Cousinage avec Pierre-Gilles de GENNES

On m’a souvent posé la question. Vous êtes de la famille de… ? Je répondais toujours que non, pas à ma connaissance, d’autant plus que son ascendance paternelle, toute poitevine qu’elle soit, ne se situe pas dans la même classe sociale que mes aïeux. Il y a une grosse différence entre des notables aisés de Poitiers et des journaliers plus ou moins pauvres vivant dans les villages situés plus au nord, autour de Châtellerault. J’en étais restée là, mais je prévoyais d’approfondir quand même, un jour. Et puis en rouvrant un classeur, je suis tombée sur sa généalogie, publiée dans un ancien numéro d’Hérage, la revue du Cercle généalogique poitevin. Et ce ne sont pas les DEGENNE(S) mentionnés qui ont attiré mon regard, mais des noms de villages où j’ai pléthore d’ancêtres : Leigné-les-Bois, Saint-Pierre-de-Maillé, Chenevelles, Vicq-sur-Gartempe. En y regardant de plus près, j’ai reconnu des noms et après vérification, ce sont bien des sosas !

La généalogie de Pierre-Gilles de GENNES sur le site Généastar est partielle, les recherches n’ont porté que sur une branche, et c’est bien dommage.

Pierre-Gilles de GENNES,
prix Nobel de physique en 1991

Comme je suis devenue assez très méfiante vis-à-vis de ce qu’on peut trouver sur les arbres publiés en ligne, et que certains sont très incomplets, n’indiquent pas de source ou sont carrément farfelus, je me suis dit que j’allais tout reprendre et tout vérifier.

J’ai tout de même supposé que les toutes premières générations étaient étayées et je suis partie de son sosa 8, à savoir Oscar Pierre Louis Alexis de GENNES, qui a épousé Augustine Françoise Émilie BRAULT en 1849 à Luzé (37). J’ai commencé à chercher la naissance d’Oscar à Champigny-sur-Veude (37) en 1826, comme l’indiquait un arbre sur Généanet, mais c’était une information erronée, j’ai donc ouvert le registre des mariages de Luzé où j’ai trouvé les bonnes dates de naissance. (Note à moi-même : continuer à vérifier, vérifier, vérifier)

Oscar est bien né à Champigny-sur-Veude le 16 janvier 1819 (et non 1826). L’acte de naissance donne ses prénoms dans le bon ordre, Pierre Louis Alexis Oscar, et son patronyme est orthographié Degênne, mais une note marginale précise que « selon jugement du tribunal de Chinon du 9 juillet 1873, le nom patronymique ci-contre doit être écrit de Gennes avec un petit d et un grand G » ! Il est le fils de Louis Alexis DEGENNE SANGLIER, âgé de 32 ans, propriétaire. Son épouse a 29 ans et s’appelle Adélaïde Églantine de SANGLIER (c’est sa cousine germaine et d’après le Dictionnaire historique, biographique et généalogique des familles de l’ancien Poitou, Tome 2, p. 166, Louis Alexis a promis à son oncle – et beau-père – qu’il conserverait son patronyme, d’où le DEGENNE SANGLIER).

Cet acte de mariage à Luzé, pas très loin de Champigny-sur-Veude, me donne quelques informations : le 9 mai 1849, à 9 heures du matin, les futurs époux se présentent à la mairie de Luzé. Pierre/Oscar DEGENNES est dit propriétaire et résidant à Champigny-sur-Veude. Son père est présent, mais pas sa mère, décédée. Sa future, Augustine Françoise Émilie BRAULT, est née le 4 juin 1830. Elle a 18 ans, son père est décédé en 1834 à l’âge de 74 ans ! Sa mère, Émilie de MARAN est « présente et consentante ».

La Sainte Chapelle de Champigny-sur-Veude, l’une des sept saintes chapelles subsistant en France, est construite sur le modèle de la Sainte Chapelle de Paris.

J’ai trouvé l’acte de naissance d’Augustine. Les personnes qui accompagnent le père, propriétaire, domicilié au lieu dit La Piocherie à Luzé, pour déclarer la naissance sont huilier et sacristain, a priori pas des notables.

Les deux époux sont décédés la même année. Oscar en avril 1886 à Poitiers, et Augustine à… Chateaubriand (44) en novembre. Les déclarants étaient, pour Augustine, un médecin et un clerc de notaire. Que faisait-elle en Loire-Atlantique ? Il semble qu’un de ses enfants s’y soit installé.

Je m’arrête là pour la branche paternelle, les informations sont faciles à trouver sur Internet, les diverses branches de GENNES sont bien répertoriées. Je vais poursuivre à partir d’Augustine BRAULT puisque c’est elle qui me mènera à mes propres ancêtres.

Les parents d’Augustine : Augustin BRAULT, marié en 1828 à Émilie de MARANT (de MARANS, MARANS) à Saint-Pierre-de-Maillé. Augustin est né en 1760 à Champigny-sur-Veude, il avait donc 68 ans quand il a épousé Émilie, qui n’en avait que 35. Je crois que je préfère ignorer les tractations qui ont précédé cette union. Je doute qu’on ait beaucoup parlé d’amour et je n’ai pas réussi à mettre la main sur le contrat de mariage.

Les parents d’Augustin étaient François BRAULT (1718-1784), « avocat conseiller du roy en l’élection de Richelieu » et Jeanne AURIAU, qui appartient vraisemblablement à une branche AURIAU aisée de notables et d’hommes de loi, de Mirebeau (86) et alentour. Parenthèse : comme pour les DEGENNE, ma branche paternelle, je constate souvent qu’un même patronyme se retrouve dans des mondes, des classes sociales, parallèles. « Mes » AURIAU, branche maternelle, ne sont pas pauvres, certains sont même assez aisés, mais ils restent des gens de la terre et n’ont a priori rien à voir avec leurs homonymes magistrats/bourgeois. Peut-être existe-t-il une origine commune, avec des branches qui s’en sortent mieux que d’autres ou prennent des directions différentes ? J’aimerais bien le savoir. Fin de la parenthèse.

Je laisse cette branche BRAULT-AURIAU de côté pour partir dans le Berry avec Émilie de MARANT, originaire de Néons-sur-Creuse, dans l’Indre, à quelques encâblures de Saint-Pierre-de-Maillé et Vicq-sur-Gartempe. Émilie est née en 1793. Elle a épousé Augustin BRAULT à Saint-Pierre-de-Maillé en 1828, le même jour que son frère François qui a épousé Claire DEVEZIEN de CHAMPAGNE.

Les parents d’Émilie sont Joseph Sylvain (de) MARANS et Françoise BLÉREAU. Je n’ai pas trouvé ce que faisait Joseph Sylvain dans la vie, mais son père est qualifié d’« écuyer, seigneur de Saint-Mars ». C’est son épouse qui me permet de remonter encore d’une génération. Françoise est la fille de Pierre BLÉREAU, un chapelier dont le père, également nommé Pierre, est maître chapelier, probablement au Blanc (36), et le frère de Françoise qui s’appelle François est aussi chapelier, mais à Pleumartin. On a du mal à imaginer que ces villes et villages qui peinent aujourd’hui à faire vivre des petits commerces aient connu des jours si différents, probablement florissants, avec des métiers aussi divers.

Françoise est donc la fille de Pierre BLÉREAU et de Madeleine BOURIOT qui se sont mariés en 1773 à Saint-Pierre-de-Maillé. Madeleine est issue du mariage de Pierre BOURIOT et Jeanne Rose MÉTAYER, tous deux de Saint-Pierre-de-Maillé. Les métiers ne sont pas toujours indiqués sur les actes, mais quand c’est le cas, on se régale : François MÉTAYER, le père de Jeanne Rose était « cuisinier de monsieur d’Argence » et sa mère, Madeleine COTET, était « femme de chambre de madame d’Argence ». La famille d’Argence vivait à Chenevelles, où le couple s’est marié.

Pierre BOURIOT et Jeanne Rose ont eu trois filles, mais Jeanne Rose est morte jeune, peu après la naissance de la dernière. Madeleine avait 6 ans. Quant à Pierre BOURIOT, il appartient à la nombreuse descendance de Pierre BOURIOT et Marie GUIOT, neuvième d’une fratrie de onze. Pierre et Marie sont mes sosa 582 et 583. Leur fille Marie, sœur de Pierre, est ma sosa 291, mariée à Guillaume RIPOTEAU.

Le lien avec l’ascendance de Pierre-Gilles de GENNES se trouve donc là.

Je n’ai que quelques bribes d’informations sur les générations antérieures.

Pierre BOURIOT, sosa 582, est le fils de Gabriel, sosa 1164, décédé en 1690 à l’âge d’environ trente ans, et de Perrine TARDY, sosa 1165. Je ne connais que les parents de Perrine, soit Jean TARDY, sosa 2330, et Jeanne GAILLARD, sosa 2331, décédée en 1680. Les BOURIOT/TARDY sont de Saint-Pierre-de-Maillé.

Les parents de Marie GUIOT sont Gabriel, sosa 1166, et Catherine GOUDON, sosa 1167. Ils se sont mariés à Leigné-les-Bois le 6 septembre 1673, sans indication de leur filiation…

Voilà pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas mes sosas par cœur !

Je cousine donc avec un De GENNES sans lien avec mes DEGENNE !

Arsène et Jean LAMBERT, résistants et déportés

À Châtellerault, il existe une rue Arsène-et-Jean-Lambert. À Lencloître, il existe un collège Arsène-Lambert et une rue Arsène-Lambert. Et des Lambert, j’en ai pas mal dans mon arbre, puisque c’est la branche qui démarre avec mon arrière-grand-mère maternelle, Augustine Françoise LAMBERT, ma sosa 15. Alors évidemment, j’ai voulu savoir si nous avions une parenté avec Arsène et Jean. Je l’ai trouvée et j’en suis ravie, parce que ce sont des personnes admirables.

L’ascendance LAMBERT

J’ai réussi à remonter cette branche sur plusieurs générations. La plus ancienne est la onzième (par rapport à moi) et c’est le couple André LAMBERT et Renée FOREST, mes sosa 1920 et 1921. Je n’ai pas de dates de naissance, de mariage ni même de décès pour eux, mais je leur connais cinq enfants, dont au moins quatre sont nés à Sérigny, dans le nord de la Vienne : Jacques (date de naissance inconnue), Marie (1654), Vincent (1656), André (1657) et Perrine (1659).

Leur fils Vincent LAMBERT (sosa 960), né en 1656 à Sérigny, a épousé Jeanne DROUTEAU en 1684 à Faye-la-Vineuse, à quelques kilomètres de Sérigny, et je connais neuf enfants à ce couple, a priori tous nés à Sérigny (les registres sont parfois lacunaires ou peu lisibles). Ce sont Jeanne, dont je n’ai pas réussi à trouver le baptême, mais dont l’acte du premier mariage confirme la parenté, Jacq(ues) né en 1684, Vincent né aux alentours de 1689, Marie née en 1692 et décédée en 1694, Denis né à Faye-la-Vineuse en 1695, Vincende qui vécut quelques semaines en 1696, Gilles né en 1697, Marie en 1699 et Jean en 1701, les trois derniers à Sérigny.

C’est Denis LAMBERT qui est mon ancêtre, sosa 480. Il est donc né à Faye-la-Vineuse le 18 février 1695. Tous ces villages tiennent dans un mouchoir de poche, les distances sont courtes. Ils étaient artisans ou gens de la terre et certainement amenés à se déplacer dans un court rayon autour de leur résidence. Denis est donc allé jusqu’à Razines, en Indre-et-Loire, à quelques kilomètres de Faye-la-Vineuse et donc de Sérigny, pour y épouser Françoise PERCHERON le 5 février 1728. Françoise y est née le 6 janvier 1701, de Louis PERCHERON et Renée DOUCIN.

