces digressions, et en guise de conclusion, voici donc trois générations de BOISGARD sur cette photo de mariage.

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Arrière-grands-parents Guérin-Boisgard et arrière-arrière-grands parents Boisgard-Gaudron (archives familiales)

De gauche à droite :

Auguste GUÉRIN (sosa 10) et Marie Claire BOISGARD (sosa 11) avec leurs deux fils aînés : Roger né en 1905 et Abel né en 1907.

Émile Louis BOISGARD (sosa 22) et Joséphine GAUDRON (sosa 23), parents du marié et de Marie Claire.

Les jeunes mariés : René BOISGARD et Marguerite BERTHON.

C’est très émouvant de les voir ! Peut-être y a-t-il sur cette photo d’autres membres de la famille BOISGARD ou de la famille GAUDRON, des oncles et tantes de René, mais je ne vois aucun moyen de les identifier, à moins de trouver une machine à remonter le temps…

 

Au fil des registres, à Faye-la-Vineuse, au XVIIe siècle

Récemment, j’ai fait des recherches pour un mariage qui a eu lieu à Faye-la-Vineuse en 1684. Il y avait à l’époque trois paroisses : Saint-Jouin, Saint-Pierre de Marnay et Saint-Georges (la collégiale !). Ne sachant où résidait la jeune épousée, j’ai dû feuilleter virtuellement plusieurs registres et j’ai trouvé quelques pépites, j’ai décidé de les feuilleter attentivement, mais en me limitant aux tout premiers registres disponibles.

Le tout premier acte du tout premier registre présent dans les archives numérisées par les Archives départementales d’Indre-et-Loire concerne la paroisse Saint-Georges et date du 22 février 1621 ! Presque 400 ans… Je sais qu’il existe des registres et des écrits beaucoup plus anciens, mais ça m’émerveille quand même.

PremierActe-1621-Faye

Premier acte du premier registre, du 22 février 1621

Rien d’autre ne sort vraiment de l’ordinaire dans ce registre, si ce n’est une annotation : « Victoire sur les huguenots », dans la marge, en date du 24 juillet 1621. Ce n’est pas un acte, mais un court texte que d’aimables et très compétents paléographes ont eu la gentillesse de transcrire pour moi :

« Le XXIIIIiesme jour de juillet mil six cent vingt
ung par la grasce de Dieu, N(ost)re Roy très
chrestien Roy de France à qui Dieu luy donne
bonne vye et longue, a eu victoire contre
noz ennemys les Husguenotz et premierement après
la ville Sainct Jehan d’Angelicq et peu après
les austres villes de la Religion qui luy
estois rebelles / D’oncq Dieu il en fault louer. »

La ville de Saint-Jean-d’Angély étant « tombée » le 24 juin 1621, il aura donc fallu un mois pour que la nouvelle parvienne à notre curé. Curé dont je comprends un peu mieux l’enthousiasme pour cette « victoire » quand je lis, dans un document non référencé : « Dans la ville de Faye est une antienne et belle eglise collegialle qui fut ruinée par les hugenotz l’an 1569 ».

VictoireSurLesHuguenots

La victoire sur les huguenots

Dans un autre registre, celui qui couvre 1676-1700, on trouve un superbe « mortuage » qui concerne les décès, de même que « mariage » concerne les unions. En revanche, je n’ai pas trouvé d’équivalent pour les baptêmes ! Étonnant, mais assez logique !

Mortuage.PNG

L’étonnant « mortuage »

Et à la vue 42, un exemple de belles signatures, de styles différents !

PageSignatures

Il y en a pour tous les goûts, avec quelques belles « ruches »

Dans le registre qui couvre les baptêmes de 1671 à 1703 et les mariages et décès de 1676 à 1703, j’ai ri en lisant la « note à moi-même » du curé, à la vue 36. Il « prie monsieur Gouin [de] lui envoyer un bon dictionnaire » ! J’aurais bien voulu savoir quel dictionnaire monsieur Gouin lui a fait parvenir…

Dictionnaire

J’y apprends également qu’un certain Jacques Texier fut « assassiné à coups de couteau » le 10 décembre 1693… C’est moins amusant, c’est même assez glaçant.

Faye-Assassine-CoupsdeCouteau-1693

Ce bon curé, dénommé Martin Bureau, décède le 22 mars 1697, il est inhumé « devant la chapelle de St Nicolas ». Il écrivait correctement (c’est-à-dire que je suis capable de le lire), contrairement à beaucoup d’autres prêtres. Je craignais la suite, mais finalement, son successeur, J. Gilles, se débrouille bien aussi.

