Déblocage d’une branche !

Dans mon arbre, il y a des lacunes, des ancêtres dont je ne trouve pas les parents ou pour qui je n’ai qu’une date, souvent de mariage. Mais je suis têtue, donc je continue à chercher, à explorer des possibilités, à parcourir des registres et souvent, ça marche ! C’est ce qui s’est passé pour mon sosa 166, François SERREAU, dont je savais seulement qu’il avait épousé Marie Suzanne HERBAULT en 1776 à Chenevelles (86), couple auquel je ne connaissais qu’une fille, Radegonde Suzanne, née en 1777, mon sosa 83.

L’église de Chenevelles

L’acte de mariage de François et Marie Suzanne n’était guère bavard. François SERREAU (sosa 166) était le fils de François SERREAU (sosa 332). Pas de mention de la mère, ni d’un âge même approximatif du marié. Les informations que le curé CHAMPION de Chenevelles donnaient étaient bien maigres.

Des François SERREAU, on en trouve pas mal, mais sans connaître le nom de la mère, ce n’est guère utile. J’ai donc commencé à chercher les autres enfants du couple SERREAU-HERBAULT, me disant que peut-être une grand-mère serait marraine et me donnerait une piste.

J’ai découvert trois autres enfants, tous nés après Radegonde Suzanne. Il s’agit de Marie Anne née en 1779, de François Fulgent né en 1789 et de René Maurice né en 1792. Pour le moment, je ne sais que faire de cette période de dix ans entre les naissances de Marie Anne et de François Fulgent, ce sera peut-être l’objet d’une autre enquête.

Aucun des baptêmes ne m’apportait d’informations supplémentaires, il fallait trouver autre chose. J’ai donc pris les tables décennales de Chenevelles où était décédée Marie Suzanne HERBAULT, en croisant les doigts pour y découvrir le décès de François. Et j’ai bien fait ! Il est décédé le 20 octobre 1838, le décès est déclaré par son fils René Maurice, ce qui me conforte dans l’idée que c’est le bon François SERREAU et pas un homonyme. Et puis, cerise sur le gâteau, je vois non seulement qu’il est « âgé de quatre-vingt-deux ans », ce qui me donne une piste pour chercher sa naissance, mais aussi que ses parents sont nommés : il est « fils de feu François Serreau et de feu Catherine Guillet ». Autre précision : il est né à Targé, une paroisse voisine. Ah, voilà de quoi nourrir la recherche !

Je vais cette fois sur le site Hérage du Cercle généalogique poitevin, dont je suis adhérente, et qui apporte une aide précieuse. Je cherche sa naissance aux alentours de 1756, et c’est nettement plus facile avec le nom des deux parents. Mais là, ils sont deux François SERREAU. L’un est né le 4 mars 1752 et l’autre le 10 juillet 1755. Ce serait donc plutôt le second. Je vérifie sur Hérage et effectivement, un François SERREAU est décédé à l’âge de 7 mois, le 1er octobre 1752. « Mon » François SERREAU est donc né le 10 juillet 1755 à Targé.

Dans la foulée, je cherche le mariage des parents, François SERREAU et Andrée GUILLET (peut-être se faisait-elle appeler Catherine, mais tous les actes la nomment Andrée). Et je le trouve, toujours sur la base Hérage : ils se sont mariés le 24 mai 1751 à Prinçay (Availles-en-Châtellerault). L’acte précise que l’époux est de Targé et donne les noms de leurs parents respectifs.

François est le fils de Philippe SERREAU (1676-1751) et de feue Marie FOUREAU, mes nouveaux sosa 664 et 665, dont je n’ai pas réussi à trouver l’acte de mariage. En revanche, j’ai découvert que FOUREAU vient d’une lecture erronée (les registres sont souvent difficiles à déchiffrer et on pardonne volontiers celles et ceux qui ont le courage de faire des relevés) et que son vrai nom est SOURIAU. Donc, Marie SOURIAU (1683-1750). J’y reviens très vite.

Quant à Andrée GUILLET (ou GUILLÉ), j’entre le nom de ses parents, Jean GUILLET et Catherine FLEURIAU (sosa 666 et 667), dans mon logiciel et là, je m’aperçois qu’ils y sont déjà ! Jean est né en 1698 et il a une sœur, Perrine, née en 1702, qui est mon sosa 329 ! Leur père, René GUILLET, est donc mon sosa 658 et 1332. Vive les implexes !

Mais ce n’est pas tout ! Je continue à reconstituer les fratries de tout ce petit monde et à remonter les branches. Je reprends à partir de François SERREAU, sosa 332, dont j’apprends au détour d’un acte qu’il était « messin de beuffe », c’est sur son acte de décès, très mal écrit par les nouveaux responsables de l’état civil (1801, ce ne sont plus les curés qui tiennent les registres). Tout laisse penser qu’il était ce qui se rapprocherait d’un vétérinaire.

Le décès de François SERREAU, « messin de beuffe »

J’ai ses parents : Philippe SERREAU, sosa 664, et donc Marie SOURIAU, sosa 665. Ce dernier nom, souvent écrit SURIAU, me dit quelque chose, il est très courant dans le nord du Poitou et je suis presque sûre d’avoir d’autres SOURIAU dans ma généalogie. Serait-il possible que… ? Marie est en effet la fille d’Anthoine SOURIAU, sosa 1330, et de Marie CHAUVEAU, sosa 1331. Ce couple figure déjà dans ma généalogie. Anthoine est le frère de Louis SOURIAU, sosa 1820.

À l’origine, outre cette branche SERREAU que je n’arrivais pas à exploiter, j’avais trouvé un cousinage entre mes parents. La descendance d’Anthoine SOURIAU est dans ma branche paternelle et celle de Louis SOURIAU menait à ma branche maternelle. Mais en croisant certaines sources et en faisant des recherches complémentaires, je suis tombée sur une « épine généalogique » : dans la descendance de Louis, j’ai un couple Jean AMIRAULT-Marie JOUBERT, marié en 1741 à Saint-Martin-de-Quinlieu (ancienne paroisse rattachée ensuite à Saint-Gervais-les-Trois-Clochers). Et je me suis aperçue qu’un couple homonyme s’était marié au même endroit en 1742. Il faut donc que je reprenne tout, que je cherche des collatéraux, des fratries, des parrains et des marraines pour essayer de démêler cet imbroglio. Mon ancêtre Madeleine AMIRAULT a pour parents Jean AMIRAULT et Marie JOUBERT, mais lesquels ?

Je déteste les homonymes…

Une nouvelle enquête se profile, qui pourrait bien remettre en cause toute une branche de mon arbre…

Sosa 1981 – Vincente BEAUVILLAIN

Une de mes associations préférées, le Cercle généalogique poitevin (CGP), dont les statuts ont été déposés en 1981, fête cette année ses 40 ans. À cette occasion, il a été demandé aux adhérents d’apporter leur contribution en parlant de leur sosa 40 ou de leur sosa 1981. J’écrirai une autre fois sur mon sosa 40, Jean GUÉRIN. Pour cette participation, j’ai préféré centrer mes recherches sur ma sosa 1981. Quand j’ai regardé de quelles informations je disposais sur elle, je n’ai trouvé que son nom, celui de son époux et d’un seul enfant. Autrement dit, il fallait partir de zéro ou presque.

Je savais qu’elle s’appelait Vincente BEAUVILLAIN, un prénom qui n’a plus vraiment cours contrairement aux siècles passés, et un patronyme qui fleure bon le Poitou où les BEAUVILLAIN sont légion, et le mot est faible.

Vincente est née le 9 mars 1649 à Saint-Gervais-les-Trois-Clochers, à une quinzaine de kilomètres à l’ouest de Châtellerault. C’est la petite dernière des sept enfants de Louis BEAUVILLAIN et Vincente GOUILLÉ, qui se sont mariés 20 ans plus tôt en l’église Saint-Gervais-et-Saint-Protais de… Saint-Gervais. Ses frères et sœurs sont : Louise, née en 1630, René en 1633, Renée en 1636, Vincente en 1638, Nicolas en 1640 et Jean en 1644. Ces enfants sont nés à St-Gervais ou bien à Avrigny, une paroisse rattachée à Saint-Gervais depuis, qui était à l’époque une vraie ville fortifiée et dont il ne reste qu’un assez gros hameau. Les deux paroisses sont distantes d’un kilomètre.