Denis et Françoise auront, à ma connaissance, quatre enfants : Françoise, Pierre, Denis et Jean. On rencontre les mêmes prénoms de génération en génération et il n’est pas toujours facile de s’y retrouver. Françoise, née et décédée à Sérigny le même jour en 1732, Denis né en 1733, Jean en 1736 à Faye-la-Vineuse, et Pierre dont j’ai fini par trouver la naissance le 13 décembre 1738, à Faye-la-Vineuse. L’acte précise qu’il a été « ondoyé au foyer à cause du danger de mort ». Denis, le père, est décédé le 10 septembre 1759 à Sérigny, Françoise lui a survécu jusqu’au 12 septembre 1775, date de son décès également à Sérigny.

Pierre LAMBERT (sosa 240) a épousé Perrine MONTIER (sosa 241) en 1762 à Sérigny. Perrine est vraisemblablement née à Faye-la-Vineuse en août 1736, mais je n’ai pas de certitude, l’acte est mal écrit et le nom de la mère quasi indéchiffrable. Ils ont eu six enfants : Pierre en 1763, Denis en 1764, Jean en 1765, Jacques en 1768, Marie en 1771 et Jean Joseph en 1774.

À son décès en 1783, Pierre LAMBERT avait 45 ans et était « fermier du prieuré de Gençay », Gençay étant un hameau de Sérigny situé à la limite de l’Indre-et-Loire. Perrine MONTIER lui a survécu jusqu’au 29 mars 1809.

Parmi leurs enfants, c’est Jacques LAMBERT (sosa 120) qui nous intéresse. Il est né le 11 août 1768 à Sérigny et en 1797, il épouse Jeanne FOUGÈRE (sosa 121), née le 18 mars 1774, aussi à Sérigny. Ces familles ne bougeaient pas beaucoup et se transmettaient les charges ou les terres.

Jacques LAMBERT et Jeanne FOUGÈRE forment le couple qui est à l’origine du cousinage avec Arsène LAMBERT. Ils ont eu 7 enfants, dont deux qui m’intéressent plus particulièrement, à savoir Pierre LAMBERT (1813-1894), mon sosa 60, propriétaire fermier à Saint-Christophe, à côté de Sérigny, et Charles LAMBERT, né en 1810 à Savigny-sous-Faye, autre village proche de Sérigny.

Cousinage côté LAMBERT

En réalité, il s’agit d’un double cousinage pour moi : Arsène LAMBERT est lié à la famille de ma grand-mère, et Thérèse BARBOTIN, son épouse, à celle de mon grand-père Robert AURIAU, lien évoqué dans l’article sur la descendance de Pierre Emmanuel AURIAU et Justine AUJARD.

Cousinage côté AURIAU

Les résistants

Arsène LAMBERT est né le 19 décembre 1895 à Saint-Christophe, le premier garçon après cinq filles ! Après lui naîtront un autre garçon et une sixième fille. Ses parents sont cultivateurs.

Il est mobilisé dès 1914, blessé en 1915, soigné à Rennes puis envoyé sur le front d’Orient. Il ne sera démobilisé qu’en 1919 avec le grade de sous-lieutenant suite à une formation accélérée à Saint-Cyr (Coëtquidan) en 1917. Il a obtenu la médaille d’Or de la Bravoure serbe et la Croix de guerre 1914-1918.

Démobilisé en 1919, il envisageait de poursuivre sa carrière militaire, mais une certaine Thérèse l’a fait changer d’avis, aussi il l’épouse, en 1920, à Lencloître. Thérèse BARBOTIN, fille d’instituteurs, est aussi institutrice. Ils auront quatre enfants : Jean, né en 1923, Aline en 1926, Pierrette en 1928 et Jacqueline en 1932. Arsène est nommé à Ouzilly, puis devient directeur d’école à Orches en 1922, directeur d’école à Lencloître en 1929 et enfin directeur d’école à Châtellerault à partir de 1936, d’abord de l’école Paul-Painlevé puis de l’école Henri-Denard, transformée depuis 2012 en Archives municipales et communautaires.

Il est de nouveau mobilisé en septembre 1939 comme capitaine de réserve. Blessé, puis capturé près de Saintes, il réussit à sauver sa compagnie. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur à titre militaire en juin 1939. Il reprend ensuite ses fonctions de directeur de l’école Henri-Denard à Châtellerault en octobre 1940. Dès 1941, il entre en résistance dans les réseaux « Marie Odile » et « Turma Vengeance » qui organisent des parachutages et des filières d’évasion du fait de la proximité de la ligne de démarcation. Son fils Jean l’aide aussi beaucoup, notamment pour trouver des endroits adaptés aux parachutages. En 1943, un ami d’Arsène écrit : « Depuis quelques mois, il était un des chefs de la résistance dans notre région, il connaissait les mots d’ordre de la radio de Londres… […] Et il poursuivait, ainsi que son fils, ses randonnées secrètes jusqu’à La Haye-Descartes, jusqu’à Tours, jusqu’aux maquis d’Indre-et-Loire. Il était de tous les parachutages d’armes de la région. Il hébergeait les représentants de Londres et les chefs de mission, et aussi les aviateurs accidentés et échappés quil cachait avant leur évacuation. »

Début 1944, la Gestapo se déchaîne dans la région. Jean LAMBERT, son fils, âgé de 21 ans et étudiant en mathématiques supérieures, est arrêté le 17 février et emprisonné à Poitiers sur dénonciation. Arsène n’accepte pas de l’abandonner et craint pour sa famille. Il reste et attend tous les matins son arrestation qui survient le 25 février, habillé dans sa tenue d’officier. Il refuse d’avouer quoi que ce soit et est lourdement torturé, battu, précipité du haut d’un escalier, frappé presque à mort et doit être envoyé à l’hôpital allemand de Tours où il restera un mois, pieds et poings liés, sans soins. Ensuite, après un passage au camp de Compiègne, il est envoyé en Allemagne, au camp de Neuengamme, dans la région de Hambourg, où il décèdera dans la deuxième quinzaine du mois d’avril 1945, très peu de temps avant l’évacuation des prisonniers du camp par les Allemands.

Il obtiendra à titre posthume la Croix de guerre 1939-1945 avec étoile d’argent et la médaille de la Résistance avec rosette.

Après être passé lui aussi par Compiègne, son fils Jean est déporté le 27 avril 1944 à Auschwitz d’où il est transféré dans plusieurs autres camps avant d’arriver à Dachau. Le camp de Dachau est libéré par les Américains le 29 avril 1945, mais Jean, très malade (il a le typhus), doit être hospitalisé et il meurt quelques jours avant le 18 avril 1945 ; l’histoire raconte que le docteur polonais du camp avait utilisé la veille le dernier vaccin contre le typhus…, la vie ne tient vraiment qu’à un fil ! Dans un mot à sa mère, crayonné à la hâte et jeté sur le quai lors du passage du train de Poitiers en gare de Châtellerault, au moment de partir pour l’Allemagne, il écrivait : « Maman chérie, à Poitiers, j’ai souffert du froid, de la faim, des coups. Mais le moral reste inébranlable. Vive la France ! »

En 1947, la Société des amis d’Arsène LAMBERT édite un opuscule rappelant sa vie exemplaire et fait ériger une stèle à l’école Henri-Denard. La municipalité de Châtellerault donne son nom à la rue où se trouve cette école Henri-Denard. Puis en 1972, c’est la municipalité de Lencloître qui donne son nom à la rue de l’école élémentaire (voir photo) et en 1979, le nouveau collège est nommé Collège Arsène-Lambert.

La rue Arsène LAMBERT de Lencloître

N’oublions pas Thérèse BARBOTIN qui, grâce à une volonté de fer, a poursuivi sa carrière d’enseignante tout en élevant ses trois filles. Elle a également reçu plusieurs distinctions pour son action dans la Résistance. Elle est décédée en mars 1994.

Je ne peux pas terminer cet article sans parler d’une des filles d’Arsène et Thérèse. C’est Pierrette LAMBERT, qui était adolescente lorsque son père et son frère ont été arrêtés puis déportés. Elle est devenue une grande artiste, maintes fois récompensées pour ses créations de billets de banque et de timbres-poste, autant en France qu’à l’étranger. Je vous invite à consulter la page Wikipédia qui lui est consacrée, ainsi que l’article du Point qui retrace sa carrière : https://www.lepoint.fr/culture/le-fabuleux-destin-de-pierrette-lambert-dessinatrice-de-billets-de-banque-et-de-timbres-01-10-2019-2338724_3.php

J’en profite pour remercier ici Alain LE QUELLEC, petit-fils d’Arsène et Thérèse, fils d’Aline qui m’a fourni des documents et beaucoup d’informations sur notre branche commune.

Pour en savoir plus :

Vous trouverez une présentation du réseau Marie-Odile sur ce site très riche en documents : http://www.vrid-memorial.com/afficher/rubrique/25/Le-rseau-Marie-Odile/article/54/Prsentation-du-rseau.html

Il existe aussi plusieurs ouvrages qui traitent de la ligne de démarcation dans la Vienne et des activités de résistance, notamment ceux de Christian RICHARD et du colonel RÉMY (le dernier chapitre du tome 9 de son ouvrage sur la ligne de démarcation raconte Arsène LAMBERT).

Le CCHA (Centre châtelleraudais d’histoire et d’archives) propose également plusieurs articles sur la période de l’Occupation dans la région. http://ccha.fr/

Supplique des habitants de Crémille – Partie 3

Le vingt-quatre fructidor an onze (11 septembre 1803) de la république française, les habitants de Crémille font rédiger une supplique par les « notaires publics » de Pleumartin, à la porte de l’église Saint-Pierre de Crémille, à l’issue de la messe paroissiale.

Le « chateigner » planté par monsieur le curé « à la porte du pré » en 1774.
Il a tout entendu…

Vous trouverez les détails sur la supplique et des informations sur les habitants de Crémille dans la partie 1 et la partie 2.

Cette troisième et dernière partie concerne uniquement les personnes pour lesquelles je n’ai rien trouvé, ou si peu.

  • Ursin DE LA CHAUVELIÈRE : je n’ai rien trouvé, mais il est très certainement lié aux deux « veuves La Chauvelière » (voir la partie 2). Pourtant, il existe puisqu’il figure sur le recensement de 1836, âgé de 56 ans, qualifié de propriétaire cultivateur. Mais pas de mention d’épouse ni d’enfants…
  • Louis AUTEXIER : le patronyme est très courant dans la région, trop pour que je puisse deviner duquel il s’agit.
  • Aimond HILLERET : le prénom est rare, tellement rare que je n’ai rien trouvé. Il pourrait cependant être lié aux autres HILLERET mentionnés dans la partie 2.
  • Rose ROUZEAU : je n’ai pas trouvé de Rose parmi les ROUZEAU croisés.
  • L. ROUZEAU et Louis ROUZEAU le jeune : ils sont certainement liés aux autres ROUZEAU. Un Louis ROUZEAU a épousé une Marie BOISDIN en 1755 à Crémille, mais je n’ai pas réussi à savoir exactement qui était qui…
  • René MERLE : Le seul qui pourrait correspondre est né en 1706, je doute qu’il soit devenu presque centenaire !
  • Anne ROUZEAU : il pourrait s’agir de la fille de Louis ROUZEAU et Anne DEBAIN, qui épousera Louis REBICQ en 1815 à Pleumartin. Sans garantie…
  • Marie DEBAIN : il y en a beaucoup trop à la même période et dans les environs.
  • Catherine ROUZEAU : vraisemblablement une fille de Louis ROUZEAU et Anne DEBAIN, cités plus haut, comme sa sœur Anne
  • Boisdin : Là, je ne peux rien faire…

Et à partir d’ici, la liste de ceux qui ne savent pas signer, et qui restent mystérieux.