DecesBureau-Cure-Faye

D’ailleurs, il aura l’occasion, le 1er octobre 1700, d’enterrer « Radegonde ditte la cracochonne », veuve d’un certain Aubry. Pas de patronyme, ils ne devaient pas faire partie des notables…

Cracochonne

Un autre acte de décès donne des indications très précises de la sépulture d’une « honorable » dame, que je retranscris au mieux : « L’onzieme feuvrier mil sept cens un honorable Catherine Le Bas veufve du plessis mourus en sa soixante seizieme annee et fut enterree par le chapitre à Saint Jouin environ six a sept pieds audela du balustre au milieu de leglise vis a vis le grand autel ».

Faye-Inhumation-Detail-1701

Je penserai à elle la prochaine fois que je rentrerai dans la collégiale…

Pour en finir avec ce florilège, j’ai trouvé un centenaire, malheureusement sans noter exactement dans quel registre ni à quelle date. Il s’agit de Jacques Beauvillain, sergent royal.

Faye-Beauvillain-Centenaire-1692

Il avait même « plus de 100 ans » !

Je me suis arrêtée là, il reste encore beaucoup de registres à feuilleter, et certains contiennent probablement d’autres passages insolites.

Sources :

1/ https://archives.touraine.fr/ark:/37621/xl1n0cwb2vr3/f78c1b98-f1f3-4230-94e2-d4d7bd0c67e3

2/ https://archives.touraine.fr/ark:/37621/27q3jhr859n1

3/ https://archives.touraine.fr/ark:/37621/r14c9m56wn0l/8f364083-2860-49ca-9bea-a72bac33cb27

4/ https://archives.touraine.fr/ark:/37621/27q3jhr859n1/4df415ad-f17e-44de-9e28-e5faeecb09d8

Pour en savoir plus :

Lieux de Faye-la-Vineuse : https://lieuxditsdetouraine.blogspot.com/search/label/Faye-la-Vineuse

Histoire succincte de Faye-la-Vineuse : http://www.litteratur.fr/communes-de-touraine/faye-la-vineuse/

 

Anthoine BRUNETEAU, sosa 2020

Eh oui, c’est encore un « challenge » sur Twitter qui est à l’origine de cet article ! L’année 2020 est là, une bonne occasion pour partir à la découverte du sosa correspondant.

Anthoine BRUNETEAU est le fils de Jean BRUNETEAU (sosa 4040), cordonnier, et de Claude DELESTANG (sosa 4041). À ma connaissance, il est le troisième enfant d’une fratrie de 4. L’aîné, Nicolas, est né en 1645, suivi de Marie née en 1646, d’Anthoine donc, né le 12 avril 1648. La dernière est Renée, née en 1660. L’écart est important entre les deux dernières naissances, je n’exclus pas d’autres frères et sœurs, mais ne les ai pas trouvés.

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Baptême d’Anthoine BRUNETEAU, 12 avril 1648, Saint-Gervais

Ces enfants sont tous nés à Saint-Gervais-les-Trois-Clochers.

Le 7 février 1673, à 24 ans, Anthoine BRUNETEAU épouse Jeanne CADET (sosa 2021), 22 ans, en l’église de Saint-Martin-de-Quinlieu, une paroisse limitrophe de Saint-Gervais dont il ne reste qu’une rue portant ce nom. La paroisse, devenue commune après la Révolution, a été rattachée à Saint-Gervais en 1818, tout comme celle d’Avrigny. Il semble que ces trois paroisses réunies aient donné le nom de « Trois-Clochers » à Saint-Gervais.

2020-2021-MariageAnthoineBRUNETEAU&JeanneCADET.png

Mariage d’Anthoine BRUNETEAU et Jeanne CADET le 7 février 1673 en l’église de Saint-Martin-de-Quinlieu. Notez que Jean BRUNETEAU, le père, cordonnier, sait signer!

Le couple aura au moins 5 enfants : Jean, né en 1674, une petite fille sans prénom dont je sais seulement qu’elle est décédée en 1676, Radegonde, née en 1675, un Anthoine né en 1676 (sosa 1010) et François, né en 1681.

Je n’ai pas trouvé pour Anthoine-2020, mais sont père Jean était cordonnier et son fils Anthoine-1010 est qualifié de « maître cordonnier », je peux donc imaginer que le métier s’est transmis de père en fils et ce, jusqu’à la génération suivante.