Baptême de Vincente BEAUVILLAIN

Le 25 février 1675, elle a 25 ans et épouse Jacques PERCHERON (sosa 1980) dont je n’ai pas réussi à trouver la naissance ni le décès. Quelques pistes me donnent à penser qu’il est originaire de Marigny-Marmande, mais rien de concret. Le mariage a lieu en l’église de Jaulnay, à quelques kilomètres de St-Gervais, mais en Touraine. C’est un peu étonnant puisque la coutume voulait que les mariages soient célébrés dans la paroisse de naissance ou de résidence de l’épouse. J’imagine que Jacques PERCHERON y résidait à l’époque de son mariage, mais je n’en sais rien.

Union Jacques PERCHERON & Vincente BEAUVILLAIN

Le couple s’installe à Saint-Gervais et comme aucun métier n’est jamais mentionné sur les différents actes que j’ai consultés, j’en déduis qu’ils travaillaient la terre. Les artisans sont souvent désignés comme tels : maçon, cordonnier, etc. et ce n’est pas le cas ici.

Je leur connais trois fils, on peut supposer qu’il y a eu plus d’enfants, mais je ne les ai pas trouvés. René est né le 10 février 1676 à Saint-Gervais, suivi de Bertrand, à une date inconnue, et Jean, le 6 février 1685, qui est mon sosa 990.

Vincente est décédée le 19 février 1706 à Avrigny, quelques semaines avant son 57e anniversaire. Elle n’aura pas assisté au mariage de son fils Jean en 1716 ni connu ses petits-enfants. Pour ses deux autre fils, je n’ai pas (encore) trouvé d’union ni de descendance.

Décès de Vincente BEAUVILLAIN

Fatal coup de fusil

C’est la première fois que je découvre une mort violente dans ma généalogie, dans la branche de ma grand-mère paternelle.

En effet, en essayant d’approfondir l’histoire de cette Marie née de « père inconnu » et que je pensais être la fille de Marguerite CHAMPIGNY (sosa 169), je cherche tous les membres de la famille plus ou moins proche. Honnêtement, je ne suis pas sûre de découvrir la vérité un jour tant les registres sont peu bavards.

Néanmoins, j’ai pu remonter jusqu’à son arrière-grand-père, Mathurin CHAMPIGNY (sosa 1352). Je n’ai trouvé que son acte de décès, mais je n’ai pas été déçue. Le pauvre Mathurin, âgé d’environ 35 ans, originaire de Posay-le-Vieil (1) se trouvait à Crémille (2) le dimanche 31 mai 1682, jour où il a reçu un « fatal coup de fuzil ». Il est décédé le lendemain et a été inhumé le mardi 2 juin « muni des sacrements », comme il se doit.

L’acte de décès précise que « sa femme » était présente. Monsieur le curé, « sa femme » a un nom, elle s’appelait Marie TORTICIER, c’est ma sosa 1353. Je n’ai rien trouvé encore sur elle, je ne sais pas si elle était originaire de Crémille, de Posay-le-Vieil ou d’une autre paroisse.

À ma connaissance, Mathurin et elle étaient parents de trois enfants : Marie, née le 22 mai 1677, François, né le 28 mars 1679, et Jean, mon sosa 676, né le 9 novembre 1681, tous les trois à Posay-le-Vieil.

Accident ou meurtre ? Je doute d’en savoir plus parce que les archives de la sénéchaussée de Châtellerault qui se trouvent aux Archives départementales de la Vienne ne sont pas communicables en raison de leur mauvais état. Quel dommage !

Pour essayer de trouver leurs dates de naissance, leur mariage, un éventuel remariage de Marie TORTICIER, j’ai parcouru pas mal de registres, de ceux qui ont des pages tachées d’encre ou qui ont été mouillées, de ceux qui passent directement de 1677 à 1683, ou encore qui ne mentionnent qu’un nom, sans autre information, que les nombreuses homonymies empêchent d’attribuer avec suffisamment de certitude à un aïeul.

  • (1) ancienne paroisse réunie à La Roche-Posay en 1806
  • (2) ancienne paroisse réunie à Pleumartin en 1790
L’acte de décès de Mathurin CHAMPIGNY

Qui est donc le père de Marie ?

Je suis toujours en train de récupérer les sources des actes pour remplacer les « permaliens » qui ne sont plus valables et ça n’a pas manqué : je suis tombée sur une énigme dans la fratrie RÉAU (le nom est aussi orthographié RÉAULT, RIAU, RIOT…).

J’ai ce couple René RÉAU et Marguerite CHAMPIGNY, ce sont mes sosa 168 et 169, des aïeux de ma grand-mère paternelle. René est né en 1732 à Pleumartin, il y est décédé en 1786.

En 1771, il épouse Marguerite CHAMPIGNY, née en 1747, aussi à Pleumartin. Ils ont 15 ans d’écart, ce qui n’est pas si fréquent dans ma généalogie. René ne semble pas veuf, il a juste une quarantaine d’années.

Je connaissais 6 enfants à ce couple et j’ai donc cherché les actes de baptême. Ils sont tous nés à Pleumartin.

Marie, née le 24 septembre 1772. Je l’ai trouvée au moment de rédiger, je ne sais rien de plus pour le moment.

Jean, le 1er octobre 1775, il mourra en 1790, à l’âge de 14 ans.

Marie le 29 mai 1776, qui épousera Jean Baptiste LAPIER(RE) en 1816 à Leigné-les-Bois.

Louis, né le 23 avril 1778, qui décède le 13 mai de la même année.

Joseph, né le 5 juillet 1779. Je n’ai pas trouvé d’autres traces de lui.

Silvain, mon sosa 84, née le 1er octobre 1781.

Il ne me manquait que la date de naissance de Marie, introuvable dans les bases habituelles, même avec le patronyme orthographié différemment. Un recoupement rapide avec l’âge mentionné (40 ans) sur l’acte de mariage me pousse à regarder en 1776. Et je la trouve, mais avec une grosse surprise !

L’acte de baptême ne mentionne que le prénom, Marie, et dit qu’elle est « fille naturelle » de Marguerite CHAMPIGNY ! Ses parrain et marraine sont les parents de Marguerite.

Baptême de Marie RÉAU

Le lieudit indiqué sur cet acte (La Moujonnerie, probablement) ne m’aide pas beaucoup, impossible de savoir si c’était le domicile des parents de Marguerite ou le sien. Les autres actes n’en mentionnent pas, donc pas de comparaison possible.

Comment se peut-il qu’elle soit déclarée « de père inconnu » alors que Marguerite était mariée à René depuis 5 ans ? Qu’il y a eu deux enfants avant et trois après ? Et que le père est bien indiqué pour les autres enfants ?

Je suis perplexe. On peut évidemment partir sur des hypothèses d’enfant conçu hors mariage, conception volontaire ou pas, mais si vous avez d’autres idées que je pourrais explorer, n’hésitez pas !

Je radote : on ne s’ennuie jamais avec nos ancêtres !

La descendance de Pierre Emmanuel AURIAU et Justine AUJARD

La gare de Monts-sur-Guesnes, le point de départ…

Pour changer un peu de la recherche d’ancêtres, je me suis lancée dans la reconstitution de toute une fratrie un peu différente de mes éternels et très sédentaires laboureurs. Je n’ai pas regretté, j’ai découvert des destins surprenants et frôlé le cousinage entre mes grands-parents maternels ! Il s’agit des enfants de Pierre Emmanuel AURIAU (sosa 48) et de Justine AUJARD (sosa 49). Le couple s’est marié le 9 avril 1823 à Saint-Genest-d’Ambière, où est née Justine, mais a passé l’essentiel de sa vie à Monts-sur-Guesnes où sont nés leurs huit enfants. À leur mariage, Pierre Emmanuel était un tisserand de 24 ans, et Justine avait 21 ans. Pierre Emmanuel savait ce qu’était une grande fratrie, puisqu’il avait 12 frères et sœurs. Justine en avait « seulement » trois.