  • Louise BOISDIN : j’ai trouvé deux homonymes, nées l’une en 1721 et l’autre en 1739, les deux à Pleumartin, mais sans autre précision, je ne peux qu’envisager une parenté avec la famille de Marie BOISDIN (voir partie 2).
  • Marie MARTUCHON : ce patronyme ressemble à un surnom. Je n’ai rien trouvé.
  • Jean REBICH : il y a beaucoup de REBIC, avec différentes orthographes.
  • Marie CLÉMENCEAU, PIERRE CLÉMENCEAU : beaucoup de CLÉMENCEAU également dans ce secteur, sans mention d’âge ou de lien particulier, impossible de savoir.
  • René HENNETEAU : même remarque.
  • Françoise HENNETEAU : le patronyme est fréquent dans cette paroisse, j’ai des HENNETEAU dans mon arbre, mais faute d’autres éléments, je n’ai pas pu y rattacher Françoise.
  • Marie AUTEXIER : c’est la même chose pour AUTEXIER, le patronyme est fréquent.
  • Marie VAUCELLE la « jeunne » : Vraisemblablement liée à celle de la partie 2, mais de quelle façon ?
  • Marie GIRAULT : là encore, mystère. Peut-être liée aux autres GIRAULT présents, mais comment ?
  • Bonaventure GIRAULT : même chose, d’autant plus difficile que Bonaventure est un prénom que j’ai vu attribuer à des filles ET à des garçons…
  • Marie BERLOQUIN : pourrait être la fille de Marguerite… (voir partie 1)
  • André GARDIEN : s’agit-il du André GARDIEN qui épousera Jeanne SAIVEAU en 1808 à Pleumartin ? C’est assez probable, mais impossible à confirmer.
  • la Vve GARDIEN : là encore, on peut supposer qu’elle est la mère d’André, mais sans certitude absolue.
  • Marie TREPREAU, Jean TREPREAU : ces deux personnes appartiennent probablement à la vaste famille TREPREAU, mais sans autres précisions, le mystère demeure entier.
  • Jean JOSEPH : il pourrait s’agir d’un fils de Jean JOSEPH et Gabrielle CARRÉ, mes sosa 262 et 263, né en 1743 à Crémille.
  • Marie JOSEPH : je n’arrive pas à la situer. S’agit-il d’une fille de Jean et Gabrielle que je n’aurais pas trouvée ? Je n’en sais vraiment rien.
  • la Vve MERLE, Madeleine MERLE, Marie MERLE, Georges MERLE : j’ai préféré les regrouper, ils appartiennent vraisemblablement à la même famille. Mais sans précision supplémentaire, je ne peux pas les relier à mon arbre où sont déjà perchés plusieurs MERLE, ah ah !
  • Anne ROI : le nom est trop courant, je n’ai rien trouvé de pertinent.
  • Jean BLAUD : j’ai trouvé un mariage en 1782 à Posay-le-Vieil qui pourrait « coller », avec une Marguerite HENNETEAU, mais sans savoir quel âge il a, restons prudent.
  • Louis CARRÉ, Marie CARRÉ, Madeleine CARRÉ : j’ai également associé ces trois noms, mais sans pouvoir non plus les relier aux nombreux autres CARRÉ, faute de précisions.
  • Joseph GAULTIER, Marie GAULTIER : le père et la fille ? le frère et la sœur ? Un Joseph GAULTIER a bien épousé une Marie GUILLÉ à Crémille en 1770, alors si on envisage que les notaires ont simplifié et attribué le même patronyme aux deux… Mais c’est trop incertain.
  • la Vve PINDRAIS, Louis PINDRAIS : même chose ici, il s’agit peut-être de la mère et du fils. Je n’ai pas trouvé parmi les informations que je possède.
  • Marie ADHUMEAU : le nom est répandu dans la paroisse et le prénom plus que courant…
  • André HENNETEAU, Françoise HENNETEAU, Pierre HENNETEAU, Honorée HENNETEAU : je présume, une fois de plus, qu’ils appartiennent à la même famille. Le patronyme est très répandu à Crémille, mais je ne les relie pas.
  • Louis ROUZEAU Père : il est très possible qu’il soit le beau-père de Jeanne DEBAIN (voir partie 2).
  • François PRÉVOST : je n’ai rien trouvé de pertinent.
  • Marie BRIOLLET Vve GAILLARD : malgré la différence de prénom, il est fort probable que ce soit la mère de Denis cité dans la partie 2. Et peut-être aussi celle d’André (id°).
  • Jeannette FAINÉANT, Françoise FAINÉANT : elles sont probablement des filles du couple FAINÉANTBACHELIER (voir partie 2).
  • Jeanne BROUILLARD : j’en ai trouvé plusieurs, dont une mariée en 1764 à Posay-le-Vieil à un Louis CLÉMENCEAU. Je ne m’avancerai pas davantage.
  • François PEINDRAIS, Jeanne PEINDRAIS : même chose que pour d’autres. S’agit-il du père et de la fille, du frère et de la sœur ? Impossible à dire.
  • Marie BROUILLARD : je ne sais pas non plus à qui l’associer…
  • Pierre du PETIT MAGNY : le patronyme est fréquent à Crémille, mais je n’ai pas trouvé de Pierre à cette période.
  • Marie ECHEVARD : le patronyme est courant aussi dans cette partie de la Vienne, on le trouve à Pleumartin, Leigné-les-Bois et dans les communes voisines. Le prénom n’aide pas vraiment…
  • Madelaine GAILLARD : le nom et le prénom sont trop courants, mais elle fait probablement partie de la même famille que les GAILLARD déjà mentionnés.
  • Marie VOLLET : je n’ai absolument rien trouvé, je n’ai jamais vu ce patronyme dans la région. Est-ce une erreur, un surnom ? Une incompréhension des notaires ?
  • Marie CESVEAU, Pierre CESVEAU, la Vve Louis CESVEAU, Charles CESVEAU : j’ai regroupé ces noms également. Ils sont vraisemblablement liés, même si je n’ai pas trouvé de trace pertinente du Louis CESVEAU (plus probablement SAIVEAU).
  • Jacques DESLANDES : une piste, peut-être, et en tenant compte des noms suivants, avec ce Jacques DESLANDES qui a épousé une Marie Anne COLET à La Roche-Posay en 1762, car sa mère s’appelait HERBAUX.
  • André HERBAULT, Marie HERBAULT : il est fort possible qu’ils soient apparentés au Jacques DESLANDES ci-dessus, mais j’ignore les liens exacts. Et je me trompe peut-être complètement…
  • Louis HENNETEAU : eh bien, je me répète, mais compte tenu du nombre de HENNETEAU et de Louis, je ne peux vraiment pas m’avancer.
  • la Vve DOUCINEAU : sans prénom, impossible de conclure, mais plusieurs DOUCINEAU se sont mariés dans les années précédentes, à Pleumartin, Crémille, La Roche-Posay.
  • Jeanne TRANCHAND : sans précision, je ne peux pas aller plus loin.
  • Louis CAILLAUD : il n’est pas impossible qu’il soit un fils de Marie DEGENNE, de son premier mariage. Ou un beau-frère… Je n’ai rien trouvé de probant.
  • Marie DEBAIN : s’agit-il d’une sœur de Catherine DEBAIN ci-dessus ?
  • la Vve BACHELLIER : mystère encore et toujours ! Pas de prénom, ni pour elle ni pour son défunt mari, qui pourrait nous mettre sur la piste.

Cette dernière partie est assez maigre, mais je veux la publier quand même. Toutes ces personnes ont existé et ce n’est pas parce que je n’ai rien trouvé à leur sujet qu’elles doivent rester dans l’ombre.

Si vous avez des informations sur certaines personnes, n’hésitez pas à me les communiquer.

Dans l’ensemble, l’expérience a été très intéressante, assez chronophage aussi, mais tomber sur une telle mine d’or fait oublier tout le reste !

Si quelqu’un est intéressé par le fichier complet de ces recherches, je le transmettrai volontiers, il suffit de demander.

Supplique des habitants de Crémille – Partie 2

Le vingt-quatre fructidor an onze (11 septembre 1803) de la république française, les habitants de Crémille font rédiger une supplique par les « notaires publics » de Pleumartin, à la porte de l’église Saint-Pierre de Crémille, à l’issue de la messe paroissiale.

L’origine de cette supplique se trouve ICI, dans la première partie de l’article, ainsi que les noms que j’ai pu rattacher à mon arbre, à ma propre famille.

Dans cette deuxième partie, je vais citer les personnes sur lesquelles j’ai trouvé des informations. Dans une troisième partie, j’indiquerai les derniers noms sur lesquels je n’ai pas pu découvrir quoi que ce soit ou seulement des hypothèses, car sans indication telle que l’âge ou le prénom, par exemple, l’exercice est assez périlleux. Et je veux aussi préciser que ces recherches sont forcément incomplètes, je n’ai pas exploré toutes les sources possibles.

Parmi ceux qui savent signer :

  • Jean HILLERET et François HILLERET : qui sont-ils ? Peut-être le père et le fils. Je trouve un Jean HILLERET, né en 1740, marié à une Marie SAULNIER, et un de leurs enfants prénommé François, qui épousera Marie Madeleine BOISDIN en 1813 à Crémille. Cette Marie Madeleine BOISDIN est dite veuve HILLERET en 1836, sur le recensement. Pour le reste, rien qu’une hypothèse.
L’église Saint-Pierre de Crémille

Et pour ceux qui ne savent pas signer, voici ce que j’ai trouvé.