En effet, Antoine-1010, maître cordonnier, a eu 4 enfants de sa première épouse, Marguerite BISART (sosa 1011) dont un René Antoine qui sera aussi cordonnier.

Le seul élément qui me manque pour Anthoine BRUNETEAU, c’est sa date de décès. Introuvable, et vraisemblablement recouverte d’une grosse tache d’encre sur un registre…

Rendez-vous l’année prochaine pour parler de Jeanne CADET ?

En attendant, tous mes vœux de bonheur !

Sylvain Barbarin était-il bigame !?

Je me le demande vraiment, car je n’arrive pas à résoudre cette histoire.

Dans mon arbre, jusqu’à aujourd’hui, j’avais ceci :

SylvainBARBARIN

Sylvain Barbarin est mon sosa 74.

Il me manquait quelques actes, je les ai trouvés et ils correspondent aux dates et lieux que j’avais notés. Jusque là, tout va bien.

Et voilà que je reçois le n° 147 d’Hérage, la revue du Cercle Généalogique Poitevin et que j’y trouve l’ascendance poitevine de Valérie Arnold-Gautier qui n’est autre que la nouvelle présidente de la Fédération française de généalogie. Je parcours rapidement ces pages et j’y trouve des noms connus, notamment les couples Barbarin-Tricoche, Barbarin-Maigret, Tricoche-Antigny et quelques autres.

Pourtant, quelque chose ne colle pas. François BARBARIN et Anne TRICOCHE sont des ancêtres communs, mais l’épouse attribuée à leur fils Sylvain m’est inconnue.

« Mon » Sylvain BARBARIN, sosa 74, est né le 5 mai 1778 à Saint-Pierre-de-Maillé, de François BARBARIN et Anne TRICOCHE. Cette date figure sur l’acte de son premier mariage, le 12 février 1797, avec Marie BRUNET (sosa 75). Marie BRUNET était née le 23 février 1772 à Saint-Pierre-de-Maillé où elle est décédée le 29 janvier 1814, à l’âge de 41 ans. Je connais 3 enfants au couple, la dernière, Madeleine, étant née en 1805.

BaptemeSylvainBARBARIN-1778.png

Baptême de Sylvain (Silvin) BARBARIN, le 5 mai 1778. Pas de jumeau en vue.

DexesMarieBRUNET.png

L’acte de décès de Marie BRUNET indique bien qu’elle était l’épouse de Sylvain BARBARIN.

Dans la revue, il est indiqué que le Sylvain BARBARIN ancêtre de Valérie Arnold-Gaultier a épousé Marguerite PIRAULT le 16 octobre 1809 à Bossay-sur-Claise, en Indre-et-Loire, soit à une distance de 20 à 25 kilomètres de Saint-Pierre-de-Maillé.

Je cherche cet acte de mariage, peut-être y a-t-il une erreur, une homonymie, mais non. L’acte précise que l’époux, Sylvain BARBARIN, est né le 5 mai 1778 à « Saint-Pierre-de-Tournon », de François BARBARIN et Anne TRICOCHE. Je suppose que le curé ne connaissait pas bien les paroisses de la Vienne et qu’il s’est emmêlé la plume d’oie. Saint-Pierre-de-Tournon n’existe pas. Par acquit de conscience, j’ai cherché dans le registre de 1778 de Tournon-Saint-Pierre, mais bien sûr, il n’y avait rien.

L’histoire se corse un peu si j’ajoute qu’après le décès de Marie BRUNET en 1814, « mon » Sylvain BARBARIN s’est remarié avec Marie Anne BÉJAULT le 30 janvier 1815. Il serait donc doublement bigame, si je puis dire !

Récapitulons : deux Sylvain BARBARIN, nés le même jour, au même endroit, des mêmes parents. L’un est conjoint de Marie BRUNET de 1797 à 1814, puis de Marie Anne BÉJAULT de 1815 à une date inconnue (je ne trouve pas le décès de Marie-Anne). L’autre est conjoint de Marguerite PIRAULT de 1809 à 1840 (année du décès de Sylvain).

Que dois-je en déduire ? Bigamie ou gémellité ? Ou une erreur de ma part ?

Non, il ne s’agit pas de jumeaux, l’acte de baptême est limpide.

