La descendance de Pierre Emmanuel AURIAU et Justine AUJARD

La gare de Monts-sur-Guesnes, le point de départ…

Pour changer un peu de la recherche d’ancêtres, je me suis lancée dans la reconstitution de toute une fratrie un peu différente de mes éternels et très sédentaires laboureurs. Je n’ai pas regretté, j’ai découvert des destins surprenants et frôlé le cousinage entre mes grands-parents maternels ! Il s’agit des enfants de Pierre Emmanuel AURIAU (sosa 48) et de Justine AUJARD (sosa 49). Le couple s’est marié le 9 avril 1823 à Saint-Genest-d’Ambière, où est née Justine, mais a passé l’essentiel de sa vie à Monts-sur-Guesnes où sont nés leurs huit enfants. À leur mariage, Pierre Emmanuel était un tisserand de 24 ans, et Justine avait 21 ans. Pierre Emmanuel savait ce qu’était une grande fratrie, puisqu’il avait 12 frères et sœurs. Justine en avait « seulement » trois.

Les huit enfants : François, Paul, Moïse Alexandre, Sidonny Almeida (oui, je sais…), Justine Adélaïde, Emmanuel Jules, Apolline et Arsène. La petite Pauline ne vivra pas deux ans, c’est la seule à décéder en bas âge.

I/ François AURIAU

C’est l’aîné, il est né en décembre 1824. Il porte le même prénom que son grand-père AUJARD, tradition oblige, et de même que ce grand-père, il sera charpentier, mais pas dans le Poitou. En effet, il quitte Monts-sur-Guesnes pour s’installer à Monts, au sud de Tours, où il épouse Célestine ANSAULT qui est couturière et « piqueuse de bottines ». Ils auront cinq enfants (Paul, Eugène Léon, Célestine, Léontine et Jules François), tous nés à Monts. Malheureusement, seuls les deux derniers atteindront l’âge adulte. Les trois premiers sont décédés respectivement à 7 mois, 6 ans et 8 mois.

Ia/ Leur fille Léontine AURIAU épouse un tailleur de pierre qualifié ensuite, à la naissance de ses enfants, d’« entrepreneur », Joseph Émile Octave QUANTIN. Octave sera mobilisé avec la classe 1876 pendant la Première Guerre mondiale et, grande nouveauté dans mon arbre, sera promu chevalier de la légion d’Honneur en 1917 ! Ils ont eu deux enfants : Léon Raoul, né le 1er avril 1883 (marié en 1909 à Juliette CHARBONNIER, à Cinq-Mars-la-Pile (37), puis en 1940 à Régine GUÉNÉGAUD, à Tours) et décédé en janvier 1951 à Tours. Sa petite sœur, Georgette Octavie Marie, est née le 29 septembre 1890 (mariée le 30 août 1911 à Léon Joseph François LEPAGE, à Monts et décédée en décembre 1966 à Pithiviers).

Ib) Le dernier enfant de François AURIAU et Célestine ANSAULT s’appelle Jules François, il est né en novembre 1859, à Monts. Il est plâtrier et épouse une couturière, Marie Georgine BESNARD en 1886, à Vouvray, à l’est de Tours. Je peux imaginer qu’ils se sont connus à Vouvray où Paul (voir ci-dessous), un oncle de Jules François, est boulanger, et comme la mère de Marie Georgine est aubergiste, la déduction est facile. Je ne leur connais qu’une fille, Juliette Célestine, née en 1886 à Monts et décédée en 1961 à Tain-L’Hermitage, bien loin de Monts.

Facétie de l’état civil, les enfants de cette branche sont tous des AURIAULT, et non plus des AURIAU.

II/ Paul AURIAU

Le second fils de Pierre Emmanuel et de Justine est Paul AURIAU, né le 25 janvier 1828 à Monts-sur-Guesnes où il épouse Arsène Madeleine DAGOUET en 1851. Elle est aussi née en janvier 1828 et ils se suivent sur le registre d’état civil. Il est boulanger, elle est couturière. Leurs deux enfants sont nés à Faye-la-Vineuse. Cette boulangerie de Faye-la-Vineuse est gravée dans l’histoire de ma famille puisque mon arrière-grand-père Emmanuel Jules AURIAU, mon grand-père Robert AURIAU puis mon oncle Paul AURIAU y exerceront aussi leur métier. Elle n’existe malheureusement plus. Ils sont morts tous les deux à Faye-la-Vineuse.

Paul et Arsène auront deux enfants, Marie Louise et Paul Georges.

IIa/ Marie Louise AURIAU, née en 1853, épousera Baptiste AMIRAULT en 1869, à Faye-la-Vineuse. Je sais qu’ils ont vécu à Ports-sur-Vienne, pas très loin de Faye. Je leur connais une fille, Marie Marcelline, née en 1872 à Faye et décédée en 1961 à Fondettes, à côté de Tours. Marie Louise, quant à elle, décèdera en 1936 à Nouâtre.

IIb/ Paul Georges AURIAU est né à Faye-la-Vineuse en 1855, il sera également boulanger, mais à Tours d’abord, probablement employé dans une boulangerie, puis à Vouvray. En 1883, il épouse à La Riche, banlieue de Tours, Augustine Aimée LENOIR, qui est relieuse et dont il aura une fille Georgette Augustine Aimée en 1884. Augustine LENOIR décède en 1886 et Paul se remarie en février 1887 avec Marie Caroline POINCLOUX, à Monnaie. Il semble qu’il quitte aussi Vouvray puisque le premier enfant du couple est né en 1888 à Tours, mais qu’il y retourne ensuite : les deux autres enfants sont bien nés à Vouvray. Ce sont trois garçons : Paul Louis Marcel en 1888, Marius Jules en 1892 et Georges Fernand en 1898. Je note que le patronyme a changé également et pris un « x » final. Ce sont donc trois fils AURIAUX qui suivent.

                        1/ Paul Louis Marcel AURIAUX, né à Tours en 1888 sera instituteur, le premier que je trouve parmi tous mes ancêtres et collatéraux. Il épousera à Loches Marie Madeleine BAS, une institutrice originaire de… Boulot, en Haute-Saône ! Le hasard des mutations, j’imagine. Ils semblent avoir eu une fille, mais je ne l’ai pas trouvée. Ils sont décédés tous les deux à Tours, lui en 1973 et elle en 1967. J’ai cherché sa fiche matricule, mais il a été exempté. En creusant un peu plus, j’ai trouvé une mention de Paul Louis Marcel dans le Maitron, qui répertorie différentes biographies dont celle de Paul Louis Marcel, avec le détail de ses engagements dans des associations et syndicats professionnels. C’est ici : https://maitron.fr/spip.php?article91557, notice AURIAUX Paul, Louis, Marcel par Jacques Girault, version mise en ligne le 2 novembre 2010, dernière modification le 29 octobre 2018.

                        2/ Le second fils, Marius Jules AURIAUX, est né en 1892 et ma surprise a été grande en lisant son acte de mariage en 1913, à Paris, de voir qu’il était… cycliste ! Je replonge dans les entrailles d’Internet et je vois qu’effectivement, il était cycliste et qu’il a couru le Paris-Tours en avril 1914, où il s’est classé 34e ! La même année, il a participé au tour de France, mais son nom est suivi de la mention « DNF », c’est-à-dire « did not finish ». Il n’est donc pas allé jusqu’au bout. Il appartenait au Véloce-Club de Tours dont le conseil d’administration lui a décerné, en 1911, une médaille d’or « qu’il a si brillamment gagnée en établissant le record de l’heure » (L’Union libérale, 18 décembre 1911, p. 4/4). J’ai trouvé son nom mentionné dans plusieurs articles de cette époque, souvent élogieux, comme celui-ci :

L’Union libérale, 14 octobre 1911, p. 3/4.

Il semble, qu’en plus de ses activités sportives, il ait suivi les traces de son père et de son grand-père et ait donc une formation de boulanger. En effet, sur sa fiche matricule (classe 1912), on voit que « coureur cycliste » a été rayé et remplacé par « boulanger pâtissier ». La guerre, la Première Guerre mondiale, a donc mis un terme définitif à ses exploits sportifs. Il a été incorporé en septembre 1914, mais placé dans la « réserve auxiliaire » pour cause d’une pleurésie ancienne. Sa fiche le décrit blond aux yeux bleus, avec un « menton à fossette » et une belle taille de 1,78 m. Je n’ai pas réussi à trouver de photo, c’est bien dommage…

En 1913, il a épousé Marcelle RIVIÈRE à Paris, dans le XIIIe, une brodeuse originaire de Pocé-sur-Cisse, autrement dit, une « payse ». Je ne leur ai pas trouvé d’enfants. Marius est décédé en juillet 1967 à Vouvray.

Nous avions un champion dans la famille, mais je n’en avais jamais entendu parler !

                        3/ Le dernier fils est Georges Fernand AURIAUX. Il est né en 1898 à Vouvray. Comme il est de la classe 1918, je pensais que peut-être la guerre l’aurait épargné, mais non, il a été incorporé dans un régiment d’artillerie lourde en avril 1917. Il était mécanicien et a été renvoyé dans ses foyers en mai 1920. En décembre de la même année, il épouse Charlotte BONNET, une couturière de Vernou. Je ne leur connais pas d’enfants. Georges est décédé à Fondettes en 1973 et Charlotte à Tours en 1975.

III/ Moïse Alexandre AURIAU

Moïse est né en février 1832. Il sera sabotier et passera toute sa vie, célibataire, à Monts-sur-Guesnes. J’ai une tendresse particulière pour ce vieux garçon, celui qui déclare les décès de la famille, qui est témoin aux mariages de ses neveux et nièces. Toujours présent, l’oncle Moïse, pour s’occuper des autres. Il a enterré ses parents, sa petite sœur Apolline, ses deux frères aînés, François et Paul, et sa sœur Sidonny. Il est décédé en 1891, il avait 59 ans.

IV/ Sidonny Almeida AURIAU

Sidonny est née le 20 janvier 1834 et la vie ne va pas la gâter. En 1855, elle épouse Jean Mirtille VALIX (j’ai tiqué sur le Mirtille, mais il signe comme ça…), serrurier à son mariage, puis cafetier, à qui elle donne quatre filles : Marie Pauline, Marie Agnès, Marie Aline et Gabrielle en l’espace de cinq ans. Les dieux de la maternité ne sont pas avec elle : les deux dernières, Marie Aline et Gabrielle, ne vivent pas plus de 2 jours pour l’une et 13 mois pour l’autre. Je n’ai pas trouvé trace de l’aînée, Marie Pauline, après sa naissance le 11 novembre 1855. Pas de décès ni de mariage, rien de rien. Quant à Marie Agnès, je n’ai pas trouvé son acte de naissance, mais son acte de décès la dit âgée de 29 ans en avril 1885 à Poitiers, où elle était religieuse. Et Sidonny quitte ce monde en février 1862, elle avait 28 ans.