  • Silvain LIBOUREAU et Jeanne JEANNET sa femme : Silvain et Jeanne, non pas JEANNET, mais HERBAUD, se sont mariés à Crémille le 31 janvier 1764. Silvain est le fils de feu Antoine LIBOUREAU et Françoise BRIN/BRUN (mariés en 1731 à Pleumartin). Quant à Jeanne, elle est fille de feu René HERBAUD et Louise BERTON (mariés à Crémille en 1735). Je n’ai pas poussé les recherches, mais il semble que René HERBAUD soit fils d’une dame BRIOLLET (patronyme que l’on retrouvera plus loin).
  • Jacques BRÉJEAN et Marie DEBIAIS sa femme : dans le feu de l’action, il est vraisemblable que les notaires n’aient pas bien compris tous les noms des suppliants. Pour ce couple, je ne trouve qu’un mariage entre René BERJON et Marie DEBIAIS, le 3 juillet 1780 à Pleumartin. René serait le fils de feu Joseph BERJON et de Marie ROBERD, de la paroisse de Leigné-les-Bois « pour le droit et de celle cy [Crémille, donc] pour le fait ». Marie serait la fille de Silvain DEBIAIS et Jacquette TARTARIN, de la paroisse de Pleumartin où ils se sont mariés le 22 juin 1737.
  • la Vve CHAUVELLIÈRE et Marie CHAUVELLIÈRE : qui étaient-elles ? La veuve pourrait être Marie HENNETEAU, veuve de François LA CHAUVELIÈRE, chirurgien, épousé le 25 octobre 1774 à Crémille. Pure spéculation. Quant à Marie, elle pourrait être sa fille, sa belle-sœur ou sa belle-mère puisqu’une Marie VELUET avait épousé Antoine LA CHAUVELIÈRE, père de François ci-dessus, et décédé… Nous aurions donc deux Marie, veuves CHAUVELIÈRE.
  • Marie VAUCELLES femme GIRAULT : sans certitude, mais il s’agit probablement de Marie VAUZELLE, fille de feu François VAUZELLE et Silvine HILERET. Elle a épousé François GIRAULT, fils de François GIRAULT et Suzanne AUBEAU à Vicq-sur-Gartempe le 3 février 1778.
  • Marie VAUCELLE la « jeunne » : Vraisemblablement liée à la précédente, mais de quelle façon ?
  • Jean FAINÉANT et Agate BACHELLIER sa femme : ils se sont mariés le 5 mai 1789 à Crémille. Agate s’appelle en réalité MargueriteJean FAINÉANT est le fils de feu Charles FAINÉANT et de feue Marie BARBARIN. Jean est tisserand, il a 30 ans. Marguerite a 25 ans, elle est orpheline également, ses parents, Louis BACHELIER et Marie PETIT-CLERC, sont décédés. Ils sont tous les deux de Crémille.
  • Jean BLAUD : j’ai trouvé un mariage en 1782 à Posay-le-Vieil qui pourrait « coller », avec une Marguerite HENNETEAU, mais sans savoir quel âge il a, restons prudent.
  • Jean MINGAUT, Marie HENNETEAU femme MINGAULT : je les ai associés parce que je pense avoir trouvé leur mariage et une fois de plus, il y a un cafouillage dans les prénoms. Il s’agit de Jeanne HENNETEAU, épouse de Jean MINGAULT. Ils se sont mariés le 16 janvier 1781 à Crémille. Jean est le fils de feu François MINGAULT et de feue Anne ALIZON (nom déduit de mes recherches, parce que difficile à lire sur l’acte de mariage ; elle était originaire de Coussay-les-Bois où le couple s’est marié en 1724). Quant à Jeanne HENNETEAU, elle est la fille de François HENNETEAU et feue Françoise GUILLÉ. A priori ces HENNETEAU sont liés aux miens, mais ils sont nombreux, je ne les ai pas tous répertoriés.
  • André MAÎTRE le jeune, Marie MAÎTRE : ce sont probablement les enfants d’André MAÎTRE et de Jeanne DEGENNE, la mention « le jeune » correspond. Si c’est bien lui, il est né en 1765 et épousera Marie Anne LA CHAUVELIÈRE en 1810, à l’âge de 45 ans. Quant à Marie, c’est certainement une de ses sœurs.
  • Louis ROUZEAU Père : il est très possible qu’il soit le beau-père de Jeanne DEBAIN (voir plus loin).
  • Denys GAILLARD et Marie CHARLES : ils se sont mariés à Lésigny le 21 novembre 1799. Denis est le fils de feu Antoine GAILLARD et de Jeanne BRIOLET. Il est tisserand et a 39 ans à son mariage. Lui et ses parents sont de la commune de Crémille. Marie a 31 ans. Elle est la fille de feu François CHARLES et de Marie NIVAULT. Ils sont tous les trois dits de la commune de Coussay-les-Bois.
  • Marie BRIOLLET Vve GAILLARD : malgré la différence de prénom, il est fort probable que ce soit la mère de Denis cité plus haut. Et peut-être aussi celle d’André (plus bas).
  • René FAINÉANT et Marie BRICHON sa femme : il semble qu’il y ait encore une erreur (ou un problème d’audition d’un notaire) parce que le René FAINÉANT que j’ai trouvé est bien domicilié à Crémille à son mariage. En revanche, Marie ne s’appelle pas BRICHON mais GERVAIS. Donc, sauf erreur de ma part, ils se sont mariés le 27 janvier 1778 à Posay-le-Vieil. René est le fils de Charles FAINÉANT et de feue Marie BARBARIN, de la paroisse de Crémille, et le frère de Jean cité plus haut. Il était journalier. Quant à Marie, elle est la fille de Pierre GERVAIS et Anne CARÉ, également de la paroisse de Crémille.
  • Jeannette FAINÉANT, Françoise FAINÉANT : elles sont probablement des filles du couple ci-dessus.
  • Jeanne DEBAIN femme ROUZEAU : Louis ROUZEAU et Anne DEBAIN se sont mariés le 25 mai 1784 à Crémille. Louis est laboureur, il a 38 ans, et il est le fils de Louis ROUZEAU et de feue Jeanne BOUCHET, de la paroisse de Crémille. Anne DEBAIN a 22 ans, elle est la fille de Louis DEBAIN et de Marie ANTIGNY, de la paroisse de St-Léger de Vicq (sur Gartempe).
  • Pierre FORGET, André FORGET : j’ai trouvé un Pierre FORGET qui a épousé une Jeanne PINDRAIS à Crémille en 1770. C’est peut-être lui, auquel cas André pourrait être son fils (pas son père, qui s’appelait Jean).
  • André GAILLARD et Madelaine BOURY sa femme : le seul André GAILLARD plausible que j’ai trouvé a épousé Magdelaine BERNARD (et non BOURY) à Posay-le-Vieil le 15 novembre 1774. Je penche pour une erreur des notaires parce qu’André GAILLARD est le fils d’Antoine GAILLARD et de feue Marie LAURIN (aussi écrit LORRAIN) et que Magdelaine BERNARD est la fille de feu Louis BERNARD et de Marie BRIOLLET (patronyme déjà rencontré également). André est tailleur de pierre et son père vit à Crémille, tandis que Magdelaine est « domestique des dames religieuses », de la paroisse de Posay-le-Vieil.
  • Louis SEIGNEURIAU et Marie MILLET sa femme : j’ai trouvé leur mariage à Pleumartin, le 1er décembre 1799 (10 frimaire an 8). Louis est le fils de feu Jacques SEIGNEURIAU et de Louise LAURIN (patronyme déjà rencontré sous la forme LORRAIN). Marie est la fille de feu Joseph MILLET et de Magdelaine DEBAIN (id°). À leur mariage, Louis est tisserand, il a 42 ans, quant à Marie, elle a 30 ans. Les deux familles sont de Pleumartin.
  • Marie MALBRAND est vraisemblablement une fille du couple Louis MALBRANDJeanne MAÎTRE que j’ai évoqué dans la partie 1. Si c’est la bonne personne, elle a ensuite épousé Louis MARTIN le 13 février 1810 à Vicq-sur-Gartempe.
  • André MALBRAND : il semble aussi être le fils du couple, et si c’est le cas, il a épousé Marie SAULNIER le 25 mai 1807 à Lésigny.
  • Jacques DESLANDES : une piste, peut-être, et en tenant compte des noms suivants, avec ce Jacques DESLANDES qui a épousé une Marie Anne COLET à La Roche-Posay en 1762, car sa mère s’appelait HERBAUX.
  • André HERBAULT, Marie HERBAULT : il est fort possible qu’ils soient apparentés au Jacques DESLANDES ci-dessus, mais j’ignore les liens exacts. Et je me trompe peut-être complètement…
  • la Vve MARTIN : je me disais qu’avec un patronyme comme MARTIN, sans prénom, ça allait être encore pire, mais finalement, il est très possible qu’elle soit la mère de Marie MARTIN (ci-dessous).
  • Silvain MATHÉ et Marie MARTIN sa femme : j’ai trouvé plusieurs Silvain MATHÉ, mais aucun marié à une Marie MARTIN
  • la Vve DEBIAIS : une fois encore, je n’ai aucune certitude, mais il se pourrait que cette « veuve DEBIAIS » soit Jacquette TARTARIN, veuve de Silvain DEBIAIS. Auquel cas, elle serait la mère de Marie DEBIAIS, déjà mentionnée plus haut, épouse de René BERJON. Hypothèse, rien de plus.
  • la Vve DESLANDES : sans prénom, on est vraiment démuni. Toutefois, il est possible que cette femme soit la mère d’André DESLANDES ci-dessous.
  • André DESLANDES et Marie GARDIEN sa femme : André et Marie se sont mariés le 19 janvier 1796 (29 nivôse an 4) à Pleumartin. André est le fils de François DESLANDES et de Françoise BACHELIER, qui se sont mariés le 10 janvier 1758 à Crémille. Il est journalier, âgé de 28 ans. Marie a 23 ans, elle est la fille de Mélaine GARDIEN, journalier, et de Jeanne LAURIER, qui se sont mariés le 5 juin 1764 en la paroisse St-Phèle de St-Pierre-de-Maillé. Les deux familles sont de Pleumartin.
  • André SARRAZIN et sa femme : c’est vague… Toutefois, j’ai trouvé un André SARRAZIN qui a épousé une Catherine DEBAIN à Pleumartin le 13 février 1787. À prendre avec les précautions d’usage. Si je ne me suis pas trompée, André est le fils mineur de Silvain SARRAZIN et de Marie BRUNEAU, « de la paroisse de Vic ». Catherine est la fille de Louis DEBAIN, tisserand, et Jeanne PETIT-CLERC, de la paroisse de La Roche Posay.

Merci d’avoir réussi à atteindre la fin de ce second article ! La suite et fin arrive très vite.

Et après, je passe à autre chose, promis !

Supplique des habitants de Crémille – Partie 1

Le vingt-quatre fructidor an onze (11 septembre 1803) de la république française, les habitants de Crémille font rédiger une supplique par les « notaires publics » de Pleumartin, à la porte de leur église Saint-Pierre, au sortir de la messe paroissiale.

Environ 2,7 km séparent le bourg de Pleumartin et Crémille

Cette supplique est adressée à monsieur l’évêque de Poitiers et à monsieur le préfet du département. Il semble que ce soit la seconde supplique sur le même sujet. L’inquiétude est grande, en effet, car le bruit court que la paroisse de Crémille va être supprimée et rattachée à celle de Pleumartin. Les suppliants demandent donc à l’évêque et au préfet « d’avoir égard à la nombreuse population de leur bourg composé de soixante et douze feux, lequel est éloigné de celui de Plumartin auquel on prétend qu’il sera réuni, d’une demi-lieue de pays, que cette distance quoique peu considérable est néantmoins impossible a franchir dans l’hivert et les saisons pluvieuses pour la plus grande partie des habitants, les chemins étant extremement resserrés, profonds, sans écoulement pour les eaux qui y séjournent et qui les rendent impraticables dans les mauvaises saisons, surtout pour les enfants, les viellards, les femmes et les infirmes ». Ils précisent aussi qu’ils sont tous propriétaires cultivateurs et que leurs enfants s’occupent de garder leurs « bestiaux », parfois très loin, et qu’il est donc impossible que les enfants assistent aux « instructions et cathéchismes ». La conséquence serait qu’ils ne pourraient assister aux offices la majeure partie de l’année. Ils sont même prêts à transiger et demandent de leur accorder l’église de Crémille au moins comme oratoire. L’église est en bon état, des réparations et ornementations ont été effectuées.

Début de la supplique

S’en suivent les louanges de leur prêtre desservant, monsieur Molant, pour son « plus vif intérêt pour leur bien spirituel et temporel ». Ils ont même « jouï de la plus profonde tranquillité pendant les secousses […] les plus violentes de la révolution ». Il s’occupe de l’instruction chrétienne de leurs enfants, mais aussi de celle des lettres. Il prodigue aux malades des secours et des soins « que la seule charité chrétienne peut inspirer et soutenir ». Ils demandent donc « très humblement » à conserver leur église et s’engagent à « faire tous les sacrifices convenables pour son entretien ».

Le tout sans se priver d’une petite pique au passage à destination du « conseil de la commune et de celui du maire et de l’adjoint, étant tous de la paroisse de Plumartin […] lesquels ambitionnent depuis longtemps pour leur intérêt la réunion de Crémille à leur paroisse ».

La supplique est signée par quinze personnes, les habitants qui ne savent pas signer sont énumérés, et là, ce document devient très précieux. Ils sont 131 à ne pas savoir signer. Le total des personnes mentionnées s’élève donc à 146 et, à ma grande joie, j’ai pu non seulement y trouver des ancêtres directs, mais aussi pas mal de collatéraux. Il est bien précisé en fin de liste « lesquels forment la totalité des habitants de Crémille ».

Ceux qui savent signer

Dans cette première partie, je vais reprendre tous ceux qui sont liés à ma généalogie, de près ou de loin. Dans une seconde partie, je mettrai à disposition ce que j’ai pu trouver, ou pas, sur les autres habitants de Crémille.

Parmi ceux qui savent signer :

  • André MAÎTRE : il s’agit vraisemblablement de l’époux de Jeanne DEGENNE. C’est son fils, homonyme, qui ne sait pas signer, qu’on retrouve plus loin. Évidemment, voyant ce patronyme DEGENNE, j’ai fait quelques recherches… qui n’ont pas abouti. Jeanne DEGENNE était la fille de Nicolas DEGENNE et Renée LOGÉ, dont je n’ai pas trouvé le mariage, ni aucune date de naissance. Nicolas DEGENNE est décédé à Pleumartin en 1773, mais je n’en sais pas davantage.