Pour la bigamie, c’est moins sûr. En effet, l’acte de décès de Sylvain le dit « veuf de Marguerite PILLOT » (Pirault/Pillot) et celui de Marguerite PIRAUT la dit « veuve de Silvin BARBARIN ». Tout ça ne règle pas la question des dates. Me suis-je trompée de Marie BRUNET ? Mais s’il est dit veuf de Marguerite PIRAULT, épousée en 1809, comment peut-il avoir épousé Marie Anne BÉJAULT en 1815 ?

Des enfants sont nés de ces trois mariages, dont certains la même année. Sylvain BARBARIN avait-il donc une double vie ? Pour le moment, c’est ma conclusion.

Précision : le couple BARBARIN-TRICOCHE a eu un autre fils prénommé Sylvain, né le 9 janvier 1782 à Saint-Pierre-de-Maillé. Je n’en sais pas plus à son sujet, mais cela ne change rien puisque deux actes de mariage donnent exactement la même date de naissance du 5 mai 1778 pour le Sylvain qui m’intéresse.

Sources :

Mariage Sylvain BARBARIN & Marie BRUNET : ici et ici

Mariage Sylvain BARBARIN & Marguerite PIRAULT : ici

Mariage Sylvain BARBARIN & Marie Anne BÉJAULT : ici et ici

RECTIFICATION : C’est grâce à Twitter, une fois de plus, que cette histoire trouve sa conclusion. En effet, il semble que le curé de Bossay-sur-Claise n’ait pas indiqué la bonne date de naissance pour Sylvain BARBARIN. Celui qui épouse Marguerite PIRAULT est vraisemblablement le Sylvain né le 9 janvier 1782. Les âges aux deux décès correspondent. « Mon » Sylvain BARBARIN n’est pas mort, comme je l’ai cru, le 23 juin 1840 à Saint-Pierre-de-Maillé, mais il est décédé accidentellement au Blanc, dans l’Indre, le 19 janvier 1847. L’acte précise bien qu’il est l’époux de Marie BÉJAULT. Ouf ! Pas de bigamie, pas de jumeau caché, simplement une homonymie bien déroutante…

Marie Petitclerc (ou Petitclair), une ou deux ?

Décidément, cette famille n’est pas simple à cerner. Dans mon dernier article, je parlais d’Anne MOREAU (sosa 33) et de sa sœur Marie. Après avoir résolu le problème des dates de naissance, je me suis penchée sur les parents, Jacques MOREAU (sosa 66) et Marie PETITCLERC (sosa 67). Je voulais en savoir plus sur la fratrie de Marie, trouver tous les actes correspondants aux éléments que j’avais, mais les choses se sont singulièrement compliquées…

Je savais que Marie PETITCLERC était la fille d’Honoré PETITCLERC (sosa 134) et de Jeanne JOLLY (sosa 135), et je pensais 1/ que Marie s’était mariée « sur le tard » avec Jacques MOREAU, puisqu’elle avait 38 ans, 2/ qu’elle avait eu son dernier enfant à l’âge de 52 ans ! et 3/ qu’elle avait vécu 85 ans. J’ai dû tout remettre en question, puisqu’en cherchant ses frères et sœurs, je suis tombée sur un acte de mariage entre René ROUET et Marie PETITCLERC, en 1776 à Vicq-sur-Gartempe. Marie avait alors 22 ans, donc dans un premier temps, j’ai pensé qu’elle était devenue veuve au bout de quelques années et que Jacques MOREAU était son deuxième mari.

J’ai donc ouvert les registres paroissiaux de Vicq et cherché des enfants à cette première union, tout en guettant l’acte de décès de René ROUET, avant février 1792, date du mariage avec Jacques MOREAU. Et là, les pages défilent, je trouve pas moins de 7 enfants nés entre 1777 et… 1796 ! Et là, ça ne va plus du tout, je n’avais pas prévu ça.

Je reprends donc les actes de mariage pour vérifier qu’il s’agit bien de la même Marie PETITCLERC et c’est effectivement le cas, les parents sont les mêmes sur les deux actes de mariage. Le second ne dit pas qu’elle est veuve, à juste titre puisqu’elle ne l’est pas en 1792. Et évidemment, aucun ne mentionne l’âge des nouveaux époux…

Sachant qu’il n’est pas rare que deux, voire trois, enfants portent le même prénom, même s’ils sont tous vivants, je me dis que c’est peut-être le cas ici, qu’Honoré et Jeanne ont prénommé deux de leurs filles Marie, ce qui me semble être la seule explication.