Le remariage de Jean Mirtille n’est pas en lien direct avec ma généalogie, mais j’ai passé du temps à reconstituer modestement les parcours des enfants de ce deuxième lit. Jean Mirtille se remarie en 1865 avec Aimée Angélina Herma SIMON qui lui donnera 4 enfants, dont deux garçons, Mirtille Thomas et Frédéric, qui émigreront à Paris. Mirtille Thomas VALIX était charron. À Paris, il épouse une cuisinière originaire d’Eure-et-Loir, Maria Valentine Tarsille HUDEBINE, qui lui donnera une fille, Adèle, née en 1897. Quant à Frédéric, il est qualifié de manutentionnaire et de célibataire. Les deux frères décèderont, le premier, Mirtille Thomas, en 1922 à Paris, et son jeune frère Frédéric en 1926. Ils ont tous deux été inhumés au cimetière de Bagneux. Les deux filles de Jean Mirtille et Aimée sont décédées, l’une, Modeste, à 3 mois et l’autre, Marie Modeste, à 22 ans.

V/ Justine Adélaïde AURIAU

Elle est née le 7 janvier 1836 et penser que nos ancêtres ont eu des vies « planplan » ou toutes tracées est une erreur. La preuve : mes recherches sur Justine m’indiquent la naissance d’une fille, Gabrielle Félicie, en 1864, de père inconnu. La naissance est déclarée par le père de Justine, Pierre Emmanuel AURIAU. Justine est lingère et a 28 ans. En 1871, c’est une petite Alphonsine qui naît, toujours de père inconnu. Elle vivra 16 mois. Et en 1874, une autre petite fille naît dans les mêmes conditions, mais elle décède à la naissance et n’a pas de prénom.

Et puis, en mars 1875, Adolphe DUBROCA, né à Loudun, et 10 ans plus jeune que Justine, la demande en mariage. Difficile de lui donner un métier, d’après les actes, il sera tour à tour serrurier, boulanger, garde-champêtre… Adolphe semble avoir un grand cœur puisque quand Gabrielle Félicie (la fille aînée de Justine) se marie en 1884, il l’adopte officiellement et elle ne s’appellera plus que DUBROCA.

Justine et Adolphe ont eu un fils, né en 1878, Léon Ambroise DUBROCA, sur qui je n’ai rien trouvé sinon qu’il était décédé en 1954 à Tours.

C’est sur Gabrielle Félicie DUBROCA que je voudrais m’attarder un peu. En 1884, elle épouse Marie Armand Nicolas CHARDON, qui a 19 ans. Il est né à Bonnes et est dit coiffeur. Je leur connais 3 enfants nés à Monts-sur-Guesnes : Jeanne Marie Renée, Marthe Alice Marie et Roger Louis Emmanuel, respectivement en 1885, 1886 et 1890. Je ne sais pas ce qui s’est passé dans leur vie. Ont-ils été tentés par la même aventure que leurs demi-cousins (enfants du 2e mariage VALIX) ? Toujours est-il que je les retrouve à Paris, où ils « montent » entre 1890 et 1903. En effet, ils auront deux autres enfants à Paris : Raymonde Suzanne (en 1903) et Andrée Simonne (en 1906).

C’est malheureusement la pauvreté qui les attend dans la capitale. Armand, le père, est tour à tour employé de chemin de fer, tapissier, cocher, il fait certainement de son mieux pour nourrir ses enfants, mais à la naissance d’Andrée, en 1906, les deux parents sont dits « sans emploi ». Et puis en 1910, le 9 avril, Armand meurt subitement alors qu’il était « de passage » à Limeil-Brévannes. Il a 45 ans. Le 21 avril, à peine deux semaines après, c’est Gabrielle Félicie qui meurt à son tour, elle a 46 ans. Ils sont tous les deux inhumés au cimetière de Bagneux.

Je ne sais pas ce qu’il est advenu des 4 premiers enfants juste après le décès de leurs parents, et pendant toute la guerre. Ont-ils été placés ? Je sais seulement que la petite dernière, Andrée Simonne, est venue vivre à Monts-sur-Guesnes auprès de sa grand-mère Justine. Elles vivent ensemble d’après le recensement de 1921, Justine (appelée Adélaïde DUBROCA dans le registre, mais c’est bien elle) a alors 85 ans.

Recensement de 1921 – Monts-sur-Guesnes

Je n’ai pas trouvé la trace de l’aînée des enfants CHARDON, Jeanne Marie Renée. De sa sœur Marthe Alice Marie, je sais qu’elle est décédée à Paris en 1965. Le frère, Roger Louis Emmanuel, était mécanicien ajusteur. Il a d’abord épousé Alice CHABLE, en 1912, eu un fils, René Roger Armand. Après leur divorce en 1925, Roger s’est remarié avec Suzanne AUMENIER, comptable, originaire de Troyes et veuve. Je ne leur connais pas d’enfants. Roger est décédé en 1955 à Rosny-sous-Bois.

Quant à Raymonde Suzanne, la 4e de la fratrie, née en 1903, elle a épousé un chapelier, puis voyageur de commerce, divorcé, Paul ZILBERMAN dit SILBERMAN, en 1935, à Paris. Elle est décédée à Jonzac en 1985.

Je ne sais rien de la petite dernière qui vivait avec sa grand-mère Justine.

VI/ Emmanuel Jules AURIAU

C’est mon sosa 24, j’ai déjà évoqué sa vie de boulanger (ici).

Pour résumer, il a épousé Séraphine BONNEAU et eu 5 enfants dont seul un survivra, mon arrière-grand-père Jules AURIAU. Jules épousera Noémie JOUTEUX et ils auront 3 enfants : mon grand-père Robert AURIAU, sa sœur Paulette (qui épousera René MARTIN et en aura deux fils avant de décéder à l’âge de 29 ans) et son frère France (qui épousera Jeanne TURQUOIS et aura également deux enfants).

Mon grand-père Robert AURIAU, boulanger, a épousé Marie Augustine LECOMTE et ils ont eu 6 enfants, dont un Paul AURIAU qui a pris leur suite à la boulangerie de Faye-la-Vineuse.

VII/ Apolline AURIAU

Née le 22 janvier 1841, décédée le 11 août 1842. C’est bien court. Les officiers d’état civil écrivent son prénom « Apauline », donc vraisemblablement Apolline. Et sur son acte de décès, le maire a cru bon de préciser « sans profession ». Bref.

VIII/ Arsène AURIAU

C’est la petite dernière de la fratrie, son nom est écrit « Arcenne » sur l’acte de naissance, le 9 avril 1844. Modeste couturière de Monts-sur-Guesnes, où se trouve une caserne de gendarmerie, elle rencontre Charles Aimé PAGOT, gendarme à cheval, un Vendéen né en 1834. Leur mariage a lieu le 11 mars 1867. Quatre enfants sont nés à Monts-sur-Guesnes : Marie Aimée, Charles Louis Félix, Jean Paul et Eugénie Pauline.

La gendarmerie de Monts-sur-Guesnes (qui est aux fenêtres ?)

Je terminerai par Marie Aimée, l’aînée.

Charles Louis Félix est né en février 1870 et je ne sais rien de plus. Aucune trace… même pas sur les listes de tirage au sort de la classe 1890. Juste une chose, en 1901, il vit avec ses parents à Leigné-les-Bois, mais plus en 1906.

Son jeune frère, Jean Paul, est né en 1872, il épouse Léonie CLERTÉ en 1895 à Chenevelles (86). Arsène et Charles Aimé (retraité de la gendarmerie) y vivent et Charles y est « garde particulier ». Jean Paul et Léonie auront trois enfants, tous nés à Chenevelles, à côté de Châtellerault.

La petite dernière d’Arsène et Charles Aimé, Eugénie Pauline, est décédée à Saint-Savin (86), à la caserne de gendarmerie où son père était en poste. C’était en 1882, elle avait 7 ans.

Et je reviens donc à Marie Aimée, l’aînée de la fratrie. Elle est née en février 1868 à Monts-sur-Guesnes. Faute de pouvoir aller aux archives départementales pour consulter d’éventuels fonds relatifs aux enseignants, je me contente de ce que j’ai trouvé jusqu’à maintenant. Marie Aimée devient institutrice et en 1890, à Chenevelles, elle épouse Augustin Pierre BARBOTIN, également instituteur, né à Colombiers. Ils auront deux filles : Eugénie Marie Angèle et Marie Thérèse Augustine. Les deux sœurs se marieront le même jour à Lencloître, le 3 janvier 1920. La première avec un dénommé Pierre DEGRAVE dont je ne sais rien (les actes de mariage de 1920 ne sont pas en ligne) sinon qu’il travaillait à Bordeaux et la seconde avec Auguste Arsène LAMBERT, également instituteur, né en 1895 à Saint-Christophe. C’est là que la chose devient très intéressante. Toute cette famille AURIAU est celle de mon grand-père maternel. Or Auguste Arsène LAMBERT est apparenté à la famille de ma grand-mère maternelle. Il est cousin germain de mon arrière-grand-mère maternelle, Augustine Françoise LAMBERT. Je reviendrai plus longuement sur Marie Thérèse Augustine et Auguste Arsène LAMBERT dans un autre article pour lequel j’ai déjà rassemblé de la documentation.

Je ne sais pas si l’aînée des sœurs BARBOTIN a eu des enfants, seulement qu’elle est décédée en 1974 à Bordeaux.

Ce long article, peut-être fastidieux à lire, a été très enrichissant pour moi. J’ai eu l’impression, outre la généalogie, de faire un peu de sociologie avec ces épisodes d’exode rural qui sont caractéristiques de l’époque. Je n’ai pas beaucoup détaillé la descendance d’Emmanuel Jules (sosa 24), mais on y retrouve la même chose : le niveau de vie et la position sociale s’améliorent de génération en génération, certains enfants restent dans leur village ou à proximité tandis que d’autres vont tenter leur chance à la ville. On trouve dans ces quelques générations moins de métiers de la terre, mais plus d’artisans et de nouvelles professions (mécanicien, instituteur) qui montrent que certains ont su (et pu) se hisser socialement. On y trouve aussi un élément jusqu’alors rarissime dans ma famille : le mariage avec un conjoint natif d’une autre région, parfois très éloignée, et une denrée carrément inconnue auparavant : le divorce.