Et puis les plus nombreux, ceux qui ne savent pas signer :

  • François TREPREAU et Marie BOISDIN sa femme : ils se sont mariés à Pleumartin le 14 février 1803 (25 pluviôse an 11). François est tisserand, il est né à Crémille le 19 juillet 1772, fils légitime de Louis TREPREAU et Françoise MERLE (que je relie à mon arbre parce qu’elle est fille de mon sosa 258, Louis MERLE, et de sa seconde épouse Marie Anne DHUMEAU). Le parrain de François est Louis MALBRAND (que nous retrouverons) et sa marraine Marie CARRÉ. Marie est née le 30 janvier 1780 à Crémille, fille de Silvain BOISDIN et feue Silvine GUÉRINEAU. Son parrain est Silvain ADHUMEAU (probablement celui qui suit) et sa marraine Marie Madeleine GUÉRINEAU.
La descendance de Louis MERLE, sosa 258. Cliquer pour agrandir.
  • Silvain ADHUMEAU et Marie CHAMGOBERT sa femme : ils se sont mariés le 9 novembre 1794 (19 brumaire an 3) à Pleumartin. Silvain est le fils de François ADHUMEAU et de Françoise BOISDIN. Marie est la fille d’Antoine CHANGOBERT et Françoise DEGENNE (tiens !). Elle est née à Crémille le 2 février 1773. Sa mère, Françoise, est la fille de mes sosa 128 et 129, François DEGENNE et Marie MERLE.
  • François LAVILLE et Marie LACROIX sa femme : ils se sont mariés le 14 juin 1779 à Leigné-les-Bois. François Marie est le fils de feu Louis LAVILLE et Marthe BROUILLARD (qui se sont eux-mêmes mariés à Crémille le 17 novembre 1744, mais sont dits de la paroisse de Saint-Pierre-de-Maillé au mariage de leur fils). François Marie est né le 12 mars 1750 à Crémille, le dernier d’une fratrie de 4. C’est un enfant posthume, son père, Louis, est décédé à Crémille le 19 octobre 1749. Marie est la fille de Silvain LACROIX et Anne OUVRARD DE MASSÉ. Elle a 14 ans, il en a 29…

Anecdote : au mariage de sa fille, Anne OUVRARD est veuve de Silvain LACROIX et remariée depuis 1776 avec René DE MASSÉ, « chevalier, capitaine en premier du corps royal de l’artillerie ». Du fait de son mariage avec René, elle fera partie, en 1789, des électeurs de la noblesse de Leigné-les-Bois. Notons également cette mention dans leur acte de mariage de 1776 : « ont déclaré et reconnu que du commerce charnel qu’ils ont eus cy devant ensemble est née une fille baptizée le 30 octobre 1775 sous le nom de Marie, fille naturelle ». Anne est aussi la fille de René OUVRARD et Renée GUILLET (ou GUILLOT) que je peux relier à mon arbre, puisque petite-fille de Maurice OUVRARD, mon sosa 644.

  • La Vve BERLOQUIN : ni âge ni prénom… Toutefois, j’ai trouvé un mariage à Pleumartin, le 7 février 1763, entre Louis BERLOQUIN et Marguerite TREPREAU, qui pourrait correspondre. Leur acte de mariage précise que Louis BERLOQUIN est originaire de la paroisse de Saint-Martin d’Étableau (en Touraine) et que Marguerite est la fille de Louis TREPREAU et de Marie NAZAIRE, qui eux, sont bien de Crémille. Marie NAZAIRE est une petite-fille de Louis HENNETEAU et Renée GUILLEMIN, mes sosa 1026 et 1027.
  • Nicollas PERDREAU : j’ai trouvé deux mentions de ce nom. La première est un baptême à Leigné-les-Bois, le 13 avril 1734, précisant qu’il est fils de Jean PERDREAU et Françoise HENETEAU. L’autre est le mariage du même avec Marie ÉPIN, le 5 mars 1764 à Archigny. Sur l’acte de mariage, Marie est dite fille de Joseph ÉPIN et de Marie LOGÉ. Je peux les relier à mon arbre aussi, puisque Françoise HENNETEAU est une arrière-petite-fille du couple Louis HENNETEAURenée GUILLEMIN ci-dessus. Marie EPEIN : sans prendre de gros risques, on peut supposer qu’il s’agit ici de l’épouse de Nicollas PERDREAU mentionnés ci-dessus, les notaires ayant oublié le « et » entre les deux noms.
  • Louis TREPREAU et Marie MERLE sa femme : ils se sont mariés à Crémille le 10 février 1767. Et une fois de plus, je me retrouve en famille ! Louis est le fils de feu Louis TREPREAU et de feue Marie NAZAIRE (que nous avons déjà croisés plus haut par leur fille Marguerite). Marie, dont c’est le prénom d’usage puisqu’elle s’appelle en réalité Françoise, est la fille de Louis MERLE, mon sosa 258, et de feue Marie ADHUMEAU, sa seconde épouse. Ils se sont mariés en 1725 à Crémille. Un Louis DEGENNE signe fièrement au bas de l’acte, de même que le Louis BERLOQUIN cité plus haut !
  • Louis BEJAULT et Françoise TREPREAU sa femme : Françoise TREPREAU est la fille de Louis TREPREAU et Marie MERLE ci-dessus. Quant à Louis BÉJAULT, il s’appelle Christophe sur l’acte de mariage, le 24 janvier 1803 à Pleumartin. Christophe/Louis est le fils de Jean BÉJAULT et Rose BARBARIN, de la paroisse de Posay-le-Vieil.
  • Antoine CHAMGOBERT et Marie ADHUMEAU sa femme : c’est le second mariage d’Antoine CHANGOBERT, veuf de Françoise DEGENNE. Il se remarie donc avec Marie ADHUMEAU le 1er juillet 1798 (13 messidor an 6) à Pleumartin. Il a 48 ans et Marie en a 28. Marie est la fille de François ADHUMEAU et de Marie ROUSSEAU, domiciliés à Pleumartin. Parenthèse : Marie ROUSSEAU est la fille de Jacques ROUSSEAU, notaire et procureur au marquisat de Pleumartin, et de Marie MAÎTRE. Pour compléter, j’ai vu que sur le recensement de 1836, Marie ADHUMEAU veuve CHANGOBERT vivait toujours à Crémille avec deux de ses fils, François et François-Antoine, tous deux meuniers, ainsi qu’une belle-fille et deux-petits-enfants.
  • Jean JOSEPH : il pourrait s’agir d’un fils de Jean JOSEPH et Gabrielle CARRÉ, mes sosa 262 et 263, né en 1743 à Crémille. Au conditionnel…
  • François DEGENNE et Françoise CARRÉ sa femme : ce sont mes sosa 64 et 65. Ils sont tous les deux nés à Crémille, lui en 1759 et elle en 1765. Ils s’y sont mariés également, le 16 avril 1793. En revanche, seule leur fille aînée, Françoise, y est née. Les autres enfants sont nés à Pleumartin. C’est avec ce couple que ma lignée DEGENNE directe quitte le berceau qu’est Crémille et part s’installer à Saint-Pierre-de-Maillé et Vicq-sur-Gartempe. Certains frères et sœurs de François restent à Crémille.
  • Marie SAULNIER femme HILERET : sans certitude, bien sûr, Marie SAULNIER est probablement l’épouse de Jean HILERET (« dit Morice »). Leur mariage a eu lieu le 27 novembre 1770 à Pleumartin. Jean est le fils de Morice HILERET et Antoinette JOLLY, il est meunier. Marie SAULNIER est la fille de François SAULNIER et Marie LOGNEAU. Étant donné que Crémille est le « domicile de droit » de Jean, mais que son « domicile de fait » est Posay-le-Vieil, on peut supposer qu’il n’était pas présent le jour de la venue des notaires. C’est grâce à Antoinette JOLLY que je peux relier cette branche à mon arbre, puisqu’elle est la sœur de Marie JOLLY, ma sosa 259.
  • André DEGENNE et Marie MATHURIER sa femme : André DEGENNE est également un collatéral, neveu de François DEGENNE, mon sosa 128. Il est né à Pleumartin en 1764, fils de René DEGENNE et de Françoise TARDY qui habitent à Crémille. André était hongreur (dit aussi « marchand affranchisseur » sur son acte de mariage). Marie MATHURIER est originaire de Monthoiron, née en 1772, fille de Pierre MATHURIER et de Marguerite BAULU. C’est à Monthoiron qu’ils se sont mariés. En 1836, ils vivent toujours à Crémille, avec deux fils prénommés Louis, dont un a épousé une DEGENNE !
  • Silvain LORRAIN et Marie MANDIBLE sa femme : ils se sont mariés le 27 août 1780 à La Roche-Posay. Silvain était sabotier, fils de feu Jacques LAURIN (les orthographes varient beaucoup) et feue Marie Anne FRESCINE. C’est aussi un collatéral que je peux rattacher à ses grands-parents, Mélaine FRESCINE et Anne DENIORT, qui sont mes sosa 694 et 695. Marie MANDIBLE est la fille de feu François MANDIBLE et de feue Jeanne TRANCHAND. Marie est née à Posay-le-Vieil, mais est dite de la paroisse de Chambon (en Indre-et-Loire) à son mariage. Comment se sont-ils retrouvés à signer cette supplique avec les autres habitants de Crémille ? Je l’ignore.

Quant à Nicollas LORRAIN, Silvain LORRAIN, Pierre LORRAIN, il s’agit probablement de trois fils du couple LORRAIN-MANDIBLE ci-dessus.

  • Louis DEGENNES et Marie CARRÉ sa femme : ce sont également des collatéraux. Louis est le frère d’André DEGENNE (époux de Marie MATHURIER), donc également fils de René DEGENNE et Françoise TARDY. Quant à Marie CARRÉ, elle est la fille d’Antoine CARRÉ et Marie JOSEPH qui sont mes sosa 130 et 131. Ils se sont mariés le 15 juin 1784 à Crémille.
  • André BRUÈRE et Jeanne DEGENNE sa femme : à son mariage, André a 36 ans, il est jardinier et demeure à Pleumartin. Il est né à Montbazon (Indre-et-Loire), fils de feu Nicolas BRUÈRE, laboureur, et de Marie MOREAU, « du canton de Fausse Église municipalité de Montbazon » (après quelques recherches, un lieu-dit de Montbazon s’appelle bien Fausse Église !). Jeanne est la nièce de François DEGENNE et Marie MERLE, mes sosa 128 et 129. Elle est la fille de Louis DEGENNE et Marie GUÉRIN. Comment se sont-ils trouvés ? Mystère… Toujours est-il qu’ils se sont mariés le 18 juin 1793 à Crémille.
  • Pierre HENNETEAU et Marie SEIGNEURIAU sa femme : Pierre et Marie se sont mariés le 16 février 1802 (27 pluviôse an 10) à Pleumartin. Pierre est journalier, il a 43 ans. Il est le fils de feu Jacques HENNETEAU et de feue Françoise DEGENNE (nous sommes légion !) qui se sont eux-mêmes mariés à Crémille le 12 novembre 1743. Françoise est une petite-nièce d’Antoine DEGENNE, mon sosa 512. Marie est la fille de feu Jacques SEIGNEURIAU et de Louise LAURIN, donc la sœur de Louis SEIGNEURIAU.

Anecdote très triste : Françoise DEGENNE et sa fille Anne sont décédées le 16 avril 1761. Le lendemain, c’est une autre fille, Louise, qui est décédée…

  • André FORGET et Louise CARRÉ sa femme : ils se sont mariés le 5 février 1793 à Crémille. André a 27 ans, il est cultivateur, domicilié à Crémille. Il est le fils de feu André FORGET et de Marie COLIN, qui est domiciliée « dans la municipalité de La Roche Pozay ». Louise CARRÉ a 20 ans de plus que son époux, elle a 47 ans ! Elle est fille de feu André CARRÉ, affranchisseur, et de feue Jeanne BOISDIN, qui étaient domiciliés à Crémille. Ce sont également des collatéraux puisque André CARRÉ est le frère de Gabrielle CARRÉ, ma sosa 263. La supplique date de septembre 1803, Louise CARRÉ est décédée moins de deux ans après, le 23 avril 1805. André FORGET se remariera en novembre 1805 avec Marie BERRY.