Les huit enfants : François, Paul, Moïse Alexandre, Sidonny Almeida (oui, je sais…), Justine Adélaïde, Emmanuel Jules, Apolline et Arsène. La petite Apolline ne vivra pas deux ans, c’est la seule à décéder en bas âge.

I/ François AURIAU

C’est l’aîné, il est né en décembre 1824. Il porte le même prénom que son grand-père AUJARD, tradition oblige, et de même que ce grand-père, il sera charpentier, mais pas dans le Poitou. En effet, il quitte Monts-sur-Guesnes pour s’installer à Monts, au sud de Tours, où il épouse Célestine ANSAULT qui est couturière et « piqueuse de bottines ». Ils auront cinq enfants (Paul, Eugène Léon, Célestine, Léontine et Jules François), tous nés à Monts. Malheureusement, seuls les deux derniers atteindront l’âge adulte. Les trois premiers sont décédés respectivement à 7 mois, 6 ans et 8 mois.

Ia/ Leur fille Léontine AURIAU épouse un tailleur de pierre qualifié ensuite, à la naissance de ses enfants, d’« entrepreneur », Joseph Émile Octave QUANTIN. Octave sera mobilisé avec la classe 1876 pendant la Première Guerre mondiale et, grande nouveauté dans mon arbre, sera promu chevalier de la légion d’Honneur en 1917 ! Ils ont eu deux enfants : Léon Raoul, né le 1er avril 1883 (marié en 1909 à Juliette CHARBONNIER, à Cinq-Mars-la-Pile (37), puis en 1940 à Régine GUÉNÉGAUD, à Tours) et décédé en janvier 1951 à Tours. Sa petite sœur, Georgette Octavie Marie, est née le 29 septembre 1890 (mariée le 30 août 1911 à Léon Joseph François LEPAGE, à Monts et décédée en décembre 1966 à Pithiviers).

Ib) Le dernier enfant de François AURIAU et Célestine ANSAULT s’appelle Jules François, il est né en novembre 1859, à Monts. Il est plâtrier et épouse une couturière, Marie Georgine BESNARD en 1886, à Vouvray, à l’est de Tours. Je peux imaginer qu’ils se sont connus à Vouvray où Paul (voir ci-dessous), un oncle de Jules François, est boulanger, et comme la mère de Marie Georgine est aubergiste, la déduction est facile. Je ne leur connais qu’une fille, Juliette Célestine, née en 1886 à Monts et décédée en 1961 à Tain-L’Hermitage, bien loin de Monts.

Facétie de l’état civil, les enfants de cette branche sont tous des AURIAULT, et non plus des AURIAU.

II/ Paul AURIAU

Le second fils de Pierre Emmanuel et de Justine est Paul AURIAU, né le 25 janvier 1828 à Monts-sur-Guesnes où il épouse Arsène Madeleine DAGOUET en 1851. Elle est aussi née en janvier 1828 et ils se suivent sur le registre d’état civil. Il est boulanger, elle est couturière. Leurs deux enfants sont nés à Faye-la-Vineuse. Cette boulangerie de Faye-la-Vineuse est gravée dans l’histoire de ma famille puisque mon arrière-grand-père Emmanuel Jules AURIAU, mon grand-père Robert AURIAU puis mon oncle Paul AURIAU y exerceront aussi leur métier. Elle n’existe malheureusement plus. Ils sont morts tous les deux à Faye-la-Vineuse.

Paul et Arsène auront deux enfants, Marie Louise et Paul Georges.

IIa/ Marie Louise AURIAU, née en 1853, épousera Baptiste AMIRAULT en 1869, à Faye-la-Vineuse. Je sais qu’ils ont vécu à Ports-sur-Vienne, pas très loin de Faye. Je leur connais une fille, Marie Marcelline, née en 1872 à Faye et décédée en 1961 à Fondettes, à côté de Tours. Marie Louise, quant à elle, décèdera en 1936 à Nouâtre.

IIb/ Paul Georges AURIAU est né à Faye-la-Vineuse en 1855, il sera également boulanger, mais à Tours d’abord, probablement employé dans une boulangerie, puis à Vouvray. En 1883, il épouse à La Riche, banlieue de Tours, Augustine Aimée LENOIR, qui est relieuse et dont il aura une fille Georgette Augustine Aimée en 1884. Augustine LENOIR décède en 1886 et Paul se remarie en février 1887 avec Marie Caroline POINCLOUX, à Monnaie. Il semble qu’il quitte aussi Vouvray puisque le premier enfant du couple est né en 1888 à Tours, mais qu’il y retourne ensuite : les deux autres enfants sont bien nés à Vouvray. Ce sont trois garçons : Paul Louis Marcel en 1888, Marius Jules en 1892 et Georges Fernand en 1898. Je note que le patronyme a changé également et pris un « x » final. Ce sont donc trois fils AURIAUX qui suivent.

                        1/ Paul Louis Marcel AURIAUX, né à Tours en 1888 sera instituteur, le premier que je trouve parmi tous mes ancêtres et collatéraux. Il épousera à Loches Marie Madeleine BAS, une institutrice originaire de… Boulot, en Haute-Saône ! Le hasard des mutations, j’imagine. Ils semblent avoir eu une fille, mais je ne l’ai pas trouvée. Ils sont décédés tous les deux à Tours, lui en 1973 et elle en 1967. J’ai cherché sa fiche matricule, mais il a été exempté. En creusant un peu plus, j’ai trouvé une mention de Paul Louis Marcel dans le Maitron, qui répertorie différentes biographies dont celle de Paul Louis Marcel, avec le détail de ses engagements dans des associations et syndicats professionnels. C’est ici : https://maitron.fr/spip.php?article91557, notice AURIAUX Paul, Louis, Marcel par Jacques Girault, version mise en ligne le 2 novembre 2010, dernière modification le 29 octobre 2018.

                        2/ Le second fils, Marius Jules AURIAUX, est né en 1892 et ma surprise a été grande en lisant son acte de mariage en 1913, à Paris, de voir qu’il était… cycliste ! Je replonge dans les entrailles d’Internet et je vois qu’effectivement, il était cycliste et qu’il a couru le Paris-Tours en avril 1914, où il s’est classé 34e ! La même année, il a participé au tour de France, mais son nom est suivi de la mention « DNF », c’est-à-dire « did not finish ». Il n’est donc pas allé jusqu’au bout. Il appartenait au Véloce-Club de Tours dont le conseil d’administration lui a décerné, en 1911, une médaille d’or « qu’il a si brillamment gagnée en établissant le record de l’heure » (L’Union libérale, 18 décembre 1911, p. 4/4). J’ai trouvé son nom mentionné dans plusieurs articles de cette époque, souvent élogieux, comme celui-ci :

L’Union libérale, 14 octobre 1911, p. 3/4.

Il semble, qu’en plus de ses activités sportives, il ait suivi les traces de son père et de son grand-père et ait donc une formation de boulanger. En effet, sur sa fiche matricule (classe 1912), on voit que « coureur cycliste » a été rayé et remplacé par « boulanger pâtissier ». La guerre, la Première Guerre mondiale, a donc mis un terme définitif à ses exploits sportifs. Il a été incorporé en septembre 1914, mais placé dans la « réserve auxiliaire » pour cause d’une pleurésie ancienne. Sa fiche le décrit blond aux yeux bleus, avec un « menton à fossette » et une belle taille de 1,78 m. Je n’ai pas réussi à trouver de photo, c’est bien dommage…

En 1913, il a épousé Marcelle RIVIÈRE à Paris, dans le XIIIe, une brodeuse originaire de Pocé-sur-Cisse, autrement dit, une « payse ». Je ne leur ai pas trouvé d’enfants. Marius est décédé en juillet 1967 à Vouvray.

Nous avions un champion dans la famille, mais je n’en avais jamais entendu parler !

                        3/ Le dernier fils est Georges Fernand AURIAUX. Il est né en 1898 à Vouvray. Comme il est de la classe 1918, je pensais que peut-être la guerre l’aurait épargné, mais non, il a été incorporé dans un régiment d’artillerie lourde en avril 1917. Il était mécanicien et a été renvoyé dans ses foyers en mai 1920. En décembre de la même année, il épouse Charlotte BONNET, une couturière de Vernou. Je ne leur connais pas d’enfants. Georges est décédé à Fondettes en 1973 et Charlotte à Tours en 1975.