Pierre Emmanuel AURIAU, le tisserand-journalier, et son épouse Justine AUJARD n’ont pas eu connaissance de cette progression sociale, ils n’ont pas su non plus que c’en était fini de Monts-sur-Guesnes pour leurs descendants…

Les petits bonheurs

Il en faut ! Une des choses que j’adore en généalogie, c’est trouver un acte, une date, un lieu que personne n’a encore découvert. Souvent par paresse, alors qu’il suffisait d’ouvrir un registre pour trouver facilement. Ça marche très bien pour mes ancêtres très sédentaires, s’ils ne sont pas nés ou morts dans leur village de naissance, ils le sont souvent dans celui d’à côté. Pour les plus voyageurs, c’est moins simple, mais il y a des astuces, à la condition de ne pas s’appeler Jean MOREAU ou Marie MARTIN, évidemment. Et comme ce sont toujours les cordonniers les plus mal chaussés, je dois relativiser et avouer que j’ai moi-même quelques ancêtres dont je ne trouve le décès nulle part… À ma décharge, on ne peut rien contre des registres endommagés, souvent illisibles, ou manquants.

Mais dans certains cas, intuition et coup de chance sont mes meilleurs alliés. En voici un bon exemple.

J’ai récemment décidé d’ajouter Michel FOUCAULT à mon arbre, nous sommes cousins trèèès éloignés, mais ces cousinages (merci Généanet) permettent de repartir d’une branche ancienne, de faire la généalogie descendante et d’avoir parfois quelques surprises. Sans compter que par le biais des alliances, on peut se retrouver dans des milieux sociaux complètement différents, comme c’est le cas ici. Le couple d’origine que nous (mes cousins/cousines) partageons avec Michel FOUCAULT, c’est Méry JOUSSELIN (mon sosa 10954) et Jeanne AUBUGEAU (sosa 10955). Je sais peu de choses : il est marchand à Traversay, un village de Dissay, dans la Vienne, et décédé le 6 avril 1640. Je leur connais 5 enfants : Catherin, Jehan, Tiennette, Martine et Fiacre. J’ai trouvé des renseignements très utiles dans d’anciens numéros de la revue Héraldique et Généalogie (faciles à consulter dans la bibliothèque de Généanet), car le père de Méry JOUSSELIN, Hilaire, était « receveur de la châtellenie de Dissay » et que plusieurs de ses fils et gendres étaient notaires royaux.

Je suis donc partie de là, de deux de leurs enfants, ma sosa Martine JOUSSELIN et son frère Jehan, aïeul de Michel FOUCAULT, et j’ai descendu les générations les unes après les autres, en vérifiant à chaque fois que tout collait et en notant bien les références des actes que je trouvais. J’ai complété des fratries, avec les conjoints.

En cours de route, j’ai eu la surprise de trouver un AURIAULT. Le cousinage avec Michel FOUCAULT se fait par ma branche paternelle, mais j’ai beaucoup de AURIAU dans ma branche maternelle. Je n’ai pas trouvé de lien, mais le secteur géographique correspond. Il va falloir creuser tout ça.

Une fois arrivée au couple formé par François AURIAULT et Charlotte TRANCHAND, je m’aperçois qu’aucun des arbres en ligne consultés ne mentionne leurs date et lieu de décès. Même chose pour leur fils, Firmin Charles, et son épouse Adèle Victoire Aglaé GIRAUDEAU. Ah ah ! Voilà un petit défi comme je les aime et c’est aussi une bonne occasion de mettre à profit cette obstination qu’on me reproche parfois… (Mais qu’est-ce que tu peux être têtue !)

Je décide de commencer par Firmin Charles AURIAULT, le nom n’est pas banal. Lui et son épouse sont présents au mariage de leur fille Marie Adèle Hermance Anaïs (!) en 1872 à Vendeuvre-du-Poitou, j’ai donc un point de départ. Je commence à chercher dans les tables décennales de leurs villages de naissance (Thurageau et Chabournay), de leur lieu de résidence à cette date, de celui de leur fille, mais rien ! Peut-être faut-il sortir de la Vienne, mais pour aller où ? Mes recherches sur Généanet et Filae ne donnaient pas la moindre piste. Je laisse dormir (très bonne méthode) et le lendemain, je décide de lancer un filet sur Généanet en indiquant uniquement le nom et les prénoms de Firmin Charles, aucun lieu et une seule indication de date « après 1872 ». Bingo ! Ce qui ne donnait rien quand je précisais les deux noms du couple fonctionne à merveille. À ma grande surprise, je découvre un arbre, un seul, qui mentionne le mariage d’un Firmin Charles AURIAULT à une dame Élisa BEAURANG, née à Verviers, en Belgique. Ils se sont mariés dans le 17e arrondissement de Paris le 28 juin 1877 et je n’aurais jamais eu l’idée d’aller chercher aussi loin ! Il a 50 ans et sa nouvelle épouse 45. L’acte de mariage, que je trouve facilement, me comble. Il mentionne les dates de décès des parents de Firmin Charles, qui me manquaient aussi, et la date de décès d’Adèle Victoire Aglaé, le 16 décembre 1874 à… Levallois-Perret ! De mieux en mieux. La question, c’est : comment un ancien meunier du Poitou, devenu propriétaire certes, mais quand même, un natif de Thurageau, se retrouve veuf, domicilié à Paris, boulevard Voltaire, à épouser dans le 17e une rentière d’origine belge ? En attendant, je commence à me dire que s’ils ont vécu ensuite à Paris ou en région parisienne, voire en Belgique, ça ne va pas être simple de trouver leurs décès, surtout celui de Firmin Charles. Avec ma propre généalogie qui ne déborde pratiquement pas de la Touraine et du Poitou, je n’ai jamais fait de recherches à l’étranger.

Après avoir épuisé l’aide de Généanet sans pouvoir mettre la main sur les date et lieu de décès de Firmin Charles, je me tourne vers Filae en me disant qu’il serait étonnant que cette méthode de n’indiquer que le nom fonctionne une seconde fois, ce serait trop beau. Et pourtant, ça devait être mon jour de chance, je tape uniquement le nom et les prénoms de Firmin Charles et croise les doigts. Et deuxième bingo ! Il est décédé le 26 février 1907 à… Tours ! Mais quel voyageur, je n’ai pas l’habitude ! Profitant de ma chance, je récidive avec le nom et le prénom d’Élisa pour découvrir qu’elle aussi est décédée à Tours, quelques années après son mari, le 10 avril 1911.

Ce n’est pas tant cette parenté avec Michel FOUCAULT qui est importante (même si on me dit que « c’est la classe ! »), mais les recherches et découvertes qu’elle permet. J’espère que ces trouvailles serviront à d’autres, c’est le but.

Émile BOISGARD et Joséphine GAUDRON

Ce sont mes sosas 22 et 23, les grands-parents de Renée GUÉRIN, ma grand-mère paternelle. Ils sont tous les deux nés en Indre-et-Loire, mais ont passé la plus grande partie de leur vie dans la Vienne, à Leigné-les-Bois.

Émile Louis BOISGARD est né le 20 février 1847 au Grand-Pressigny, avant-dernier d’une fratrie de huit enfants. Il est le fils de Pierre BOISGARD et de Jeanne SIGNOLET qui se sont mariés en septembre 1830 et dont le premier enfant, Jeanne Françoise, est né en octobre… Elle sera suivie de Marie, Marguerite, Pierre, Louis René, Victor, notre Émile Louis et pour terminer Georges Nicolas. Je sais que trois d’entre eux sont parvenus à l’âge adulte et se sont mariés.

Grâce aux recensements, je sais que la famille vivait à Courvault, lieu-dit du Grand-Pressigny. Celui de 1872 indique que Pierre BOISGARD (devenu veuf en avril de la même année) vivait avec sa fille Marguerite. Plus de trace des autres enfants. Sur le même, j’ai trouvé un Louis BOISGARD, domestique âgé de 24 ans, qui pourrait être Émile Louis, mais sans certitude. Et je n’ai pas été fichue de mettre la main sur lui non plus dans les listes de conscrits et les registres matricules. Il a pourtant servi dans l’armée, puisque son acte de mariage, en 1873, fait état parmi les documents fournis d’« une autorisation de contracter mariage accordée par monsieur le Général commandant la dix-huitième division militaire le quatorze juin dernier, au dit Louis Émile Boisgard, comme soldat du cent troisième régiment d’infanterie de ligne, de la classe de mille huit cent soixante-sept ». Si quelqu’un est plus à l’aise que moi dans les archives militaires, je suis preneuse !

Acte de naissance Louis Émile BOISGARD

Joséphine Eugénie GAUDRON est née le 22 avril 1848 à Barrou, de Louis André GAUDRON et Catherine ANGEVIN, parfois nommée Marguerite. Elle arrive dans la famille après trois garçons (Louis, Jean Baptiste et Joseph) et avant deux autres (Pierre Adolphe et Modeste). Seuls Jean Baptiste et Pierre Adolphe vivront assez longtemps pour se marier, les trois autres garçons meurent en bas âge. La famille était domiciliée au lieu-dit Les Allais, à Barrou. Joséphine n’est plus mentionnée aux Allais sur le recensement de 1872, mais elle y figure quand même, comme « domestique chez Modeste DOURY, marchand de grains » au bourg de Barrou.

Acte de naissance Eugénie Joséphine GAUDRON

Émile et Joséphine se marient le 7 juillet 1873, à Barrou, en présence de leurs familles, sauf la mère d’Émile qui est décédée l’année précédente, et de l’employeur de Joséphine, Modeste DOURY, qui est présenté comme « ami de l’époux ». Aucun contrat de mariage n’a été établi, j’imagine qu’on ne roulait pas sur l’or.

Acte de mariage BOISGARD-GAUDRON

Sur le recensement de 1876 à Barrou, ils sont domiciliés avec René Émile Gabriel, leur fils de 2 ans, au bourg. À la rubrique « profession », je lis pour Émile « Charretier, domestique, chef de ménage ».

En 1881, la famille n’habite plus dans le bourg de Barrou, mais au lieu-dit Les Bernards, avec leurs deux fils. Émile est devenu « cultivateur, métayer ». Une nièce, Marie Gaudron, âgée de 6 ans, vit avec eux. Si je ne me trompe pas, il s’agirait de Virginie Jeanne Marie, fille de Pierre Adolphe. On ne la retrouve pas chez eux dans les recensements suivants.

En 1886, ils sont toujours aux Bernards, où Émile est métayer. Une petite Claire est née en 1882.

En 1891, la famille a déménagé. Ils ne sont plus à Barrou, mais à Leigné-les-Bois, au lieu-dit Ribatou, où Émile est « cultivateur, domestique ». Gabriel et Claire également, mais pas Henry, décédé en 1887 à Leigné-les-Bois où la famille est donc installée au moins depuis cette date. Il semble en plus y avoir pas moins de quatre domestiques vivant à la ferme ! Émile et Joséphine vivront au Ribatou jusqu’au décès d’Émile, après quoi Joséphine ira vivre au village de Vaux chez son fils aîné.

Les enfants d’Émile et Joséphine sont peu nombreux par comparaison avec d’autres familles, ils ne sont que trois.