Parmi les « accompagnants » des époux, je note la présence d’un Louis DEGENNE, affranchisseur, âgé de 37 ans, domicilié à Crémille, « parent de la future ». Dommage que la mention ne soit pas plus précise… J’ai une trentaine de « Louis DEGENNE » dans mon arbre, mais a priori pas celui-ci. Le seul dont la date de naissance correspondrait est décédé à l’âge de 2 ans…

  • Melène CESVEAU et Marie PEINDRAIS sa femme : visiblement, les notaires ont bien conscience que l’orthographe des patronymes n’est pas figée et ils s’en donnent à cœur joie ! Il s’agit vraisemblablement du couple Mélaine SAIVEAU et Louise Marie PINDRAIS, mariés le 3 septembre 1781 à Crémille. Mélaine était veuf de Françoise ROUET (épousée le 10 mars 1778 à Crémille). Il était le fils de feu Claude SAIVEAU (SESVEAU) et de feue Marie CHARLES. Quant à Marie, elle est mineure, fille de feu Gabriel PINDRAIS et de Catherine HENNETEAU (qui sont aussi les parents de Louis PINDRAIS, époux de Marie Toussainte DEGENNE, elle-même fille de mes sosa 128 et 129, François DEGENNE et Marie MERLE).
  • Louis MALBRAND et Jeanne MAÎTRE sa femme : Louis et Jeanne se sont mariés le 26 novembre 1776 à Crémille. Louis est le fils mineur de feu Louis MALBRAND et de feue Marie MERLE, qui se sont aussi mariés à Crémille, le 11 février 1754. Marie est la fille de Louis MERLE et de Marie Anne ADHUMEAU, sa seconde épouse. Quant à Jeanne MAÎTRE, elle est la fille mineure d’André MAÎTRE et de Jeanne DEGENNE. Sa sœur, Marie Anne, est l’épouse de Louis Denis CHANGOBERT, également signataires de cette supplique.
  • Honoré CHATILLON et Marie DEGENNE sa femme : Honoré est le fils de Jean CHATILLON et de Françoise BACHELIER. Il est garçon meunier. Il est le second époux de Marie DEGENNE, veuve de Jean François CAILLAUD qui était meunier au moulin de Gauffran, à Crémille. Marie (aussi appelée Madeleine) est la fille de François DEGENNE et de Marie MERLE, mes sosa 128 et 129. Honoré et Marie se sont mariés à Crémille le 3 juin 1793.

Voilà pour la première partie de ce long article, assez répétitif, ce qui en fait une lecture fastidieuse, j’en conviens.

Pour ce qui est de la supplique elle-même, il semble qu’elle n’ait pas modifié la décision de monsieur l’évêque et de monsieur le préfet, qui sont restés sourds aux demandes de la population.

Toutefois, dans un ancien numéro d’Hérage, la revue du Cercle généalogique poitevin, j’ai trouvé une transcription de la supplique par un adhérent, A. Rambault, et cette conclusion que je me permets de lui emprunter :

« Les habitants de Crémille, déçus dans un premier temps, eurent cependant gain de cause … 44 ans plus tard : leur paroisse fut rétablie en 1846. » Il cite également le texte qui figure au début du registre de catholicité de cette année-là : « L’ancienne église de Crémille, réunie pour le spirituel à la paroisse de Pleumartin depuis le rétablissement du culte en France (1802) a été érigée en succursale par une ordonnance de Mgr Joseph André Guitton, évêque de Poitiers, en date du 15 août 1846, conservée dans les Archives de cette paroisse et transcrite sur le registre des délibérations du conseil de la fabrique. »

Tout complément d’information, ou signalement d’erreurs toujours possibles, sur ces différents patronymes et liens familiaux est évidemment bienvenu ! Plus on est de fous, …

La suite au prochain numéro !

Jeanne DEGENNE ou l’infanticide de la misère

C’est un passionnant ouvrage intitulé « Nouvelles et chroniques judiciaires du Châtelleraudais », écrit par Bernard Poignand et le collectif d’Histoire et Patrimoine d’Archigny qui a déclenché la rédaction de cet article. J’ai acheté ce livre en décembre et en le feuilletant, mon œil a tout de suite été arrêté par la mention d’une Jeanne DEGENNE, mère infanticide.

L’histoire est tristement banale : Jeanne, habitante de Monthoiron, à côté de Châtellerault, est veuve depuis 4 ans de Charles FONTENY et essaie d’élever ses cinq enfants vivants. Vraisemblablement fin 1861, elle se retrouve enceinte, tente de cacher sa grossesse, mais ne peut dissimuler l’accouchement, en mai 1862. Mais avec quels moyens nourrir une bouche de plus ? qui plus est celle d’un enfant du péché ? C’en est trop, elle enveloppe la tête de l’enfant dans des linges pour provoquer l’asphyxie. D’après le médecin convoqué, l’enfant est de sexe masculin, « bien conformé et né viable ». Après diverses expertises, des interrogatoires, des ordonnances de la justice, etc., le procès s’ouvre aux assises de Poitiers en août 1862. Après avoir entendu les témoins, les experts et les parties, la question principale posée au jury était « Jeanne Degennes, veuve Fonteny, accusée, est-elle coupable d’avoir, le vingt-deux mai mil huit cent soixante-deux, en la commune de Monthoiron, volontairement donné la mort à son enfant nouveau-né ? » Le jury répond « non ». La question subsidiaire était « Jeanne Degennes, veuve Fonteny, est-elle coupable tout au moins d’avoir, le vingt-deux mai mil huit cent soixante-deux, en la commune de Monthoiron, par maladresse, imprudence ou défaut de soins, involontairement causé la mort de son enfant nouveau-né ? » La réponse est « oui » à l’unanimité. Jeanne vient vraisemblablement d’échapper à la peine de mort ou tout au moins, aux travaux forcés (voir note en fin d’article). Elle est condamnée à deux ans d’emprisonnement. Elle est immédiatement incarcérée dans la maison de justice de Poitiers, tenue par des religieuses. A-t-elle « bénéficié » d’une façon ou d’une autre, de ses conditions d’incarcération (pratique religieuse, travaux de couture, silence) ? Elle était nourrie et logée, était en sécurité et surtout, n’avait plus à se préoccuper de survivre. Je l’espère pour elle.

Jeanne est libérée le 26 août 1864 et va retrouver son fils aîné à Dissay.

Jeanne DEGENNE est pour moi une lointaine collatérale, mais en lisant cette dramatique histoire, la curiosité l’a emporté et je me suis demandé qui étaient ses enfants, ce qu’ils étaient devenus au moment de l’incarcération de leur mère et quelle vie ils avaient pu avoir par la suite, une fois adultes. Ce ne sont pas des conditions très favorables. Ils ont cumulé les handicaps très jeunes puisqu’ils étaient déjà orphelins de leur père, Charles FONTENY. J’ai trouvé des existences qui semblent plutôt « calmes » et d’autres nettement plus « animées », mais pas toujours dans la joie. Évidemment, je ne peux pas savoir ce qu’ils ont réellement vécu, seulement essayer de deviner à travers les dates, les lieux, les unions, les professions. Et une fois lancée, j’ai tenté de reconstituer toute la descendance du couple ; je me suis arrêtée à la naissance des petits-enfants du couple.

1/ Charles Théodore, né le 7 novembre 1843 à Monthoiron (soit 7 mois après le mariage de ses parents). Il avait 19 ans quand sa mère a été arrêtée en mai 1862. On peut facilement supposer qu’à cet âge, il était déjà domestique dans une ferme ou qu’il avait une activité quelconque et qu’il participait à la survie du foyer. En 1866, il épouse Marie GUIGNARD (1845-1912) à Dissay. L’acte précise qu’il y est journalier et vit avec sa mère, sortie de prison presque deux ans plus tôt et où elle décèdera le 7 juin 1868. Charles Théodore est décédé en 1917. Quatre enfants naîtront de cette union :

1a/ Marie Ernestine, née le 15 novembre 1866 à Dissay, qui ne vivra que deux ans, jusqu’au 25 novembre 1868.

1b/ Jean Louis, né le 13 novembre 1869 à Dissay. Au fil des actes de mariage de ses enfants, il est cultivateur puis perruquier en 1901, coiffeur en 1902, cantonnier en 1906. Je n’ai pas trouvé son acte de décès, les registres ne sont pas en ligne, mais la table décennale de la période m’apprend qu’il est décédé le 24 janvier 1932 à Sommières-du-Clain, à l’âge de 62 ans.

Le 28 septembre 1897, il épouse Eugénie JARASSON (1877-1901) à Migné-Auxances. Jean Louis et Eugénie auront une petite fille, Émilienne, née le 17 septembre 1898 à Migné-Auxances, qui finira ses jours dans l’Yonne.

Après le décès de sa première épouse, Jean Louis s’unit, le 28 avril 1902, à Marie PEIGNAULT (1884-1972) à Jaunay-Clan. Jean Louis et Marie auront huit enfants. Les dates sont trop « contemporaines », je vais résumer de mon mieux. 1/ Renée Andrée (1903-1995) se mariera dans l’Yonne et finira ses jours dans le Var ; 2/ Léon (1906-1944) semble être resté dans la Vienne. Il est décédé lors du bombardement de Poitiers le 13 juin 1944 ; 3/ Hubert Léonard André (1908-1976) se mariera deux fois et ne semble pas être allé plus loin que la Touraine ; 4/ Béatrice Raymonde (1911-2001) a travaillé à Paris où elle a épousé ses deuxième et troisième maris (!) ; 5/ Georges Raymond (1914-2009) semble être resté dans la Vienne ; 6/ Yvette (1916-2005) a fait de même, née et décédé à Migné-Auxances ; 7/ Christian René (1919-1987) est décédé en Touraine et enfin 8/ Renée Ginette (1930-1997) décédée en Charente.

1c/ Eugène, est né le 5 avril 1873, à Jaunay-Clan. Il a été cultivateur puis pâtissier en 1901, étonnant parcours. Le 26 novembre 1895, il épouse Bertille Eugénie JARASSON (1877- ?) à Migné-Auxances, vraisemblablement une cousine de la première épouse de son frère Jean Louis. Eugène et Bertille auront une fille, Simone Marcelle Eugénie, née en 1901.

1d/ Théodore, le petit dernier, est né le 20 août 1876 à Jaunay-Clan. Le 16 septembre 1901, il a épousé Marie Augustine Alexide BRICAULT (1884-1963) à Migné-Auxances. Il est décédé le 27 janvier 1952 à Dolus (17). Je n’ai pas trouvé d’enfants.

2/ Euphrasie, est née le 11 novembre 1845 à Monthoiron et n’a vécu que quelques mois. Elle est décédée 19 mars 1846.

3/ Delphin Émile, est né le 3 mai 1847 à Monthoiron. Il avait 15 ans lorsque sa mère a été arrêtée. Le 2 mars 1868, il épouse Marie Henriette DEGENNE (1851- ?), lingère, à Availles-en-Châtellerault. Maçon à son mariage, puis journalier, puis coutelier en 1870. Il décède très jeune, à l’âge de 27 ans, le 10 décembre 1874 à Cenon-sur-Vienne. Quant à Marie Henriette, les actes de mariage de deux de ses enfants précisent qu’elle est domestique… à Lyon ! Je n’ai pas trouvé son décès. Le couple aura quatre enfants :

3a/ Delphin Émile, né le 18 mars 1868 à Availles-en-Châtellerault. Il sera « armurier libre ». Le 10 août 1891, il épouse Juliette LIOT (1864- ?) à Châtellerault, elle est couturière. Ils auront une fille : Raymonde Marie (1892-1945).

3b/ Alphonse Alexandre, né le 13 avril 1870 à Cenon-sur-Vienne. Le 8 juin 1896, il épouse Marie Madeleine RABIER (1870-1958) à Tours. Je ne sais pas si le couple a eu des enfants. Il est décédé le 7 septembre 1943 à Tours. À son décès, les TSA indiquent qu’il était « employé du gaz ». J’ai trouvé sa fiche matricule qui montre qu’il a pas mal bougé.

3c/ Marie Célestine, née le 23 décembre 1871 à Cenon-sur-Vienne. Le 3 juin 1893, elle épouse Louis Maurice BRUN (1865- ?), dont les parents habitent à Tours, mais se sont mariés dans le Puy-de-Dôme (Saurier). Les bans du mariage de Marie Célestine et Louis Maurice ont également été publiés à Courgoul, dans le Puy-de-Dôme, où Louis Maurice est domicilié (et résident à Châtellerault). Elle est décédée à 26 ans, le 17 avril 1898 à La Riche (37). Son frère Émile est l’un des déclarants. L’autre est un dénommé Charles BARRAULT qui est vraisemblablement l’époux de sa tante Noémie. Je n’ai pas trouvé le décès de Louis Maurice.