Je cherche donc une autre Marie, et je finis par la trouver ! Elle est née le 26 avril 1764. Et là, au vu des dates de naissance, je réalise que j’avais tout faux depuis le début. « Ma » Marie née en 1753 était finalement l’autre, née en 1764. Les âges aux deux mariages sont nettement plus cohérents.

J’ai trouvé l’acte de décès de Marie PETITCLAIR*, épouse de René ROUET, à Vicq-sur-Gartempe, le 19 mai 1819, à l’âge de 72 ans.

Quant à René ROUET, je pouvais toujours chercher son acte de décès avant 1792… Il est mort à Vicq le 18 janvier 1838, à l’âge vénérable de 96 ans ! Et il est bien dit « veuf de Marie PETITCLAIR ».

La Marie PETITCLERC qui a épousé Jacques MOREAU est décédée le 30 septembre 1838, également à Vicq-sur-Gartempe, et l’acte précise qu’elle est l’épouse de Jacques MOREAU. L’acte lui donne 75 ans, je pensais que c’était une erreur, mais finalement c’est exact.

Je continue à « sourcer » et je vais peut-être avoir d’autres surprises…

* Comme je l’ai déjà indiqué, je n’accorde pas trop d’importance à l’orthographe des noms propres. Petitclerc, Petitclair et autres variantes, de même que Rouet ou Rouhet, tout dépend du rédacteur de l’acte, curé ou officier d’état civil.

Vicq-Sur-Gartempe-lentree-Du-Pontchasseur.jpg

 

Anne ou Marie ? Et combien de Marie ?

Mon ancêtre Louis DEGENNE (sosa 32), veuf de Jeanne MÉRIGUET, a épousé en deuxièmes noces Anne MOREAU (sosa 33) le 8 mai 1837 à Vicq-sur-Gartempe. Leur acte de mariage indique qu’elle est née le 11 décembre 1795 à Vicq-sur-Gartempe.

DateNaissanceAnneMoreau

Extrait de l’acte de mariage qui indique Anne Moreau avec une date de naissance erronée.

Anne était la fille de Jacques MOREAU (sosa 66) et de Marie PETITCLERC (sosa 67). N’ayant pas approfondi cette branche, je me disais qu’elle n’était probablement pas fille unique. J’ai donc commencé à chercher d’éventuels frères et sœurs à partir de 1792, date de mariage de Jacques et Marie. C’est là que les surprises ont commencé.

J’ai d’abord trouvé un frère aîné, François, né en 1793, le seul de la fratrie à être né à Pleumartin. Sur le site Mémoire des Hommes du ministère des Armées, on trouve sa fiche qui m’a appris que François était né à Vicq (son acte de naissance se trouve pourtant bien dans les registres de Pleumartin), qu’il était « tiseran », « conscrit de l’an 1813 », qu’il avait un grade de « fusilier » et qu’il avait été « rayé le 31 décembre 1813 » (je suppose qu’il a été libéré de ses obligations à cette date).

Je possédais déjà l’acte de naissance d’Anne, le 11 décembre 1795 à Vicq-sur-Gartempe. Je m’étais étonnée qu’il soit au nom de Marie MOREAU, mais je débutais et n’avais pas cherché plus loin. Je me disais qu’elle avait adopté un autre prénom.

J’ai continué à répertorier tous les Moreau de la Vienne sur Filae et trouvé encore 3 sœurs nées après elle : Magdelaine, Marie et Jeanne.

Magdelaine est née en 1797 et décédée en 1801.

Marie est née en 1803, s’est mariée en 1828, a eu 3 enfants et est décédée en 1834, à 31 ans donc. Elle était couturière.

Jeanne est née en 1805. Je n’ai pas trouvé d’autre trace d’elle.

Et puis, surprise, je trouve l’acte de décès d’une autre Marie MOREAU en 1802. Il ne peut pas s’agir de celle qui est née en 1803, évidemment. Et ce n’est pas non plus « ma » Marie-qui-se-ferait-appeler-Anne.

Après un bon remue-méninges et concertation avec moi-même, je lance un appel à l’aide sur Twitter. Cette communauté de généalogistes est souvent d’une aide précieuse. C’était une bonne idée ! Suivant les pistes fournies, je consulte les tables décennales de Vicq-sur-Gartempe et recense les patronymes qui pourraient être confondus avec Moreau. Et je trouve une Anne MORIOT, née en le 4e jour complémentaire de l’an 7, ce qui correspond au 20 septembre 1799. Les parents cités sont bien Jacques MORIOT et Marie PETITCLERC. Ouf ! Les choses commencent à s’éclaircir.