L’aîné, René Émile Gabriel (parfois nommé Gabriel, d’autres fois René), né le 15 mai 1874 à Barrou, épousera Marie Marguerite BERTHON le 17 octobre 1908 à Pleumartin. C’est leur photo de mariage qui m’a permis d’éclaircir pas mal de choses et de mettre des visages sur des noms et inversement. L’article est ICI. Je ne leur connais qu’une fille, Gabrielle Jeanne Marguerite, née en 1912 à Leigné-les-Bois. Je l’ai connue sous le nom de « cousine Jeanne », elle était secrétaire de mairie à Leigné. Elle est décédée en 2013 (oui, centenaire !)

Le cadet, Martin Joseph Henry, est né en novembre 1878, mais malheureusement décédé en juillet 1887 à Leigné-les-Bois.

La fratrie se termine avec Marie Claire, ma sosa 11, qui épousera Auguste GUÉRIN dont j’ai déjà parlé ICI. Marie Claire aura 5 enfants et mourra à 30 ans, en 1912.

Émile Louis BOISGARD décède le 23 février 1921 à Leigné-les-Bois. Il avait 74 ans. Quant à Joséphine GAUDRON, elle meurt le 22 décembre 1930, à 82 ans, bien sûr à Leigné-les-Bois. J’ai prévu de chercher leurs tombes à ma prochaine visite au cimetière.

Acte de décès de Louis Émile GAUDRON
Acte de décès d’Eugénie Joséphine GAUDRON

Dernier article concernant les couples du côté paternel de la 4e génération. À suivre…

Emmanuel Jules AURIAU et Marie BONNEAU

C’est ma branche maternelle. Emmanuel Jules AURIAU (sosa 24) et Marie BONNEAU (sosa 25), dite Séraphine.

Emmanuel Jules AURIAU est né à Monts-sur-Guesnes, dans la Vienne, le 14 novembre 1838. Il est le fils de Pierre Emmanuel AURIAU, tisserand, et de Justine AUJARD (ou AUGEARD), originaire de Saint-Genest-d’Ambière, village situé à une petite vingtaine de kilomètres.

Naissance d’Emmanuel AURIAU

Emmanuel est le sixième enfant d’une fratrie de huit. Sur les huit, sept sont parvenus à l’âge adulte. J’en parlerai dans un prochain article.

Grâce aux listes de tirage au sort pour le service militaire, j’apprends qu’Emmanuel mesurait 1,64 mètre et que son degré d’instruction était 0 (ne sait ni lire ni écrire).

J’ignorais comment il était devenu boulanger à Faye-la-Vineuse, mais en approfondissant mes recherches, j’ai vu qu’un de ses oncles, Paul AURIAU, y exerçait ce métier. On peut supposer sans trop de crainte que c’est lui qui l’a formé et lui a laissé ensuite la boulangerie. Cet oncle Paul avait un fils, également boulanger, mais d’abord employé à Tours puis installé à Vouvray.

Marie BONNEAU est née le 26 juillet 1840 à Faye-la-Vineuse. Elle est couturière au moment de son mariage. Elle est la fille de Barthélemy BONNEAU et de Marie BEAUVILLAIN, cultivateurs à Marnay, un hameau et ancienne paroisse de Faye-la-Vineuse. Le couple a également un fils qui, comme il se doit quand on s’appelle Bonneau et qu’on a un peu d’humour, s’appelle Jean… (mais est souvent appelé Barthélemy comme son père).

Naissance de Marie « Séraphine » BONNEAU

Emmanuel et Marie se sont mariés à Faye-la-Vineuse le 6 novembre 1865 et l’acte précise qu’un contrat de mariage a été passé devant maître Léonide Faucillon, notaire à Richelieu, contrat que je ne désespère pas de trouver.

Ils ont eu pour témoins :

Auguste FOURNIER, 69 ans, rentier, domicilié à Braye-sous-Faye, ami du futur

Lucien SAINTON, 51 ans, rentier, domicilié à Faye-la-Vineuse, ami du futur

Jean PILLAULT, serrurier, 47 ans, cousin de la future

Barthélemy BONNEAU, 28 ans, cultivateur, frère de la mariée, domicilié à Faye-la-Vineuse (c’est Jean)

Marie signe Séraphine Bonneau, son frère Jean Bonneau, ils ont de jolies écritures. Quant à Emmanuel, il ne sait pas signer.

Signature de Séraphine et de son frère Jean

En 1869, les parents de Marie/Séraphine ont conclu une « donation et partage » en faveur de leurs deux enfants. L’acte m’apprend que cette donation concerne des « biens immeubles d’un revenu de deux cents francs », j’y trouve le détail de leurs biens, quelques ares de terres un peu partout dans la commune. Le lot échu à Marie, outre les terres, comporte : « Un corps de bâtiments situé à Marnay et composé de : une chambre grenier dessus, boulangerie, hangar, grange, porte charretière, pressoir, petite écurie, cellier, grande écurie, autre chambre basse grenier dessus, cour sur laquelle ouvrent ces différents bâtiments, jardin au nord. » Ce n’est pas exactement un château !

Emmanuel et Marie auront 5 enfants, mais seul l’aîné, mon arrière-grand-père Jules (époux de la « formidable » Noémie JOUTEUX, voir ICI) survivra.

1/ Jules Paul Léon, né le 9 mars 1868, qui sera boulanger à Faye-la-Vineuse, sosa 12

2/ Daniel Séraphin, né le 2 septembre 1870, vivra 7 semaines.

3/ Aurélie Marie Pauline, née le 7 mars 1872, vivra 5 ans.

4/ Martial Barthélemy, né le 5 septembre 1876, vivra 12 ans.

5/ Fabien Roger Sylvain, né le 31 décembre 1880, vivra 13 ans.

Les actes d’état civil sont muets sur les causes de ces décès, bien sûr, mais qu’il s’agisse d’accidents ou de maladies, c’est une bien triste litanie et ça n’a pas dû être facile pour Jules de voir ses petits frères et sa sœur mourir les uns après les autres, sans parler des parents.

Emmanuel et Marie sont tous deux décédés à Faye-la-Vineuse, Marie le 14 septembre 1902, à 62 ans, et Emmanuel le 21 juin 1924, à 85 ans.

Décès de Marie « Séraphine » BONNEAU

Par curiosité, j’ai regardé les recensements pour savoir si Emmanuel était resté seul chez lui ou s’il avait emménagé chez son fils Jules, boulanger. En 1906, il vit seul. En 1911, il vit avec une domestique, Madeleine Chesneau, et en 1921, avec une autre, Marie Louise Lemoine. S’il a vécu chez son fils, c’est donc très peu de temps avant sa mort, mais ce n’est même pas sûr, l’acte de décès n’étant pas très bavard et indiquant seulement qu’il est décédé « au bourg ».

Décès d’Emmanuel Jules AURIAU

Dans un prochain article, je parlerai de la fratrie d’Emmanuel Jules, il y a de quoi faire !

Jeanne CADET, sosa 2021

J’ai évoqué l’an dernier mon sosa 2020, Anthoine BRUNETEAU, le moment est venu de parler de son épouse Jeanne CADET, sosa 2021.

Je rappelle que cette participation à un « challenge » sur Twitter est une bonne occasion d’approfondir et de compléter mes données, même si l’époque est assez éloignée et que peu d’informations sont disponibles.

Jeanne CADET est née le 6 janvier 1651 à Thuré (86), de Claude CADET et Denise RAGUIT. Claude et Denise sont mariés depuis à peine un an, on peut donc supposer que Jeanne est leur premier enfant. Elle porte le prénom de sa grand-mère paternelle, Jehanne FORESTIER ou de sa marraine, Jeanne RAGUIT. Denise a 26 ans à la naissance de Jeanne.

Baptême de Jeanne CADET

D’après mes recherches, Claude et Denise ont eu 8 enfants. Sur la même page du registre paroissial de Thuré, j’ai trouvé deux décès, de deux Marie, l’une le 5 novembre 1660 et l’autre le 27 novembre 1660. Excepté la mention qu’elles étaient « fille[s] à Claude Cadet », je n’ai rien, même pas un âge approximatif qui m’aiderait à trouver une naissance et j’ai eu beau feuilleter les registres des baptêmes sur une longue période, je n’ai pas trouvé confirmation de leur certainement courte existence…

Claude et Denise ont aussi eu deux fils prénommés Pierre, l’un né en octobre 1657 et l’autre en octobre 1658, sans traces ultérieures… Pour eux, j’ai les dates de naissance, mais je n’ai trouvé aucun décès, aucun mariage.

En revanche, j’ai trouvé quelques bribes sur d’autres membres de la fratrie. J’ai donc appris que sa sœur Madeleine CADET avait épousé François MÉNARD en 1685 à Saint-Martin-de-Quinlieu (paroisse disparue dont il ne reste qu’un nom de rue). Qu’une autre sœur, Charlotte, avait épousé à 18 ans, Vincent MARIAU, en 1673, également à Saint-Martin-de-Quinlieu. Je leur ai trouvé cinq enfants.

Le dernier de la fratrie était un garçon, Hilaire, qui n’aura vécu que sept ans (1653-1661).

L’église « à porche » de Thuré

Jeanne, quant à elle, a donc épousé Anthoine BRUNETEAU (sosa 2020) le 7 février 1673 à Saint-Martin-de-Quinlieu. Il est fils de cordonnier et exerce probablement le même métier.

Quand j’ai rédigé l’article sur Anthoine, j’ai indiqué que Jeanne et lui avaient eu « au moins 5 enfants », mais après avoir repris tous les actes et avoir ré-épluché les registres, je n’en ai conservé que quatre. L’aîné, c’est Jean, né le 6 août 1674 à Saint-Gervais-les-Trois-Clochers, qui n’a pas laissé de trace, ni décès ni mariage. Ensuite, c’est Radegonde, née le 15 décembre 1675 et je l’ai « fusionnée » avec la petite fille sans prénom qui est décédée le 26 août 1676 à « environ neuf mois », ce qui correspond. Le troisième enfant est Anthoine, vraisemblablement né en 1676, mais il manque des pages dans les registres… C’est mon sosa 1010, le maître cordonnier aux trois épouses. Le dernier enfant s’appelle François, il est né le 20 octobre 1681, également à Saint-Gervais. Pour lui, je n’avais trouvé que la mention du décès d’une Marguerite Gatepy, « femme de François Bruneteau ». Aucun Gatepy (et variantes Gastepi, Gaspi et autres) dans les bases de données que j’ai l’habitude de consulter pour la Vienne. J’ai donc lancé une recherche sur Filae en n’indiquant ni prénom, ni dates, ni lieu, et j’ai atterri à quelques kilomètres de Saint-Gervais, mais de l’autre côté de la « frontière » donc dans les registres de la Touraine. Marguerite est donc vraisemblablement originaire de Faye-la-Vineuse où on trouve plusieurs Gatepy. Je n’ai pas trouvé trace de son mariage avec François, mais une fille est née en 1723 à Faye-la-Vineuse et un fils, François, s’y est marié en 1755. Bruneteau est devenu Brenneteau, ce qui ne facilite pas les recherches.