III/ Moïse Alexandre AURIAU

Moïse est né en février 1832. Il sera sabotier et passera toute sa vie, célibataire, à Monts-sur-Guesnes. J’ai une tendresse particulière pour ce vieux garçon, celui qui déclare les décès de la famille, qui est témoin aux mariages de ses neveux et nièces. Toujours présent, l’oncle Moïse, pour s’occuper des autres. Il a enterré ses parents, sa petite sœur Apolline, ses deux frères aînés, François et Paul, et sa sœur Sidonny. Il est décédé en 1891, il avait 59 ans.

IV/ Sidonny Almeida AURIAU

Sidonny est née le 20 janvier 1834 et la vie ne va pas la gâter. En 1855, elle épouse Jean Mirtille VALIX (j’ai tiqué sur le Mirtille, mais il signe comme ça…), serrurier à son mariage, puis cafetier, à qui elle donne quatre filles : Marie Pauline, Marie Agnès, Marie Aline et Gabrielle en l’espace de cinq ans. Les dieux de la maternité ne sont pas avec elle : les deux dernières, Marie Aline et Gabrielle, ne vivent pas plus de 2 jours pour l’une et 13 mois pour l’autre. Je n’ai pas trouvé trace de l’aînée, Marie Pauline, après sa naissance le 11 novembre 1855. Pas de décès ni de mariage, rien de rien. Quant à Marie Agnès, je n’ai pas trouvé son acte de naissance, mais son acte de décès la dit âgée de 29 ans en avril 1885 à Poitiers, où elle était religieuse. Et Sidonny quitte ce monde en février 1862, elle avait 28 ans.

Le remariage de Jean Mirtille n’est pas en lien direct avec ma généalogie, mais j’ai passé du temps à reconstituer modestement les parcours des enfants de ce deuxième lit. Jean Mirtille se remarie en 1865 avec Aimée Angélina Herma SIMON qui lui donnera 4 enfants, dont deux garçons, Mirtille Thomas et Frédéric, qui émigreront à Paris. Mirtille Thomas VALIX était charron. À Paris, il épouse une cuisinière originaire d’Eure-et-Loir, Maria Valentine Tarsille HUDEBINE, qui lui donnera une fille, Adèle, née en 1897. Quant à Frédéric, il est qualifié de manutentionnaire et de célibataire. Les deux frères décèderont, le premier, Mirtille Thomas, en 1922 à Paris, et son jeune frère Frédéric en 1926. Ils ont tous deux été inhumés au cimetière de Bagneux. Les deux filles de Jean Mirtille et Aimée sont décédées, l’une, Modeste, à 3 mois et l’autre, Marie Modeste, à 22 ans.

V/ Justine Adélaïde AURIAU

Elle est née le 7 janvier 1836 et penser que nos ancêtres ont eu des vies « planplan » ou toutes tracées est une erreur. La preuve : mes recherches sur Justine m’indiquent la naissance d’une fille, Gabrielle Félicie, en 1864, de père inconnu. La naissance est déclarée par le père de Justine, Pierre Emmanuel AURIAU. Justine est lingère et a 28 ans. En 1871, c’est une petite Alphonsine qui naît, toujours de père inconnu. Elle vivra 16 mois. Et en 1874, une autre petite fille naît dans les mêmes conditions, mais elle décède à la naissance et n’a pas de prénom.

Et puis, en mars 1875, Adolphe DUBROCA, né à Loudun, et 10 ans plus jeune que Justine, la demande en mariage. Difficile de lui donner un métier, d’après les actes, il sera tour à tour serrurier, boulanger, garde-champêtre… Adolphe semble avoir un grand cœur puisque quand Gabrielle Félicie (la fille aînée de Justine) se marie en 1884, il l’adopte officiellement et elle ne s’appellera plus que DUBROCA.

Justine et Adolphe ont eu un fils, né en 1878, Léon Ambroise DUBROCA, sur qui je n’ai rien trouvé sinon qu’il était décédé en 1954 à Tours.

C’est sur Gabrielle Félicie DUBROCA que je voudrais m’attarder un peu. En 1884, elle épouse Marie Armand Nicolas CHARDON, qui a 19 ans. Il est né à Bonnes et est dit coiffeur. Je leur connais 3 enfants nés à Monts-sur-Guesnes : Jeanne Marie Renée, Marthe Alice Marie et Roger Louis Emmanuel, respectivement en 1885, 1886 et 1890. Je ne sais pas ce qui s’est passé dans leur vie. Ont-ils été tentés par la même aventure que leurs demi-cousins (enfants du 2e mariage VALIX) ? Toujours est-il que je les retrouve à Paris, où ils « montent » entre 1890 et 1903. En effet, ils auront deux autres enfants à Paris : Raymonde Suzanne (en 1903) et Andrée Simonne (en 1906).

C’est malheureusement la pauvreté qui les attend dans la capitale. Armand, le père, est tour à tour employé de chemin de fer, tapissier, cocher, il fait certainement de son mieux pour nourrir ses enfants, mais à la naissance d’Andrée, en 1906, les deux parents sont dits « sans emploi ». Et puis en 1910, le 9 avril, Armand meurt subitement alors qu’il était « de passage » à Limeil-Brévannes. Il a 45 ans. Le 21 avril, à peine deux semaines après, c’est Gabrielle Félicie qui meurt à son tour, elle a 46 ans. Ils sont tous les deux inhumés au cimetière de Bagneux.

Je ne sais pas ce qu’il est advenu des 4 premiers enfants juste après le décès de leurs parents, et pendant toute la guerre. Ont-ils été placés ? Je sais seulement que la petite dernière, Andrée Simonne, est venue vivre à Monts-sur-Guesnes auprès de sa grand-mère Justine. Elles vivent ensemble d’après le recensement de 1921, Justine (appelée Adélaïde DUBROCA dans le registre, mais c’est bien elle) a alors 85 ans.

Recensement de 1921 – Monts-sur-Guesnes

Je n’ai pas trouvé la trace de l’aînée des enfants CHARDON, Jeanne Marie Renée. De sa sœur Marthe Alice Marie, je sais qu’elle est décédée à Paris en 1965. Le frère, Roger Louis Emmanuel, était mécanicien ajusteur. Il a d’abord épousé Alice CHABLE, en 1912, eu un fils, René Roger Armand. Après leur divorce en 1925, Roger s’est remarié avec Suzanne AUMENIER, comptable, originaire de Troyes et veuve. Je ne leur connais pas d’enfants. Roger est décédé en 1955 à Rosny-sous-Bois.

Quant à Raymonde Suzanne, la 4e de la fratrie, née en 1903, elle a épousé un chapelier, puis voyageur de commerce, divorcé, Paul ZILBERMAN dit SILBERMAN, en 1935, à Paris. Elle est décédée à Jonzac en 1985.

Je ne sais rien de la petite dernière qui vivait avec sa grand-mère Justine.

VI/ Emmanuel Jules AURIAU

C’est mon sosa 24, j’ai déjà évoqué sa vie de boulanger (ici).

Pour résumer, il a épousé Séraphine BONNEAU et eu 5 enfants dont seul un survivra, mon arrière-grand-père Jules AURIAU. Jules épousera Noémie JOUTEUX et ils auront 3 enfants : mon grand-père Robert AURIAU, sa sœur Paulette (qui épousera René MARTIN et en aura deux fils avant de décéder à l’âge de 29 ans) et son frère France (qui épousera Jeanne TURQUOIS et aura également deux enfants).

Mon grand-père Robert AURIAU, boulanger, a épousé Marie Augustine LECOMTE et ils ont eu 6 enfants, dont un Paul AURIAU qui a pris leur suite à la boulangerie de Faye-la-Vineuse.

VII/ Apolline AURIAU

Née le 22 janvier 1841, décédée le 11 août 1842. C’est bien court. Les officiers d’état civil écrivent son prénom « Apauline », donc vraisemblablement Apolline. Et sur son acte de décès, le maire a cru bon de préciser « sans profession ». Bref.