3d/ Alfred, le petit dernier, ne vivra que 16 mois, du 13 février 1874 au 10 juin 1875, né et décédé à Cenon-sur-Vienne, quelques mois après son père.

4/ Noémie est née le 19 novembre 1849 à Monthoiron. Elle avait 13 ans lorsque sa mère a été arrêtée. Le 15 juillet 1872, elle épouse Charles BAREAU (1846- ?), cultivateur à Naintré, en présence de ses frères Théodore et Delphin. Je n’ai pas trouvé d’enfants à ce couple, ni leurs dates de décès. La table décennale 1923-1932 d’Availles-en-Châtellerault mentionne le décès d’une Noémie FONTENY, avec la mention « transcription », mais les registres ne sont pas en ligne.

5/ Alphonse est né le 3 mars 1852 à Monthoiron, il avait 10 ans lorsque sa mère a été arrêtée. Je ne sais pas à qui il a été confié, toujours est-il que je le retrouve le 8 mai 1876 épousant Marie Louise ALEXANDRE (1856- ?) à Vouneuil-sur-Vienne. Il est dit domestique, elle est couturière. Ils auront six enfants :

5a/ Un « enfant né sans vie » le 25/06/1877 à Naintré.

5b/ Marie Juliette, née le 14 août 1878 à Naintré. Le 22 janvier 1899, elle épouse Jean Eugène MAILLET (1870- ?) à Availles-en-Châtellerault. Elle est domestique, il est cultivateur. Ils ont eu deux fils, Gaston et Moïse.           

5c/ Louis Paul, né le 30 juin 1880 à Naintré, il décède à 20 ans, le 17 février 1900 à Availles-en-Châtellerault.

5d/ Alphonse Frumence, né le 8 juin 1883 à Vouneuil-sur-Vienne. Le 18 février 1911, il épouse Marie Christine WASSE à Paris XVIIe. Marie Christine est originaire de Frétoy-le-Château (60) où elle est née en 1886. Leur acte de mariage indique qu’Alphonse est valet de chambre et Marie Christine femme de chambre ! Ils n’auront pas beaucoup profité de leur union puisque Alphonse a été mobilisé et qu’il a été « tué à l’ennemi du 26 au 28 février 1915 ». Je ne leur connais pas d’enfants et je ne sais pas ce qu’il est advenu de Marie Christine WASSE. Alphonse fait donc partie des Morts pour la France.

5e/ Alphonsine, née le 21 septembre 1894 à Availles-en-Châtellerault. C’est là que, le 19 juin 1916, elle épouse Daniel THÉVENET (1892-1952). Théodore est présent au mariage de sa nièce. Je ne leur connais qu’un fils, Raymond Alphonse, né à Châtellerault.

5f/ Flora, née le 24 novembre 1898 à Availles-en-Châtellerault où elle épouse, le 8 mai 1920, François Fernand FLORENDEAU (1893-1982). Ils ont eu trois enfants. Flora est décédée à Châtellerault en 1985.

Dans le recensement de 1901 d’Availles-en-Châtellerault (Vue 11/15), j’ai été étonnée de trouver mention de deux petites filles dont je ne trouve trace nulle part ailleurs. Une petite Jeanne âgée de 5 ans et une petite Marthe âgée de 2 ans, avec la mention « ses filles », donc les filles d’Alphonse FONTENY et Marie ALEXANDRE. Je n’ai pas trouvé leurs naissances respectives… Une brève recherche dans mes ressources habituelles n’a rien donné non plus. Jeanne serait née entre Alphonsine et Flora, et Marthe en 1899.

6/ Marie, née le 27 mai 1856 à Monthoiron. Elle n’avait donc que 6 ans lorsque sa mère a été incarcérée. C’est malheureusement grâce à son acte de décès que j’apprends qu’elle a été confiée à Jacques ROY, sabotier, et Marie DEGENNE, ses oncle et tante, à Bellefonds, où elle est morte le 1er septembre 1864, à l’âge de 8 ans, quelques jours seulement après la libération de sa mère. Ont-elles pu se revoir ? Ce n’est pas sûr…

Ce rapide survol de la descendance de Charles FONTENY et Jeanne DEGENNE se termine par une note bien triste, mais toute cette histoire est bouleversante. Excepté pour Marie, la petite dernière, j’ignore comment les autres enfants ont survécu, chez qui ils ont été placés. J’aimerais aussi savoir s’ils ont pu voir leur mère pendant son incarcération, ou avoir de ses nouvelles. Elle a dû s’inquiéter pour eux. Une correspondance me semble peu probable, elle ne savait certainement ni lire ni écrire.

Je note que les enfants ont tous quitté Monthoiron et qu’ils sont restés en contact les uns avec les autres (témoins aux mariages, par exemple).

La dernière question qui me trotte dans la tête, c’est celle du père. Je ne parle pas de Charles FONTENY, qui était décédé, mais de celui du nouveau-né que Jeanne n’a pas pu ni voulu garder. Elle ne l’avait certainement pas conçu toute seule. Dans l’ouvrage cité, qui reprend plusieurs interrogatoires de Jeanne, je n’ai pas vu une seule question sur le possible « géniteur » et, avec ma grille de lecture « post-MeToo », je trouve ça très dérangeant.

Marie Jeanne JUMEAUX, mon Arlésienne des Deux-Sèvres

Dans leur immense majorité, mes ancêtres bougeaient très peu. J’ai trouvé quelques collatéraux partis user leurs semelles, et parfois se marier, l’un en Bretagne, un autre à Bordeaux, mais globalement et jusqu’aux générations les plus récentes, ils naissaient, se mariaient et mouraient au même endroit, soit dans le même village, soit à quelques kilomètres. C’est plus simple pour faire des recherches évidemment, mais ça peut devenir un peu monotone.

Alors quand j’ai lu l’acte de mariage, à Orches, dans la Vienne, de Charles Pierre ARTAULT, mon sosa 232, et vu que son épouse, Marie Jeanne JUMEAUX, venait des Deux-Sèvres, ça m’a presque paru exotique ! En réalité, il y a une quarantaine de kilomètres, ce n’est pas le bout du monde, et on reste dans le Poitou.

La quarantaine de kilomètres qui séparent Airvault (Deux-Sèvres) d’Orches (Vienne)

L’acte de mariage indique que Marie Jeanne est née le 10 décembre 1763 à Airvault. J’ouvre le registre correspondant et… rien !

Pourtant, dans l’acte de mariage, je trouve cette précision : « 2° de l’acte de naissance de marie jeanne jumeau en date du 10 xbre 1763 vieux stile* portant qu’elle est née à airvaux du légitime mariage entre pierre jumeau et madeleine boutin ci dessus dénommés » (* la mention « vieux stile » se rapporte au format de la date puisqu’en 1793, date du mariage, c’est le calendrier républicain qui s’appliquait)

Le registre n’est pas en bon état, mais suffisamment pour voir que le 10 décembre 1763, aucun baptême d’une demoiselle JUMEAUX n’a été enregistré. J’ai consulté un autre registre, qui liste toutes les naissances, mariages et sépultures d’Airvault, entre 1700 et 1792, et j’ai trouvé beaucoup de JUMEAUX, le nom est très répandu. En cherchant à partir de 1747, date de mariage de ses parents, je ne trouve aucune Marie Jeanne qui serait née à cette période. D’où vient donc cette date ? Elle a bien dû présenter un document à l’officier d’état civil d’Orches ? A-t-elle été baptisée sous un autre prénom ? Ce ne serait pas une première, mais ça ne m’arrange pas. Pour essayer d’y voir plus clair (je suis optimiste), je décide de chercher tous les enfants de Pierre JUMEAUX et Madeleine BOUTIN, les parents de Marie Jeanne, qui se sont mariés le 24 janvier 1747 à Airvault. Pierre JUMEAUX était vigneron, un métier plutôt sédentaire. J’ai trouvé tous les actes, sauf celui de Marie Jeanne. La chronologie ne montre pas vraiment d’anomalie, pas d’écart important entre deux naissances, par exemple (sauf sur d’autres arbres en ligne qui ne connaissent pas Marie Jeanne !).

1/ Catherine, née le 24 mars 1748, décédée quelques semaines plus tard.

2/ Marie Catherine, née le 9 février 1750.

3/ Pierre, né le 22 août 1752. Il vivra jusqu’en octobre 1753.

4/ Marie Madeleine Louise, née le 24 janvier 1754.

5/ Pierre, né le 6 octobre 1755.

6/ Jean Louis, né le 6 mai 1757, décédé en 1761.

7/ Jacques, né le 1er juillet 1759.

8/ Marie Jeanne, donc, née le 10 décembre 1763.

9/ Marie, née le 2 septembre 1765.

10/ François, né le 30 avril 1768.

La famille Jumeaux

Et malgré cette belle fratrie, je ne suis pas plus avancée… Au fil de mes épluchages de registres, j’ai vu son nom apparaître au baptême d’une de ses nièces, dont elle était marraine.

À son mariage, Marie Jeanne a 30 ans, elle est dite « marchande » et épouse Charles, un sabotier qui a 17 ans de plus qu’elle. L’acte précise aussi qu’elle est installée à Orches depuis deux ans. Pourquoi ? Aucune idée…

Charles et Marie Jeanne ont eu deux fils, décédés jeunes, et 6 petits-enfants dont seulement deux ont eu une descendance (une fille pour l’un et un garçon pour l’autre). J’avais parlé des deux fils de Charles et Marie Jeanne dans cet article.

Le couple et sa descendance. Beaucoup trop de morts…

Marie Jeanne est décédée le 7 mai 1838, à Orches, elle avait 74 ans et était veuve depuis 14 ans.

Me voilà donc avec une énigme à résoudre. Si vous avez des pistes ou des idées de recherche que j’aurais négligées, dites-moi !

Madeleine PASQUIER

J’ai commencé cet article il y a plusieurs semaines et puis je me suis dit que c’était trop triste et je l’ai mis dans la corbeille. Deux jours après, je me suis ravisée. Oui, c’est triste, mais après tout, c’est une illustration de ce que vivaient beaucoup de femmes et de familles. Il y a eu tellement de Madeleine PASQUIER… (et il y en a encore)

C’est en remontant une branche à partir de ma grand-mère paternelle, complétée peu à peu, que je suis arrivée à un couple, Pierre BERCHOT et Madeleine PASQUIER, pour lequel je n’avais que l’acte de mariage, le 17 juin 1760 à Mouzay (37), à quelques kilomètres de Loches. J’ai donc commencé à chercher les actes qui me manquaient. Ça n’a pas été facile, les BERCHOT sont nombreux et il y a beaucoup d’homonymes dans les mêmes lieux. Au départ, je ne connaissais qu’un seul enfant à ce couple, c’était Françoise BERCHOT, ma sosa 191.

J’ai fini par trouver l’acte de baptême de Madeleine PASQUIER (sosa 383), le 14 octobre 1736 à Loches. Elle était la fille d’Antoine PASQUIER et de Françoise AGENET, un couple de Perrusson, près de Loches. Madeleine était la quatrième d’une fratrie de 7 enfants, dont au moins 4 sont morts en bas âge. Sur les sept, seuls un garçon, Antoine, Madeleine et sa jeune sœur Marie, ont vécu assez longtemps pour se marier et avoir des enfants. Au vu de ce qui suit, je ne sais même pas s’il faut s’en réjouir.

À partir de la date de mariage de Madeleine, j’ai cherché les autres enfants qu’elle avait eus de Pierre BERCHOT (sosa 382). Au terme de mes recherches, j’en avais dénombré 10. Rien d’inhabituel en généalogie, on trouve même souvent des fratries plus nombreuses à ces époques, mais je crois que je ne m’y ferai jamais. Essayer d’imaginer la vie de ces femmes, de grossesse en grossesse, dans des situations économiques précaires et des conditions sanitaires inexistantes m’est impossible.

Les dix enfants de Pierre et Madeleine, tous nés à Mouzay :

1/ C’est Françoise, ma sosa 191, qui est la première de la fratrie, née le 9 mars 1761. Elle épousera un garçon jardinier, Gabriel MARTIN (sosa 190), à l’âge de 22 ans, et aura 6 enfants dont « seulement » deux mourront en bas âge.