Jeanne CADET est décédée le 25 avril 1695 à Saint-Gervais-les-Trois-Clochers, elle avait 44 ans.

Rendez-vous l’année prochaine pour parler de mon sosa 2022, François BISART (vous avez dit Bisart ?) dont je ne sais absolument rien !

Auguste GUÉRIN et Élise RÉAU

J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer Auguste GUÉRIN, sosa 20, mais jamais Élise RÉAU, sosa 21, son épouse, dont le patronyme varie au fil des actes, allant jusqu’à RICAULT. Je me rattrape avec assez peu d’informations sur elle. Je me rattrape, mais avec bien peu d’informations. Les femmes laissent moins de traces que les hommes…

Auguste est né le 10 août 1835 à Leigné-les-Bois, il est le fils de Jean GUÉRIN (sosa 40), propriétaire à Leigné, et plus précisément au lieudit La Ménaudière, et de Radegonde SAINTON (sosa 41), née à Senillé, un village voisin. Il est l’avant-dernier d’une fratrie de cinq enfants.

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Auguste figure sur la « liste de tirage au sort des jeunes gens de la classe de 1855 » du canton de Pleumartin. Le document mentionne son degré d’instruction, qui est 0 (ne sait ni lire ni écrire). Il est déclaré « propre au service », mais dans la dernière colonne « Observations », je lis : « Annonce être dans l’intention de s’exonérer du service militaire ». Malheureusement pour lui, cette intention est restée un vœu pieux puisque je possède son congé de libération et son certificat de bonne conduite. Et là, j’en apprends un peu plus. Le congé de libération mentionne qu’il a été « incorporé au 14régiment d’artillerie à compter du 9 avril 1856 comme appelé inscrit sous le n° 1186 de la liste du contingent du département de la Vienne (classe 1855) ». Il aura servi pendant 6 ans (campagnes d’Italie) comme « jeune soldat au registre matricule du corps sous le n° 673 ». Il est aussi précisé qu’il était « 1er canonnier au 14e d’artillerie ». Il a été libéré définitivement le 31 décembre 1862. Son certificat de bonne conduite a été émis à Rome par le lieutenant-colonel commandant l’artillerie du corps d’armée d’occupation (en Italie). Je ne pense pas qu’on ait vu beaucoup de documents de ce genre au village de Vaux, ça explique peut-être pourquoi ils ont été précieusement conservés et transmis !

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Cerise sur le gâteau, j’apprends qu’il mesure 1,71 mètre. Il fait partie des ancêtres les plus grands que je connaisse, dans les autres branches, on est bien en dessous !

ÉLISE

Élise est née le 12 octobre 1847, à Leigné-les-Bois. Elle a donc 12 ans de moins qu’Auguste. Elle est la fille aînée de Silvain RÉAU (sosa 42), laboureur, et Brigitte CHARLES (sosa 43), qui se sont mariés le 8 juin 1847. Je vous laisse faire le calcul… Ils vivent au village de Vaux. Élise est quasiment fille unique puisque les trois enfants nés après elle ne fêteront pas leurs cinq ans.

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Auguste et Élise se marient le 4 février 1867. Élise a donc à peine 20 ans et Auguste déjà 31.

Le mariage se déroule en présence de plusieurs témoins :

1/ Baptiste GUÉRIN, âgé de 34 ans, cultivateur, demeurant à Availles (en Châtellerault), frère du futur (c’est le grand frère d’Auguste, il a épousé Augustine GALIPEAU)

2/ Louis RABEAU, âgé de 40 ans, cultivateur, demeurant à la Mortaigue, commune de Saint-Sauveur, beau-frère du futur (il est l’époux de Radegonde, la grande sœur d’Auguste)

3/ Auguste RICAUT, âgé de 39 ans, cordonnier demeurant à Bordeaux, oncle de la future (en réalité, sur les actes en ma possession, il s’appelle Augustin RÉAU)

4/ Joseph RICAUT, âgé de 47 ans, journalier au village de Vaux, commune de Leigné-les-Bois, oncle de la future (et époux de Jeanne DENIS)

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Silvain RÉAU, le père d’Élise, décédera deux mois après avoir marié son unique fille.

Les enfants d’Auguste et Élise sont tous nés à Leigné-les-Bois :

1/ Marie Eugénie, née le 4 février 1868. Elle vivra 8 mois.

2/ Eugène Joseph Auguste, né le 25 mars 1869. Il vivra 14 ans…

3/ Auguste Jean Baptiste, sosa 10.

4/ Marie Jeanne Célestine, dite Albertine, née le 29 novembre 1874. Elle épousera René VOISIN et vivra à Saint-Sauveur, à quelques kilomètres de Leigné. Elle est décédée en novembre 1958.

5/ Louise Léonie, sœur jumelle de Marie Jeanne Célestine, elle ne vivra que 11 mois.

J’ai déjà raconté le décès d’Auguste, à la gare de Châtellerault, ici.

La gare de Châtellerault

Quant à Élise, je n’ai pas encore trouvé son décès. Elle figure sur le recensement de Leigné-les-Bois de 1911, mais pas sur celui de 1921 et sur aucune table décennale… Une visite en mairie s’impose, dès que ce sera possible.

Ces fiches par couple sont pour moi un bon moyen de mettre à plat les informations dont je dispose, de chercher ce qui me manque, de compléter des fratries, etc.

Mise à jour du 15 décembre 2020

Comme pour Louise DRAULT, j’étais sur une mauvaise piste… Il aurait été inutile que je me déplace à la mairie de Leigné-les-Bois. Comme pour Louise DRAULT, j’ai fini par consulter les tables de succession et absence et évidemment, par trouver la date du décès d’Élise ! Trouver ce décès le 18 juin 1918 à Senillé m’a fait supposer qu’elle s’était rapprochée de sa fille Albertine qui habitait Saint-Sauveur (les deux communes ont fusionné). C’est d’ailleurs René VOISIN, époux d’Albertine, qui déclare le décès. Petite cerise sur le gâteau : le maire s’appelle Jules DEGENNE !

Élise est décédée « en son domicile lieu dit La Minoterie ».

Et voilà ma cinquième génération complète !

Louis PLAUD et Marie Madeleine LAMY

Suite à des problèmes avec les liens dits « ark » ou « permaliens » qui, contrairement aux diamants, ne sont pas si éternels que ça, je reprends une bonne partie de ma généalogie pour faire des captures d’écran des actes et noter soigneusement les cotes et les pages des registres. C’est fastidieux et j’ai parfois besoin de faire une pause. J’en profite pour tout vérifier et compléter les fratries, ce qui peut réserver des surprises…

C’est ce que j’ai fait pour Louis PLAUD et Marie Madeleine LAMY, nos sosa 18 et 19.

Louis

Louis PLAUD est né le 19 mars 1835 à La Bussière, petit village de la Vienne situé à quelques kilomètres au sud de Saint-Pierre-de-Maillé et traversé par la Gartempe. Si j’en crois Wikipédia, la commune comptait 1 112 habitants en 1836, mais la population est en baisse constante depuis et se situe aujourd’hui entre 300 et 400 habitants…

Naissance de Louis PLAUD

Les parents de Louis sont Louis PLAUD (sosa 36), laboureur, et Madeleine BARBARIN (sosa 37). Louis est le 4e enfant d’une fratrie de 6. Les deux premières sont des filles, Magdeleine et Marie, nées en 1830 et 1831. Un garçon, Jean, a suivi en 1833, mais il est décédé à 14 jours. Ensuite vient Louis, puis Augustine en 1839 et Sylvain Paulin en 1841. Les quatre premiers sont nés à La Bussière, mais les deux derniers ont vu le jour à Saint-Pierre-de-Maillé. Quatre ont atteint l’âge adulte et se sont mariés. Je reviendrai sur le cas d’Augustine dans l’article sur Louis PLAUD et Madeleine BARBARIN.

Revenons à Louis. En consultant les « listes du tirage au sort des jeunes gens de la classe de 1855 » du canton de Saint-Savin, numérisées par les Archives départementales de la Vienne, j’ai appris que Louis mesurait 1,62 m, que son degré d’instruction était 0 (donc ne sait ni lire ni écrire) et qu’il était « propre au service ».

Marie Madeleine

Marie Madeleine LAMY, quant à elle, est née le 22 janvier 1844 à Saint-Pierre-de-Maillé. Elle est donc plus jeune que Louis, qu’elle épousera à 20 ans. Ses parents sont Louis LAMY (sosa 38) et Jeanne MAIGRET (sosa 39), qui est une nièce de monseigneur MAIGRET, l’évêque du bout du monde ! (ici) Son père est laboureur, mais aussi propriétaire au lieudit La Ménardière, à Saint-Pierre-de-Maillé. Sa mère, Jeanne MAIGRET, est décédée le 14 juin 1851, alors que Marie n’avait que 7 ans, laissant 4 jeunes enfants. Louis LAMY s’est remarié le 21 juillet 1856 avec Silvine MAIGRET. Il avait 37 ans et Silvine 39. Silvine n’est pas la sœur de Jeanne, contrairement à ce qu’on pourrait penser, mais une cousine assez éloignée. Je n’ai pas connaissance d’enfants issus de ce second mariage.

Louis PLAUD et Marie Madeleine LAMY se marient le 19 avril 1864 à Saint-Pierre-de-Maillé. Louis a 29 ans et Marie en a 20. Louis habite chez ses parents à Villiers, hameau de Saint-Pierre-de-Maillé et Marie Madeleine vit avec son père au village de La Rivière, un autre hameau de Saint-Pierre-de-Maillé.

Union de Louis PLAUD et Marie Madeleine LAMY

Les quatre témoins de leur mariage sont tous des membres de la famille :

1/ Joseph SAISEAU, 28 ans, journalier, demeurant à Angles (sur l’Anglin), beau-frère de l’époux (Il a épousé Marie PLAUD en 1863)

2/ Sylvain PERAUBE, 26 ans, journalier, demeurant à Mazaire, beau-frère de l’époux (Il a épousé Magdeleine PLAUD en 1861)

3/ Louis GABILLON, 50 ans, cantonnier, demeurant à Villiers, oncle de l’épouse (en réalité, c’est plutôt un oncle de l’époux, marié à sa tante Madeleine PLAUD…)

4/ Auguste BARODON, 21 ans, domestique, demeurant à la Ménardière, cousin germain de l’épouse (fils de Pierre BARODON et Marie LAMY, une tante de Marie Madeleine)

Mazaire, Villiers et La Ménardière sont des hameaux de Saint-Pierre-de-Maillé.