VIII/ Arsène AURIAU

C’est la petite dernière de la fratrie, son nom est écrit « Arcenne » sur l’acte de naissance, le 9 avril 1844. Modeste couturière de Monts-sur-Guesnes, où se trouve une caserne de gendarmerie, elle rencontre Charles Aimé PAGOT, gendarme à cheval, un Vendéen né en 1834. Leur mariage a lieu le 11 mars 1867. Quatre enfants sont nés à Monts-sur-Guesnes : Marie Aimée, Charles Louis Félix, Jean Paul et Eugénie Pauline.

La gendarmerie de Monts-sur-Guesnes (qui est aux fenêtres ?)

Je terminerai par Marie Aimée, l’aînée.

Charles Louis Félix est né en février 1870 et je ne sais rien de plus. Aucune trace… même pas sur les listes de tirage au sort de la classe 1890. Juste une chose, en 1901, il vit avec ses parents à Leigné-les-Bois, mais plus en 1906.

Son jeune frère, Jean Paul, est né en 1872, il épouse Léonie CLERTÉ en 1895 à Chenevelles (86). Arsène et Charles Aimé (retraité de la gendarmerie) y vivent et Charles y est « garde particulier ». Jean Paul et Léonie auront trois enfants, tous nés à Chenevelles, à côté de Châtellerault.

La petite dernière d’Arsène et Charles Aimé, Eugénie Pauline, est décédée à Saint-Savin (86), à la caserne de gendarmerie où son père était en poste. C’était en 1882, elle avait 7 ans.

Et je reviens donc à Marie Aimée, l’aînée de la fratrie. Elle est née en février 1868 à Monts-sur-Guesnes. Faute de pouvoir aller aux archives départementales pour consulter d’éventuels fonds relatifs aux enseignants, je me contente de ce que j’ai trouvé jusqu’à maintenant. Marie Aimée devient institutrice et en 1890, à Chenevelles, elle épouse Augustin Pierre BARBOTIN, également instituteur, né à Colombiers. Ils auront deux filles : Eugénie Marie Angèle et Marie Thérèse Augustine. Les deux sœurs se marieront le même jour à Lencloître, le 3 janvier 1920. La première avec un dénommé Pierre DEGRAVE dont je ne sais rien (les actes de mariage de 1920 ne sont pas en ligne) sinon qu’il travaillait à Bordeaux et la seconde avec Auguste Arsène LAMBERT, également instituteur, né en 1895 à Saint-Christophe. C’est là que la chose devient très intéressante. Toute cette famille AURIAU est celle de mon grand-père maternel. Or Auguste Arsène LAMBERT est apparenté à la famille de ma grand-mère maternelle. Il est cousin germain de mon arrière-grand-mère maternelle, Augustine Françoise LAMBERT. Je reviendrai plus longuement sur Marie Thérèse Augustine et Auguste Arsène LAMBERT dans un autre article pour lequel j’ai déjà rassemblé de la documentation.

Je ne sais pas si l’aînée des sœurs BARBOTIN a eu des enfants, seulement qu’elle est décédée en 1974 à Bordeaux.

Ce long article, peut-être fastidieux à lire, a été très enrichissant pour moi. J’ai eu l’impression, outre la généalogie, de faire un peu de sociologie avec ces épisodes d’exode rural qui sont caractéristiques de l’époque. Je n’ai pas beaucoup détaillé la descendance d’Emmanuel Jules (sosa 24), mais on y retrouve la même chose : le niveau de vie et la position sociale s’améliorent de génération en génération, certains enfants restent dans leur village ou à proximité tandis que d’autres vont tenter leur chance à la ville. On trouve dans ces quelques générations moins de métiers de la terre, mais plus d’artisans et de nouvelles professions (mécanicien, instituteur) qui montrent que certains ont su (et pu) se hisser socialement. On y trouve aussi un élément jusqu’alors rarissime dans ma famille : le mariage avec un conjoint natif d’une autre région, parfois très éloignée, et une denrée carrément inconnue auparavant : le divorce.

Pierre Emmanuel AURIAU, le tisserand-journalier, et son épouse Justine AUJARD n’ont pas eu connaissance de cette progression sociale, ils n’ont pas su non plus que c’en était fini de Monts-sur-Guesnes pour leurs descendants…

Les petits bonheurs

Il en faut ! Une des choses que j’adore en généalogie, c’est trouver un acte, une date, un lieu que personne n’a encore découvert. Souvent par paresse, alors qu’il suffisait d’ouvrir un registre pour trouver facilement. Ça marche très bien pour mes ancêtres très sédentaires, s’ils ne sont pas nés ou morts dans leur village de naissance, ils le sont souvent dans celui d’à côté. Pour les plus voyageurs, c’est moins simple, mais il y a des astuces, à la condition de ne pas s’appeler Jean MOREAU ou Marie MARTIN, évidemment. Et comme ce sont toujours les cordonniers les plus mal chaussés, je dois relativiser et avouer que j’ai moi-même quelques ancêtres dont je ne trouve le décès nulle part… À ma décharge, on ne peut rien contre des registres endommagés, souvent illisibles, ou manquants.

Mais dans certains cas, intuition et coup de chance sont mes meilleurs alliés. En voici un bon exemple.

J’ai récemment décidé d’ajouter Michel FOUCAULT à mon arbre, nous sommes cousins trèèès éloignés, mais ces cousinages (merci Généanet) permettent de repartir d’une branche ancienne, de faire la généalogie descendante et d’avoir parfois quelques surprises. Sans compter que par le biais des alliances, on peut se retrouver dans des milieux sociaux complètement différents, comme c’est le cas ici. Le couple d’origine que nous (mes cousins/cousines) partageons avec Michel FOUCAULT, c’est Méry JOUSSELIN (mon sosa 10954) et Jeanne AUBUGEAU (sosa 10955). Je sais peu de choses : il est marchand à Traversay, un village de Dissay, dans la Vienne, et décédé le 6 avril 1640. Je leur connais 5 enfants : Catherin, Jehan, Tiennette, Martine et Fiacre. J’ai trouvé des renseignements très utiles dans d’anciens numéros de la revue Héraldique et Généalogie (faciles à consulter dans la bibliothèque de Généanet), car le père de Méry JOUSSELIN, Hilaire, était « receveur de la châtellenie de Dissay » et que plusieurs de ses fils et gendres étaient notaires royaux.

Je suis donc partie de là, de deux de leurs enfants, ma sosa Martine JOUSSELIN et son frère Jehan, aïeul de Michel FOUCAULT, et j’ai descendu les générations les unes après les autres, en vérifiant à chaque fois que tout collait et en notant bien les références des actes que je trouvais. J’ai complété des fratries, avec les conjoints.

En cours de route, j’ai eu la surprise de trouver un AURIAULT. Le cousinage avec Michel FOUCAULT se fait par ma branche paternelle, mais j’ai beaucoup de AURIAU dans ma branche maternelle. Je n’ai pas trouvé de lien, mais le secteur géographique correspond. Il va falloir creuser tout ça.

Une fois arrivée au couple formé par François AURIAULT et Charlotte TRANCHAND, je m’aperçois qu’aucun des arbres en ligne consultés ne mentionne leurs date et lieu de décès. Même chose pour leur fils, Firmin Charles, et son épouse Adèle Victoire Aglaé GIRAUDEAU. Ah ah ! Voilà un petit défi comme je les aime et c’est aussi une bonne occasion de mettre à profit cette obstination qu’on me reproche parfois… (Mais qu’est-ce que tu peux être têtue !)