2/ Marie, née le 22 août 1762 et décédée le 6 novembre 1763, elle aura vécu 15 mois.

3/ Jean, né le 14 novembre 1763, décédé le 23 mai 1776, qui ne vivra que 12 ans.

4/ François, né le 3 février 1766, décédé le 5 septembre de la même année, qui ne vivra que 7 mois.

5/ Un enfant dont ni le nom ni le sexe ne sont précisés, jumeau ou jumelle du précédent, qui ne vivra pas. Enterré le jour même.

6/ et 7/ Des jumeaux dont le nom et le sexe ne sont pas précisés non plus, nés le 24 décembre 1770, décédés le même jour. Ce qui nous fait deux grossesses gémellaires consécutives…

8/ Marie, née le 7 mars 1773, qui vivra 18 ans, jusqu’au 30 décembre 1791.

9/ Pierre, né le 11 janvier 1775, et aussi décédé à 12 ans, le 24 mars 1787.

10/ Un garçon, non nommé, né le 19 octobre 1776 et décédé le jour même.

C’est cette dernière naissance qui a entraîné la mort de Madeleine PASQUIER. Elle a suivi son dernier enfant dans la tombe le 21 octobre 1776. Elle avait 39 ans.

Françoise, ma sosa 191, sa fille aînée, avait 15 ans à la mort de sa mère.

Et le père ? Pierre BERCHOT était un peu plus jeune que son épouse puisque né en 1741. Il était tuilier. Il s’est remarié le 7 janvier 1777, moins de trois mois après la mort de Madeleine, avec Marguerite BOUCHERON. Je n’ai trouvé qu’un enfant né de cette union, un petit Pierre qui a vécu 5 mois. Pierre BERCHOT père (sosa 382) est décédé deux mois après la naissance de ce dernier enfant. Il avait 42 ans.

Alors, « famille nombreuse, famille heureuse » ? On en est très loin. Je suis admirative face au courage de ces Madeleine PASQUIER, prisonnières de leur condition de femme. J’espère simplement que, malgré ces drames à répétition, elle aura connu quelques moments de joie dans sa vie.

L’église de Mouzay, qui a vu tous ces baptêmes et tous ces enterrements…

Déblocage d’une branche !

Dans mon arbre, il y a des lacunes, des ancêtres dont je ne trouve pas les parents ou pour qui je n’ai qu’une date, souvent de mariage. Mais je suis têtue, donc je continue à chercher, à explorer des possibilités, à parcourir des registres et souvent, ça marche ! C’est ce qui s’est passé pour mon sosa 166, François SERREAU, dont je savais seulement qu’il avait épousé Marie Suzanne HERBAULT en 1776 à Chenevelles (86), couple auquel je ne connaissais qu’une fille, Radegonde Suzanne, née en 1777, mon sosa 83.

L’église de Chenevelles

L’acte de mariage de François et Marie Suzanne n’était guère bavard. François SERREAU (sosa 166) était le fils de François SERREAU (sosa 332). Pas de mention de la mère, ni d’un âge même approximatif du marié. Les informations que le curé CHAMPION de Chenevelles donnaient étaient bien maigres.

Des François SERREAU, on en trouve pas mal, mais sans connaître le nom de la mère, ce n’est guère utile. J’ai donc commencé à chercher les autres enfants du couple SERREAU-HERBAULT, me disant que peut-être une grand-mère serait marraine et me donnerait une piste.

J’ai découvert trois autres enfants, tous nés après Radegonde Suzanne. Il s’agit de Marie Anne née en 1779, de François Fulgent né en 1789 et de René Maurice né en 1792. Pour le moment, je ne sais que faire de cette période de dix ans entre les naissances de Marie Anne et de François Fulgent, ce sera peut-être l’objet d’une autre enquête.

Aucun des baptêmes ne m’apportait d’informations supplémentaires, il fallait trouver autre chose. J’ai donc pris les tables décennales de Chenevelles où était décédée Marie Suzanne HERBAULT, en croisant les doigts pour y découvrir le décès de François. Et j’ai bien fait ! Il est décédé le 20 octobre 1838, le décès est déclaré par son fils René Maurice, ce qui me conforte dans l’idée que c’est le bon François SERREAU et pas un homonyme. Et puis, cerise sur le gâteau, je vois non seulement qu’il est « âgé de quatre-vingt-deux ans », ce qui me donne une piste pour chercher sa naissance, mais aussi que ses parents sont nommés : il est « fils de feu François Serreau et de feu Catherine Guillet ». Autre précision : il est né à Targé, une paroisse voisine. Ah, voilà de quoi nourrir la recherche !

Je vais cette fois sur le site Hérage du Cercle généalogique poitevin, dont je suis adhérente, et qui apporte une aide précieuse. Je cherche sa naissance aux alentours de 1756, et c’est nettement plus facile avec le nom des deux parents. Mais là, ils sont deux François SERREAU. L’un est né le 4 mars 1752 et l’autre le 10 juillet 1755. Ce serait donc plutôt le second. Je vérifie sur Hérage et effectivement, un François SERREAU est décédé à l’âge de 7 mois, le 1er octobre 1752. « Mon » François SERREAU est donc né le 10 juillet 1755 à Targé.

Dans la foulée, je cherche le mariage des parents, François SERREAU et Andrée GUILLET (peut-être se faisait-elle appeler Catherine, mais tous les actes la nomment Andrée). Et je le trouve, toujours sur la base Hérage : ils se sont mariés le 24 mai 1751 à Prinçay (Availles-en-Châtellerault). L’acte précise que l’époux est de Targé et donne les noms de leurs parents respectifs.

François est le fils de Philippe SERREAU (1676-1751) et de feue Marie FOUREAU, mes nouveaux sosa 664 et 665, dont je n’ai pas réussi à trouver l’acte de mariage. En revanche, j’ai découvert que FOUREAU vient d’une lecture erronée (les registres sont souvent difficiles à déchiffrer et on pardonne volontiers celles et ceux qui ont le courage de faire des relevés) et que son vrai nom est SOURIAU. Donc, Marie SOURIAU (1683-1750). J’y reviens très vite.

Quant à Andrée GUILLET (ou GUILLÉ), j’entre le nom de ses parents, Jean GUILLET et Catherine FLEURIAU (sosa 666 et 667), dans mon logiciel et là, je m’aperçois qu’ils y sont déjà ! Jean est né en 1698 et il a une sœur, Perrine, née en 1702, qui est mon sosa 329 ! Leur père, René GUILLET, est donc mon sosa 658 et 1332. Vive les implexes !

Mais ce n’est pas tout ! Je continue à reconstituer les fratries de tout ce petit monde et à remonter les branches. Je reprends à partir de François SERREAU, sosa 332, dont j’apprends au détour d’un acte qu’il était « messin de beuffe », c’est sur son acte de décès, très mal écrit par les nouveaux responsables de l’état civil (1801, ce ne sont plus les curés qui tiennent les registres). Tout laisse penser qu’il était ce qui se rapprocherait d’un vétérinaire.

Le décès de François SERREAU, « messin de beuffe »

J’ai ses parents : Philippe SERREAU, sosa 664, et donc Marie SOURIAU, sosa 665. Ce dernier nom, souvent écrit SURIAU, me dit quelque chose, il est très courant dans le nord du Poitou et je suis presque sûre d’avoir d’autres SOURIAU dans ma généalogie. Serait-il possible que… ? Marie est en effet la fille d’Anthoine SOURIAU, sosa 1330, et de Marie CHAUVEAU, sosa 1331. Ce couple figure déjà dans ma généalogie. Anthoine est le frère de Louis SOURIAU, sosa 1820.

À l’origine, outre cette branche SERREAU que je n’arrivais pas à exploiter, j’avais trouvé un cousinage entre mes parents. La descendance d’Anthoine SOURIAU est dans ma branche paternelle et celle de Louis SOURIAU menait à ma branche maternelle. Mais en croisant certaines sources et en faisant des recherches complémentaires, je suis tombée sur une « épine généalogique » : dans la descendance de Louis, j’ai un couple Jean AMIRAULT-Marie JOUBERT, marié en 1741 à Saint-Martin-de-Quinlieu (ancienne paroisse rattachée ensuite à Saint-Gervais-les-Trois-Clochers). Et je me suis aperçue qu’un couple homonyme s’était marié au même endroit en 1742. Il faut donc que je reprenne tout, que je cherche des collatéraux, des fratries, des parrains et des marraines pour essayer de démêler cet imbroglio. Mon ancêtre Madeleine AMIRAULT a pour parents Jean AMIRAULT et Marie JOUBERT, mais lesquels ?

Je déteste les homonymes…

Une nouvelle enquête se profile, qui pourrait bien remettre en cause toute une branche de mon arbre…

Sosa 1981 – Vincente BEAUVILLAIN

Une de mes associations préférées, le Cercle généalogique poitevin (CGP), dont les statuts ont été déposés en 1981, fête cette année ses 40 ans. À cette occasion, il a été demandé aux adhérents d’apporter leur contribution en parlant de leur sosa 40 ou de leur sosa 1981. J’écrirai une autre fois sur mon sosa 40, Jean GUÉRIN. Pour cette participation, j’ai préféré centrer mes recherches sur ma sosa 1981. Quand j’ai regardé de quelles informations je disposais sur elle, je n’ai trouvé que son nom, celui de son époux et d’un seul enfant. Autrement dit, il fallait partir de zéro ou presque.

Je savais qu’elle s’appelait Vincente BEAUVILLAIN, un prénom qui n’a plus vraiment cours contrairement aux siècles passés, et un patronyme qui fleure bon le Poitou où les BEAUVILLAIN sont légion, et le mot est faible.

Vincente est née le 9 mars 1649 à Saint-Gervais-les-Trois-Clochers, à une quinzaine de kilomètres à l’ouest de Châtellerault. C’est la petite dernière des sept enfants de Louis BEAUVILLAIN et Vincente GOUILLÉ, qui se sont mariés 20 ans plus tôt en l’église Saint-Gervais-et-Saint-Protais de… Saint-Gervais. Ses frères et sœurs sont : Louise, née en 1630, René en 1633, Renée en 1636, Vincente en 1638, Nicolas en 1640 et Jean en 1644. Ces enfants sont nés à St-Gervais ou bien à Avrigny, une paroisse rattachée à Saint-Gervais depuis, qui était à l’époque une vraie ville fortifiée et dont il ne reste qu’un assez gros hameau. Les deux paroisses sont distantes d’un kilomètre.

Baptême de Vincente BEAUVILLAIN

Le 25 février 1675, elle a 25 ans et épouse Jacques PERCHERON (sosa 1980) dont je n’ai pas réussi à trouver la naissance ni le décès. Quelques pistes me donnent à penser qu’il est originaire de Marigny-Marmande, mais rien de concret. Le mariage a lieu en l’église de Jaulnay, à quelques kilomètres de St-Gervais, mais en Touraine. C’est un peu étonnant puisque la coutume voulait que les mariages soient célébrés dans la paroisse de naissance ou de résidence de l’épouse. J’imagine que Jacques PERCHERON y résidait à l’époque de son mariage, mais je n’en sais rien.

Union Jacques PERCHERON & Vincente BEAUVILLAIN

Le couple s’installe à Saint-Gervais et comme aucun métier n’est jamais mentionné sur les différents actes que j’ai consultés, j’en déduis qu’ils travaillaient la terre. Les artisans sont souvent désignés comme tels : maçon, cordonnier, etc. et ce n’est pas le cas ici.

Je leur connais trois fils, on peut supposer qu’il y a eu plus d’enfants, mais je ne les ai pas trouvés. René est né le 10 février 1676 à Saint-Gervais, suivi de Bertrand, à une date inconnue, et Jean, le 6 février 1685, qui est mon sosa 990.

Vincente est décédée le 19 février 1706 à Avrigny, quelques semaines avant son 57e anniversaire. Elle n’aura pas assisté au mariage de son fils Jean en 1716 ni connu ses petits-enfants. Pour ses deux autre fils, je n’ai pas (encore) trouvé d’union ni de descendance.

Décès de Vincente BEAUVILLAIN