Je leur connais 10 enfants, tous nés à Saint-Pierre-de-Maillé :

1/ Marie Clémentine Gabrielle, née le 4 janvier 1865, soit quasiment 9 mois après le mariage de ses sages parents. Elle épousera Eugène LEBEAU à Nalliers.

2/ Louise Gabrielle Augustine, née le 17 novembre 1866. Elle épousera Louis-Auguste BOUGREAU à Archigny.

3/ Joséphine Berthe, née le 13 septembre 1869 (voir note en fin d’article). Elle épousera Jean Baptiste MATHÉ à Saint-Pierre-de-Maillé.

4/ Juliette Laurence, née le 5 février 1872. Elle décèdera à 16 ans, le 13 mars 1888.

5/ Alphonsine Augustine, née le 30 juillet 1874. Elle décèdera à 13 ans, deux mois avant Juliette. Une maladie contagieuse ?

6/ Célestine Armande Augustine, née le 25 février 1877. C’est notre sosa 9, qui épousera Louis Eugène Adrien DEGENNE ! (ici)

7 et 8/ Des jumeaux, deux garçons sans prénom, nés et décédés le 8 février 1880. Ils ne figurent que dans le registre des décès avec cette mention glaçante : « mort-né, mais ayant poussé le premier vagissement ».

9/ Louis Joseph, né le 15 janvier 1881. Il épousera Marie Augustine ROUX à Saint-Pierre-de-Maillé.

10/ Alfred Henri, né le 13 juillet 1883. Il épousera Rachel PRÉDEAU en 1908 puis Georgette Gabrielle BERNARD en 1925.

Dans le recensement de 1872, Louis est qualifié de « colon », mention qui m’a intriguée au regard de l’année. Un siècle plus tôt, j’aurais pensé aux Acadiens, mais là, ça devait être autre chose. Renseignements pris, il s’agit d’un type de fermage/métayage. Pour en savoir plus, j’ai trouvé une thèse de doctorat de 1891 « Du bail à colonat partiaire ou bail à métairie, en droit romain et en droit français ». Elle fait 284 pages. Je ne l’ai pas encore lue, mais j’aurai certainement l’occasion d’en reparler dans de futurs articles.

Église Saint-Pierre, à Saint-Pierre-de-Maillé / Photo : Kevin Maillet

Louis et Marie Madeleine, avec leurs 50 ans de vie commune, ont vécu assez longtemps pour voir tous leurs enfants mariés et connaître un grand nombre de leurs petits-enfants. Louis est décédé le premier, le 15 janvier 1914, il avait 78 ans. Quant à Marie Madeleine, elle a connu la Première Guerre mondiale puisqu’elle est décédée le 28 février 1920, à l’âge de 76 ans. Ils sont tous les deux morts à Saint-Pierre-de-Maillé.

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À propos de Joséphine Berthe : en 1872, la famille est domiciliée aux Marsillys, à Saint-Pierre-de-Maillé, et 4 filles sont mentionnées : Marie, Louise, Berthe et Juliette. Je m’interroge parce que Berthe n’apparaît pas dans mes données sur cette famille. Intriguée, je cherche. Ni les registres d’état civil ni les tables décennales ne la mentionnent… Je vérifie aussi les décès, au cas où. Le recensement indique qu’elle a 3 ans en 1872, ce qui la ferait naître en 1869 et comblerait l’écart entre la naissance de Louise et celle de Juliette. Mystère complet jusqu’à ce que, en cherchant des informations sur son frère Louis Joseph, je trouve la mention d’une Joséphine Berthe qui se serait mariée en 1888 avec un Jean Baptiste MATHÉ. C’est un arbre mis sur Généanet qui me met sur la piste. Il est indiqué qu’elle est née le 13 septembre 1869 à Saint-Pierre-de-Maillé. Je retourne vérifier le registre d’état civil, mais ne la trouve toujours pas. Et pour cause, c’est l’acte de mariage qui me donnera la solution. En effet, pour une raison que j’ignore, sa naissance n’a pas été enregistrée et pour pouvoir se marier, elle a dû présenter un acte de notoriété « dressé par le juge de Saint-Savin le six janvier dernier et homologué par jugement du tribunal de première instance de Montmorillon en date du vingt et un février mille huit cent quatre vingt huit ».

Une nouvelle collatérale et un mystère résolu !

Louis Maigret, du Poitou à Hawaii

Dans la famille, à défaut d’avoir un commissaire Maigret, nous avons un évêque !

C’est à l’occasion du bicentenaire de sa naissance, en septembre 2004, que j’ai eu accès à des documents très complets fournis par Mme Pearce, de Saint-Pierre-de-Maillé, qui descend également d’une branche Maigret. Je la remercie vivement, ces documents m’ont beaucoup aidée.

Louis MAIGRET (Désiré est son nom de prêtre), né le 14 septembre 1804 à Saint-Pierre-de-Maillé, est un collatéral, frère de mon ascendant René MAIGRET (sosa 39). Il a eu une destinée peu commune pour un « p’tit gars du Poitou », fils de laboureur qui plus est.

Les parents de Louis et René sont Jean MAIGRET (sosa 156) et Catherine TABUTEAU (sosa 157). Jean naît le 24 décembre 1764 à Saint-Pierre-de-Maillé. Catherine naît 3 ans plus tard, le 1er septembre 1767, dans la même paroisse, de François TABUTEAU et Anne BASCHE. Ils se sont mariés le 25 janvier 1785, paroisse Saint-Pierre. Ils avaient donc respectivement 20 et 17 ans.

Jean et Catherine ont eu 9 enfants, tous nés à Saint-Pierre-de-Maillé. Les voici avec ce que je sais sur chacun :

1/ Silvin, né le 10 décembre 1785.

2/ Silvine, née le 10 juin 1787. Elle serait restée célibataire et serait décédée le 1er avril 1848 à La Bussière (86), mais sous réserve car l’acte ne mentionne pas les parents.

3/ Antoine, né le 6 novembre 1789. Il épousera Sylvine DALET et une de leurs filles, Marie, sera religieuse à Tours sous le nom de sœur Zita.

4/ Silvain, né le 10 octobre 1792. En religion, il sera Père Hilaire. Après de brillantes études à Poitiers puis à Paris, il obtiendra une licence en théologie à la Sorbonne. On le dit remarquable dialecticien, il fut « professeur de dogme ». Il meurt à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron) le 16 décembre 1851.

5/ René, né le 14 novembre 1795, c’est mon sosa 78. Deux de ses petites-filles seront également religieuses, dont une à Honolulu.

6/ Jean, né le 7 avril 1798. Il épousera Anne POLISSET et aura 5 enfants.

7/ Louis, né le 26 février 1801.

8/ Louis, né le 18 septembre 1804.

9/ Antoine, né le 12 juillet 1807. Il sera également prêtre (Père Bernardin) et finira ses jours à Saint-Servan-sur-Mer (35), âgé de 69 ans. Il était aumônier des Sœurs de la congrégation.

Neuf enfants, dont un évêque et deux prêtres…

Louis Désiré, élevé dans une famille extrêmement pieuse et soutenu par le curé de Saint-Pierre-de-Maillé (André-Hubert FOURNET, également fondateur de la congrégation des Filles de la Croix, voir plus loin), est envoyé à Paris, à la congrégation dite de Picpus (de son vrai nom congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie) où il est ordonné prêtre le 23 septembre 1828, à l’âge de 24 ans. Il est ensuite professeur à Laval, puis il occupera la chaire de philosophie au Grand séminaire de Rouen.

En 1834, la congrégation de Picpus fonde la première mission catholique de Polynésie, et Louis Désiré fait partie du groupe de missionnaires envoyés là-bas. Il passera cinq ans (1835-1840) aux îles Gambier avant d’être envoyé aux îles Hawaii (ou îles Sandwich) où il arrive le 12 mai 1840. Le Saint-Siège le nomme premier vicaire apostolique des îles Sandwich, en 1846. L’année suivante, il est consacré évêque titulaire in partibus* d’Arathia.

J’ai trouvé un document sur la présence française aux îles Hawaii qui mentionne Louis Désiré. Voici ce que dit l’auteur :

« […], Monseigneur Rouchouze vint lui-même accompagner un groupe de trois nouveaux prêtres à Honolulu (15 mai 1840), renforcés en novembre par six autres. Dès la fin de 1840, il y avait plus de deux mille catholiques baptisés dans l’île d’Oahu, et la mission commençait à essaimer dans les autres îles. En août 1843, la cathédrale d’Honolulu était achevée et dédiée à Notre-Dame de la Paix et, en 1846, le père Maigret était nommé vicaire apostolique des îles Sandwich et évêque d’Arathia. Il devait rester le chef de la mission catholique des îles Hawaii pendant plus de trente ans. Comme pour les protestants, le succès de la mission reposa d’abord sur la création d’écoles catholiques et sur la publication de textes scolaires et religieux en langue indigène. C’est en fait essentiellement par la présence des missionnaires français que s’exerça à partir de 1840 une influence directe de la France sur la population de l’archipel. »

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Cathédrale Notre-Dame de la Paix à Honolulu. (https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=15800415)

La cathédrale est devenue « basilique mineure » en 2014.

En 1847, Louis Désiré se rend à Santiago du Chili pour être sacré évêque dans la cathédrale (j’avais demandé à des amies vivant à Santiago d’aller à la cathédrale pour prendre des photos et me dire si cette consécration était mentionnée quelque part, sur une plaque ou autre, mais un virus est passé par là et le confinement n’est pas terminé là-bas).

En 1869, il revient en Europe pour assister au concile Vatican (1870), et en août et septembre de la même année, il séjourne dans le Poitou, entre autres à Saint-Pierre-de-Maillé où l’on organise une grande fête en son honneur. À l’occasion de cette visite, son ami l’abbé Philippe Morisson, curé de Beaumont (86), rédige un long texte dithyrambique sur Louis Désiré, qui montre bien l’origine de sa vocation. La famille baignait littéralement dans la religion : « Les cantiques adoptés par choix de Monseigneur [à Hawaii] sont ceux chantés dans la grange des Marsillys, puis à l’église de Saint Pierre de Maillé en ses jours de fête. Souvenir sacré de son père, le respectable [Jean] Maigret qui les lui avait appris au foyer domestique comme à ses frères, tel qu’il les chantait de sa voix magnifique et si pieuse aux messes des nuits de persécution impie, célébrées par le Très Révérend Pasteur du Père André Fournet, dans la célèbre grange des Marsillys et après les jours de terreur, en l’église paroissiale de Saint Pierre de Maillé, purifiée après la cessation de l’orage révolutionnaire, des sacrilèges profanations qui l’avaient maculée. » Je laisse à l’abbé Morisson la responsabilité de ses propos, mais ce passage montre bien la force et le poids de la religion dans cette famille pieuse qui protégeait des prêtres réfractaires.