Je décide de commencer par Firmin Charles AURIAULT, le nom n’est pas banal. Lui et son épouse sont présents au mariage de leur fille Marie Adèle Hermance Anaïs (!) en 1872 à Vendeuvre-du-Poitou, j’ai donc un point de départ. Je commence à chercher dans les tables décennales de leurs villages de naissance (Thurageau et Chabournay), de leur lieu de résidence à cette date, de celui de leur fille, mais rien ! Peut-être faut-il sortir de la Vienne, mais pour aller où ? Mes recherches sur Généanet et Filae ne donnaient pas la moindre piste. Je laisse dormir (très bonne méthode) et le lendemain, je décide de lancer un filet sur Généanet en indiquant uniquement le nom et les prénoms de Firmin Charles, aucun lieu et une seule indication de date « après 1872 ». Bingo ! Ce qui ne donnait rien quand je précisais les deux noms du couple fonctionne à merveille. À ma grande surprise, je découvre un arbre, un seul, qui mentionne le mariage d’un Firmin Charles AURIAULT à une dame Élisa BEAURANG, née à Verviers, en Belgique. Ils se sont mariés dans le 17e arrondissement de Paris le 28 juin 1877 et je n’aurais jamais eu l’idée d’aller chercher aussi loin ! Il a 50 ans et sa nouvelle épouse 45. L’acte de mariage, que je trouve facilement, me comble. Il mentionne les dates de décès des parents de Firmin Charles, qui me manquaient aussi, et la date de décès d’Adèle Victoire Aglaé, le 16 décembre 1874 à… Levallois-Perret ! De mieux en mieux. La question, c’est : comment un ancien meunier du Poitou, devenu propriétaire certes, mais quand même, un natif de Thurageau, se retrouve veuf, domicilié à Paris, boulevard Voltaire, à épouser dans le 17e une rentière d’origine belge ? En attendant, je commence à me dire que s’ils ont vécu ensuite à Paris ou en région parisienne, voire en Belgique, ça ne va pas être simple de trouver leurs décès, surtout celui de Firmin Charles. Avec ma propre généalogie qui ne déborde pratiquement pas de la Touraine et du Poitou, je n’ai jamais fait de recherches à l’étranger.

Après avoir épuisé l’aide de Généanet sans pouvoir mettre la main sur les date et lieu de décès de Firmin Charles, je me tourne vers Filae en me disant qu’il serait étonnant que cette méthode de n’indiquer que le nom fonctionne une seconde fois, ce serait trop beau. Et pourtant, ça devait être mon jour de chance, je tape uniquement le nom et les prénoms de Firmin Charles et croise les doigts. Et deuxième bingo ! Il est décédé le 26 février 1907 à… Tours ! Mais quel voyageur, je n’ai pas l’habitude ! Profitant de ma chance, je récidive avec le nom et le prénom d’Élisa pour découvrir qu’elle aussi est décédée à Tours, quelques années après son mari, le 10 avril 1911.

Ce n’est pas tant cette parenté avec Michel FOUCAULT qui est importante (même si on me dit que « c’est la classe ! »), mais les recherches et découvertes qu’elle permet. J’espère que ces trouvailles serviront à d’autres, c’est le but.

Émile BOISGARD et Joséphine GAUDRON

Ce sont mes sosas 22 et 23, les grands-parents de Renée GUÉRIN, ma grand-mère paternelle. Ils sont tous les deux nés en Indre-et-Loire, mais ont passé la plus grande partie de leur vie dans la Vienne, à Leigné-les-Bois.

Émile Louis BOISGARD est né le 20 février 1847 au Grand-Pressigny, avant-dernier d’une fratrie de huit enfants. Il est le fils de Pierre BOISGARD et de Jeanne SIGNOLET qui se sont mariés en septembre 1830 et dont le premier enfant, Jeanne Françoise, est né en octobre… Elle sera suivie de Marie, Marguerite, Pierre, Louis René, Victor, notre Émile Louis et pour terminer Georges Nicolas. Je sais que trois d’entre eux sont parvenus à l’âge adulte et se sont mariés.

Grâce aux recensements, je sais que la famille vivait à Courvault, lieu-dit du Grand-Pressigny. Celui de 1872 indique que Pierre BOISGARD (devenu veuf en avril de la même année) vivait avec sa fille Marguerite. Plus de trace des autres enfants. Sur le même, j’ai trouvé un Louis BOISGARD, domestique âgé de 24 ans, qui pourrait être Émile Louis, mais sans certitude. Et je n’ai pas été fichue de mettre la main sur lui non plus dans les listes de conscrits et les registres matricules. Il a pourtant servi dans l’armée, puisque son acte de mariage, en 1873, fait état parmi les documents fournis d’« une autorisation de contracter mariage accordée par monsieur le Général commandant la dix-huitième division militaire le quatorze juin dernier, au dit Louis Émile Boisgard, comme soldat du cent troisième régiment d’infanterie de ligne, de la classe de mille huit cent soixante-sept ». Si quelqu’un est plus à l’aise que moi dans les archives militaires, je suis preneuse !

Acte de naissance Louis Émile BOISGARD

Joséphine Eugénie GAUDRON est née le 22 avril 1848 à Barrou, de Louis André GAUDRON et Catherine ANGEVIN, parfois nommée Marguerite. Elle arrive dans la famille après trois garçons (Louis, Jean Baptiste et Joseph) et avant deux autres (Pierre Adolphe et Modeste). Seuls Jean Baptiste et Pierre Adolphe vivront assez longtemps pour se marier, les trois autres garçons meurent en bas âge. La famille était domiciliée au lieu-dit Les Allais, à Barrou. Joséphine n’est plus mentionnée aux Allais sur le recensement de 1872, mais elle y figure quand même, comme « domestique chez Modeste DOURY, marchand de grains » au bourg de Barrou.

Acte de naissance Eugénie Joséphine GAUDRON

Émile et Joséphine se marient le 7 juillet 1873, à Barrou, en présence de leurs familles, sauf la mère d’Émile qui est décédée l’année précédente, et de l’employeur de Joséphine, Modeste DOURY, qui est présenté comme « ami de l’époux ». Aucun contrat de mariage n’a été établi, j’imagine qu’on ne roulait pas sur l’or.

Acte de mariage BOISGARD-GAUDRON

Sur le recensement de 1876 à Barrou, ils sont domiciliés avec René Émile Gabriel, leur fils de 2 ans, au bourg. À la rubrique « profession », je lis pour Émile « Charretier, domestique, chef de ménage ».

En 1881, la famille n’habite plus dans le bourg de Barrou, mais au lieu-dit Les Bernards, avec leurs deux fils. Émile est devenu « cultivateur, métayer ». Une nièce, Marie Gaudron, âgée de 6 ans, vit avec eux. Si je ne me trompe pas, il s’agirait de Virginie Jeanne Marie, fille de Pierre Adolphe. On ne la retrouve pas chez eux dans les recensements suivants.

En 1886, ils sont toujours aux Bernards, où Émile est métayer. Une petite Claire est née en 1882.

En 1891, la famille a déménagé. Ils ne sont plus à Barrou, mais à Leigné-les-Bois, au lieu-dit Ribatou, où Émile est « cultivateur, domestique ». Gabriel et Claire également, mais pas Henry, décédé en 1887 à Leigné-les-Bois où la famille est donc installée au moins depuis cette date. Il semble en plus y avoir pas moins de quatre domestiques vivant à la ferme ! Émile et Joséphine vivront au Ribatou jusqu’au décès d’Émile, après quoi Joséphine ira vivre au village de Vaux chez son fils aîné.

Les enfants d’Émile et Joséphine sont peu nombreux par comparaison avec d’autres familles, ils ne sont que trois.

L’aîné, René Émile Gabriel (parfois nommé Gabriel, d’autres fois René), né le 15 mai 1874 à Barrou, épousera Marie Marguerite BERTHON le 17 octobre 1908 à Pleumartin. C’est leur photo de mariage qui m’a permis d’éclaircir pas mal de choses et de mettre des visages sur des noms et inversement. L’article est ICI. Je ne leur connais qu’une fille, Gabrielle Jeanne Marguerite, née en 1912 à Leigné-les-Bois. Je l’ai connue sous le nom de « cousine Jeanne », elle était secrétaire de mairie à Leigné. Elle est décédée en 2013 (oui, centenaire !)

Le cadet, Martin Joseph Henry, est né en novembre 1878, mais malheureusement décédé en juillet 1887 à Leigné-les-Bois.

La fratrie se termine avec Marie Claire, ma sosa 11, qui épousera Auguste GUÉRIN dont j’ai déjà parlé ICI. Marie Claire aura 5 enfants et mourra à 30 ans, en 1912.