AnneMoriot

Le nom qui figure dans la marge de l’acte de naissance d’Anne

Une naissance en 1799 et un décès en 1869, l’acte indiquant qu’Anne avait 70 ans, me laissent penser que j’étais passée complètement à côté des bons actes.

À ma décharge, les actes paroissiaux ou d’état civil ne sont pas toujours des modèles d’exactitude. L’acte de décès d’Anne, en 1869, précise qu’elle est veuve d’André Dejenne (sic), alors qu’elle l’est de Louis…

Et la petite Marie décédée en 1802 « à l’âge de 7 ans » ? Eh bien, c’est elle qui était née en 1795.

J’en conclus que les officiers d’état civil n’ont pas fait leur travail correctement et que celui qui a marié Anne à Louis DEGENNE, n’ayant pas trouvé son acte de naissance au nom d’Anne MOREAU, n’a pas cherché plus loin. Peut-être que, comme moi, il s’est dit qu’elle s’appelait Marie mais préférait qu’on l’appelle Anne. Je suis donc aussi fautive que lui !

Pour conclure, il y a encore quelques jours, je ne connaissais qu’un enfant au couple Jacques Moreau et Marie Petitclerc, et je sais maintenant qu’ils en ont eu 6, dont 2 Marie !

EnfantsMoreau

En cherchant autre chose sur Internet, je suis tombée – à point nommé – sur cette citation bien connue de Boileau (ou attribuée à Boileau) qui me semble s’appliquer parfaitement aux recherches généalogiques en général et plus particulièrement à celle-ci :

« Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,

Polissez-le sans cesse, et le repolissez,

Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. »

 

Les frères Artault

Au détour des registres, on fait des découvertes parfois amusantes, anecdotiques, comme celle des jumelles qui ne sont pas nées la même année (ici) ou plus dramatiques comme celle faite récemment dans les registres d’Orches, au nord de la Vienne, que j’épluche pour « sourcer » les actes concernant la famille Artault.

Un couple composé de Charles Pierre ARTAULT (sosa 232) et de Marie Jeanne JUMEAUX (sosa 233) a eu deux fils : Charles Pierre et Vincent Marc, tous deux sabotiers comme leur père. Je ne leur connais pas d’autres enfants.

J’ai déjà évoqué le mariage de l’aîné, Charles Pierre (sosa 116) avec Henriette Fleurence HENNEBAULT (ou Andebault), avec réunion du conseil de famille puisqu’ils étaient mineurs et qu’Henriette était orpheline, c’est ici. Je savais aussi que Charles Pierre était mort jeune, à 29 ans, et qu’Henriette s’était ensuite remariée et avait eu d’autres enfants.

Je viens de découvrir que son frère, Vincent Marc, était mort encore plus jeune, à 24 ans. Ils sont sur la même page du registre…

Vincent Marc avait épousé une jeune fille d’Orches, Louise Duvivier, et avait deux fils.

Cette fin d’hiver 1825 a dû être terrible puisque les deux frères décèdent à quelques jours d’intervalle. Les registres ne mentionnent pas toujours la cause du décès, mais là, j’ai eu de la chance, si on peut dire.

Vincent Marc est mort le 8  mars 1825, d’une « fausse pleurésie », son fils Vincent François avait 2 ans (il décèdera deux ans plus tard), et Jean, le petit dernier, avait 4 mois. Je n’ai pas poussé les recherches, mais j’espère que Louise Duvivier a pu se remarier et élever son fils survivant.

Quant à Charles Pierre, il est mort le 22 mars 1825, d’une « fluxion de poitrine ». Sur ses 4 enfants, un seul atteindra l’âge adulte, c’est Charles Pierre (sosa 58), il avait 9 ans à la mort de son père.

J’ai cherché à savoir si les parents de ces deux jeunes hommes étaient vivants au moment de tous ces décès, j’espérais que non, qu’ils n’avaient pas eu à affronter la mort de leurs deux seuls fils et de quatre petits-enfants. Le père, Charles Pierre, est mort en 1824, donc avant ses fils. En revanche, Marie Jeanne est décédée en 1838, et je veux croire qu’elle a été une aide précieuse pour ses brus.

Ce n’est évidemment pas une situation exceptionnelle, les conditions de vie de ce petit peuple des campagnes étaient difficiles, l’hygiène et la médecine n’avaient rien à voir avec ce qu’on connaît aujourd’hui, etc., mais franchement, une telle succession de décès, en l’espace de quelques années, c’est vraiment triste.

Artault