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Autre illustration de cette foi, un extrait de l’ouvrage « Vie du vénérable serviteur de Dieu le bon père André-Hubert Fournet » par le R.P. Rigaud, publié en 1885. Pour tout savoir sur le père Fournet, béatifié en 1926 et canonisé en 1933, je vous renvoie à la page Wikipédia qui lui est consacrée. Dans le passage ci-dessous, il est question de Jean MAIGRET, le père de Louis Désiré : « Jean Maigret, métayer aux Grands-Marsillys, était un fervent et courageux chrétien. […] À l’époque où l’intrépide pasteur parcourait sa paroisse en proscrit, Maigret l’accompagna souvent comme guide, comme catéchiste et sacristain. En l’absence du Père, c’était lui, le plus souvent, qui présidait, dans les granges, l’assemblée nocturne des fidèles, leur faisait la prière, lisait l’ordinaire de la messe et chantait de sa belle voix les cantiques du Père de Montfort. Il s’acquittait de ces fonctions avec une religion profonde, et une piété qui transfigurait son austère visage. Le sentiment populaire à son endroit s’était formulé par un terme plus expressif que convenable : on le surnommait Deus. Son dévouement au Père André, bien connu des révolutionnaires, lui attira souvent des persécutions qu’il supporta toujours avec une admirable patience. Un jour, des forcenés l’arrêtèrent et lui scièrent brutalement les cheveux avec une faucille, après quoi ils l’accompagnèrent jusqu’à sa maison, en l’accablant de coups et d’invectives. Le bon Maigret se souvint de son Maître marchant au Calvaire, et il endura tout avec une douceur angélique. Arrivé chez lui, toujours escorté de ses misérables insulteurs, il commanda à sa femme de leur donner à manger. Ce fut toute sa vengeance. »

Un saint homme, vous dis-je.

Louis Désiré conservera sa charge jusqu’à sa mort, le 11 juin 1882, à Honolulu. Il est enterré dans la crypte de la cathédrale Notre-Dame de la Paix, sous le maître-autel.

Extrait de la Chronique diocésaine du 16 juillet 1882 annonçant sa mort :

« La Congrégation des Sacrés-Cœurs, dite de Picpus, vient de faire une perte douloureuse dans la personne de Mgr Louis Désiré Maigret, évêque d’Arathie, premier vicaire apostolique des îles Sandwich (Océanie), chanoine d’honneur de la cathédrale de Poitiers. Le vénérable prélat est décédé à Honolulu le 11 juin dernier à l’âge de 78 ans.

Vénéré de ses nombreux chrétiens, qui affectionnaient et respectaient en sa personne un bon pasteur et un vrai chrétien, honoré du gouvernement hawaiien qui l’avait en grande estime, et qui, récemment encore, lui conférait la dignité de grand officier de l’ordre de Kalakaüa, Mgr Maigret emporte les regrets de la population toute (sic) entière. »

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Stèle commémorative dans la cathédrale (https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=34783670)

Dois-je ajouter que la foi intense qui habitait cette famille ne s’est pas transmise à toutes les branches ? Elle s’est même complètement évaporée chez mes ascendants directs. Autant dire que, pour certains cousins, apprendre qu’ils comptaient dans leur ascendance un évêque, missionnaire dans des lieux exotiques qui plus est, la surprise a été assez énorme !

* Je me suis instruite en écrivant cet article. In partibus, c’est un titre accordé à des prélats qui occupent des fonctions pour lesquelles ils sont consacrés évêques, sans avoir de juridiction territoriale sur des diocèses actuels. Le in partibus correspond en réalité à in partibus infidelium, « en pays des infidèles », car on utilise les noms d’anciens diocèses disparus. Inutile donc de chercher où se trouve le diocèse d’Arathia, c’est pratiquement un nom fictif.

 

 

 

Les Jouteux, entre Touraine et Poitou

J’ai eu la chance de pouvoir remonter cette branche jusqu’au XVIIe siècle ; au-delà, point de registres pour les humbles… Cette lignée a son point de départ dans le Poitou, très près de la Touraine, ce qui explique les allers-retours. Lignée peu banale, dans laquelle je trouve trois décès accidentels, un implexe et un remariage qui m’a coûté quelques cheveux.

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Église de Saint-Rémy-sur-Creuse (© Jean-Pierre FERNANDEZ (www.clochers.org)

Le premier couple dont j’ai connaissance : Antoine JOUTEUX (sosa 6656) et Anne JOUBERT (sosa 6657).

D’eux, je sais seulement qu’Anne est décédée avant 1642 et Antoine le 22 juin 1656 à Saint-Rémy-sur-Creuse dans la Vienne. En réalité, il a été inhumé à Saint-Rémy, mais l’acte dit qu’il s’est « tué à tomber de dessus le pont de La Haye » (La Haye-Descartes, ancien nom de la ville de Descartes). L’acte ne dit pas quel âge il avait. D’ailleurs, l’acte ne précise pas grand-chose et ce pourrait être celui de son fils Antoine. Donc, sous réserve.

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Acte de décès d’Antoine JOUTEUX

Je leur connais 7 enfants, tous nés à Saint-Rémy : Pierre, le 13 novembre 1608, qui est le sosa 3328, j’y reviens plus loin. Ensuite : Marie, née le 8 février 1611, qui épousera un DUMOINE, très vraisemblablement un frère ou un cousin de l’épouse de Pierre ; Antoine, né le 5 octobre 1614 ; Nicolas, né le 6 décembre 1617, il épousera Andrée MATHOIS et je leur connais 4 enfants ; Thomasse, née le 24 février 1621. (On ne rigolait pas avec la féminisation des prénoms !) Elle épousera Claude GIRON ; Anthoinette, née le 26 février 1626 ; Gatian (probablement Gatienne, mais je respecte l’orthographe de monsieur le curé), née le 15 janvier 1633. Elle épousera Jehan THOMAS le Jeune.

Les écarts entre les dates de naissance me laissent penser qu’il a pu y avoir d’autres enfants, mais je ne les ai pas trouvés.

Pierre JOUTEUX (sosa 3328) est né le 13 novembre 1608, il n’aura pas vécu très longtemps puisqu’il est décédé le 31 janvier 1650, à l’âge de 41 ans, à Saint-Rémy. Il a épousé Élisabeth DUMOINE (sosa 3329) le 22 février 1637, toujours à Saint-Rémy. Je n’ai pas trouvé l’acte de baptême d’Élisabeth, ni mention du nom DUMOINE à Saint-Rémy à cette période. Élisabeth est décédée le 14 mars 1644, vraisemblablement assez jeune aussi. Je ne leur connais que 2 enfants : Louis, né le 20 février 1639, à Saint-Rémy, (sosa 1664) et Marie, née le 13 janvier 1642, toujours à Saint-Rémy.

Louis JOUTEUX (sosa 1664) va se marier deux fois. La première, à une date inconnue, avec Renée MÉNARD (sosa 1665), fille de Jacques et de Renée MARCHAND. Le couple aura 5 enfants : Pierre, né le 13 mai 1675, qui épousera Jeanne Françoise BOUZIER le 27 février 1696 à Buxeuil, petite paroisse voisine de Saint-Rémy ; Marie, qui épousera Louis MÉREAU le 6 juin 1692, aussi à Buxeuil ; Alexandre (sosa 832), j’y reviens ; Nicolas, qui ne vivra que 13 mois et Louys, né en 1682, et dont je n’ai pas su trouver trace ensuite.

Renée MÉNARD est décédée en 1697 à Buxeuil, et Louis s’est remarié en mai 1701 avec Thérèse BOUZIER, une veuve mère de 6 enfants, dont il a eu une fille également prénommée Thérèse, en décembre 1701. Louis avait alors 62 ans et Thérèse 46. Je ne sais pas si Thérèse BOUZIER était liée à l’épouse de son beau-fils, mais c’est très possible.

Thérèse était originaire de La Haye-Descartes, en Touraine, et c’est là que va décéder Louis, le 8 septembre 1717, à l’âge de 79 ans. La Haye-Descartes, aujourd’hui Descartes, est à quelques encâblures de Buxeuil au nord et de Saint-Rémy-sur-Creuse au sud.

Buxeuil-Descartes-StRemy

Un mouchoir de poche

Alexandre JOUTEUX (sosa 882) est né le 27 avril 1668 à Saint-Rémy. Il va s’éloigner un peu plus du Poitou pour s’installer à une quinzaine de kilomètres au sud-est de Saint-Rémy, c’est-à-dire au Grand-Pressigny. Le 11 octobre 1694, il y épouse Louise RAGUIN. De ce mariage naîtront, sous réserve, 7 enfants : Anne, Louis, Louise Jeanne, Louis, Louis Alexandre et Alexandre. Je n’ai pas trouvé tous les actes de baptême, donc je ne m’avance pas. Je n’ai pas trouvé non plus l’acte de décès de Louise. Il y a bien une Louise RAGUIN qui décède quelques jours après la naissance d’Alexandre, le dernier fils, mais le nom de l’époux et l’âge ne correspondent pas.

Toujours est-il que Louise RAGUIN décède et qu’Alexandre JOUTEUX se remarie le 15 janvier 1716, au Grand-Pressigny, avec Renée TURAULT (sosa 833), fille de Claude et… Louise RAGUIN (encore un mystère à éclaircir, les homonymies sont nombreuses). La différence d’âge est importante puisque Renée est née l’année du premier mariage d’Alexandre, en 1694. Il a 47 ans, elle en a 21. Elle va lui donner 7 enfants : Louis, né le 7 août 1717, décédé le 18 ; Anne, née le 13 août 1718 ; Louis, né le 30 août 1719 ; Claude, né le 7 mai 1722, c’est le sosa 416 ; Alexandre, né le 24 juillet 1723 ; Louise, née le 14 août 1728 et Louis Pierre, né le 26 août 1729. Les mois d’été étaient bien chargés en anniversaires, mais je ne suis pas sûre qu’on les fêtait autant que maintenant…

J’imagine Alexandre, qui est dit laboureur et marchand, comme une personne très sociable. J’ai souvent vu son nom parmi les témoins de mariages, et il a été plusieurs fois parrain, pas forcément dans sa famille. D’ailleurs, contrairement à de très nombreux actes de baptême dans lesquels le parrain et la marraine sont du même milieu social, souvent des membres de la famille ou des voisins proches, Alexandre a eu pour parrain « très noble et très digne personne messire Louis François Daviau de Saint-Rémy de Pyaullan » et pour marraine « damoiselle Marie Anne Daviau de Pyaullan, sa sœur » ! Intriguée, j’ai fait quelques recherches. En réalité, il s’agit de la famille d’Aviau de Piolant, qui possédait le château de la Chaise à Saint-Rémy. Voir ici pour plus de détails sur cette famille : https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_d%27Aviau

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Baptême d’Alexandre JOUTEUX avec ses illustres parrain et marraine – 1668 – Saint-Rémy-sur-Creuse

Claude JOUTEUX (sosa 416) est né en 1722, il épouse Marie GALAND (sosa 417), fille de Pierre et Marie PROUTEAU, née la même année que lui, le 26 novembre 1748 au Grand-Pressigny. Il était laboureur. Je sais qu’ils ont eu 6 enfants et que Marie est décédée en 1772, à 49 ans. Elle était encore assez jeune, mais son acte de décès ne mentionne aucune cause accidentelle, on peut donc tout imaginer. Quant à Claude, il est décédé un an plus tard, en décembre 1773. Son corps a été trouvé dans l’Aigronne, un affluent de la Claise, rivière dans laquelle elle se jette au Grand-Pressigny.