Émile Louis BOISGARD décède le 23 février 1921 à Leigné-les-Bois. Il avait 74 ans. Quant à Joséphine GAUDRON, elle meurt le 22 décembre 1930, à 82 ans, bien sûr à Leigné-les-Bois. J’ai prévu de chercher leurs tombes à ma prochaine visite au cimetière.

Acte de décès de Louis Émile GAUDRON
Acte de décès d’Eugénie Joséphine GAUDRON

Dernier article concernant les couples du côté paternel de la 4e génération. À suivre…

Emmanuel Jules AURIAU et Marie BONNEAU

C’est ma branche maternelle. Emmanuel Jules AURIAU (sosa 24) et Marie BONNEAU (sosa 25), dite Séraphine.

Emmanuel Jules AURIAU est né à Monts-sur-Guesnes, dans la Vienne, le 14 novembre 1838. Il est le fils de Pierre Emmanuel AURIAU, tisserand, et de Justine AUJARD (ou AUGEARD), originaire de Saint-Genest-d’Ambière, village situé à une petite vingtaine de kilomètres.

Naissance d’Emmanuel AURIAU

Emmanuel est le sixième enfant d’une fratrie de huit. Sur les huit, sept sont parvenus à l’âge adulte. J’en parlerai dans un prochain article.

Grâce aux listes de tirage au sort pour le service militaire, j’apprends qu’Emmanuel mesurait 1,64 mètre et que son degré d’instruction était 0 (ne sait ni lire ni écrire).

J’ignorais comment il était devenu boulanger à Faye-la-Vineuse, mais en approfondissant mes recherches, j’ai vu qu’un de ses oncles, Paul AURIAU, y exerçait ce métier. On peut supposer sans trop de crainte que c’est lui qui l’a formé et lui a laissé ensuite la boulangerie. Cet oncle Paul avait un fils, également boulanger, mais d’abord employé à Tours puis installé à Vouvray.

Marie BONNEAU est née le 26 juillet 1840 à Faye-la-Vineuse. Elle est couturière au moment de son mariage. Elle est la fille de Barthélemy BONNEAU et de Marie BEAUVILLAIN, cultivateurs à Marnay, un hameau et ancienne paroisse de Faye-la-Vineuse. Le couple a également un fils qui, comme il se doit quand on s’appelle Bonneau et qu’on a un peu d’humour, s’appelle Jean… (mais est souvent appelé Barthélemy comme son père).

Naissance de Marie « Séraphine » BONNEAU

Emmanuel et Marie se sont mariés à Faye-la-Vineuse le 6 novembre 1865 et l’acte précise qu’un contrat de mariage a été passé devant maître Léonide Faucillon, notaire à Richelieu, contrat que je ne désespère pas de trouver.

Ils ont eu pour témoins :

Auguste FOURNIER, 69 ans, rentier, domicilié à Braye-sous-Faye, ami du futur

Lucien SAINTON, 51 ans, rentier, domicilié à Faye-la-Vineuse, ami du futur

Jean PILLAULT, serrurier, 47 ans, cousin de la future

Barthélemy BONNEAU, 28 ans, cultivateur, frère de la mariée, domicilié à Faye-la-Vineuse (c’est Jean)

Marie signe Séraphine Bonneau, son frère Jean Bonneau, ils ont de jolies écritures. Quant à Emmanuel, il ne sait pas signer.

Signature de Séraphine et de son frère Jean

En 1869, les parents de Marie/Séraphine ont conclu une « donation et partage » en faveur de leurs deux enfants. L’acte m’apprend que cette donation concerne des « biens immeubles d’un revenu de deux cents francs », j’y trouve le détail de leurs biens, quelques ares de terres un peu partout dans la commune. Le lot échu à Marie, outre les terres, comporte : « Un corps de bâtiments situé à Marnay et composé de : une chambre grenier dessus, boulangerie, hangar, grange, porte charretière, pressoir, petite écurie, cellier, grande écurie, autre chambre basse grenier dessus, cour sur laquelle ouvrent ces différents bâtiments, jardin au nord. » Ce n’est pas exactement un château !

Emmanuel et Marie auront 5 enfants, mais seul l’aîné, mon arrière-grand-père Jules (époux de la « formidable » Noémie JOUTEUX, voir ICI) survivra.

1/ Jules Paul Léon, né le 9 mars 1868, qui sera boulanger à Faye-la-Vineuse, sosa 12

2/ Daniel Séraphin, né le 2 septembre 1870, vivra 7 semaines.

3/ Aurélie Marie Pauline, née le 7 mars 1872, vivra 5 ans.

4/ Martial Barthélemy, né le 5 septembre 1876, vivra 12 ans.

5/ Fabien Roger Sylvain, né le 31 décembre 1880, vivra 13 ans.

Les actes d’état civil sont muets sur les causes de ces décès, bien sûr, mais qu’il s’agisse d’accidents ou de maladies, c’est une bien triste litanie et ça n’a pas dû être facile pour Jules de voir ses petits frères et sa sœur mourir les uns après les autres, sans parler des parents.

Emmanuel et Marie sont tous deux décédés à Faye-la-Vineuse, Marie le 14 septembre 1902, à 62 ans, et Emmanuel le 21 juin 1924, à 85 ans.

Décès de Marie « Séraphine » BONNEAU

Par curiosité, j’ai regardé les recensements pour savoir si Emmanuel était resté seul chez lui ou s’il avait emménagé chez son fils Jules, boulanger. En 1906, il vit seul. En 1911, il vit avec une domestique, Madeleine Chesneau, et en 1921, avec une autre, Marie Louise Lemoine. S’il a vécu chez son fils, c’est donc très peu de temps avant sa mort, mais ce n’est même pas sûr, l’acte de décès n’étant pas très bavard et indiquant seulement qu’il est décédé « au bourg ».

Décès d’Emmanuel Jules AURIAU

Dans un prochain article, je parlerai de la fratrie d’Emmanuel Jules, il y a de quoi faire !

Jeanne CADET, sosa 2021

J’ai évoqué l’an dernier mon sosa 2020, Anthoine BRUNETEAU, le moment est venu de parler de son épouse Jeanne CADET, sosa 2021.

Je rappelle que cette participation à un « challenge » sur Twitter est une bonne occasion d’approfondir et de compléter mes données, même si l’époque est assez éloignée et que peu d’informations sont disponibles.

Jeanne CADET est née le 6 janvier 1651 à Thuré (86), de Claude CADET et Denise RAGUIT. Claude et Denise sont mariés depuis à peine un an, on peut donc supposer que Jeanne est leur premier enfant. Elle porte le prénom de sa grand-mère paternelle, Jehanne FORESTIER ou de sa marraine, Jeanne RAGUIT. Denise a 26 ans à la naissance de Jeanne.

Baptême de Jeanne CADET

D’après mes recherches, Claude et Denise ont eu 8 enfants. Sur la même page du registre paroissial de Thuré, j’ai trouvé deux décès, de deux Marie, l’une le 5 novembre 1660 et l’autre le 27 novembre 1660. Excepté la mention qu’elles étaient « fille[s] à Claude Cadet », je n’ai rien, même pas un âge approximatif qui m’aiderait à trouver une naissance et j’ai eu beau feuilleter les registres des baptêmes sur une longue période, je n’ai pas trouvé confirmation de leur certainement courte existence…

Claude et Denise ont aussi eu deux fils prénommés Pierre, l’un né en octobre 1657 et l’autre en octobre 1658, sans traces ultérieures… Pour eux, j’ai les dates de naissance, mais je n’ai trouvé aucun décès, aucun mariage.

En revanche, j’ai trouvé quelques bribes sur d’autres membres de la fratrie. J’ai donc appris que sa sœur Madeleine CADET avait épousé François MÉNARD en 1685 à Saint-Martin-de-Quinlieu (paroisse disparue dont il ne reste qu’un nom de rue). Qu’une autre sœur, Charlotte, avait épousé à 18 ans, Vincent MARIAU, en 1673, également à Saint-Martin-de-Quinlieu. Je leur ai trouvé cinq enfants.

Le dernier de la fratrie était un garçon, Hilaire, qui n’aura vécu que sept ans (1653-1661).

L’église « à porche » de Thuré

Jeanne, quant à elle, a donc épousé Anthoine BRUNETEAU (sosa 2020) le 7 février 1673 à Saint-Martin-de-Quinlieu. Il est fils de cordonnier et exerce probablement le même métier.

Quand j’ai rédigé l’article sur Anthoine, j’ai indiqué que Jeanne et lui avaient eu « au moins 5 enfants », mais après avoir repris tous les actes et avoir ré-épluché les registres, je n’en ai conservé que quatre. L’aîné, c’est Jean, né le 6 août 1674 à Saint-Gervais-les-Trois-Clochers, qui n’a pas laissé de trace, ni décès ni mariage. Ensuite, c’est Radegonde, née le 15 décembre 1675 et je l’ai « fusionnée » avec la petite fille sans prénom qui est décédée le 26 août 1676 à « environ neuf mois », ce qui correspond. Le troisième enfant est Anthoine, vraisemblablement né en 1676, mais il manque des pages dans les registres… C’est mon sosa 1010, le maître cordonnier aux trois épouses. Le dernier enfant s’appelle François, il est né le 20 octobre 1681, également à Saint-Gervais. Pour lui, je n’avais trouvé que la mention du décès d’une Marguerite Gatepy, « femme de François Bruneteau ». Aucun Gatepy (et variantes Gastepi, Gaspi et autres) dans les bases de données que j’ai l’habitude de consulter pour la Vienne. J’ai donc lancé une recherche sur Filae en n’indiquant ni prénom, ni dates, ni lieu, et j’ai atterri à quelques kilomètres de Saint-Gervais, mais de l’autre côté de la « frontière » donc dans les registres de la Touraine. Marguerite est donc vraisemblablement originaire de Faye-la-Vineuse où on trouve plusieurs Gatepy. Je n’ai pas trouvé trace de son mariage avec François, mais une fille est née en 1723 à Faye-la-Vineuse et un fils, François, s’y est marié en 1755. Bruneteau est devenu Brenneteau, ce qui ne facilite pas les recherches.

Jeanne CADET est décédée le 25 avril 1695 à Saint-Gervais-les-Trois-Clochers, elle avait 44 ans.

Rendez-vous l’année prochaine pour parler de mon sosa 2022, François BISART (vous avez dit Bisart ?) dont je ne sais absolument rien !

Auguste GUÉRIN et Élise RÉAU

J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer Auguste GUÉRIN, sosa 20, mais jamais Élise RÉAU, sosa 21, son épouse, dont le patronyme varie au fil des actes, allant jusqu’à RICAULT. Je me rattrape avec assez peu d’informations sur elle. Je me rattrape, mais avec bien peu d’informations. Les femmes laissent moins de traces que les hommes…

Auguste est né le 10 août 1835 à Leigné-les-Bois, il est le fils de Jean GUÉRIN (sosa 40), propriétaire à Leigné, et plus précisément au lieudit La Ménaudière, et de Radegonde SAINTON (sosa 41), née à Senillé, un village voisin. Il est l’avant-dernier d’une fratrie de cinq enfants.

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Auguste figure sur la « liste de tirage au sort des jeunes gens de la classe de 1855 » du canton de Pleumartin. Le document mentionne son degré d’instruction, qui est 0 (ne sait ni lire ni écrire). Il est déclaré « propre au service », mais dans la dernière colonne « Observations », je lis : « Annonce être dans l’intention de s’exonérer du service militaire ». Malheureusement pour lui, cette intention est restée un vœu pieux puisque je possède son congé de libération et son certificat de bonne conduite. Et là, j’en apprends un peu plus. Le congé de libération mentionne qu’il a été « incorporé au 14régiment d’artillerie à compter du 9 avril 1856 comme appelé inscrit sous le n° 1186 de la liste du contingent du département de la Vienne (classe 1855) ». Il aura servi pendant 6 ans (campagnes d’Italie) comme « jeune soldat au registre matricule du corps sous le n° 673 ». Il est aussi précisé qu’il était « 1er canonnier au 14e d’artillerie ». Il a été libéré définitivement le 31 décembre 1862. Son certificat de bonne conduite a été émis à Rome par le lieutenant-colonel commandant l’artillerie du corps d’armée d’occupation (en Italie). Je ne pense pas qu’on ait vu beaucoup de documents de ce genre au village de Vaux, ça explique peut-être pourquoi ils ont été précieusement conservés et transmis !

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Cerise sur le gâteau, j’apprends qu’il mesure 1,71 mètre. Il fait partie des ancêtres les plus grands que je connaisse, dans les autres branches, on est bien en dessous !

ÉLISE

Élise est née le 12 octobre 1847, à Leigné-les-Bois. Elle a donc 12 ans de moins qu’Auguste. Elle est la fille aînée de Silvain RÉAU (sosa 42), laboureur, et Brigitte CHARLES (sosa 43), qui se sont mariés le 8 juin 1847. Je vous laisse faire le calcul… Ils vivent au village de Vaux. Élise est quasiment fille unique puisque les trois enfants nés après elle ne fêteront pas leurs cinq ans.

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Auguste et Élise se marient le 4 février 1867. Élise a donc à peine 20 ans et Auguste déjà 31.

Le mariage se déroule en présence de plusieurs témoins :

1/ Baptiste GUÉRIN, âgé de 34 ans, cultivateur, demeurant à Availles (en Châtellerault), frère du futur (c’est le grand frère d’Auguste, il a épousé Augustine GALIPEAU)

2/ Louis RABEAU, âgé de 40 ans, cultivateur, demeurant à la Mortaigue, commune de Saint-Sauveur, beau-frère du futur (il est l’époux de Radegonde, la grande sœur d’Auguste)

3/ Auguste RICAUT, âgé de 39 ans, cordonnier demeurant à Bordeaux, oncle de la future (en réalité, sur les actes en ma possession, il s’appelle Augustin RÉAU)

4/ Joseph RICAUT, âgé de 47 ans, journalier au village de Vaux, commune de Leigné-les-Bois, oncle de la future (et époux de Jeanne DENIS)

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Silvain RÉAU, le père d’Élise, décédera deux mois après avoir marié son unique fille.

Les enfants d’Auguste et Élise sont tous nés à Leigné-les-Bois :

1/ Marie Eugénie, née le 4 février 1868. Elle vivra 8 mois.

2/ Eugène Joseph Auguste, né le 25 mars 1869. Il vivra 14 ans…

3/ Auguste Jean Baptiste, sosa 10.

4/ Marie Jeanne Célestine, dite Albertine, née le 29 novembre 1874. Elle épousera René VOISIN et vivra à Saint-Sauveur, à quelques kilomètres de Leigné. Elle est décédée en novembre 1958.

5/ Louise Léonie, sœur jumelle de Marie Jeanne Célestine, elle ne vivra que 11 mois.

J’ai déjà raconté le décès d’Auguste, à la gare de Châtellerault, ici.

La gare de Châtellerault

Quant à Élise, je n’ai pas encore trouvé son décès. Elle figure sur le recensement de Leigné-les-Bois de 1911, mais pas sur celui de 1921 et sur aucune table décennale… Une visite en mairie s’impose, dès que ce sera possible.

Ces fiches par couple sont pour moi un bon moyen de mettre à plat les informations dont je dispose, de chercher ce qui me manque, de compléter des fratries, etc.

Mise à jour du 15 décembre 2020

Comme pour Louise DRAULT, j’étais sur une mauvaise piste… Il aurait été inutile que je me déplace à la mairie de Leigné-les-Bois. Comme pour Louise DRAULT, j’ai fini par consulter les tables de succession et absence et évidemment, par trouver la date du décès d’Élise ! Trouver ce décès le 18 juin 1918 à Senillé m’a fait supposer qu’elle s’était rapprochée de sa fille Albertine qui habitait Saint-Sauveur (les deux communes ont fusionné). C’est d’ailleurs René VOISIN, époux d’Albertine, qui déclare le décès. Petite cerise sur le gâteau : le maire s’appelle Jules DEGENNE !

Élise est décédée « en son domicile lieu dit La Minoterie ».

Et voilà ma cinquième génération complète !