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Acte de décès de Claude JOUTEUX

Claude et Marie ont donc eu 6 enfants, enfin 6 garçons : Laurent, né en 1751 ; Claude, né en 1755 ; Louis Alexandre, né en 1757 ; Louis, né en 1760 ; Pierre, né en 1762 et enfin Jean, né en 1768, sosa 208. Heureusement qu’ils ont désespérément essayé d’avoir une fille, sinon je ne serais pas là !

Jean JOUTEUX (sosa 208) est dit propriétaire-cultivateur, ce qui est une progression par rapport à son père laboureur. Il est décédé le 7 décembre 1821 à Neuilly-le-Brignon, où il avait épousé Jeanne LÉGER (sosa 209) le 3 mars 1794. Elle était la fille de Louis LÉGER et Jeanne BERTHAULT, du Grand-Pressigny également, où ces deux patronymes sont légion. Le couple a dû s’installer à Neuilly-le-Brignon, à quelques kilomètres, juste après son mariage puisque leurs 5 enfants y sont nés.

Jean est décédé jeune, à 53 ans, son acte de décès dit qu’il a été « trouvé mort au lieu de la Brosse commune de Neuilly hier au soir environ quatre heures du soir ». Jeanne lui a survécu jusqu’en 1850. Elle est décédée à Boussay, vraisemblablement chez son fils Louis qui y était cultivateur. La Table de succession et absences indique, à la rubrique « Biens déclarés – valeur du mobilier, argent, rente et créances » une somme de 107 francs. La monnaie en cours à l’époque était le franc dit « germinal ». J’ai trouvé un site qui indique qu’un franc de 1850 équivalait à 3,27 euros actuels. J’en déduis donc que Jeanne avait des biens d’une valeur de 350 euros. Je ne sais pas si c’était beaucoup ou pas pour l’époque. Je vous laisse chercher…

Les enfants de Jean JOUTEUX et Jeanne LÉGER : Jean, né en 1797, notre sosa 104 ; Louis, né en 1800, cultivateur, celui chez qui Jeanne est certainement décédée à Boussay. Il épousera Anne DOUCET ; Jeanne, née en 1802 ; Françoise, née en 1809, qui épousera Jean LAMIRAULT et Jean-Baptiste, né en 1813, qui épousera Jeanne DEMAY et aura 8 enfants.

En réalité, Jean JOUTEUX est sosa 104 et sosa 108 et c’est là que les affaires commencent à se corser. Il est né le 18 mai 1797 (ou 29 Floréal An 5) à Neuilly-le-Brignon. Il s’y marie le 24 avril 1817 avec Anne BIARD (sosa 105 et 109). Anne est née le 28 février 1791 à Balesmes (qui sera réuni à La Haye-Descartes pour devenir Descartes). Elle avait 6 ans de plus que son mari. Elle est la fille de Pierre et Louise FORGET.

L’officier d’état civil de Neuilly-le-Brignon devait avoir de sacrés problèmes d’ouïe, de vue ou d’autre chose : il a écrit « Barice » dans l’acte de mariage, puis a rectifié en marge en « Bairce ». Il a aussi transformé Balesmes en « Blame »… Il est donc normal qu’à un moment, il fasse de Jouteux un joli « Joustreaux »… Ce qui explique que des généalogistes qui ne connaissent pas la région la fassent naître à Ballan-Miré, à côté de Tours, alors qu’elle n’y a probablement jamais mis les pieds…

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Mariage de Jean JOUTEUX et Anne BIARD – 1817

Le couple aura, à ma connaissance, 5 enfants, tous nés à Neuilly-le-Brignon : Marie Anne Louise Élisabeth, née en 1818 et qui ne vivra que 5 ans ; Rose, née en 1821, qui épousera Claude JOURDANNE ; Jean Jouanne, né en 1823, sosa 52 ; Jean Baptiste Médéric, né en 1829, sosa 54, et François Eugène, né en 1832. Anne BIARD est décédée le 12 avril 1845, deux jours après son dernier fils qui avait alors 13 ans. Était-ce une maladie ? Un accident ?

Aïe, des sosa doubles… Eh oui, ça s’appelle un implexe en généalogie, et Wikipédia vous l’expliquera très bien. Il existe plusieurs cas de figure. Ici, il s’agit de cousins germains.

Jean Jouanne JOUTEUX (sosa 52) était régisseur à son mariage avec Marie Virginie Joséphine GAULTIER (sosa 53) en 1846 à Ferrière-Larçon. Je leur connais deux enfants : Louis Frédéric (sosa 26) et Mathilde, tous deux nés à Ligueil.

Quelques années après, en 1852, Jean Baptiste Médéric JOUTEUX (sosa 54) épouse Catherine ARNAULT (sosa 55), fille de Mandé et Catherine BERTHAULT, à Cussay. Je ne leur connais également que deux enfants : René Louis et Rose Catherine (sosa 27), tous deux nés à Yzeures-sur-Creuse.

Louis Frédéric JOUTEUX (sosa 26) et Rose Catherine JOUTEUX (sosa 27) étaient donc cousins germains. Tous les parents étaient présents et consentants, les tourtereaux étant « mineurs quant au mariage ». En effet, Louis Frédéric avait 23 ans et Rose 17. Ils auront deux enfants également, tous les deux nés à Sérigny (86) : Marie Louise Noémie (sosa 13), ma redoutable arrière-grand-mère, et Louis Abraham Marie Didier qui grimpera nettement sur l’échelle sociale. Il sera fonctionnaire, épousera une fille de bourgeois à Roubaix (rien que le prénom : Matilde Mélanie Marie Ernestine Orasie…) et aura 4 enfants. Trois filles dont certaines feront l’objet d’articles de journaux pour leurs prouesses en équitation ou au tennis, et un garçon qui sera… moine trappiste ! (je le cherche) Les étourderies légendaires du « tonton Abraham », souvent aux dépens de son épouse, nous ont fait rire plus d’un dimanche ! C’est d’ailleurs Abraham qui, au décès de son père Louis Frédéric en 1931 à Faye-la-Vineuse, a fait paraître un avis de décès dans L’Ouest Éclair de Rennes !

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Avis de décès – Ouest Éclair – 1931

Louis Frédéric, après une vie de cultivateur à Sérigny, est décédé le 10 mai 1931 à Faye-la-Vineuse, il avait 81 ans. Quant à Rose Catherine, elle est décédée jeune (63 ans) le 14 août 1919, aussi à Faye-la-Vineuse. Leur fille, Marie Louise Noémie doublement JOUTEUX, était née à Sérigny le 29 septembre 1874. Elle a épousé Jules AURIAU (sosa 12), qui était boulanger à Faye-la-Vineuse. J’ai toujours entendu parler de la « grand-mère Noémie » comme d’une « maîtresse femme », « pas commode », qui impressionnait ses petits-enfants. Elle est décédée en 1950.

Cette branche JOUTEUX s’arrête ici. Les enfants de Noémie sont des AURIAU et ceux d’Abraham des filles et un moine ! Mais il reste bien des JOUTEUX en Touraine, dans le Poitou et ailleurs.

Le supplément « complication »

Virginie GAULTIER (sosa 53) était la fille de Sébastien GAULTIER (sosa 106) et de Marguerite ARNAULT (sosa 107). Le couple a eu 3 filles, Virginie est la dernière, elle avait un an à la mort de son père en 1828. En 1846, donc, au mariage de Jean Jouanne et de Virginie, leurs parents veufs se rencontrent. Et en 1848, Jean JOUTEUX (sosa 104) épouse Marguerite ARNAULT (sosa 107). Honnêtement, il m’a fallu un peu de temps et pas mal de gribouillages sur papier pour arriver à me représenter la situation. Marguerite est décédée à Abilly en 1856 et Jean à La Haye-Descartes le 12 avril 1890, à l’âge de 92 ans.

Le supplément « origine du nom »

Une des premières questions que je me suis posée à propos de cette famille, c’est celle de l’origine du nom Jouteux. Généanet ne m’aide pas beaucoup : « Relativement rare, ce nom semble originaire de l’Indre-et-Loire ou du Maine-et-Loire. C’est sans doute une variante de Jouteur. » Le CNTRL m’aide un peu plus et la rubrique étymologique confirme qu’un jouteur est le combattant d’une joute. Filae me donne une autre piste, plus agricole : « Jouteux » est un nom de famille assez rare, dérivé de joute, variante de jote chou, bette, surnom du producteur. Littré l’écrit « jotte », qui désigne « un des noms vulgaires de la bette dans plusieurs provinces ». Ah, ça me semble un peu plus vraisemblable !

Merci d’avoir lu jusqu’au bout, c’était un long article. Et je ne vous dis pas combien de temps j’ai mis pour l’écrire…

 

Article #defi2706

Cet article est ma petite contribution au #defi2706 lancé par Geneatech pour le Salon virtuel de généalogie qui se déroule ce samedi 27 juin. Écrire 100 mots avec ce 27 juin comme fil conducteur.

Claude BESNARD, laboureur, fils de René et Anne MINGAULT, épouse Louise ARNAULT (ou RENAULT), fille de Louis et Marie LABBÉ, le 27 juin 1777, en l’église Saint-Laurent de Boussay, village du sud de la Touraine. Ce sont mes sosa 186 et 187. Ils ont 27 et 26 ans.

Claude est journalier.

Je ne leur connais pour l’instant que 3 enfants : Louis, Jean et Madelaine (sosa 93).

Louise est décédée en 1808, à 58 ans, au Grand-Pressigny. Je n’ai pas trouvé le décès de Claude. Il était présent au mariage de Madelaine en 1813.

#Touraine #genealogie #Geneatech #SVG2020

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Église Saint-Laurent de Boussay (CC BY-SA 3.0)